faire pipi tranquille


Les oiseaux se cachent pour mourir et moi, je me cache dans les WC pour écrire. Pourtant, ce n’est pas du tout le moment. Ils sont affamés, énervés de la journée qui se termine et par celle qui va commencer demain. Ils cherchent leur uniforme d’école, leur bonnet de natation, cherchent aussi un papier à faire signer d’urgence et qui a disparu. Des mamaaaaaaaan de plus en plus nombreux et tendus se faufilent sous la porte des WC.

Mais, je m’en fous. 

J’ai une idée, et c’est à elle que je me raccroche. Sans bruit, je sors mon carnet. Je gribouille à la va-vite un truc que moi seule pourra relire. J’espère. Si je ne la fixe pas maintenant, l’idée s’envolera vers l’infini et au delà.   Alors j’écris à toute vitesse dans ce carnet, sur ce bout de toilette.

Le temps presse. Je sais que ma cachette ne va pas tenir longtemps et que je vais vite être débusquée. Je vais devoir, en toute mauvaise fois, les yeux au ciel et dans un souffle, réciter le fameux : «C’est-même-pas-possible-de-faire-pipi-tranquille-dans-cette-maison».

Depuis les enfants, l’intimité n’est plus qu’une vague notion abstraite et lointaine. Je vous avez d’ailleurs déjà raconté mes déboires.

Alors, c’est vrai qu’au lieu de participer à l’effort familial, je me planque. Mais, je vous assure, elle est chouette cette idée.

Bon, les amis, je dois vous laisser avant de me faire choper.

Je vous souhaite une belle journée.

 

 

 qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour eux


« Au fait maman … »

Je stoppe net. Une alarme se met instinctivement à résonner dans ma tête. Vous savez la même alarme que pour les « J’t’ai-pas-dis ». Alarme qui se déclenche aussi pour les, « Je-sais-pas-ce-qu’il-s’est-passé » et pour les fameux,  « c’est-pas-ma-faute ».

Mon instinct de survie me pousse aussi à regarder les sorties de secours. Il n’y en a aucunes. Le chef de meute n’est pas là et le téléphone ne sonne même pas. Je suis coincée et n’ai d’autres choix que d’écouter la suite.

Et la suite arrive.

« … les vacances arrivent… »

Mon coeur s’accélère, ma tête tourne. Mes mains sont moites et je suis en état de choc. Les vacances ! Ils sont en vacances ! Demain ! J’avais oublié ce petit détail. Il ne me restera plus qu’à ressortir mon costume de G.O ou de taxi pendant mon temps, que je qualifiais encore de libre, il y a de ça à peine trois minutes.

Mais apparemment, ce n’est pas la principale information de cette phrase, dont j’ai de moins en moins envie, de connaître la suite.

« … on doit chacun apporter un truc à l’école… »

Qu’est-ce qu’il peut bien vouloir apporter à l’école comme truc ? Ses BD de Picsou ? Ses ballons de rugby ? Ses vieux t. shirt ? Pourquoi il m’en parle en plus ?

Mon instinct féminin me dit que je suis sur la mauvaise voie et que cela ne sert à rien de continuer cet état des lieux. Je n’ai plus qu’à rassembler mon courage pour la suite.

« … et j’ai proposé de prendre des gaufres… »

C’est magnifique le volontariat. C’est un acte noble, désintéressé. Un don de soi que j’admire particulièrement dans ce monde d’égoïsme. Surtout, quand celui qui propose va déléguer.

« … il m’en faut 50. »

Point final, fermez les guillemets.

Bref, il est 5 heures, Paris s’éveille et je fais des gaufres.

C’est beau le chant de la gaufre au petit matin.

Qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour nos enfants ?

Bonne journée les amis.

voler, c’est pas beau


Des rendez-vous déplacés plus tard, me voilà libre comme l’air. Je me suis volée une journée. Une journée juste pour faire ça que je veux, et rien que ça. Adieu enfants, travail, ménage et linge sale ! Je me suis libérée et délivrée pour quelques heures, dans quelques heures. La journée de demain est pleine de promesse et toute légère. Une journée d’égoïste. Un petit-déjeuner en bord de plage ? Flâner au souk ? Un cinéma ? Tout est possible, il n’y a pas de programme. La journée de demain, avec son goût d’interdit, sera mieux que des vacances.

Sauf que.

