ma copine italienne


Le tiramisu, c’est le dessert préféré de l’ado, et, comme c’est mon ado préféré que j aime, et bien, je lui fais son dessert préféré qu’il aime.

En plus, ce dessert à une histoire.

Cette recette de tiramisu, je la tiens de ma copine Italienne. Une vraie italienne, qui parle avec les mains même au téléphone et, qui fait le café au gaz, avec une cafetière italienne.

Je sais, ça en jette d’avoir une copine italienne qui parle avec les mains même au téléphone.

Avec ma copine italienne, on était voisine en Arabie Saoudite dans notre Compound (pour savoir ce qu’est un compound c’est par ici).

Ma copine italienne, c’est un sacré personnage, un être vrai et une franchise à toute épreuve. Ma copine Italienne, quand elle a quelque chose à dire, elle ne l’envoie pas par la poste. Avec ma copine Italienne, on a refait le monde, on a râlé, on a ri, on a pleuré toujours accompagné d’un bon café avec des cantuccinis et des madeleines. Sachez les amis, qu’il faut vraiment être italien pour parler avec les mains avec son café, sans en tomber une goutte.

Et puis, il y avait ces matins, où l’on allait marcher ensemble, pour bien-sûr terminer, devant un café avec madeleines et cantuccinis.

C’était il y a 4 ans, et elle me manque ma copine Italienne. Heureusement, que j’ai son tiramisu. On s’écrit régulièrement, en attendant d’avoir le bonheur de partager un café avec des madeleines et des cantuccinis.

Faire la cuisine me remmène à des souvenirs d’enfance, mais maintenant, pas seulement.

Parce que les amis, quand je fais un tiramisu, je pense à ma copine Italienne. Quand je fais des nems, je pense à ma voisine qui est bien plus qu’une voisine et que vous connaissez déjà. Quand je fais un tiramisu au Nutella, je pense à ma copine Roumaine. Quand je fais un couscous, je pense à ma copine Algérienne. Quand je fais des noodles, je pense à ma copine Indonésienne. Quand je fais des brigadeiros, je pense à ma copine Brésilienne. Quand je fais un cheesecake, je pense à ma copine Anglaise. Quand je fais un couscous libanais, je pense à ma copine Libanaise.

Toutes ces personnes qui ont croisé ma vie au cours d’une expatriation et, qui en plus d’avoir enrichi mes talents de cuisinière, ont enrichi ma vie.

Et vous les amis, vous avez aussi une recette qui vous remmène à quelqu’un ?

 

Mais, je ne vous ai pas encore donné sa recette du tiramisu ! Car en plus d’être bonne elle est simplissime !

3 cuillères à soupe de sucre – 3 œufs – 250g de mascarpone – des biscuits à la cuillère – du café – du chocolat noir en poudre.

Les amis, vous commencerez par faire un café assez fort.

En suite, séparez les blancs des jaunes et montez les blancs en neige. Vous mélangerez à part le sucre, le jaune et le mascarpone. Quand le mélange est bien crémeux et lisse intégrez y délicatement les blancs en neige.

Prenez un plat rectangle type plat à gratin. Vous commencerez par une couche de biscuit que vous aurez trempé rapidement dans le café, et, vous alternerez en suite, une couche de crème,…

Vous terminerez par une couche de crème que vous saupoudrerez de chocolat noir.

Le plus long sera d’entendre au moins 4h avant de le manger.

Ti auguro una buona giornata, amici.

mon ami


On repart à zéro. Il faut tout recommencer. C’est ça l’expatriation. Juste le temps de prendre ses habitudes, juste le temps de se faire des amis, parfois même pas le temps de vider tous les cartons, que l’heure du départ sonne à nouveau.

Un départ souvent précipité, un départ plus ou moins voulu et subi par les enfants. Un nouveau pays, une nouvelle ville, une nouvelle expérience, un nouveau travail, une nouvelle maison, une nouvelle école. Un nouveau départ. Tout est neuf, tout est beau.

Il faut encore prouver ses compétences professionnelles mais aussi humaines. Il faut se refaire un réseau, un tissu social et, avec un peu de chance quelques amis aussi.

Parce qu’il faut bien avouer que tous ces week-ends ou le téléphone ne sonne pas, tous ces restaurants que l’on ne fait qu’en famille, toutes ces sorties qu’entre nous, finissent par être bizarre. Et même pour quelqu’un qui n’est pas antisocial mais plutôt socialement sélectif (pour reprendre une expression vue sur la toile), c’est étrange de vivre autant de choses dans un vase si clos.

Quelque chose manque, et, ce quelque chose, ce sont les amis. Les amis sont dispersés aux quatre vents et, personne n’est là pour un café, un apéro, un Perrier ou un repas improvisé. Pas de week-end en bande, ni de cinéma , ni d’expéditions.

Alors, il faut se refaire un réseau social. Le travail, l’école, les voisins, le super marché, les clubs tout est bon à prendre. Sauf que. Se faire des amis quand on a 40 piges, c’est une autre paire de manches (pour reprendre une expression à la mode dans les années 80).

Ce n’est pas facile quand on est adulte, de créer une histoire, de se raconter. En plus, on a plein de bonnes excuses pour ne pas le faire : la pudeur, la méfiance, la fatigue, le manque de temps, la timidité. Et puis cette peur d’avoir à nouveau à dire au revoir à des gens que l’on aime.

Les Japonais ont trouvé une solution radicale avec la location d’amis. Vous pouvez donc aller dans une agence spécialisée, et louer pour la journée, pour un cinéma ou une sortie shopping un ami. L’ami Kleenex à le vent en poupe au Japon mais pas sûr que ce soit très satisfaisant.

Trouver un ami demande du temps, de l’énergie, de la confiance, une prise de risque.

Bref, croyez moi les amis, un ami ça ne se trouve pas sous les pâtes d’un chameau.