et si on faisait encore un jeu ?


Pour des raisons de paix familiale, nous avons complètement arrêté le Monopoly, mais nous n’avons pas pour autant arrêté tous les jeux.

Quoi de mieux que de prendre tata, tonton et les cousins en vacances ?

Le jeu s’appelle Autoroute. Il consiste à embarquer tout ce beau monde dans la voiture et  à arriver les premiers sur le lieu de vacances.

Qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour des vacances en famille ? Je vous le demande.

En fonction de l’âge des joueurs, vous pouvez choisir entre trois niveaux de jeu. Mais le but reste simple : il faut arriver le premier. Avant, il faut passer son permis, entasser la tribu dans la voiture, tout ça en respectant le code de la route et en ayant 500 euros en poche à l’arrivée.

Autoroute date de 1947 et, Messieurs, Dames, c’est un jeux Français ! C’est le premier jeu d’Edmond Dujardin, le papa des milles bornes (1965).

Comme cela nous l’est expliqué dans la règle, depuis 1947 Autoroute a évolué : les panneaux de signalisation, le permis a point, la conduite accompagnée. Il est aussi passé à  l’Euro.

Tout est donc moderne et nouveau dans Autoroute.

Tout ?

Non. C’est un jeu vintage et, c’est sympa de rentrer dans cet univers d’un autre temps. J’ai l’impression que mon cousin s’appelle Nicolas et qu’il est petit. Que ma tata s’appelle Valerie, et que mon tonton Kad est vraiment super rigolo. Bref, les vacances en famille et avec le petit Nicolas ça a son charme.

les joies des vacances en famille par ellea40ans et le jeu de société autoroute

 

Et puis, dans Autoroute tout est prévu aussi.

Vous avez le policier que les 40 ans vont reconnaître sans doute. Pour les moins de 40 ans : ChiPs est une série qui retrace les aventures de deux policiers motards Américains. Voilà le générique pour les nostalgiques. Le garagiste lui, est toujours très content et a un tarif clair et précis.

quand un jeu nous montre tous les clichés des vacances en famille

L’infirmière qui vous accueille avec formulaire et seringue. L’assureur qui est prêt à vous arranger avec ou sans permis.

quand un jeu nous montre tous les clichés des vacances en famille. par ellea40ans.com

L’hôtelière, très classe qui accorde sa tenue à la couleur des murs et des fleurs et, la très souriante, receveur de péage. J’ai appris grâce à Autoroute que cela s’appelle comme ça.

quand un jeu nous montre tous les clichés des vacances en famille. par ellea40ans.com

Mais le plus important, et vous allez être d’accord avec moi les amis, c’est la famille. Il y en a pour tous les goûts. Vous pourrez choisir en fonction de votre passe-temps préféré, de vos origines ou de vos goûts culinaires.

Vous avez la famille Hirsch. Avec Tata Adele qui n’a pas son pareil pour vous cuisiner un kouglof en moins de deux, Tonton Anatole qui se tape une choucroute même au petit-déjeuner et les cousins qui sont aussi gourmands que leur papa.

les joies des vacances en famille par ellea40ans

Laissez mois vous présenter aussi les Etcheverry. Avec tonton Anatole, le roi de la pelote, tata Adèle qui maitrise le découpage de jambon comme personne et les cousins qui ont tout appris à Brice, celui de Nice.

les joies des vacances en famille par ellea40ans

 

Et voici les Le Bihan. Avec tata Adèle (j’espère que vous ne les confondez pas toutes) qui ne sort jamais sans une poêle et sans sabots. Tonton Anatole (encore un) le roi du gouvernail et les cousins qui passent leur vie dans la vase.

les joies des vacances en famille par ellea40ans

Et pour finir les Olives. Avec tata qui s’appelle comme les trois autres et qui se trimbale toujours une soupière fumante géante, tonton le roi de la pétanque et les cousins palmés.

les joies des vacances en famille par ellea40ansVoilà, vous connaissez maintenant toute la famille.

Nous avons passé un bon moment avec tout ce petit monde, on a même réussi à finir le jeu dans la joie et la bonne humeur. Un exploit !