Cette journée tant convoitée commence par une nuit agitée. Une nuit de chasse aux cauchemars et aux moustiques. Je vous ai dit qu’à Mascate les moustiques, c’est toute l’année ? Je vous ai dit qu’à 40 ans une nuit blanche et j’ai le visage tout mâchouillé, des cernes qui touchent le sol et que j’ai une forte tendance à déambuler en mode zombie ? Le genre de journée où je suis complètement à côté de mes Converse, en mode paranoïa, le tout saupoudré d’une pointe d’agressivité. Pour compléter le tableau, un mal de tête sournois s’invite. Le genre, que même la médecine n’y peut rien.

Ma journée volée, vole sans éclat au rythme de mes tympans avec un fort goût nauséeux. Quel fiasco.

Ça m’apprendra à voler !

Je sais pourtant depuis quelques années, que voler, c’est pas beau et c’est pas bien. C’est en bande organisée que nous avons essayé de voler des malabars bi-goût. On était trois compères, tous proches de la dizaine et à visage découvert. Tout avait été minutieusement préparé, et chacun, avait un rôle bien précis dans ce plan machiavélique. Mais, c’était sans compter le buraliste. Un fin limier que ce buraliste, malin et vif. Il a eu vite fait de nous démasquer. Sa sentence à été sans pitié. Il a couplé ses menaces de prison à vie avec celle, bien pire, de tout balancer à notre maitresse. Vive la vie de village où tout le monde se connaît. C’est qu’il ne rigolait pas avec la justice notre buraliste. Il avait la semaine d’avant, dénoncé ma copine, qui selon lui, tentait de voler un stylo encre. On a eu droit à une interminable leçon de morale sur le vol. Une leçon lourde de sous-entendus. Même si cette leçon de morale n’a pas eu l’effet escomptée, les menaces du buraliste, elles, ont été comprises. Notre association de malfaiteurs s’est stoppée net.

Croix de bois, croix de fer, je n’ai jamais recommencé à voler. En tout cas, voler de mon plein grès. Il y a eu cette pince à épiler, qui s’est coincée entre un brocciu et un paquet de figolu lors de vacances en Corses. Des kilomètres plus tard cette pince enfouie est apparue, trop loin de la caisse. Il y a eu aussi cette fois, où le futur ado choisit enfin, après maintes discussions, son nouveau cartable. C’est la veille de la rentrée que la trousse qui va avec a été découverte au fond de ce sac. Comme vous le savez, en Arabie Saoudite, on a beaucoup d’humour, mais, pas avec les voleurs. Nous avons fait en sorte, que notre forfait reste bien caché.

Voler ne me réussit pas les amis. J’aurai dû me souvenir de mon ancien buraliste.

quoi faire pour bien faire ?


Choisir les prénoms et puis, choisir le meilleur pour eux. La meilleure option, la meilleure voie. Leur donner les meilleures chances, la meilleure éducation et de l’amour. Beaucoup d’amour. Leur donner les valeurs qui nous sont importantes. Le respect des gens, de la nature, des choses. Les encourager à parler de leurs sentiments, de leurs envies de leurs besoins. Leur apprendre à écouter. Leur dire combien être honnête avec soi-même est important. Les rassurer, les encourager. Leur dire que ce n’est pas grave, que tout le monde a droit à une deuxième chance. Leur dire que l’on peut se tromper parce que tout le monde a droit à l’erreur. Leur dire que travailler, persévérer, faire des efforts ça paye toujours.  Leur dire qu’il faut être passionné et vivre passionnément. Leur donner le goût de la découverte et leur dire que la curiosité n’est pas un vilain défaut. Leur dire que la solidarité et la gentillesse sont essentielles dans la vie.

Mais est-ce que le monde réel, le monde des adultes, celui du travail ressemble à ces valeurs ?

Qu’est-ce qu’il va se passer, quand ils vont comprendre que dans le vrai monde, il n’y a pas toujours de seconde chance ?

Qu’est-ce qu’il va se passer, quand ils vont comprendre que le travail, la passion, ne suffisent pas toujours ?

Qu’est-ce qu’il va se passer, quand ils vont découvrir qu’il faut être compétiteur, ne pas regarder ce qu’il se passe autour, pour obtenir quelque chose ?

Est-ce que c’est la bonne éducation d’élever nos enfants dans un monde de bisounours où Casimir en serait le président ?

Est-ce que l’on ne leur ment pas, en leur faisant miroiter un monde qui n’est pas conforme à la vraie vie ?

