voler, c’est pas beau


Des rendez-vous déplacés plus tard, me voilà libre comme l’air. Je me suis volée une journée. Une journée juste pour faire ça que je veux, et rien que ça. Adieu enfants, travail, ménage et linge sale ! Je me suis libérée et délivrée pour quelques heures, dans quelques heures. La journée de demain est pleine de promesse et toute légère. Une journée d’égoïste. Un petit-déjeuner en bord de plage ? Flâner au souk ? Un cinéma ? Tout est possible, il n’y a pas de programme. La journée de demain, avec son goût d’interdit, sera mieux que des vacances.

Sauf que.

Cette journée tant convoitée commence par une nuit agitée. Une nuit de chasse aux cauchemars et aux moustiques. Je vous ai dit qu’à Mascate les moustiques, c’est toute l’année ? Je vous ai dit qu’à 40 ans une nuit blanche et j’ai le visage tout mâchouillé, des cernes qui touchent le sol et que j’ai une forte tendance à déambuler en mode zombie ? Le genre de journée où je suis complètement à côté de mes Converse, en mode paranoïa, le tout saupoudré d’une pointe d’agressivité. Pour compléter le tableau, un mal de tête sournois s’invite. Le genre, que même la médecine n’y peut rien.

Ma journée volée, vole sans éclat au rythme de mes tympans avec un fort goût nauséeux. Quel fiasco.

Ça m’apprendra à voler !

Je sais pourtant depuis quelques années, que voler, c’est pas beau et c’est pas bien. C’est en bande organisée que nous avons essayé de voler des malabars bi-goût. On était trois compères, tous proches de la dizaine et à visage découvert. Tout avait été minutieusement préparé, et chacun, avait un rôle bien précis dans ce plan machiavélique. Mais, c’était sans compter le buraliste. Un fin limier que ce buraliste, malin et vif. Il a eu vite fait de nous démasquer. Sa sentence à été sans pitié. Il a couplé ses menaces de prison à vie avec celle, bien pire, de tout balancer à notre maitresse. Vive la vie de village où tout le monde se connaît. C’est qu’il ne rigolait pas avec la justice notre buraliste. Il avait la semaine d’avant, dénoncé ma copine, qui selon lui, tentait de voler un stylo encre. On a eu droit à une interminable leçon de morale sur le vol. Une leçon lourde de sous-entendus. Même si cette leçon de morale n’a pas eu l’effet escomptée, les menaces du buraliste, elles, ont été comprises. Notre association de malfaiteurs s’est stoppée net.

Croix de bois, croix de fer, je n’ai jamais recommencé à voler. En tout cas, voler de mon plein grès. Il y a eu cette pince à épiler, qui s’est coincée entre un brocciu et un paquet de figolu lors de vacances en Corses. Des kilomètres plus tard cette pince enfouie est apparue, trop loin de la caisse. Il y a eu aussi cette fois, où le futur ado choisit enfin, après maintes discussions, son nouveau cartable. C’est la veille de la rentrée que la trousse qui va avec a été découverte au fond de ce sac. Comme vous le savez, en Arabie Saoudite, on a beaucoup d’humour, mais, pas avec les voleurs. Nous avons fait en sorte, que notre forfait reste bien caché.

Voler ne me réussit pas les amis. J’aurai dû me souvenir de mon ancien buraliste.