la femme en France… il y a 40 ans et des poussières


Ce sont des choses que l’on fait aujourd’hui en France naturellement. Ce sont des choses acquises et banales qui font partie de notre quotidien de femmes. Et pourtant, il y a seulement 40 ans de ça, nos mères et nos grand-mères avaient une vie bien différente.

Aujourd’hui, je vous propose un voyage dans le temps.

Il était une fois les droits de la femme en France… Il y a 40 ans et des poussières.

C’est seulement en 1970 que « les deux époux assurent ensemble la direction morale et matérielle de la famille ». Jusque-là, le mari était le chef de famille et la femme était considérée comme mineure. Elle n’avait pas le droit de prendre de décisions pour elle-même et encore moins concernant ses enfants. Il faut donc attendre 1970 et cette loi, pour que la femme ait le même rang que son mari au sein de la famille.

C’est depuis 1972 qu’il est inscrit dans le droit « à travail égal, salaire égal ». Les conditions de travail pour les femmes se sont donc nettement améliorées grâce à cette loi. 40 ans plus tard, les femmes n’ont toujours pas cette égalité de rémunération avec les hommes. L’écart de salaire est de 18,8 %. Si rien ne change,  il faudra attendre, en France l’année 2186, pour que les salaires soient enfin égaux (chiffres du gouvernement). Il y a quelques semaines les femmes ont été appelées à cesser le travail à 16h34, heure à laquelle son salaire cesse d’être égal à celui de l’homme. 40 ans plus tard, on constate aussi, que l’emploi chez les femmes s’est développé avec le temps partiel, qui les laisse bien souvent, dans des situations financières délicates.

 

C’est en 1974 que l’on créait un secrétaire d’Etat à la condition de la femme. Françoise Giroud est la première secrétaire d’Etat. Elle lance alors cent une mesures en faveur des femmes. Comme, la mise en place de droits propres à la femme, la lutte contre les discriminations, l’ouverture des métiers dits masculins. En 2016, tous ces combats sont toujours et encore d’actualité. Laurence Rossignol planche toujours sur le sujet avec une loi pour l’égalité réelle entre les hommes-femmes. Vous aurez noté le « réelle » dans le titre de cette loi.

 

C’est le 17 janvier 1975 que la loi Veil, relative à l’Interruption Volontaire de Grossesse  est enfin votée. Cette loi dépénalise l’avortement grâce à Simone Veil alors ministre de la Santé. Jusque-là avorter pour une raison non-médicale était un délit passible de prison. Cette loi est issue d’un très long combat. En 1971, 343 femmes dont Simone de Beauvoir, Jeanne Moreau, Marguerite Duras et Françoise Sagan déclarent, dans le figaro, faire, elles aussi, partie de ces femmes qui se sont faites avorter de façon illégales en France, comme des milliers d’autres. Charlie Hebdo les rebaptisera les 343 salopes.  De nombreux médecins invoquent la clause de conscience pour refuser l’IVG. Il faudra ensuite, et, il le faut encore de nos jours, la mobilisation de nombreuses femmes pour que la loi Veil soit vraiment appliquée. C’est seulement en 1983, que la loi autorise le remboursement de l’IVG par la sécurité sociale.

Quelques dates pour la route :

La contraception est autorisée en France depuis 1967, mais il faudra attendre 1972 pour qu’un décret réglemente la fabrication et la prescription des contraceptifs. La pilule peut-être enfin commercialisée.

En 1972, les femmes mariées ont la possibilité de contester la paternité du mari et de reconnaitre un enfant sous son propre nom de naissance.

En 1973, la mère peut, tout comme le père, transmettre sa nationalité à ses enfants.

En 1974, la pilule est remboursée. Les mineures peuvent l’obtenir gratuitement au centre de planification.

L’année 1975 est déclarée par l’ONU, comme « l’année internationale de la femme ». Quand je vous dis que c’est une année formidable 😉

Toujours en 1975, une loi supprime la possibilité au mari de contrôler et lire les correspondances de sa femme.

Encore en 1975 est ouvert le refuge Flora Tristan pour femme battues à Clichy.

Encore et toujours en 1975, tout l’enseignement supérieur est accessible aux filles et aux garçons.

Ce n’est qu’en 1976 que la mixité pour les élèves et les enseignants devient obligatoire pour tous les établissements scolaires avec la loi Habby.

En 1979, Simone Veil devient la première femme présidente du Parlement Européen.

En 1979, l’interdiction du travail de nuit est supprimée pour les femmes occupant des postes à responsabilité.

En 1980, Marguerite Yourcenar, femme de lettres, est la première femme élue à l’académie Française.

En 1980, le viol est qualifié de crime par la loi.

Toutes ces choses nous les avons acquises il y a seulement 40 ans et quelques poussières. Seulement.

« Mais à ce moment précis, elle n’avait pas le temps d’honorer sa mémoire car un changement de thème de fête d’anniversaire, à la dernière minute de surcroît, lui sembla plus difficile à avaler que la mort d’un innocent. Voilà ce qui arrive quand on tient la liberté pour acquise : on perd le sens de la mesure. »  Le secret du mari de Liane Moriaty.