en route pour la liberté


Elles n’avaient pas le droit parce qu’elles n’ont qu’un quart de cerveau.

Elles n’avaient pas le droit parce que cela donne le cancer des ovaires.

Elles n’avaient pas le droit parce que cela multiplie le risque de se faire violer.

Elles n’avaient pas le droit, c’était pour les protéger.

Elles n’avaient pas le droit mais c’était juste stupide et avilissant.

Elles se sont battues et l’ont obtenu ce droit de conduire.

Je suis tellement heureuse pour toutes ces femmes en Arabie.

Je souhaite bonne route à toutes les Saoudiennes.

Un peu de musique pour fêter ça !

 

la porte s’ouvre


On n’arrête pas le progrès, même en Arabie Saoudite.

Vous vous rappelez qu’en Arabie, la femme a quelques petites restrictions. Histoire de bien lui rappeler que chacun doit rester à sa place, et les enfants seront bien gardés. Il y a donc quelques endroits qui lui sont interdits.

Le stade en faisait partie. Mais tout ça c’était avant.

En effet, le roi a décidé d’autoriser les femmes à venir au stade de Riyad pour qu’elles puissent y célébrer le jour national en famille.

On garde évidemment le même principe que dans tous les lieux publics :  les familles d’un côté, et les hommes seuls, de l’autre. Vous avez remarqué que la configuration n’admet pas qu’une femme puisse sortir seule.

Mais là n’est pas la question. Cette autorisation permet aux femmes de pouvoir être à la fête comme tout le monde.

Une fois n’est pas coutume, mais c’est un début. Les femmes en Arabie continuent inlassablement de frapper aux portes car « à force de frapper à coups redoublés sur la même porte, elle finit toujours par s’ouvrir. Ou alors c’est une porte voisine, qu’on n’avait pas vue, qui s’entrebâille, et c’est encore plus beau » (Michel Tournier).

encore juste une bonne idée


Comment les ignorer toutes ces formes vagues, sagement assises directement sur le sable ou, au mieux, sur un tapis ?

Elles ont toutes le visage camouflé de noir et dirigé vers l’horizon. L’horizon c’est la mer. L’horizon ce sont les enfants qui jouent dans l’eau. Ils s’éclaboussent, poussent des cris de joie. Ils s’amusent.

Elles restent sagement assises comme des status. Status difforment emmitouflées de noir.

Seule leur imagination à le droit de courir dans les vagues, jouer avec les enfants et trouver un peu de fraicheur.

Peut-être regardent-elles plus loin les hommes nager ou faire du scooter de mer. Elles imaginent peut-être l’air marin, les gouttes d’eau qui viennent asperger leur visage.

Il y a quelques statues que la chaleur écrasante a finie par dresser. Elles se tiennent droites devant l’étendue d’eau. Toutes proches des rires. Juste toutes proches.

En Arabie Saoudite il y a des plages grandes mais pas belles. Elles sont sales de détritus en tout genre. Elles sont pire que pas belles. Elles sont cruelles pour ces femmes bâchées sous leur abaya et  clouées sur le sable.

En France on a des plages magnifiques. Les femmes s’amusent, y rient, jouent. On y voit des visages radieux et des corps halés. On y mange des glaces, on y fait des châteaux de sable. Et le soir venu, on retourne à la maison où sous la tente tout plein de sable et de bonheur.

J’habite un pays où je n’ai pas le choix. Je dois me plier à des règles injustes et avilissantes dictées pas des hommes (vive le sport).

Je viens d’un pays où l’on vit heureux. Enfin, où l’on vivait heureux. Avant toutes ces morts injustes, cruelles et révoltantes.

Je viens d’un pays où l’on vivait heureux avant que l’on décide que la meilleure façon d’arrêter ces horreurs c’est d’empêcher des femmes de jouer librement dans l’eau.

Juste encore une bonne idée injuste et avilissante pour les femmes.