J’attends quand même la prochaine version avec Tonton Anatole qui nous cuisinera une bonne raclette, Tata Adèle qui dévalera les pistes noires et les cousins qui ramasseront les chaussettes de ski de dessous le lit.

les joies des vacances en famille par ellea40ans

A l’approche des vacances, je vous souhaite une bonne route, parce que vous le savez les amis : la route ce n’est pas un jeu.

les joies des vacances en famille par ellea40ans et le jeu de société autoroute

crush


Je vous ai parlé il n’y a pas longtemps de ma routine. Ma routine me permet d’avoir du temps de libre et me permet de faire de nouvelles choses.

Comme par exemple, cet autre jour où l’ado a soudainement proposé : « Et si nous allions faire du snorkeling. »

Rendez-Vous compte !

Il le propose sans prévenir et en pleine semaine. Un lundi et à 4h en plus ! Le moment où il faut finir les devoirs, prendre les douches, préparer le repas, les uniformes pour le lendemain, et les merdouilles de dernières minutes du style « maman, pour demain il me faut des échasses ». L’heure à laquelle j’ai l’impression qu’il est bien 4h, mais du matin…

Mais, pourtant j’ai dit oui.

On y est allé, et, j’ai fait quelque chose pour la première fois de ma vie. A 40 ans… Mais je vais trop vite, laissez moi vous expliquer.

Me voilà donc affûtée de mon masque et de mon tuba sans oublier les palmes dont l’une me sciait allègrement le pied gauche. Bref. Me voilà donc à la recherche de Nemo et compagnie. Les fonds marins sont très riches à Oman et Nemo, qui est plus joyeux dans la vraie vie,  fait bien partie de cette richesse,

faire du snorkeling à Oman et se retrouver dans le monde de Nemo a nager avec de tortues

avec, entre autre, sa copine Sally, qui est plus futée dans la vraie vie,

faire du snorkeling à Oman et se retrouver dans le monde de Nemo a nager avec de tortues

et son copain Bruce, qui est bien plus carnivore dans la vraie vie.

faire du snorkeling à Oman et se retrouver dans le monde de Nemo a nager avec de tortues

Mais, ce n’est pas ce dernier que nous espérons voir le plus finalement.

Soudain, je vois un espèce de rocher tout plat au milieu d’algues et de coraux. Ne voyez-vous pas que cet espèce de rocher se met à lever la tête  ? Il commence à bouger un peu lourdement. C’est qu’ il mesurait bien un mètre de long ce rocher. Et puis, ait apparu des pattes immenses et puissantes et le rocher s’est soudain mis à voler. Et moi, je l’ai suivi. Juste un peu, avant qu’il n’accélère son envol.

Les amis, je n’en reviens pas, j’ai volé avec Crush.

faire du snorkeling à Oman et se retrouver dans le monde de Nemo a nager avec de tortues

J’ai 40 ans et c’est la première fois que je nage avec une tortue. Et croyez-moi les amis c’était magique !

Tout comme le couché de soleil.

le couché de soleil par elles 40ans.com

Je vous souhaite une belle journée les amis.

 

P.P1 (Petites  précisions 1) : Les photos des animaux qui ont bien voulu m’accueillir dans leur monde n’ont pas été prises par moi.  Si Monsieur Pixar, le propriétaire, veut que je les retire je le ferai bien volontiers.

P.P2 : Le couché du soleil est une oeuvre du chef de meute. Si il souhaite que je retire cette photo qu’il le dise maintenant, ou se taise à jamais.

l opéra Royal de Muscat


Il y a quelques semaines de cela nous avons fait quelque chose d´incroyable, de totalement dingue. Un truc de ouf. Nous sommes allés voir un spectacle en famille. Sans chercher à savoir si les femmes sont les bienvenues, ou pas. Sans se demander si nous pourrons rester ensemble, ou pas. Nous y sommes allés sereinement et détendus, et nous n’étions pas les seuls en plus. Les autres aussi avaient l’air contents, décontractés, souriants et pas choqués pour deux sous de ce mélange et de devoir s’asseoir les uns á côté des autres. Hommes et femmes confondus.

Les seuls un peu inquiets finalement étaient les enfants. Il faut dire que leur dernier concert était  Avicii au grand prix de Barhain. Un royaume, un décor et un artiste plus tard, nous voilà prêts à aller voir Madeleine Perroux et à l’opéra en plus.

 

Moi non plus je ne suis pas une grande fan de Madeleine, mais le plaisir de faire une sortie en famille, de découvrir ensemble et de faire quelque chose de différent ce n’est que du bonheur.

