c’est l’effet caméléon


Il est là, mais on ne le voit pas. Impossible de savoir ce qu’il veut, ce qu’il pense. Il semble toujours d’accord avec tout le monde. Suivant l’ambiance générale, il peut être souriant ou grave. Quand on lui demande son avis, il reste dans le flou. Il n’est jamais tranchant, jamais coupant. Son monde est sans conflit, sans cri, sans vague, sans risque.

Il s’adapte et se module aux circonstances. Rien ne le touche, tout glisse sur ses écailles. Le temps, l’actualité rien ne l’atteint. Il s’accommode et se transforme.

La pollution, c’est pas bien. Les guerres c’est pas beau, mais il en faut de temps en temps. La routine, les lignes droites, la télévision et, surtout, ne pas avoir besoin de réfléchir. 

C’est un caméléon des temps modernes. Il regarde et observe. Il ne rentre pas dans la partie et laisse les autres jouer pour lui. Silencieux.

Ce caméléon des temps modernes, c’est un peu moi. J’attends, je reste dans la case que l’on m’a attribuée. J’observe, je m’indigne derrière mon clavier, je signe une pétition sur facebook. Et après ? 

Mais un caméléon ça peut aussi se rebeller doucement, sans bruit, sans vague. Juste des détails, des gestes, une attitude. Un caméléon peut réfléchir et dire non à son niveau. Un caméléon peut surprendre et apparaître là où personne ne l’attend.

Parce qu’un seul petit caméléon ne peut pas changer les choses, mais plein de caméléons le peuvent.