je suis une femme au foyer évolutive


Que ce soit subi ou voulu peut importe, le résultat est le même, vous êtes à la maison. Vous avez des contraintes, des obligations, des horaires, du travail et finalement la seule chose qu’il vous manque c’est le salaire. Et les vacances aussi…

Me concernant, je n’étais pas partie pour cette vie au foyer. J’avais un travail que j’adorais dans le milieu de la phytothérapie. Je faisais du recrutement, de la formation et je coachais les vendeurs. J’adorais mon travail et les personnes avec qui je travaillais.

Oui, mais voilà.

Il faut parfois faire des choix. Il m’a fallu me rendre à l’évidence : Un travail prenant avec trois enfants en bas âges, le chef de meute toujours absent ce n’était pas une vie. Au même moment, nous avons eu la possibilité de partir pour l’Arabie Saoudite en famille. Après deux, trois hésitations de ma part, on a sauté le pas.

Ma vie de femme au foyer (appelons un chat un chat) a évolué avec les enfants et avec moi. Finalement, il n’y a pas une vie de femme au foyer, mais des vies.

Mes débuts de femme au foyer ont été de rester… au foyer. Ménage, courses, bouffe et enfants, tout tournait exclusivement autour de ce fameux foyer. Cet enfermement  n’a rien à voir avec l’Arabie Saoudite. C’est peut-être une réaction contraire à toutes mes années de travail. A tous ces moments où je n’étais pas disponible. L’envie d’être la meilleure des mamans entourée des enfants les plus heureux du monde. Je ne sais pas. Ces premières années au foyer se sont passées tout simplement comme ça. Je n’en garde pas un mauvais souvenir, mais plutôt un souvenir de quiétude.

Est arrivée en suite la période de prise de conscience. Que fais-je de ma vie ? Est- ce que je ne suis bonne qu’à faire des lessives ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Pourquoi je vis ? Pourquoi je meurs ? Pourquoi je crie ? Pourquoi je pleure ?  Alors j’ai cherché, j’ai lu, j’ai écouté. J’ai envié ces mamans qui ont l’air de si bien tout maitriser et qui ont une manucure impeccable. J’ai perdu du temps, beaucoup. Et puis il y a eu aussi quelques revers de vie à gérer. Je me suis mise à la couture. J’ai fait du yoga. J ai écrit et puis j’ai tout perdu à cause de la vieillesse de mon ordi. Cette période a été parfois douloureuse, mais nécessaire. J’ai compris que la solution ne peut venir que de moi. Il s’agit juste de la trouver !

Est arrivée la période où j’ai commencé à agir. J’ai donné des cours de Français, rencontré des gens d’univers différents. J’ai ouvert mon blog. Croyez-moi, ça change tout de n’avoir plus l’esprit focalisé sur la poussière et le linge sale. C’est important de se sentir utile, de communiquer, d’être acteur de sa vie. Ca change tout de faire quelque chose qu’on aime, quelque chose pour soi.

Aujourd’hui j’ai 40 ans, les enfants grandissent et je sais que je dois me préparer a reprendre une activité professionnelle, mais pas n’importe quoi et pas à n’importe quel prix.

Alors je prépare, je tâtonne, je fais trois pas en avant et trois pas en arrière. J’en fais deux sur le côté et puis des fois deux aussi de l’autre. Mais j’y travaille, même si ce n’est pas toujours très coordonnée.

Mais, une chose est sûre ou plutôt deux choses. Je n’ai pas honte à 40 ans d’être femme au foyer. Je n’ai pas honte non plus à 40 ans de ne pas avoir de salaire. Je sais que la vie de femme au foyer n’est pas la fin mais juste le début. 

Et vous, vous la voyez évolutive votre vie de maman au foyer ?