si toutes les mamans du monde


« J’ai pas le temps de ranger les raquettes »

« J’ai pas le temps de mettre le linge au sale »

« J’ai pas le temps de jeter la poubelle »

Il conjugue aussi très bien au passé :

« J’ai pas eu le temps de finir »

« J’ai pas eu le temps de ranger »

« J’ai pas eu le temps de tirer la chasse »

Mon pauvre enfant qui ne sait plus où donner de la tête. Mon pauvre ado si débordé qu’il en est réduit à faire déborder les WC. Quel malheur, quel grand malheur pour moi. Nos enfants porteront la peine de nos fautes. Quel terrible constat. Mon cœur de maman se brise en mille morceaux et arrête de battre.

Être maman, c’est être réactive.

Alors, mon petit coeur de maman, bien vite recollé mais encore tout endolori, laisse la place au cerveau. S’il y a bien quelqu’un qui va trouver une solution rapide, c’est lui. Il analyse donc, la situation de façon mathématique, logique, méthodique et concrète. C’est avec un cartésianisme redoutable qu’il arrive au constat suivant :

L’ado, dort en moyenne 7h –  Il passe 9 heures à l’extérieur de la maison (école –  sports et diverses activités que mon cerveau, mon coeur et moi ignorons) – Il campe 4 heures dans les WC –  Il reste 6 heures sur son portable.

C’est sans les doigts et sans calculatrice que mon cerveau a fait le calcul. Le résultat est sans appel.

Ô rage !  Ô désespoir !

C’est donc vrai !  L’ado a raison. Il n’a pas le temps ! Pourquoi tant de méfiance et de suspicion de ma part ? Comment ai-je pu douter ? Quelle mauvaise mère suis-je ? Et moi qui n’achète même plus de Nutella ! Pauvre enfant.

Quand mon petit coeur de maman a bien voulu arrêter de se flageller mon cerveau, lui, a entrepris de trouver une solution. C’est bien connu, ceux qui exigent la vérité ne devraient pas s’en plaindre.

Quand on est maman, il n’y a pas de problèmes mais, des solutions.

Cette solution, je l’ai cherchée dans le froid, dans les flammes. Je l’ai cherchée au cœur de nuits de pleine lune, dans des livres, mais, à force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps.

J’ai compris que ce que je cherchais avait quelque chose de secret, et que cette histoire était fragile comme un écrit à la craie. J’ai surtout compris, que la solution je ne la trouverai pas seule.

Si seulement toutes les mamans du monde de, j’ai pas le temps et de, I have no time, se donnaient la main. Si seulement toutes les mamans du monde de, no tango tiempo et de, لا املك الوقت, faisaient une chaîne de solidarité. Si seulement toutes les mamans du monde de, Ik heb geen tijd et de, Nu am timp, s’unissaient. Si seulement toutes les mamans du monde de, Eu não tenho tempo et de, tout ce que je ne peux pas traduire parce que c’est trop long, se rassemblaient.

C’est ensemble que l’on trouvera la solution. C’est ensemble que notre petit coeur universel de maman ne saignera plus jamais face à ce fléau, j’ai pas le temps.

Vous faites comment les amis pour lutter contre ces, j’ai pas le temps ?

 

Je tiens a remercier toutes les personnes qui ont participé, sans le savoir. Par ordre d’apparition :

Quel malheur, quel grand malheur pour moi. La compagnie Creole – scandale dans la famille.

Nos enfants porteront la peine de nos fautes. Joseph de Maistre – Les soirées de Saint-Pétersbourg

ô rage !  ô désespoir !  Corneille – Le Cid

Ceux qui exigent la vérité ne devraient pas s’en plaindre. Grégoire Lacroix –  Les euphorismes de Grégoire.

Dans le froid, dans les flammes. JJ Goldman avec Celine Dion – Pour que tu m’aimes encore.

À force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps. Pierre Dac – Les pensées

J’ai compris que c’que je cherchais avait quelque chose de secret. Et, que cette histoire était fragile comme un mot écrit à  la craie.  Grand corps malade – Parole du bout du monde

 qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour eux


« Au fait maman … »

Je stoppe net. Une alarme se met instinctivement à résonner dans ma tête. Vous savez la même alarme que pour les « J’t’ai-pas-dis ». Alarme qui se déclenche aussi pour les, « Je-sais-pas-ce-qu’il-s’est-passé » et pour les fameux,  « c’est-pas-ma-faute ».

Mon instinct de survie me pousse aussi à regarder les sorties de secours. Il n’y en a aucunes. Le chef de meute n’est pas là et le téléphone ne sonne même pas. Je suis coincée et n’ai d’autres choix que d’écouter la suite.

Et la suite arrive.