 

L’opéra Royal de Muscat est tout simplement majestueux, c´est un spectacle à lui seul. Sa construction à été voulue par le Sultan lui-même qui est un passionné de musique classique. Elle s’achèvera en 2011 et, l´opéra peut accueillir 1100 spectateurs. Vous y trouverez du marbre d’Italie, des boiseries venues de Birmanie, des dorures, de hauts plafonds, des chandeliers en cristal de Swarovski. Chaque siège a un écran intégré pour traduire les oeuvres.

Cet opéra est le premier de la péninsule arabique et le deuxième du Moyen-Orient, après celui du Caire. Il est bien plus qu’un opéra, c’est un complexe dédié aux arts vivants et au théâtre. Sa programmation est très variée et riche : des oeuvres classiques, contemporaines, orientales, de la danse. Il y en a pour tous les goûts. Je vous conseille aussi de prendre le temps de visiter les jardins qui entourent ce monument.

Quel bonheur de pouvoir vivre un moment pareil.

Bonne journée les amis.

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l’odeur d’une viennoiserie


Marie et son si doux rêve bleu lavande,  pour son rendez-vous mensuel nous a demandé de lui parler de l’odeur des viennoiseries. Je suis très en retard, la faute à un sombre problème d’organisation. Si sombre, que même Cécile alias Zenopia,  avec tout son talent et sa patience ne pourrait rien y faire.

Mais moi, je l’aime bien ce rendez-vous, alors même très en retard,  cette histoire de viennoiserie me turlupinait. Moi qui ai, la mémoire olfactive d’un poisson rouge, je suis bien incapable de vous décrire cette odeur. Je peux plus facilement vous parler du plaisir de croquer dans un croissant tiède, croustillant et fondant. Vous dépeindre les sensations quand la bouche est inondée de ce mélange de pâte et de beurre. Vous décrire l’après, quand il ne reste que des traces de beurre sur les doigts, des miettes sur le pull et entre les dents.

L´expatriation m’ayant considérablement éloignée de ma boulangerie de quartier, je ne savais pas comment je pouvais me rafraîchir la mémoire. Alors, quand je les ai vus , j’ai su qu’il me les fallait. Ils étaient minis et tout mignons serrés au fond de leur boite (les adeptes de Cyril Anouna peuvent en profiter pour bouger les épaules). En plus, il y avait inscrit fresh sur l’emballage et, il n’était pas encore 8 heures.  Le magasin ouvrant à 7h30 ils devaient sortir du four depuis peu.

Je me suis ruée sur eux dés mon arrivée à la maison.  C’est qu’ils ont dû être sacrément surpris les petits, en voyant un gros nez leur plonger droit dessus et non une bouche, comme ils devaient s´y attendre.

De mon côté, ce fut une grosse déception. Leur coquille de plastique avait du avaler toute l’odeur. Ils n´en n’avaient plus aucune. Rien qui ne viennent chatouiller mes narines, rien qui ne me fasse voyager. Rien.

Mais, aux grands maux les grands remèdes et je n´ai pas dit mon dernier mot.  Me voilà donc au volant de ma voiture, direction l’endroit, où, même au bout du monde, tu es en France. L´endroit où tout est écrit en français mais où tu dois quand même prononcer « pain au chocolat » à l´Anglaise, et non avec l´accent du Sud pour être comprise. Donc, direction Paul. Je tombe nez à nez sur eux immédiatement. Ils sont beaux, ils sont croustillants, mais aucune effluve capiteuse et chaude pour me faire recouvrir la mémoire. Rien. Juste un relent de détergent. Chez Paul, on ne rigole pas avec la propreté !

Marie, en plus d’être en retard, je suis amnésique. Je ne pourrais pas te décrire cette odeur qui pénètre notre âme, cette odeur qui nous arrête et qui nous pousse à rentrer dans cette boulangerie, même si ce n’est pas raisonnable, même si l´on va passer à table dans pas longtemps. Parce que cette odeur c´est un retour au plaisir pur, simple et enfantin. Une odeur qui nous habite et contre laquelle on ne peut lutter.

Ceci est ma participation à mon album de senteurs proposé par la douce Marie.

