en route pour la liberté


Elles n’avaient pas le droit parce qu’elles n’ont qu’un quart de cerveau.

Elles n’avaient pas le droit parce que cela donne le cancer des ovaires.

Elles n’avaient pas le droit parce que cela multiplie le risque de se faire violer.

Elles n’avaient pas le droit, c’était pour les protéger.

Elles n’avaient pas le droit mais c’était juste stupide et avilissant.

Elles se sont battues et l’ont obtenu ce droit de conduire.

Je suis tellement heureuse pour toutes ces femmes en Arabie.

Je souhaite bonne route à toutes les Saoudiennes.

Un peu de musique pour fêter ça !

 

la porte s’ouvre


On n’arrête pas le progrès, même en Arabie Saoudite.

Vous vous rappelez qu’en Arabie, la femme a quelques petites restrictions. Histoire de bien lui rappeler que chacun doit rester à sa place, et les enfants seront bien gardés. Il y a donc quelques endroits qui lui sont interdits.

Le stade en faisait partie. Mais tout ça c’était avant.

En effet, le roi a décidé d’autoriser les femmes à venir au stade de Riyad pour qu’elles puissent y célébrer le jour national en famille.

On garde évidemment le même principe que dans tous les lieux publics :  les familles d’un côté, et les hommes seuls, de l’autre. Vous avez remarqué que la configuration n’admet pas qu’une femme puisse sortir seule.

Mais là n’est pas la question. Cette autorisation permet aux femmes de pouvoir être à la fête comme tout le monde.

Une fois n’est pas coutume, mais c’est un début. Les femmes en Arabie continuent inlassablement de frapper aux portes car « à force de frapper à coups redoublés sur la même porte, elle finit toujours par s’ouvrir. Ou alors c’est une porte voisine, qu’on n’avait pas vue, qui s’entrebâille, et c’est encore plus beau » (Michel Tournier).

mon nom est Dina Ali


« Mon nom est Dina Ali, je suis une Soudienne qui fuit l’Arabie Saoudite pour demander asile en Australie ».

« J’ai été stoppée aux Philippines… Ils ont vu mon passeport et m’ont enfermée pendant 13 heures, avec la collaboration de l’ambassade Saoudienne, juste parce que je suis une femme Saoudienne. »

« Si ma famille vient, ils me tueront si je retourne en Arabie Saoudite, je serai morte »

“My name is Dina Ali, I’m a Saudi woman who fled Saudi Arabia to Australia to seek asylum,” she begins. “I stopped in the Philippines … They look my passport and lock me for 13 hours just because I am a Saudi woman, with the collaboration of Saudi embassy. “If my family comes, they will kill me, if I go back to Saudi Arabia, I will be dead.”

Elle s’appelle Dina Ali Lasloom et c’est elle qui lance cet appel. Elle n’a que 24 ans. Professeur d’anglais au Koweit, elle a décidé de fuir et de s’exiler en Australie. Pourquoi veut-elle fuir ? Je l’ignore.

Je peux juste vous dire que sa fuite a été stoppée a l’aéroport de Manille aux Philipines. Les autorités ont vu, de par la nationalité de Dina, qu’elle voyageait sans l’accord de son gardien. Les Saoudiennes ne peuvent voyager sans cette autorisation. Elle a été retenue 13 heures par les autorités. Elle a pu enregistrer une vidéo grâce au téléphone portable d’une touriste Canadienne. A la demande de Dina, cette touriste la rapidement postée sur les réseaux sociaux.

Deux hommes qui seraient les oncles de Dina et une femme sont venus la récupérer à l’aéroport.

Aujourd’hui les activistes humanitaires n’ont plus de nouvelles directes de Dina. Il semblerait qu’elle soit emprisonnée dans un centre de détention pour femmes à Ryad.

Si dans la société Saoudienne certaines femmes sont très heureuses de ce système de gardien, d’autres demandent la liberté de pouvoir voyager, de louer un appartement de travailler sans la permission d’un homme.

