au secours ! ils grandissent


J’ai 40 ans et quelques poussières, et même si ces poussières commencent à s’entasser et à me tasser, je les assume. J’ai 40 ans des cheveux blancs, de la cellulite, des vergetures, des rides. J’arrête. Ne partez pas !

N’ayez pas peur. C’est même pas vrai tout ça. Croyez-moi c’est formidable d’avoir 40 ans. C’est l’âge de l’assurance, de la force. Et puis les cheveux blancs, je les avais déjà à 30 ans. Bref, avoir 40 ans ce n’est pas la fin du monde, bien au contraire.

Mais, il y a un mais.

Il y a quelque chose de terrible, quelque chose que je n’assume pas. C’est comme la fin d’une ère et le début d’une autre. Une ère qui sera moins gaie. Une ère où je ne serai plus qu’accessoire. Je vais devenir obsolète et périmée les amis, et ce, dans très peu de temps.

Mon ado va avoir 14 ans, et mes filles, mes bébés vont en avoir 10. Et ça, c’est trop pour moi.

Et pourtant, j’ai eu hâte qu’ils marchent, qu’ils soient propres, qu’ils aillent à l’école. J’ai parfois hâte aussi, qu’ils aient un chez eux. Je râle souvent de leur bazar, de toutes ces choses qu’ils me demandent à la dernière minute. Je râle de passer ma vie à les servir, à laver leur linge et être leur taxi. Je râle et peste souvent contre eux.

Mais ils me font rire, j’aime leur humour, leur confidence. J’aime ces moments que l’on passe dans la voiture. J’aime entendre les filles chanter. J’aime les voir comploter tous les trois et faire les cons. J’aime regarder un film, écouter la musique avec eux. J’aime les voir cuisiner en râlant les uns contre les autres. J’aime ces week-ends où nous partons tous les 5. J’aime ces repas où nous sommes tous les 5.

Nous sommes comme les doigts de la main et quand il en manque un, c’est toujours pour une courte période. La vie à 5 reprend très vite sont cours normal. Je sais qu’à nouveau, j’aurai à aller à une réunion à la dernière minute parce que « mais t’es sure que je te l’ai pas dit?? », je vais passer une bonne heure à chercher ce cahier de musique qui est toujours là normalement, « Mais, où c’est que tu l’as mis, maman ??». Je sais que je vais recevoir les copains à l’improviste et préparer des gaufres pour une horde d’affamés.

Je sais aussi que le compte à rebours tourne vite et que cela ne va pas durer.

Mes enfants n’auront bientôt plus besoin de moi. Il me faudra attendre les coups de fil et les visites. Les câlins ne seront plus qu’un lointain souvenir. Je passerai après toutes ces choses qui feront leurs vies. J’espère qu’ils auront une vie aussi belle joyeuse et heureuse que celle que j’ai avec eux. Je sais qu’on les élève pour ça.

Mes enfants ne vont plus avoir besoin de moi.

Et pourtant, je suis fière de les voir devenir indépendants et responsables. Je suis fière de les voir travailler, s’intéresser à plein de choses. Je suis fière des conversations que nous avons. Je suis fière de tous les projets qu’ils ont. Même si je n’en fais pas partie. Je suis fière de les voir évoluer et grandir.

Alors en attendant, je profite de notre belle équipe, de notre tribu à cinq.

Et vous les amis vous gérez comment ces enfants qui grandissent bien trop vite ?