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vous habitez en Arabie ! mon abaya et moi


Le fait de vivre en Arabie Saoudite déclenche tout plein de réactions et de curiosité. Alors, j’ai décidé de vous faire découvrir, un peu plus concrètement, ma vie de tous les jours dans ce pays si mystérieux.

« Vous habitez en Saoudie ! Mais vous êtes obligée de vous voiler ? »

Je suis obligée de porter l’abaya pour sortir. L’abaya est une robe longue, difforme, noire que l’on porte sur ses vêtements. Il existe des versions avec des liserés gris, des paillettes, des broderies, des dentelles. Personnellement, je fais dans le classique et dans la discrétion. Pour les expatriées comme moi, l’abaya est notre uniforme de sortie. Nous n’y prêtons guère d’attention.

abaya

Pour les Saoudiennes, il en est tout autre. C’est un vêtement de leur garde-robe très important, et, elles la choisissent avec soin. Il faut savoir qu’avec le sac à main et, parfois un bout de chaussures, ce sont les seules choses que l’on peut voir d’elles. Le ministère de la promotion de la vertu et de la répression du vice (il existe pour de vrai) exige que les abayas ne soient pas provocatrices avec trop d’originalités et trop de couleurs.

Concernant le voile, je ne me voile pas systématiquement. Les Saoudiennes, cachent leur visage en mettant un voile noir devant leur bouche et nez de façon à ce que l’on ne voit que les yeux. D’autres, mettent, carrément, un voile noir sur l’ensemble de leur visage. J’ai essayé pour tester  le champ de vision qu’elles peuvent avoir. C’est épouvantable et, je ne vous parle même pas, de la suffocation que l’on a dessous.

saoudienne

En Arabie Saoudite, il y a la police religieuse, la mutawa, qui a un rôle très important dans la vie de tous les jours. La mutawa travaille pour le gouvernement Saoudien pour la promotion de la vertu et la répression du vice. La mutawa porte toujours une longue barbe et une tenue blanche particulière. Ils sont chargés de faire respecter les cinq prières : vérifient que toutes les enseignent ferment bien et que les hommes aillent bien prier. Ils vérifient que les femmes soient correctement voilées. Ils  sont toujours accompagnés d’un policier et n’ont pas le droit de parler, ni de regarder directement une femme. Quand vous êtes avec votre mari, il s’adresse directement à lui. Quand vous êtes seule, il vous aboie de vous couvrir la tête sans vous regarder dans les yeux.

Du côté des Saoudiens la Mutawa n’est pas très populaire non plus. Ils sont très sévères concernant la tenue des femmes. Un vernis à ongle « provocant », des chaussures trop ouvertes, un visage pas assez caché sont pour elles source de problèmes.

Et pour finir, quelques anecdotes vestimentaires :

  • J’avais un rendez-vous assez stressant à l’hôpital et, je suis donc partie avec mon taxi habituel. En arrivant sur place, je me suis aperçue que, non seulement j’avais oublié mon abaya, mais que j’étais en robe blanche. Hors de question de sortir dans cette tenue hautement provocante et choquante. Mon chauffeur m’a prouvé ses talents de pilote pour retourner chercher mon abaya et arriver à l’heure à mon RDV.

 

  • Ma fille a eu un accident et, je suis partie avec elle sous le bras, en état de choc, mais surtout sans abaya. J’ai bien compris que quelque chose clochait aux regards de certains. Après une batterie d’examens, la nurse a placé ma fille en observation dans une grande salle. Elle nous  a aussi sec encerclées à l’aide de rideaux. Nous étions totalement enfermées. Je lui ai demandé de ré ouvrir. Elle m’a répondu assez choquée qu’elle ne pouvait pas, car je n’avais pas mon abaya.

 

  • Je sortais d’une boutique quand j’entends d’une voix posée et presque douce : «Couvrez-votre tête s’il vous plait». En Anglais évidement. Je  suis restée tellement surprise par cette politesse que je n’ai pas couvert ma tête immédiatement. Je l’ai couverte bien après et, j’ai gardé le voile toute la matinée tant j’étais surprise ! Habituellement, nous jouons au chat et à la souris. Dès que la mutawa tourne le dos, nous nous découvrons immédiatement. Notre façon d’être rebelles !

En Arabie, sans abaya tu ne sors pas !

c’est trop facile


Par une belle matinée ensoleillée en attendant le bus (1) pour aller au mall (2).