Ces femmes là, font tellement peurs qu’elles sont enfermées et réduites au silence.

Dina Ali a pu faire passer un message. A nous de le faire suivre les amis.

Si vous voulez en savoir plus, c’est sur la BBC en Anglais.

mon uniforme


« Ici, vous n’êtes pas en Arabie, vous êtes chez moi. Vous pouvez enlever l’abaya ». Me dit le responsable de l’écurie avec en prime un grand sourire.

C’est un honneur et un signe de respect. Juste quelques mots, qui soulignent combien les femmes sont les bienvenues chez lui.

Cette abaya, c’est mon uniforme. Uniforme, obligatoire. Je la porte donc,  automatiquement, sans état d’âme, sans grand intérêt. Elle a 5 ans, elle est râpée, usée, mais je ne veux pas dépenser un sous dans l’achat d’une nouvelle. Affaire d’honneur.

Ce Monsieur m’offre le choix, cela ne se refuse pas.

Sauf que.

Qu’est-ce que je porte dessous ? Je ne porte pas un short, mais un pantalon.  Je suis sauvée. Par contre pour le haut ce sera un débardeur.  Je  roule donc cette fameuse abaya autour de mes épaules histoire de les cacher.

Et puis, on discute avec ce Monsieur qui vient de Géorgie. Il est en Arabie depuis 20 ans. C’est dire s’il les connaît, les Saoudiens et leurs contradictions. « Ils ne sont pas comme tout le monde », revient souvent dans son discours.

Et puis, il connaît François Hollande. Il me demande si j’en suis contente. Il me demande quand est-ce que l’on aura une femme Président ?

La semaine suivante, il me dit Bonjour en Français, et me propose du thé. Moi, j’ai mis mon jogging, mes baskets et un haut décent. J’en profite pour marcher librement sans cette enveloppe obscure. Je me sens normale, un peu plus humaine sans cette couverture ébène.

Vous avez compris les amis, que cette visite, dans ce centre équestre, est un bonheur pour ma fille comme pour moi. Un bonheur, grâce à la gentillesse de ce Monsieur. Un Monsieur, qui veut que tout le monde se sente bien chez lui, y compris les femmes. Un Monsieur d’une grande gentillesse, d’une grande curiosité et d’une grande joie de vivre.

Shoukran cher Monsieur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

interdite


Il nous est si familier cet écriteau « Interdit aux chiens » que l’on n’y fait plus attention. Pour certains, cette interdiction est injuste. Pour d’autres, elle est justifiée. Mais, elle est établie. Tout le monde fait avec.

 

En Arabie Saoudite, ce genre d’interdit vise la femme. La femme est interdite au volant, interdite d’exercer certaines professions, interdite de voyager sans autorisation, interdite dans les stades,…  Pour certains, ces interdictions sont injustes. Pour d’autres, elles sont justifiées. Mais, elles sont établies. Tout le monde fait avec.

 

Ne pensez pas que l’on puisse avoir des dérogations : jeunes filles, adolescentes, mamans, vieillardes, on est toutes dans le même panier.

 

Alors, les moments de liberté, je les savoure. Je savoure particulièrement ce match de rudby qui se joue à Bahrain mensuellement. Bahrain qui est le royaume voisin.  C’est notre bouffée d’oxygène familial, un moment de détente et de partage simple. Des femmes et des hommes se sourient, se parlent et rigolent.  Vous vous rendez compte ?

 

Alors, j’explique à mes filles que les femmes ne devraient jamais être traitées comme cela. Qu’une femme à le droit de choisi sa propre vie. Que la femme est forte, courageuse, talentueuse et qu’elle n’est pas un humain de seconde classe.

