mon ami


On repart à zéro. Il faut tout recommencer. C’est ça l’expatriation. Juste le temps de prendre ses habitudes, juste le temps de se faire des amis, parfois même pas le temps de vider tous les cartons, que l’heure du départ sonne à nouveau.

Un départ souvent précipité, un départ plus ou moins voulu et subi par les enfants. Un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle expérience, un nouveau travail, une nouvelle maison, une nouvelle école. Un nouveau départ. Tout est neuf, tout est beau.

Il faut encore prouver ses compétences professionnelles mais aussi humaines. Il faut se refaire un réseau, un tissu social et, avec un peu de chance quelques amis aussi.

Parce qu’il faut bien avouer que tous ces week-ends ou le téléphone ne sonne pas, tous ces restaurants que l’on ne fait qu’en famille, toutes ces sorties qu’entre nous, finissent par être bizarre. Et même pour quelqu’un qui n’est pas antisocial mais plutôt socialement sélectif (pour reprendre une expression vue sur la toile), c’est étrange de vivre autant de choses dans un vase si clos.

Quelque chose manque, et, ce quelque chose, ce sont les amis. Les amis sont dispersés aux quatre vents et, personne n’est là pour un café, un apéro, un Perrier ou un repas improvisé. Pas de week-end en bande, ni de cinéma , ni d’expéditions.

Alors, il faut se refaire un réseau social. Le travail, l’école, les voisins, le super marché, les clubs tout est bon à prendre. Sauf que. Se faire des amis quand on a 40 piges, c’est une autre paire de manches (pour reprendre une expression à la mode dans les années 80).

Ce n’est pas facile quand on est adulte, de créer une histoire, de se raconter. En plus, on a plein de bonnes excuses pour ne pas le faire : la pudeur, la méfiance, la fatigue, le manque de temps, la timidité. Et puis cette peur d’avoir à nouveau à dire au revoir à des gens que l’on aime.

Les Japonais ont trouvé une solution radicale avec la location d’amis. Vous pouvez donc aller dans une agence spécialisée, et louer pour la journée, pour un cinéma ou une sortie shopping un ami. L’ami Kleenex à le vent en poupe au Japon mais pas sûr que ce soit très satisfaisant.

Trouver un ami demande du temps, de l’énergie, de la confiance, une prise de risque.

Bref, croyez moi les amis, un ami ça ne se trouve pas sous les pâtes d’un chameau.