Moi, en prenant un air vachement intéressé : « Alors, comment s’est passée la première rentrée de la petite ? » (NDLR : Petite qui a donc dans les 3 ans.)

L’autre maman l’air pas contente : « On n’est pas content, ils n’ont pas de devoirs et ne font que jouer à l’école. »

Moi, dans ma tête en prenant un air vachement outré « Comment ! Ils n’ont pas encore commencé le programme de chimie quantique ? Au prix où sont les écoles, c’est une véritable honte, un véritable scandale ! »

Moi, à la maman : « Ils font connaissance, ils apprennent  à vivre ensemble. Les devoirs viendront surement après ».

Moi, sauvée par le bus juste au moment où j’aillai l’aider à préparer les banderoles et, où j’allai proposer de venir m’attacher avec elle aux portes de l’école. Genre de chose plutôt dangereuse, voir inconsciente, dans un pays où les manifs sont totalement interdites.

Je suis montée dans le bus et, me suis assise. Un peu à l’écart. Je sentais que ma conscience avait un truc à me dire, et, que ça allait chauffer.

Ma conscience hyper énervée à moi : « C’est trop facile de te moquer d’une maman dont c’est la première rentrée de classe. »

Et qui reprend tel un boxeur prêt à m’achever : « C’est trop facile de te moquer d’une maman qui veut le meilleur pour sa fille. »

Et qui termine avec : « C’est trop facile de te moquer d’une maman qui vient d’un pays où 276 lycéennes ont été enlevées juste parce qu’elles allaient à l’école. »

Complètement assommée par ces trois vérités. J’ai compris. L’école est un lieu de vie, d’échange, d’ouverture aux autres et de partage. L’école est bien sur un lieu de sociabilisation pour ces touts petits.

Mais pas que ça.

Nous, parents, y rajoutons nos craintes, nos espoirs, notre histoire. Et cela se respecte. Je l’ai compris aujourd’hui et, je le respecte profondément.

Chacun rêve l’Ecole à sa façon, l’imagine avec ses espoirs, la colore avec ses projets. Il n’y a pas une Ecole mais, une multitude d’Ecoles. Le plus important dans toutes ces Ecoles, c’est cette chance de pouvoir y aller librement, en toute sécurité et avec respect des autres.

Je suis sortie toute groggy du bus.

On ne vous oublie pas - Bring back our girls
C’était le 14 avril 2014
  •  (1) Bus : nous vivons dans un compound. Une petite ville au milieu de la ville. Toutes les maisons, une centaine, sont identiques. A l’intérieur il y a des parcs, piscines, terrain de tennis, de foot, coiffeur, supérette. Tout cela entouré de hauts murs et gardé par l’armée. Les femmes peuvent s’y habiller librement et les enfants peuvent y circuler en toute sécurité. Le compound a mis en place un système de bus à heures précises pour apporter les femmes dans les mall.  Comme vous le savez en Arabie-Saoudite la femme ne peut pas conduire.
  • (2) Mall : immenses centre commerciaux où vous avez : cinéma, bowling, parc aquatique et j’en passe. En Arabie-Saoudite, tous les loisirs sont bannis. Les mall se composent d’un nombre incalculable de boutiques et de fast-food. Et puis c’est tout !

 

 

 

Un nouveau combat pour SuperMaman


« Maman ! j’ai une booooooooonne nooooooouvelle ! »

Dit-elle en rentrant de l’école. « Je dois faire une guitare et pour la faire il faut que tu utilises que des choses qu’on a à la maison. » Avez-vous remarqué a qu’elle vitesse nous avons basculé du « je » au « tu » ? « Et, il faut qu’elle fasse de la musique aussi ! » Voilà donc les consignes de ma fille, qui me laisse, sans aucun problème, la direction des opérations. (Si ce n’est pas de la confiance ça !) Sachant que je ne vais pas en avoir une, mais, deux d’ici peu (jumelles obligent). Me voilà parti dans la conception d’un nouveau projet !

Soyons claire : ceci est une compétition, un combat ou chaque maman va devoir prouver que c’est la meilleure, la plus forte, la plus imaginative, la plus habile. Qui sera la SuperMaman ?

Nous avons déjà eu plusieurs batailles au cours de l’année : une boulangerie, une scène de théâtre, un château du moyen âge, un système solaire,…Bref, à chaque fois un nouveau challenge, une nouvelle remise en question et toujours avec le même objectif : impressionner les autres concurrentes !