 

Alors, je relativise. Un jour, je partirai, je pourrai aller où bon me semble et faire ce que je veux. Mais, elles resteront là. Ces femmes, qui font de longues études et qui ne peuvent pas exercer leur profession. Ces mamans qui ne verront jamais leur fils jouer. Ces femmes qui dépendent d’un homme pour prendre la moindre décision les concernant. Condamnées, tout simplement car elles ne sont pas du bon sexe.

 

Mais en Arabie Saoudite, j’ai vu des femmes modernes, courageuses, talentueuses, intelligentes, belles fortes et qui se battent pour faire changer ce système. Le changement viendra d’elles soyez en sûrs les amis. Les Saoudiennes n’ont pas dit leur dernier mot.

 

 

 

 

 

vous habitez en Arabie : C’est comment un compound ?


Suivez-moi, je vais vous faire visiter mon compound.

Mais avant je vous explique. Toutes les maisons y sont identiques, avec les mêmes  jardins et mêmes meubles dans toutes. La seule différence est la superficie, certaines sont plus grandes que d’autres, mais le nombre de pièces reste le même. Ces 159 villas sont entourées de hauts murs et de barbelés. Vous y entrez par une seule porte, gardée jour et nuit, par l’armée. Nous avons donc kalachnikov et régulièrement un tank comme accueil.  Si vous n’habitez pas le camp, vous devez y être invité et montrer patte blanche pour y rentrer. Mais, aujourd’hui, vous êtes mes invités alors, allons-y.

L’intérieur du compound  contraste avec l’extérieur. Il est fleuri et propre, les femmes n’ont pas le droit de se cacher le visage et, nous pouvons nous habiller comme nous le souhaitons. Les femmes peuvent  aussi y conduire, mais, tout peut se faire largement à pied ou à vélo. La mouttawa ne rentre pas dans les compounds ce qui permet d’avoir une vie plus libre.

Vous avez  à votre disposition une belle et grande piscine, une salle de gym, un salon de beauté, une supérette, deux salles de réception que vous pouvez demander pour organiser une fête, des terrains de tennis, squash, foot, une pre-school (pour les enfants entre 3 et 4 ans), une nursery (pour les plus petits), des tables de billard, ping-pong, flipper, des aires de jeux à l’extérieur pour les enfants, un système de bus pour les écoles et pour les mall. Nous avons aussi un restaurant qui s’est vite transformé en bar à chicha et qui rencontre un véritable succès. Il faut savoir que tous ces bars ont fermé en ville et donc, de nombreuses personnes, y compris des Saoudiens, se font inviter pour fumer  tranquillement une chicha.

Il y a aussi en permanence un garde qui surveille la sécurité des enfants. Ici, les enfants sont libres de sortir, d’aller chez les copains dès le plus jeune âge. Les voitures roulent au pas, l’accès à la piscine est interdit aux moins de 12 ans sans accompagnement.

Le compound, si vous avez des enfants jeunes, est un endroit idéal, mais, parce qu’il y a un mais. Imaginez- vous vivre tout le temps avec les mêmes personnes, enfermés entre quatre murs. Vous allez à la piscine, au parc, faire un tennis et, c’est toujours les mêmes personnes que vous rencontrez. Pire, imaginez-vous vivre enfermé, sans avoir la possibilité de vous échapper quand bon vous semble.

Dans mon compound se côtoie tout plein de nationalités : Pakistanais, Indiens, Malaisiens, Américains, Brésiliens, Roumains, Algériens, Marocains, Tunisiens, Egyptiens, Italiens, Turcs, Français, Nigériens, Mauritaniens, Maliens, Syriens, Vénézuéliens, Indonésiens, Libanais et j’en oublie très certainement.

Vivre avec autant de nationalités est une grande richesse et un bon apprentissage sur la tolérance. Mais, le racisme n’est, hélas, pas une particularité française. Croyez-moi.

