le noir mer


« Plus tard, je veux être une spécialiste des océans, voyager et apprendre aux gens à respecter la mer. »  Ma fille aime la mer et veut sauver les océans. Elle y croit dur comme fer.

Moi, depuis le 12 janvier je ne sais plus trop quoi lui dire.  Les amis, je vous raconte pourquoi.

Tout commence le 6 janvier quand le Sanchi, un pétrolier Iranien, rentre en collision avec un cargo Chinois. Il brûlera pendant huit jours et huit nuits avant de couler le 12 janvier sans qu’aucun des 32 passagers n’ait pu être sauvé. Le Sanchi provoque alors une catastrophe sans précédent. On parle d’une catastrophe unique, car, c’est la première fois que cette qualité de pétrole se retrouve à l’eau. Il s’agit d’hydrocarbure volatile et léger très difficile à contenir. Jusqu’à présent, s’est retrouvé à la mer un pétrole lourd formant une masse gluante en surface. Là, on parle de 136 000 tonnes d’un pétrole volatile sans oublier de rajouter celui qui se trouve encore dans les réservoirs du pétrolier, à 120 mètres de fond. La superficie contaminée représente celle de Paris.  Mais, ce n’est que le début. On parle de millions d’espèces dont certaines risque de s’éteindre, on parle de coraux, de baleines. On parle de tout un écosystème, de l’habitat de nombreuses espèces. Balayé. Les espèces qui arriveront à survivre seront contaminées. On parle d’une terrible pollution dont personne ne peut encore en mesurer l’impact.

Tout ça pour vous dire les amis que ma promenade journalière en bord de mer à un goût amer. Tout ça pour vous dire que je ne sais pas si je dois laisser ma fille se bercer d’illusions. Tout ça pour vous dire de vous méfier des prochaines promotions au rayon poissons et fruits de mer. Tout ça pour vous dire que depuis le 12 janvier, je sais que le bleu de la mer a une limite.