l’histoire de moi


On est en 1985 et j’ai 10 ans. Je suis trop contente, j’ai enfin un âge avec deux chiffres. Par contre, je ne sais pas comment faire comprendre à ma mère, que je ne veux plus avoir les deux tresses sur le côté. Moi, je veux une queue-de-cheval, comme Dorothée. Une queue-de-cheval bien haute qui chatouille le cou. De toute façon, dès qu’elle aura le dos tourné, c’est la queue de cheval qui virevoltera pendant mes virées à vélo. Le vélo, c’est la liberté. On va où on veut avec mon frère et les copains. Dans mon sac, je prends toujours un jeu de l’élastique, même quand je vais faire du vélo. J’ai une gourde que je remplis à la fontaine, j’ai des Yes, des Merveilles du monde et des tartines de beurre avec du chocolat en poudre pour le goûter. J’en prends toujours plein pour les copains et moi. Qu’est-ce que c’est bon ! Pendant les descentes, on chante à tue tête « Goldorak go! Rétro laser en action ! »

En 1995, j’ai 20 ans. Avec la bande de copains, on se voit de moins en moins. Chacun a pris sa route et, c’est rare quand on se croise. Moi, je viens de rencontrer un mec. Il est différent des autres. Il est très beau et il aime Pink-Floyd. Dès que je peux, je prends la 205 pour le retrouver. Je me suis offert des baffles avec l’argent gagné cet été. Je roule bercée par la voie de Jim Morisson et les rythmes endiablés de Noir Désir. Avec Lui, je fais plein de choses et, je me sens libre et heureuse. On est allé voir Braveheart et on va souvent au pub Irlandais. On s’est même retrouvé à San Francisco où l’on a loué la plus petite voiture des Etats-Unis. On a passé 10 jours fabuleux. Il a pris un nombre incalculable de photos. Le développement, a d’ailleurs coûté presque aussi cher que le voyage.

2005 et c’est la course. On est trois depuis deux ans. J’ai un travail que j’aime et j’ai la chance de travailler avec des gens formidables. On se prend souvent la tête, on est difficilement d’accord, mais on avance et on rigole bien. C’est un travail motivant, intéressant et plein de challenges. Mais, je ne passe pas assez de temps avec mon babouninet. Il est rigolo du haut de ses deux ans. Même, si en ce moment, il dit non à tout ! Le chef de meute a commencé un travail qui l’oblige à être souvent loin. La séparation n’est pas toujours facile mais, j’ai ma copine. Elle est comme une soeur et elle a aussi un petit monstre de deux ans. Les deux garçons s’entendent et se disputent à merveille. Tout le monde nous demande s’ils ne sont pas jumeaux. Eux non, les jumeaux se sera pour plus tard ! Ma vie a un rythme endiablé.

2015 te voilà avec mes 40 ans ! Nous sommes cinq et sur un autre continent pour t’accueillir. Fini les séparations longues durées. Le chef de meute rentre tous les soirs dans notre nouveau chez nous. Les filles ont 5 ans et parlent Anglais. Le grand, fait du foot et ce qu’il veut dans notre compound haute sécurité. La vie est calme et tranquille. J’apprécie d’avoir du temps pour eux, pour moi et je découvre le plaisir d’écrire. On fait face aux galères de la vie, tous les cinq. En réalité pas seulement tous les cinq. Cette vie d’expatrié nous a fait rencontrer des gens qui sont devenus notre famille. On vit presque en communauté. On est toujours chez les uns, ou les autres. On se pique le Perrier, on s’échange les enfants et les coups de gueule. Cette famille de coeur est là pour les bons et les mauvais moments. J’ai l’impression de vivre dans une bulle.

J’ai pris plaisir à regarder dans mon retroviseur pour écrire mon histoire. Je remercie maman délire qui a eu cette idée de génie. Si vous aussi, vous voulez faire un voyage dans votre histoire, il vous suffit d’aller faire un tour chez elle.

Je vous souhaite une belle journée les amis.