Les familles se fréquentent par affinités, mais tout le monde se dit bonjour. Le record de durée est une famille qui vit dans mon compound depuis 19 ans. Ce n’est d’ailleurs pas rare de voir des familles vivre en Arabie depuis très longtemps, surtout dans la communauté Libanaise, très implantée dans la ville où je vis.

Il y a aussi de nombreuses activités proposées. Du sport pour les enfants et les mamans, des cours de peinture, de cuisine, de français ;)… De grandes fêtes sont organisées par les mamans : Halloween,  Noël, des soirées cinéma. Chaque année, une centaine de Harley viennent défiler et, il est proposé aux enfants de faire un tour dessus.  Il y a aussi de nombreuses fêtes et barbecues qui se font à titre individuel.

Pour faire vivre un compound il faut beaucoup de travailleurs. Et, il y en a beaucoup : des jardiniers, des plombiers, des maçons, des menuisiers. Vous trouverez tous les corps de métier. Il faut savoir que si vous avez un problème, vous appelez un numéro et l’on vous envoi très rapidement et gratuitement la personne qui le réparera.  Je vous parlerai de ces personnes dans un autre article. Elles le méritent bien.

Tous les compounds ne se valent pas et, si j’ai un conseil à donner aux expats qui veulent vivre en Arabie, c’est celui de bien le choisir. C’est l’endroit où vous tissez votre lien social, c’est l’endroit où vous élevez vos enfants, c’est l’endroit où tout simplement vous vivez.  C’est votre bouffée d’air, votre petit espace de liberté, même si cette liberté est relative. Pouvoir tout simplement, aller à la piscine en maillot avec votre famille, pouvoir faire son sport en short c’est déjà beaucoup en Arabie.

Maintenant, fini le blabla et place aux images.

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Je ne peux pas vous quitter sans vous raconter une petite anecdote :

Vous vous rappelez de mes voisins que j’adore mais qui sont partis voir Comment on se dit au revoir. Chez eux, c’était chez nous et, chez nous chez eux. Bref, on rentrait chez les uns et les autres sans frapper.  Sauf, qu’un jour  je me suis retrouvée en plein milieu du salon de la voisine de ma voisine. J’espère que vous suivez. Les maisons se ressemblent toutes et perdue dans mes pensées, je suis rentrée dans la maison d’à côté. La voisine de ma voisine qui regardait tranquillement la TV a plutôt était surprise de me voir débarquer. J’ai bafouillé quelque chose et me suis sauvée…

 

vous habitez en Arabie ! mon abaya et moi


Le fait de vivre en Arabie Saoudite déclenche tout plein de réactions et de curiosité. Alors, j’ai décidé de vous faire découvrir, un peu plus concrètement, ma vie de tous les jours dans ce pays si mystérieux.

« Vous habitez en Saoudie ! Mais vous êtes obligée de vous voiler ? »

Je suis obligée de porter l’abaya pour sortir. L’abaya est une robe longue, difforme, noire que l’on porte sur ses vêtements. Il existe des versions avec des liserés gris, des paillettes, des broderies, des dentelles. Personnellement, je fais dans le classique et dans la discrétion. Pour les expatriées comme moi, l’abaya est notre uniforme de sortie. Nous n’y prêtons guère d’attention.

abaya

Pour les Saoudiennes, il en est tout autre. C’est un vêtement de leur garde-robe très important, et, elles la choisissent avec soin. Il faut savoir qu’avec le sac à main et, parfois un bout de chaussures, ce sont les seules choses que l’on peut voir d’elles. Le ministère de la promotion de la vertu et de la répression du vice (il existe pour de vrai) exige que les abayas ne soient pas provocatrices avec trop d’originalités et trop de couleurs.