Dans cette lute, je me suis fixée tout de même, une ligne de conduite que l’on peut résumer en trois points :

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Motte and Bailey Castle
  1. Les enfants tu feras participer. Ça ! je peux vous dire que c’est un sacré handicap. Prenons l’exemple du château fort. Mon fils a voulu, absolument, faire un Motte and Bailey Castle (merci l’école Anglaise). Je n’en avais jamais entendu parler et il m’a fallu une bonne dose d’imagination pour rendre le projet visuel. La prof a choisi la  réunion parents-prof pour donner le résultat et nous avons terminé second. J’ai failli lui sauter à la gorge. Je suis sure que le premier a fait un château classique avec des donjons, des murailles et un pont levis qui se lève. Je l’avais pourtant bien dit à mon fils ! Lui, de son coté, a bien compris que c’était la seule chose que j’avais retenu de cette réunion.

    ellea40ans boulangerie
    boulangerie
  2. Tout tu feras. En Arabie-Saoudite, vous pouvez tout faire faire  pour un prix dérisoire. C’est donc un véritable challenge de faire par soi-même. Certaines mamans ont commandé leur système solaire sur mesure, avec effets spéciaux dignes d’un grand Spielberg et avec livraison à l’école.
    ellea40ansscene
    Stage

     

  3. Des produits de récup tu utiliseras : Consigne donnée par l’école et suivie (une fois n’est pas coutume). Je stocke donc, une multitude de tissus, boutons, cartons, peintures, papiers, ficelles. Bref, j’ai un débarra de « on ne sait jamais » en prévision d’un nouveau projet car se déplacer en Arabie Saoudite n’est pas simple (allez voir 40 ans et un frigo vide…). Il est donc important d’avoir un merdier de survie assez consistant.

Je suis bien consciente que ces trois règles peuvent me coûter une victoire mais je tiens à garder mes valeurs. Je ne veux pas non plus, perdre de vu que l’objectif réel de tout cela est de développer mon leur imagination et ma leur créativité.

Quelles sont vos règles pour mener  à bien vos combats quotidiens de SuperMaman ?

Je vous laisse les amies  j’ai une compétition à gagner !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

40 ans et mes moments fantasmés


On les fantasme, on les rêve, on les souhaite, on les attend et puis ils sont là.

LE fantasme :

Le chef de meute qui part trois jours en déplacement. De quoi profiter, entre autre, une fois les enfants endormis, de la TV et du pot de Nutella sans remarques crétines.

fleche1 LA réalité :

Plutôt que de mettre THE série, je zappe sur toutes les chaines et je finis par m’endormir sur le canapé et personne n’est là pour m’entendre ronfler et me réveiller.

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LE fantasme :

Tout UNE après-midi libre sans enfants, sans mari, seule dans une maison propre et rangée. Tout une AM pour finir une pochette, faire la pancarte de bienvenue pour la porte où faire le fraisier qui me fait baver d’envie sur chef Nini. (http://www.chefnini.com/fraisier/).

fleche1LA réalité :

A peine les enfants partis je regarde internet 5mn, en réalité 3 heures, je téléphone 3mn à ma copine, en réalité 1 heure. Bref, à leur retour les enfants retrouvent une maman hyper frustrée.

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LE fantasme :

La journée shopping avec la copine. Tout est réuni : le soleil est là, le compte bancaire est au vert et l’armoire a besoin d’un bon renouvellement.

fleche1   LA réalité :

Sauf que ce jour-là : Rien ! Rien de joli, rien qui ne me plaise, rien qui ne m’aille et pour couronner le tout, rentrer à la maison et avoir à répondre à : «  tu as acheté quoa ? », « tu n’as rien trouvé?! ».

 

C’est quoi votre moment fantasmé et votre réalité ?

 

 

 

 

 

 

 

 

40 ans et un frigo vide…


Ca y est c’est le grand jour !

Le jour où tout est possible ou tous les espoirs sont permis. Le grand renouveau est enfin là, c’est le jour… des courses !

En Saoudie les courses sont une véritable aventure.
Une aventure dès le départ de la maison, car, en Saoudie, de conduire tu oublieras. Seuls ces chers Messieurs ont l’immense pouvoir de la conduite. Nous, pauvres femmes, nous contentons d’un chauffeur pour les plus aisées ou d’un bus pour les autres.