Est-ce que le décalage n’est pas trop grand entre le monde réel et cette éducation positive et bienveillante ?

Est-ce que leur donner des outils est suffisant, quand ils auraient besoin d’armes pour vivre dans la réalité ?

Est-ce que ce n’est pas utopique de croire, qu’en transmettant de telles valeurs, le monde en sera meilleur ?

Je me pose des questions les amis. Est ce que l’on ne se trompe pas ?

 avant de partir


« Tu crois que c’est le même bordel chez les autres, le matin ? » philosophe le chef de meute au moment d’attaquer la semaine. Mais, personne n’est là pour disserter sur ce vaste sujet.

Il y en a un qui cherche sa trousse. Alors que la veille le cartable était fin prêt, et, que nous avions eu droit à des : « noooon, j’ai toooooout. » Suivi de : « noooooon, j’ai rien oublié. » Clôturé par des : « Je sais ce que je dois y mettre, j’suis pas bête  quand même.» Débité avec une pointe d’exaspération, un soupçon d’agacement et sans oublier les yeux qui roulent vers le ciel. Histoire que l’au-delà soit aussi témoin, de cette injustice et de ce manque total de confiance.

Il y a l’autre au même moment qui se met à hurler : « Qui m’a piqué mes chaussures d’école ?? Je les avais rangées là ! » Après la trousse, nous voilà encore plongés dans un autre mystère. Mystère, qui ne tarde pas à se résoudre, car s’ensuit assez rapidement : « J’en ai une !!! Elle est où l’autre ? Qui m’a planqué l’autre chaussure ? » La clé du mystère semble toute proche et tous les espoirs sont permis, mais, ce n’est pas encore gagné.

Et le troisième luron qui rajoute la bouche en coeur : « Qui vient me chercher au match de rugby à 16h15 ??? » Match, qui a dû se décider dans la foulée entre 2h et 3h du matin, puisque la veille au soir, il n’en a jamais était question.

Je vous passe les : « On a plus d’élastiques !» Alors que nous avons un budget élastique qui avoisine le PIB de la Chine. Je vous passe aussi les : « J’peux pas te tel pour te dire quand j’ai fini, j’ai plus de crédit. » Alors que nous avons un budget portable qui avoisine le compte en banque du roi Salmane d’Arabie Saoudite. Et puis les : « Remplis-moi le formulaire de 5 pages pour la sortie en montagne. Faut le rendre aujourd’hui. »

Tout cela, bien évidemment, au moment où nous devrions être dans la voiture à s’encourager mutuellement, à partager des ondes positives et chaleureuses tout en chantant avec Serena, I’ve been running with the wolves.

Pour être honnête les amis, il y a des jours que j’y partirais bien dans la jungle à courir avec les loups.

Bref, notre dimanche, c’est votre lundi à vous. Les amis, c’est le même bordel chez vous le matin ?

ces enfants là


J’ai un aveu terrible à vous faire. Mes enfants préfèrent les bonbons que les chocolats. J’ai honte. Je ne comprends pas comment ils peuvent me faire ça. A moi. Moi, qui ne jure que par le Nutella. Moi, qui attends Noël et Pâques avec impatience. Moi, qui m’arrête pour n’importe quelle occasion acheter du chocolat. Moi, qui ai toujours une plaque d’avance.

Je suis humiliée.

Comment peuvent-ils me faire ça ? A moi ? J’ai pourtant tout essayé. Les punitions, les privations, mais c’est un échec. J’ai bien entendu ces discours qui disent que c’est leur  nature et, que je ne peux rien faire contre. J’ai bien entendu les, « tu dois l’accepter, tu ne les changeras pas. » Mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible. C’est inacceptable. C est contre nature.

J’ai trois enfants et les trois préfèrent les bonbons. C’est une catastrophe.

Je voulais partager avec vous ma peine, ma honte et mon désarroi. Comment peut-on aimer les bonbons dans un pays comme le nôtre? Un pays ou le bon goût est un véritable art de vivre. Comment peut-on tolérer ça ? Cela devrait être interdit et le gouvernement devrait agir et vite.

Il faut que ces enfants apprennent à aimer ce qu’il faut. Qui il faut.

Mon histoire stupide de bonbons les amis, elle est toute bidon. Elle est aberrante et grotesque. Bien sûr que je n’ai pas honte de mes enfants ni de leurs goûts.

Je n’aurai jamais honte de mes enfants, de leurs sentiments, de leurs choix. Même s’ils mangent des bonbons.

