sur mon mur il n’y a pas


Comme tu me l’as fait remarquer, je n’ai pas parlé sur Facebook de ce bus plein de civils, attaqué en Syrie. Mais oui, j’ai mis sur mon mur le policier qui s’est fait lâchement tuer sur une des plus belles avenues du monde.

Tu as raison, c’est surement tordu de pleurer un mort et de passer sous silence des centaines d’autres.

Crois-moi ou pas, mais j’ai été choquée que l’on puisse attaquer un bus plein de personnes fuyant l’horreur. J’ai été terrifiée que l’on puisse massacrer un bus entier de travailleurs humanitaires, d’enfants, de femmes, d’hommes de vieillards juste comme ça. Mais, tu as raison, je ne l’ai pas posté sur Facebook.

Par contre, j’y ai mis mon dégoût pour ce policier si jeune, qui est mort d’une façon aussi injuste, brutale et cruelle. J’ai été choquée que ce monsieur, parti travaillé comme tous les jours, ne puisse plus jamais rentrer chez lui. J’ai été émue par son conjoint. J’ai été fière de le voir s’exprimer sur une chaîne Française. Parce que je n’ai pas parlé non plus, sur mon Facebook, de ces rafles en Tchétchènie à l’encontre des homosexuels, ni des tortures dont ils font l’objet dans trop de pays. Et pourtant, tu as raison, il y aurait tant à dénoncer. Par contre sur mon Facebook, tu trouveras ma colère de savoir qu’a Paris il y a encore des affiches anti-avortement sur les murs.

En cette période où tout est une bonne excuse pour se diviser, je voulais te répondre que mon Facebook ne reflète pas toutes les horreurs qui se passent dans le monde. Ce que tu trouves sur mon Facebook ne reflète pas toutes mes pensées, toute ma vie, toutes mes tristesses. D’ailleurs, mon Facebook ne reflète plus grand chose, mais ça, c’est une autre histoire…