la mauvaise mère


Le chef de meute, en pleine crise de rangement, me montre trois petites dents au creux de sa main. Si j’ai pu facilement répondre au : « c’est quoi ça ?» J’ai eu beaucoup de mal à répondre au : « c’est à qui ?» J’ai eu beau les étudier, les retourner, les sentir, rien.

 Je ne sais plus.

J’ai beau cherché, essayer de dérouler le fil des souvenirs, les refaire, les classer, je ne sais plus. Je confonds toi, ton frère et ta sœur. A moins de faire un test ADN, je ne sais plus qui est le propriétaire.

Il me faut me rendre à l’évidence : je ne sais plus plein de choses sur votre petite jeunesse.

Pourtant, au tout début, il y a quinze ans, tout a bien commencé. Le petit bracelet de naissance, les petits mots de félicitations, le petit bonnet de la maternité, tout a était précieusement conservé. Même les premières pages du joli cahier de naissance, aux belles images d’Anne Geddes, ont été remplis de ma plus jolie écriture.

Et puis, les bonnes excuses sont arrivées. Le travail, l’arrivée d’un doublé de bébés, les fièvres, les nuits blanches, les couches, les tétées, les longues journées, la fatigue, le besoin de penser à autre chose pendant les rares moments de calme. 

Tout ça accompagné des fameux, je-le-ferai-plus-tard, quand-j’aurai-le-temps. Les premiers pas, les premiers sourires, le premier papa, la première bouchée de courgette, ça ne s’oublie pas.

Et pourtant. Les souvenirs se sont emmêlés, mélangés, entre mêlés et maintenant je confonds, j’hésite, je tâtonne. Je ne sais plus.

Il y a bien d’autres vestiges. Des carnets écrits à la va-vite de vos petites phrases, des premières chaussures, des photos, des grenouillères, des vidéos. Bien meilleur témoin oculaire que moi. Des vestiges, qui croupissent dans des cartons, sur un autre continent. J’ai eu encore une bonne excuse avec l’expatriation. 

Avec toutes ces excuses, je ne peux pas toujours répondre à vos questions. Je m’embrouille. Je ne sais plus. Je n’ai pourtant pas encore Alzheimer comme excuse.

Ce qui paraissait inoubliable, c’est évaporé. Votre vie de bébé ressemble à un lointain souvenir, à un doux rêve. Il y a quelques vapeurs de ce temps-là, quelques bribes, juste quelques détails. Cette mimique qui ne peut être que de toi. Cette odeur me remmène à toi bébé. Ce mot, c’est le tien. Rien qu’à toi. Mais, de toutes ces choses qui faisaient ta vie de bébé, j’ai tant oublié.

des cocktails


Avant mes 40 ans, nostalgie était banni de mon vocabulaire. Je regardais les gens nostalgique d’un sale œil. Je criais du haut de ma jeunesse, que la nostalgie jamais ne m’atteindrait. Mon allergie était tellement forte que je ne supportais pas la radio du même nom. La nostalgie était pour moi un signe avant-coureur de vieillesse.

Maintenant, j’ai 40 ans et des poussières, le temps a passé, j’ai grandi et mûri. Je commence des phrases avec des :  « Quand j’étais jeune » et des : « A mon époque ».

J’écoute avec plaisir une chanson qui me fait voyager dans le temps et qui se demande ce que je fais pour les vacances… Je me retourne sur un bébé qui ressemble à celui que j’avais il y a 14 ans. Je feuillette des photos avec une tendresse particulière pour cette ancienne petite fille à tresses. Je regarde X files en me disant, que contrairement à moi, certains épisodes font vraiment vieux. Je m’arrête sur une odeur qui m’entraîne dans la cuisine de ma grand-mère. Je pense souvent à des ambiances de mon enfance ou à des moments de bonheur de quand ils étaient petits.