Concernant le voile, je ne me voile pas systématiquement. Les Saoudiennes, cachent leur visage en mettant un voile noir devant leur bouche et nez de façon à ce que l’on ne voit que les yeux. D’autres, mettent, carrément, un voile noir sur l’ensemble de leur visage. J’ai essayé pour tester  le champ de vision qu’elles peuvent avoir. C’est épouvantable et, je ne vous parle même pas, de la suffocation que l’on a dessous.

saoudienne

En Arabie Saoudite, il y a la police religieuse, la mutawa, qui a un rôle très important dans la vie de tous les jours. La mutawa travaille pour le gouvernement Saoudien pour la promotion de la vertu et la répression du vice. La mutawa porte toujours une longue barbe et une tenue blanche particulière. Ils sont chargés de faire respecter les cinq prières : vérifient que toutes les enseignent ferment bien et que les hommes aillent bien prier. Ils vérifient que les femmes soient correctement voilées. Ils  sont toujours accompagnés d’un policier et n’ont pas le droit de parler, ni de regarder directement une femme. Quand vous êtes avec votre mari, il s’adresse directement à lui. Quand vous êtes seule, il vous aboie de vous couvrir la tête sans vous regarder dans les yeux.

Du côté des Saoudiens la Mutawa n’est pas très populaire non plus. Ils sont très sévères concernant la tenue des femmes. Un vernis à ongle « provocant », des chaussures trop ouvertes, un visage pas assez caché sont pour elles source de problèmes.

Et pour finir, quelques anecdotes vestimentaires :

  • J’avais un rendez-vous assez stressant à l’hôpital et, je suis donc partie avec mon taxi habituel. En arrivant sur place, je me suis aperçue que, non seulement j’avais oublié mon abaya, mais que j’étais en robe blanche. Hors de question de sortir dans cette tenue hautement provocante et choquante. Mon chauffeur m’a prouvé ses talents de pilote pour retourner chercher mon abaya et arriver à l’heure à mon RDV.

 

  • Ma fille a eu un accident et, je suis partie avec elle sous le bras, en état de choc, mais surtout sans abaya. J’ai bien compris que quelque chose clochait aux regards de certains. Après une batterie d’examens, la nurse a placé ma fille en observation dans une grande salle. Elle nous  a aussi sec encerclées à l’aide de rideaux. Nous étions totalement enfermées. Je lui ai demandé de ré ouvrir. Elle m’a répondu assez choquée qu’elle ne pouvait pas, car je n’avais pas mon abaya.

 

  • Je sortais d’une boutique quand j’entends d’une voix posée et presque douce : «Couvrez-votre tête s’il vous plait». En Anglais évidement. Je  suis restée tellement surprise par cette politesse que je n’ai pas couvert ma tête immédiatement. Je l’ai couverte bien après et, j’ai gardé le voile toute la matinée tant j’étais surprise ! Habituellement, nous jouons au chat et à la souris. Dès que la mutawa tourne le dos, nous nous découvrons immédiatement. Notre façon d’être rebelles !

En Arabie, sans abaya tu ne sors pas !

le Roi a dit


Le 23 septembre est le jour de la fête nationale en Arabie Saoudite. Oubliez les bals, les flonflons et les musettes. Mais, je vais trop vite et, avant de passer aux anecdotes parlons un peu des origines. En deux mots, n’ayez crainte.

Le royaume d’Arabie-Saoudite a été officiellement formé le 23 septembre 1932. Je vous passe le détail des guerres fratricides, mais le royaume est bien le résultat de nombreuses querelles familiales entre les Al-Saoud et les Al-Rashid. Je vous laisse deviner lequel des Al a gagné.

Il faut savoir que les autorités religieuses ont longtemps interdit cet événement. Dans un pays où la musique est interdite, on ne peut pas parler de fête comme nous l’entendons. Les Saoudiens pour l’occasion, pique-niquent sur la plage, ou, vont dans les centres commerciaux. Ils font donc, ce qu’ils font habituellement tous les  w. End.

Ce qu’il y a de particulier, ce sont les drapeaux qui flottent partout, les enfants sont souvent habillés de vert. On peut entendre quelques pétards par-ci par-là. Je pense avoir fait le tour des festivités.

