une histoire de cigarettes


  • Avant, je me tenais à l’écart pour fumer sans gêner.

  • Tu fumais, toi ?

  • J’ai arrêté complètement, ça fait deux ans. J’avais essayé une première fois de façon radicale, en jetant tous mes paquets. Mais un soir, on était invité. L’envie aussi s’est invitée. Une envie forte, pressante et entêtante. J’ai passé la soirée à chercher mes cigarettes. Mais, on ne les trouve pas partout. J’ai cru devenir folle. Le lendemain à la première heure, je suis allée acheter une cartouche entière et je me suis remise à fumer.

  • Tu fumais quoi ?

  • Des petites menthols fines. Des cigarettes de filles. J’adorais leur goût, j’adorais celui aussi qu’elles laissaient dans ma bouche. Un jour, j’ai de nouveau décidé d’arrêter. C’était il y a deux. J’avais toujours un paquet avec moi. J’ai arrêté de fumer, en promenant ce paquet partout et longtemps. Je l’ai toujours d’ailleurs, il est dans un tiroir maintenant. Mais tu sais, le plaisir d’allumer la cigarette me manque toujours. Cette première bouffée mentholée. Le plaisir de sentir cette fumée, la saveur si particulière de cette menthe pénétrer dans ma bouche. Ca me manque encore.

  • Moi aussi je fumais, mais, pas tous les jours. Je fumais juste pour les bons moments. Je pouvais passer quinze jours sans fumer, et en une soirée, en fumer dix. Ces cigarettes accompagnaient un bon repas, une soirée, un moment avec des amis. Ça fait 3 ans que j’ai arrêté.

  • C’est super de pouvoir fumer quand on veut ! Pourquoi tu as arrêté ?

  • J’ai arrêté parce que la cigarette petit à petit devenait incontrôlable. La cigarette des bons moments devenaient une habitudes. Toutes les excuses étaient bonnes. Je commençais même à fumer seule. Je ne voulais pas devenir dépendante, et puis les enfants devenaient fous quand ils me voyaient fumer. Alors j’ai arrêté. Ca a été dur et ca l’est encore par moment. Le plaisir d’allumer une cigarette, le geste… J’envie ces petits groupes de fumeurs. Ils me manquent ces moments. Ces moments, où l’on se retrouve en aparté, en petit comité autour de nos cigarettes. Dans le froid, dans le vent sous la pluie ou le soleil un petit club de fumeurs qui partage des confidences. Un moment a part.

  • Moi, quand je croise quelqu’un qui fume une mentholée, j’ai tendance à suivre cette personne, même encore aujourd’hui.

Avec ma nouvelle copine, on apprend à se connaître. Elle a été étonnée que je sois une ancienne fumeuse, j’ai été étonnée qu’elle en soit une. Alors, on s’est remémoré nos souvenirs de fumeuses parce que la cigarette ne s’oublie pas. Dans ma mémoire il y a toujours un manque, un regret. Et, je peux en parler des heures…

Et pour vous les amis, elle était comment votre dernière cigarette ? Et votre après, vous le vivez comment ?