Les amis, je crois que je regarde de plus en plus derrière moi. C’est donc ça, être nostalgique ? Comment c’est possible ?  Comment c’est arrivé ? Est-ce le début de la fin ?

Je suis allée voir ce que mon Larousse pense de cette nostalgie. Les amis, ça fait froid dans le dos. Mon Larousse dit, que la nostalgie est un état de dépression, une vague de tristesse, de dégoût de la vie. Il rajoute que c’est une propension habituelle au pessimisme. C’est même un synonyme de cafard ! Il parait aussi que la nostalgie arrive quand le présent n’est pas à la hauteur du passé.

Je n’aime pas être en désaccord avec mon Larousse. J’ai l’impression qu’il a toujours raison. Mais là, je ne suis pas d’accord, du tout. Je ne suis ni dépressive, ni pessimiste et mon présent, je ne le changerai pour rien au monde.

C’est vrai que je regarde Madagascar avec le coeur. Quand Alex câline son Foufi, je revois l’ado câliner le sien. Quand J’entend I like to move it, ce sont mes filles bébés, qui réapparaissent en train de trémousser leurs gros popotins de couches.

Des moments qui me remmènent dans le passé sont de plus en plus nombreux.

Mais, quoi de plus normal ?

Mon passé grandit, et j’y fais logiquement, plus souvent, référence. C’est donc mathématique ! Le passé gagne de la place et s’utilise dans le présent. Ce n’est donc pas de la nostalgie mais tout simplement un déplacement de temps.  Un voyage où passé et présent se mixent, s’entremêlent, se mélangent et se lient. Ce cocktail illumine le présent et lui donne une richesse. Ce cocktail, c’est mon passé, mon histoire qui me pousse et me guide.

Alors, finalement les amis je ne suis pas nostalgique. Je fais juste des cocktails et, j’adore ça.

Et vous les amis, vous faites souvent ce genre de cocktails ?

Grands-Mères


Aujourd’hui, c’est leur fête. Les miennes ne sont plus là depuis bien longtemps. Mais, je me rappelle d’elles comme si c’était hier. De ma grand-mère qui chante avec les tourterelles, de ma grand-mère qui passe un temps incroyable à nous couper la viande en tout petit bout, de ma grand-mère qui se baisse sur des rangées de haricot vert, de ma grand-mère qui prend son bâton, son chien et son chapeau pour aller promener. Des souvenirs d’elles, qui gardent des tas de ça-peut-servir, qui entassent des il-ne-faut-pas-jeter, ne pas gâcher. Des traces de ces guerres, de ces vies sans abondances qu’elles avaient dans leurs veines. Des souvenirs au goût tout doux de l’enfance, de l’insouciance, de la générosité et de la joie. Des souvenirs simples, vécus avec des yeux et un coeur d’enfant. Mes grands-mères ca fait bien longtemps qu’elles ne sont plus là et pourtant, elles sont souvent avec moi, grâce à une odeur, un champ, un oiseau, une cheminée, un arbre. Mes grands-mères ca fait bien longtemps qu’elles ne sont plus là, et pourtant, elles sont partout.

Les grands-mères me servent aussi de support de lecture, grâce à Pef. J’adore les petits livres, premières lectures de chez Gallimard jeunesse, je les utilise souvent.

Mais, il y en a un que j’adore particulièrement, c’est celui des grands-mères bien sûr. Alors je vais laisser Pef vous raconter ces grands-mères qui sont extraordinaires. Je vais laisser Pef vous raconter combien une mamie, c’est important.

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Fête des grands-mères- elle a 40 ans

 

Bonne fête à toutes les mamies.

Je vous conseille les livres premières lectures chez folio cadet, Gallimard jeunesse. Des petits livres faciles à manipuler. Des petits livres avec des illustrations magnifiques qui aident à la lecture et développent l’imagination.