« … les vacances arrivent… »

Mon coeur s’accélère, ma tête tourne. Mes mains sont moites et je suis en état de choc. Les vacances ! Ils sont en vacances ! Demain ! J’avais oublié ce petit détail. Il ne me restera plus qu’à ressortir mon costume de G.O ou de taxi pendant mon temps, que je qualifiais encore de libre, il y a de ça à peine trois minutes.

Mais apparemment, ce n’est pas la principale information de cette phrase, dont j’ai de moins en moins envie, de connaître la suite.

« … on doit chacun apporter un truc à l’école… »

Qu’est-ce qu’il peut bien vouloir apporter à l’école comme truc ? Ses BD de Picsou ? Ses ballons de rugby ? Ses vieux t. shirt ? Pourquoi il m’en parle en plus ?

Mon instinct féminin me dit que je suis sur la mauvaise voie et que cela ne sert à rien de continuer cet état des lieux. Je n’ai plus qu’à rassembler mon courage pour la suite.

« … et j’ai proposé de prendre des gaufres… »

C’est magnifique le volontariat. C’est un acte noble, désintéressé. Un don de soi que j’admire particulièrement dans ce monde d’égoïsme. Surtout, quand celui qui propose va déléguer.

« … il m’en faut 50. »

Point final, fermez les guillemets.

Bref, il est 5 heures, Paris s’éveille et je fais des gaufres.

C’est beau le chant de la gaufre au petit matin.

Qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour nos enfants ?

Bonne journée les amis.

bonne fête mamans


Ici, il y a tellement de nationalités et de calendriers différents que l’on se perd dans les fêtes. Il y a 15 jours, c’était la fête des mères aux USA. Quelques semaines avant, c’était celle des mamans anglaises. Ou le contraire. Aujourd’hui, c’est au tour des mamans françaises d’être à la fête. Franchement, on s’y perd et les enfants aussi. Je sais que je n’aurai pas de poèmes, ni de petits cadeaux fait avec amour, ni une nouvelle bague ou un nouvel aspirateur.  Mes enfants ne savent tout simplement pas que c’est la fête des mères en France.

Mais ce n’est pas grave. J’ai mieux. J’ai mes enfants tous les jours près de moi. J’ai la chance de les voir grandir, de partager leurs quotidiens. Je sais qu’ils sont là, avec moi. Je sais que je vais leur préparer le petit-déjeuner tous les matins. Je sais que je vais écouter leurs confidences et leurs lamentations aussi. Je sais que cet article est dégoulinant de bons sentiments et qu’il en est écoeurant. Je sais aussi que c’est super chiant à lire.

Mais, je vois tellement de mamans qui ne sont jamais à la fête. Il y a autour de moi, tant de mamans qui gardent les enfants des autres. Des mamans qui, tous les jours, vont au parc et rangent le bazar d’un enfant. D’un enfant, qui n’est pas le leur. Le leur est resté au pays.

Ces mamans ont le courage et la force de vivre loin de leurs propres enfants pour leurs offrir une éducation.

Alors, elles ont toujours des photos d’eux et sont fières de vous les montrer. Elles sont fières de pouvoir les envoyer dans une école, fières de leurs préparer un meilleur avenir, fières de l’éducation qu’elles leurs offrent.

Ne pensez pas que les papas soient en restes. Eux aussi triment. Dehors, dans la construction ou sur les routes.

Pour tous ces papas et mamans, il n’y aura pas de cadeaux. Mais il n’y aura surtout pas de câlins, pas d’histoires, pas de quotidien avec leurs enfants.

Alors c’est vrai que souvent nos enfants on les expédierait bien sur un autre hémisphère ou mieux, dans une autre galaxie avec ou sans capitaine Flam. C’est vrai qu’on les écoute à moitié et qu’on râle souvent contre eux. Mais au moins ils sont là. Finalement on a bien de la chance, vous ne trouvez pas ?

Chères mamans je nous souhaite à toutes une belle fête et une bonne journée.

on peut? ou pas?


Je n’ai pas une minute pour souffler. Je ne m’appartiens plus.

Vous la connaissez aussi cette sensation d’être broyée, ballottée par les obligations, par ce quotidien? Je ne vais pas vous faire la liste de toutes ces choses que l’on fait pour son travail, pour ses enfants, pour sa maison. Je ne vais pas vous les décrire ces éternels recommencements qui donnent l’impression que notre vie ressemble à une immense chaîne d’usine avec ces tâches qui se répètent à l’infini. Elle est si longue cette liste, si rébarbative.

Et puis, il y a toujours quelqu’un pour vous dire que c’est la vie. Un philosophe dans votre entourage qui vous dira que ces moments, vous finirez par les regretter. Le positif de service qui vous fera remarquer, que vous n’avez pas à vous plaindre vous êtes en bonne santé, votre tribu aussi, vous avez un toit et un frigo plein.

Même BFM vous répète en boucle et en images que vous n’avez pas le droit de vous apitoyer.

Alors sans se plaindre, nous maman, femme, qui avons tout pour être heureuse, est-ce que nous avons le droit parfois d’être juste lasse sans commettre un crime ?

