réunion des familles


Il y a quelques semaines de cela, c’était l’Eid. L’Eid est une fête musulmane très importante, mais comme ce blog ne parle pas de religion, et, que je ne suis pas la plus qualifiée pour vous détailler le pourquoi du comment, je vais simplement vous parler de mon l’Eid.  Celui que j’ai passé chez une famille d’Omanais.

Mais commençons par le commencement.

En juillet, le chef de meute a profité de quelques jours pour partir en solitaire. Tout de même accompagné d’une tente, d’un lit de camp, de provisions, d’une carte et de son envie de sortir des sentiers battus. Direction le sud du pays.

L’aventure était grandiose et les paysages fabuleux… Jusqu’à ce que la voiture ait la bonne idée de se planter dans le sable. Les Omanais avec gentillesse passent un temps, non-négligeable, à sortir les expats et touristes de ce genre de mauvais pas. Le chef de meute est donc parti chercher du secours et, Walid a été son sauveur. Malgré un arabe basique d’un côté, et un anglais approximatif de l’autre, nos deux protagonistes ont sympathisé. Walid lui a fait visiter son village de pêcheurs, les dunes de craie sur lesquelles il faisait de la luge enfant. Il lui a même présenté son chameau, lui a offert le costume omanais et l’a invité à partager le repas familial. Ils ont échangé des messages tout le reste de l’été avec la promesse de revenir en famille et sans planter la voiture dans le sable.

C’est donc, la première chose que nous avons faite à notre retour, après avoir épongé notre énième dégât des eaux.

Walid habite à 600 km de Muscat près d’Ad Duqm. Le goudron n’est pas arrivé jusqu’à son village et c’est avec une piste que nous avons terminé le voyage.

 

Nous avons donc fait la connaissance de sa famille. Ne vous attendez pas à un beau portrait de famille, avec les grands derrière et les petits devant. Les photos ne sont pas les bienvenues surtout du côté femmes. Nous avons vécu un moment qui se savoure pour lui-même. Un moment où les sourires, les gestes ont pris le dessus sur les mots. Un moment où le temps s’arrête.

A peine arrivés, de grands tapis sont rapidement installés dans la cours. On nous y sert du thé très sucré avec du lait de chèvre, du café avec de puissants épices de cardamome, des dates et des fruits. Les voisins, cousins, tantes, enfants, jeunes, vieux, hommes et femmes viennent nous saluer, nous toucher, nous embrasser, nous présenter les derniers-nés. Ils restent juste le temps d’un sourire, d’un regard, d’une accolade et repartent pour laisser la place à une nouvelle vague. Chocolats et bonbons que nous avons offerts à nos hôtes sont largement distribués à chaque visiteur.

Les femmes sont vêtues de tenues colorées et gaies. Les jeunes filles portent un léger voile sur la tête et les femmes portent le masque traditionnel Bédouin. Les femmes m’ont invitée à rentrer dans la maison. C’est dans la salle commune couverte de tapis et de coussins qu’elles m’ont offert un masque et un voile d’un rouge chatoyant. C’est ainsi que j’ai passé la soirée.

Quand la foule de visiteurs s’est tarie, le repas nous a été servi. Nous avons mangé en premier et, nos hôtes ont attendu que nous ayons fini pour manger à leur tour. Nous avons donc mangé du riz délicatement épicé, que l’on peu mélanger à du yaourt, du mouton et tout ça à la main. Croyez-moi, l’exercice n’est pas simple.

Après le repas, les femmes s’installent sur un tapis et les hommes sur un autre, côte à côte, avec les enfants qui passent d’un tapis à l’autre.

Nous avons aussi, profité de la fraîcheur du soir pour aller marcher dans le village entre femmes. La soirée s’est passée paisiblement.

Je suis repartie avec masque et foulard que je n’avais pas quitté. Nous avons eu en cadeaux au moins 3kg de dates fraiches et une épaule de mouton.

Mais nous sommes partis avec plus que cela. Nous sommes repartis avec leur sourire, leur gentillesse, leur générosité. Nous sommes repartis avec leur façon simple et sincère d’accueillir.  Un moment ou les barrières de la langue, de la cultures, de la religion n’existent plus.

Nous avons vu des gens qui vivent en toute simplicité, en harmonie avec leur communauté. Des gens qui accueillent et aident des étrangers à bras ouverts.

C’était juste magique, un moment unique et riche.

La preuve que les sentiers battus peuvent nous porter loin les amis.

masque Bedouin Omanais - elles 40ans
masque Bedouin Omanais – elles 40ans