Quoi de plus stupide que d’avoir honte de son fils, de sa fille parce qu’il ou elle, a choisi d’aimer quelqu’un du même sexe ? Il n’est pas pensable, en tant que parents, de rejeter son enfant pour une question qui ne le concerne que lui. Il est cruel et inhumain de faire souffrir son enfant tout simplement parce qu’il est homosexuel.

Pourtant ça arrive, partout, tout les jours.

En Tchétchénie, le gouvernement a décidé d’agir contre ces enfants qui n’aiment pas ce qu’il faut. Contre ces enfants qui n’aiment pas qui il faut. Le gouvernement laisse le choix aux parents d’enfants homosexuels. Soit l’état se charge de les tuer, soit le meurtre se fera directement en famille. Quoiqu’il en soit, le gouvernement a décidé d’agir contre les homosexuels. Il a tout simplement décidé de les éradiquer.

J’aurai pourtant préféré vous parler de la belle Brigitte Macron, les amis, plutôt que de cette histoire de bonbons.

Vivre d’Ipad et d’eau fraiche


Mes Chères Amies le diable est maintenant chez moi, et, c’est moi qui lui ai ouvert la porte avec bougies, gâteaux et chanson. Mes filles ont vu le rêve d’une vie de 9 ans devenir réalité, et moi, j’ai lu dans leurs yeux qu’elle  mère formidable, fantastique, géniale, extraordinaire, je suis j’étais. Tout avait donc commencé dans la joie, l’allégresse, la communication et les promesses. A cette époque, tout le monde scandait ces phrases avec conviction :

« Oui maman le code, nous te donnerons. »

« Oui maman au couché, nous ne le prendrons pas. »

« Oui maman les tables de multiplications, nous téléchargerons. »

« Oui maman tout notre temps, nous n’y passerons pas. »

C’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions et de confiance absolue en ses enfants. Ne me demandez pas combien de temps il a fallu pour qu’elles passent du côté obscur de la force, je ne saurai le dire. Mais ce fut rapide. Très rapide. Tous les moments sont devenus propices à se ruer dessus. Le brossage de dent se fait même en sa présence. Je ne pense pas qu’elles aient poussé le vice jusqu’à le prendre sous la douche, mais je ne peux pas vous le certifier non plus. Concernant les WC, je suis sûre qu’il est de la partie.

Quand j’ai l’outrecuidance de leur faire une petite remarque pour leur rappeler qu’il y a une vie pour de vrai, un monde réel autour d’elles, je finis par avoir comme réponse : «Relax maman, c’est Summer time ».

Sauf que l’été c’est fini et que maman n’est plus relax du tout. J’ai donc décidé de prendre l’ipad par les cornes. Bref d’attaquer la tablette à la racine.  Pour le moment, je fais dans l’amateurisme et je n’ai pas encore contacté d’exorciseur ou, mieux, super Nanny.

Mais j’ai un plan d’action, que je peux résumer en trois points :

  1. Je kidnappe les tablettes tous les jours à 18H et je les restitue le lendemain suivant le planning du matin et l’humeur générale. Vous comprenez combien cela peut être très variable…
  2. Durant la journée, quand le kidnapping demande trop d’effort d’investigation, je coupe le wifi. C’est radical pour voir débouler deux furies, les yeux injectés de sang, un filet de bave à la bouche vociférant des paroles inaudibles. Je suis direct projetée sans Rick, au milieu de zombies prêts à m’égorger.
  3. Vous savez que la fin justifie les moyens, je les soumets aussi à un chantage horrible. Je leur demande de lire. Des vrais livres avec des vrais mots qui font des phrases et qui  deviennent une histoire. Des livres où il faut même tourner les pages. Chantage qui a un fonctionnement super simple : tu lis, tu ipades – tu lis pas, tu ipades pas.

Autant vous dire que la joie l’allégresse et les yeux débordants d’amour sont un peu moins d’actualité.

Pas besoin d’être une fin limier pour comprendre que Dolto n’est pas mon livre de chevet et que ce plan n’en est pas vraiment un. Rassurez-vous quand même, Chères Amies, je n’utilise pas que, la manière forte. Je leur propose aussi diverses activités : peinture, sculpture, cuisine, couture… Elles sont vraiment ravies.  Et pendant que je range et nettoie elle en profitent pour filer. A votre avis pour faire quoi ?

Vous avez des conseils pour arriver à mieux gérer ce diable de tablette ?