Je suis les autres.

C’est donc par bus que je me dirige vers ce lieu de culte, d’espoir : le super marché !

Super marché que l’expérience m’ a permis de choisir en fonction de différents critères : propreté des lieux, fraicheur des produits. En aucun cas, le critère du choix, ne peut être retenu car du choix, y en a pas.
Il faut aussi, faire fasse a une qualité de produits très médiocre :

  • Les légumes et fruits viennent de loin et… ça se voit! En les regardant nous pouvons voir à quel point le voyage a été long, pénible et fatiguant.
  • Il faut aussi être extrêmement regardant sur les produits frais qui n’ont souvent que le nom de frais. La chaine du froid n’est encore ici qu’une vague notion lointaine. Une inspection approfondie est vivement conseillée avant toutes consommations.

Faire face à des produits originaux :

 

Il faut tenir compte aussi, d’un phénomène très particulier : la conservation.

La Saoudie est un pays très conservateur à bien des niveaux et l’alimentation n’échappe pas à la règle. Par exemple, un œuf acheté aujourd’hui sera encore frais dans 3 mois. Ça vous tente un petit tiramisu avec de bons œufs frais ?

Ce phénomène de conservation ne s’applique pas aux humains, et ne pensez surtout pas qu’ici, vous trouverez une source de jouvence avec, à la clé, une éternelle jeunesse. Vivre en Saoudie ça use, ça use … Ca use surtout la femme.

Se pose aussi le problème du :

« mamaaaaaaaaaaaaan tu pourras racheter des Trésor ? »

Après avoir écumé toutes les grandes surfaces, après avoir envoyé une 50aines de messages de détresse aux copines, il faut se rendre à l’évidence que c’est une véritable catastrophe. La poisse totale. Il va falloir aussi, surmonter l’angoisse et le regard désespéré de son cher trio pour annoncer que des Tresor, il n’y en a plus !

Alors pour rester positif on se dit que peut être dans quelques temps il y en aura d’autres, que ça finira bien par arriver.

Et ce jour béni arriva. Sans prévenir sans aucun signe avant-coureur les Trésor réapparaissent enfin. Au Joie ! Au Bonheur ! Je charge ma palette de Tresor dans le bus sous mon abaya et sous 46 degrés et je rapporte mon butin fière comme une amazone. Fière du devoir accompli et impatiente de voir ces 6 petits yeux émerveillés et débordés de reconnaissance.

Sauf que.

On me dit que les Tresor, c’est pas super bon et qu’on préfère maintenant les Chocapics.

 

C’est donc, très sereinement et pédagogiquement, que je remets les pendules à l’heure avec mon trio devenu soudainement Chocapicsien. Posément et sans aucune animosité j’expose les faits :

  1. A savoir que pendant 6 mois, soit 180 matins, il a été exigé des Trésor,
  2. à savoir que pendant 6 mois, soit 180 jours, j’ai écumé TOUS les rayons de TOUTES les grandes surfaces,
  3. à savoir que pendant 6 mois, soit 180 nuits, je n’ai rêvé que de Trésor.

Pour entendre quoa ????

Pour clôturer, et ce, pour au moins les trois prochains mois, c’est Tresor à tous les petits déjeuner et… avec le sourire.

Fermons cette parenthèse et dirigeons nous avec notre cadi à débordement vers la caisse où, nous avons droit à un service quatre étoiles. Avec un ou une caissier(e) qui n’a jamais entendu parler de rendement, et qui passe, paisiblement, chaque article. Articles, en suite, réceptionnés par une personne qui vous range les courses dans des sacs ( un article égale un sac plastique !).

C’est donc, les bras chargés et, avec systématiquement comme trio gagnant : carottes, poulet, pâtes que je me pose  l’éternelle question : «qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à manger ? ».

A 40 ans ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent.

Elles se passent comment vos courses ?

et un matin presque normal


A 40 ans et se dire qu’on a de la chance d’être là entourée des gens que l’on aime.

A 40 ans et se dire que cette chance tout le monde ne l’a plus.

A 40 ans et se dire que tout est si fragile et si précieux.

A 40 ans et se dire qu’il faut profiter de tous ces petits riens que la vie nous offre.

A 40 ans c’est quoi vos petits rien ?