Vous allez me demander pourquoi je fais un article sur un non-événement. Sachez que cette journée est particulière car elle est fériée. Sauf que. Cette année, comble du désespoir, le 23 tombe un vendredi ! Premier jour du w.End. La poisse totale, la galère.  Face à cette injustice calendaire, le Roi a déclaré en début de semaine que le jeudi 22 sera chômé. Le problème est réglé, tout le monde est content.

Je vous laisse regarder vos calendriers. Vous avez maintenant un argument pour demander à François d’arranger tout ça en cas de besoin ! Bonne journée les amies.

J’ai fait l’Iftar


En Arabie Saoudite, nous ne mangeons jamais ensemble.  Dans les restaurants, les hommes ont une salle pour eux  seuls et, les familles se retrouvent dans une autre. L’entrée principale est réservée à ces messieurs, les familles se voient attribuer une modeste porte sur le coté du restaurent. A l’intérieur, les salles sont à l’image des entrées, grandes et ajourées pour les hommes, fermées pour les familles.

Les parties familles sont donc, cloisonnées par table, ce qui n’arrange pas ma claustrophobie. Chaque famille mange derrière un paravent pour que Madame puisse découvrir son visage et, profiter du repas sans être vue. Le serveur  doit s’annoncer et attendre que Madame se recouvre pour servir. Vous comprendrez donc que les occasions de manger ensemble sont extrêmement rares.

L’Iftar en est une. L’iftar est le repas que font les musulmans pour casser le jeûne pendant le Ramadan.

Nous avons fait  l’Iftar au Méridien hôtel. Les salles et les tables sont magnifiquement décorées, le buffet grandiose et tout le monde mange ensemble. N’oublions pas l’importance dans chaque famille  de l’Ipad, un par enfant, et, d’une bonne par enfant souvent aussi !

 

Iftar en arabie saoudite
Kabsa

Il n’y a pas de cuisine traditionnelle en Arabie Saoudite mise à part la Kabsa à base de riz, de mouton et d’épices. Le buffet se compose donc, principalement, de plats Libanais et bien sûr, de l’inévitable bar à Sushis.

Il faut attendre le coucher du soleil pour pouvoir profiter du buffet. Les Saoudiens ont tendance à se servir très copieusement et à laisser la moitié de leur assiette. Les repas sont rapides, surtout pour des Français comme nous ! Ils mangent de bon cœur, ce qui se comprend après une journée de jeûne, et, la salle se vide aussi vite qu’elle s’est remplie. Seuls quelques expats font durer le repas.

Nous pouvons échanger quelques regards, quelques sourires voir même quelques mots. Certaines Saoudiennes retirent le voile qui leur cache le visage, d’autres le gardent et le soulèvent délicatement à chaque bouchée. J’avoue que cette danse m’a longtemps captivée à mon arrivée. Les Saoudiens sont adorables avec les enfants et ne perdent jamais une occasion de les aider ou de leur toucher le crane.

La société Saoudienne est très fermée et nous n’avons que très peu de contacts avec eux. En cinq ans de Royaume, je peux compter sur les doigts d’une main mes échanges avec un Saoudien. Voilà pourquoi j’apprécie particulièrement ce genre d’occasion.

Dans les lieux publics, les photos ne sont pas appréciées voir souvent interdites, mais en voici, tout de même, rien que pour vous .

A bientôt les amies…

Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire !


En Arabie Saoudite il n’y a rien à faire à part… les anniversaires ! Oubliez le gâteau au yaourt et les huit copains dans le salon. Ici,  chaque anniversaire s’apparente à un mariage par le nombre d’invités, les décorations, le buffet, le gâteau et les animations.

Après avoir déposé notre cadeau sur la pile de cadeaux, nous pénétrons dans la salle toute rose, et, c’est à cet instant précis que ma fille me dit : « mamaaaan je veux que tu restes».