Fête des grands-mères- elle a 40 ans

l’histoire de moi


On est en 1985 et j’ai 10 ans. Je suis trop contente, j’ai enfin un âge avec deux chiffres. Par contre, je ne sais pas comment faire comprendre à ma mère, que je ne veux plus avoir les deux tresses sur le côté. Moi, je veux une queue-de-cheval, comme Dorothée. Une queue-de-cheval bien haute qui chatouille le cou. De toute façon, dès qu’elle aura le dos tourné, c’est la queue de cheval qui virevoltera pendant mes virées à vélo. Le vélo, c’est la liberté. On va où on veut avec mon frère et les copains. Dans mon sac, je prends toujours un jeu de l’élastique, même quand je vais faire du vélo. J’ai une gourde que je remplis à la fontaine, j’ai des Yes, des Merveilles du monde et des tartines de beurre avec du chocolat en poudre pour le goûter. J’en prends toujours plein pour les copains et moi. Qu’est-ce que c’est bon ! Pendant les descentes, on chante à tue tête « Goldorak go! Rétro laser en action ! »

En 1995, j’ai 20 ans. Avec la bande de copains, on se voit de moins en moins. Chacun a pris sa route et, c’est rare quand on se croise. Moi, je viens de rencontrer un mec. Il est différent des autres. Il est très beau et il aime Pink-Floyd. Dès que je peux, je prends la 205 pour le retrouver. Je me suis offert des baffles avec l’argent gagné cet été. Je roule bercée par la voie de Jim Morisson et les rythmes endiablés de Noir Désir. Avec Lui, je fais plein de choses et, je me sens libre et heureuse. On est allé voir Braveheart et on va souvent au pub Irlandais. On s’est même retrouvé à San Francisco où l’on a loué la plus petite voiture des Etats-Unis. On a passé 10 jours fabuleux. Il a pris un nombre incalculable de photos. Le développement, a d’ailleurs coûté presque aussi cher que le voyage.

2005 et c’est la course. On est trois depuis deux ans. J’ai un travail que j’aime et j’ai la chance de travailler avec des gens formidables. On se prend souvent la tête, on est difficilement d’accord, mais on avance et on rigole bien. C’est un travail motivant, intéressant et plein de challenges. Mais, je ne passe pas assez de temps avec mon babouninet. Il est rigolo du haut de ses deux ans. Même, si en ce moment, il dit non à tout ! Le chef de meute a commencé un travail qui l’oblige à être souvent loin. La séparation n’est pas toujours facile mais, j’ai ma copine. Elle est comme une soeur et elle a aussi un petit monstre de deux ans. Les deux garçons s’entendent et se disputent à merveille. Tout le monde nous demande s’ils ne sont pas jumeaux. Eux non, les jumeaux se sera pour plus tard ! Ma vie a un rythme endiablé.

2015 te voilà avec mes 40 ans ! Nous sommes cinq et sur un autre continent pour t’accueillir. Fini les séparations longues durées. Le chef de meute rentre tous les soirs dans notre nouveau chez nous. Les filles ont 5 ans et parlent Anglais. Le grand, fait du foot et ce qu’il veut dans notre compound haute sécurité. La vie est calme et tranquille. J’apprécie d’avoir du temps pour eux, pour moi et je découvre le plaisir d’écrire. On fait face aux galères de la vie, tous les cinq. En réalité pas seulement tous les cinq. Cette vie d’expatrié nous a fait rencontrer des gens qui sont devenus notre famille. On vit presque en communauté. On est toujours chez les uns, ou les autres. On se pique le Perrier, on s’échange les enfants et les coups de gueule. Cette famille de coeur est là pour les bons et les mauvais moments. J’ai l’impression de vivre dans une bulle.

J’ai pris plaisir à regarder dans mon retroviseur pour écrire mon histoire. Je remercie maman délire qui a eu cette idée de génie. Si vous aussi, vous voulez faire un voyage dans votre histoire, il vous suffit d’aller faire un tour chez elle.

Je vous souhaite une belle journée les amis.