D’être par moment désespérées, d’avoir envie de baisser les bras sans être envahies de culpabilité ?

D’avoir juste envie de tremper ses chips au fromage dans le nutella et de passer la journée vautrées sur le canapé devant l’intégrale de Grey’s anatomy ?

D’avoir envie de foncer dans cette fusée et de se retrouver en orbite une paire d’heures dans le calme de l’infini ?

D’avoir envie de s’échouer sur cette île presque déserte mais, quand même bien pourvue en transats, mojitos, sushis, pâtisseries et de se prélasser quelques jours sur ce transat, juste à côté de son amie, elle aussi échouée par hasard sur la même île presque déserte ?

Sans se plaindre est-ce que l’on peut ça ?

Vous en pensez quoi les amis, on peut ou pas ?

Ma maman Europe


Ma maman Europe a perdu de vue ses enfants. Elle est certainement trop occupée à parler avec les grands qu’elle ne nous écoute plus. C’est si dur pour elle, qu’elle nous étouffe. Ma maman Europe a tellement de soucis et a tellement de gros problèmes qu’on n’arrive pas à lui parler. Quand elle nous parle de toute façon on comprend rien, et c’est toujours pour gronder. Alors, il y a des frères et des sœurs qui veulent fuguer et d’autres qui l’ont fait.

Ma maman Europe je l’aime. Je la vois forte, ouverte, bienveillante, accueillante, honnête et respectueuse envers ses enfants.

J’espère que ma maman Europe a compris le message et qu’elle va nous écouter, qu’elle va nous prouver qu’on peut toujours avoir confiance en elle. Qu’elle est là pour nous et pas contre nous. Quelle arrête de nous faire peur aussi avec ses dettes, ses directives et ses frontières. J’espère que maman Europe va dire aux grands d’arrêter de nous embêter.

Tout ce qu’on veut, nous, c’est travailler et s’amuser ensemble, échanger, voyager, découvrir, être respecté et aimé pour ce que nous sommes.

Maman Europe on te promet qu’on va essayer d’arrêter de se disputer entre frères et sœurs et qu’on va essayer de s’entendre et de se comprendre. On a besoin de toi.

Ma maman Europe, je te fais de gros bisous à toi et à mes frères et sœurs.

Vous la voyez comment l’Europe vous ?

 

 

C’est quoi déja l’intimité?


Ceci est un SOS d’une maman en détresse. J’ai  besoin de vos conseils sur un point : celui du respect de l’intimité. J’ai la chance et le bonheur d’être maman d’un 13 ans et de deux 8 ans et, malgré un nombre incalculable de tentatives, je n’y arrive pas.

Je vous relate dans un premier temps quelques faits pour que vous puissiez  bien cerner le problème. Attention, certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes :

  • Scène n°1 sous la douche : Je chante mélodieusement Red Rain de Peter Gabriel sous un jet d’eau tiède, quand, la porte s’ouvre brutalement, comme si El NiÑo en personne, voulait profiter de ce jet d’eau tiède. La question existentielle qui ne peut pas attendre est : « Je suis bien habillée ? »
  • Scène n°2 la pause caca : Pour éviter une occlusion intestinale, de temps en temps il faut y aller, et bien là, paf ! La porte s’ouvre à toute volée comme si  la fin du monde était là. La question impérieuse et super urgente du moment est : «  Y a quoi pour manger ? »
  • Scène n°3  au téléphone : J’écoute attentivement la conversation captivante de ma voisine, quand, par surprise, on hurle dans mon oreille libre : « Ils sont où mes protèges tibia d’Arsenal ? »

J’ai pourtant essayé plusieurs méthodes, qui se sont toutes soldées par des échecs :

  • La communication : Ils me répondent qu’ils comprennent mais qu’ils n’y peuvent rien. C’est plus fort qu’eux. Il me faudrait peut-être un désenvoûteur.
  • Le chantage : Je fais comme eux, mais eux, sont très à l’aise. Ils profitent de l’occasion pour me raconter leurs histoires et une fois sur deux je me retrouve à essuyer des fesses. Ce n’est donc pas le bon plan.
  • La pitié : Je leur explique que quand ils déboulent à l’improviste j’ai le cœur qui s’emballe et qu’à mon âge c’est dangereux. Mon rythme cardiaque n’a pas d’impact non plus.

Vous allez me demander pourquoi je ne ferme pas la porte de l’intérieur ? Il n’y a pas de verrou et, ce n’est pas toujours possible, d’anticiper et d’attacher une chaine et un cadenas à chaque fois. Particulièrement quand il faut aller au WC… Je pourrai essayer de les attacher avec la chaine et le cadenas mais ils se débattent, ils sont plus nombreux que moi et je suis contre la violence.

Si vous arrivez à avoir quelques minutes d’intimité, dites-moi comment vous faites, s’il vous plait !