fait !


Au début elle est plutôt froide et directive, elle me donne des ordres et me demande aussi de me relaxer. Je ne sais pas comment lui dire que ce n’est franchement pas gagné. Alors, je ne dis rien, et, j’exécute ce qu’elle me demande en faisant de mon mieux. Comme dit le vieux dicton préféré de l’ado : «plus vite c’est fait, plus vite c’est fini ».

Elle ne perd pas de temps de toute façon, et, attaque l’examen par le droit en le pressant à plat. Même mon orange du matin, je n’ose pas la presser comme elle vient de le faire !  Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, elle fait subir, en suite, le même traitement au gauche. Et puis elle et moi, on commence à se détendre.  Elle devient plus avenante et moi, plus relaxée. Elle bidouille sa machine, et nous voilà à discuter de la pluie et surtout du beau temps. Elle me propose aussi un paréo, faut dire qu’on se gèle les miches. Enfin, surtout moi.

La machine est à nouveau en service, et, elle attaque maintenant à la verticale. Même combat, elle presse et compresse le droit puis le gauche, ou le gauche et le droit. Je ne sais plus. Elle regarde les images et me demande si je veux de l’eau. Moi, je commence à être suspicieuse, j’ai l’impression d’être le condamné à qui on propose sa dernière cigarette. Elle finit l’examen en toute gentillesse. Je la trouve super aimable. Un peu trop. Elle me dit qu’il faut refaire le gauche. Là, je deviens carrément méfiante, mais qu’est ce qu’elle y trouve dans ce foutu sein ? Elle me parle de masse en anglais, mais, pas le temps de gogoliser, elle redémarre le pressoir. Et c’est reparti !

Elle me dirige toujours trop très gentiment vers l’échographie. Un examen plus rassurant car plus familier. Ma dernière échographie en date m’a montré qu’il n’y avait pas un, mais, deux bébés. Je me demande qu’elle va être la surprise.

Bref, tout ça pour vous dire les amis que j’ai fait une mammographie. Pourtant les amis, je l’ai repoussé cette mammographie. Je n’avais pas envie, pas le temps ou tout simplement la trouille. Pourtant les amis, elle est importante cette mammographie. On le sait bien.

En France, elle est conseillée tous les deux ans à partir de 50 ans, aux États-Unis à 40 ans tous les ans. Ces deux façons de procéder ne sont pas idéales. La première, peut être insuffisante, et, la seconde, expose la femme a des quantités de rayons X très importants lors d’une mammographie.

Le professeur Daniel Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié Salpêtrière à Paris, opte pour une mammographie systématique à 40 ans, afin de déterminer pour chaque femme un suivi spécifique.

Du coup, grâce au gauche, ma prochaine mammographie est dans 6 mois, et vous les amies, elle est quand la votre ?