J’ai donc deux options :

  1.  Je rentre avec ma fille sous le bras et je culpabilise le reste de l’après-midi en compagnie d’une petite triste,
  2. Je reste et je passe l’après-midi à sourire et à regarder l’heure toutes les deux secondes.

Je choisi l’option numéro deux.

Je commence par prendre le numéro de téléphone de la copine de ma fille, qui a eu l’immense chance, ELLE, d’avoir un Iphone pour ses 8 ans. ELLE ! Je constate avec effroi que je n’ai que 45% de batterie sur le mien !

J’enchaîne en tant que spectatrice, sur une séance de maquillage. Toutes les petites filles en ressortent en version pétasse de luxe, pour ne pas employer un autre mot.

Mon téléphone m’indique que je suis à 38% mais je reste sagement assise, le sourire aux lèvres et, avec un jus de mangue hyper sucré. Pendant ce temps, les animatrices proposent des divertissements de qualité. Comme, par exemple, le fameux jeu ou l’on s’enfourne une énorme poignée de marshmallow en hurlant : «  Happy Birthday Hana » Pardon, je ne vous ai pas dit, c’est l’anniversaire d’Hana. Les Happy Birthday s’enchaînent donc, sous d’énormes postillons sucrés et de I’m a Barbie Girl.

Plus que 22%, je suis en mode économie et je fais une croix sur ma partie de Kandy Crush. Je n’étais pas encore sevrée à l’époque (voir Une ancienne accro). Comble de l’horreur je ne peux pas, non plus, répondre aux WhatsApp de ma voisine. Bref, le temps s’étire.

On atteint l’apothéose quand, l’animatrice, lance un tas de cartes de crédit au sol. La règle est simple : celle qui en ramasse le plus, gagne. Voilà une bonne préparation pour le futur.

J’utilise mes derniers 10% de batterie pour envoyer des messages de menace détresse au Chef de meute. Je lui rappelle gentiment, que, si il arrive en retard, je commence par lui arracher un œil avant de passer à autre chose…

Après s’être goinfrées de pizzas, de pop-corn et de bonbons en tout genre, il est l’heure de dévorer un sac à main gigantissime avec téléphone, bâtons de rouge à lèvre, mascara,… On y chante autour, joyeux anniversaire Hana, en Anglais, en Arabe et en Français. Les bougies s’éteignent et moi avec.

A 5% mon téléphone sonne. Le Chef de meute est là ! Je remercie la maman et m’excuse en même temps de partir si vite. Je souhaite Happy birthday, sans marshmallows, à Hana et, je m’échappe. Je me retrouve libre,  avec une partie du sac à main dans une assiette, mais, sans le vernis à ongles, que m’a fille rêvait de manger. J’ai aussi le très précieux goodies bag (cadeaux de retour offerts à chaque invité et, sans lequel, aucun enfant ne quittera un anniversaire) et une fille qui râle car c’était top super et on part vraiment trop tôt !

Avec mes 0% de batterie, j’ai compris que cet anniversaire ce n’était pas juste cette vision égoïste d’une maman qui avait d’autres projets. A cet anniversaire, j’ai vu des petites filles de pleins de nationalités différentes jouer, rire, danser, partager. J’y ai vu ma fille heureuse.

Merci donc, sincèrement à la maman de Hana et à toutes les mamans. Elles passent un temps incroyable et dépensent une énergie formidable à organiser des fêtes dans un pays, où, ce n’est pas souvent que l’on peut pour rire ensemble.

Il était comment votre dernier anniversaire ?

Le prénom de la petite fille a été changé – Toutes ressemblances avec des personnages réels ne peut-être que fortuite ( j’ai toujours voulu écrire cette phrase).

Vous trouverez ci-dessous, un échantillon en image, des anniversaires de mes enfants où, des mamans ont dû, aussi, y mourir d’ennui.ellea40ansanniv1.jpeg