quand ça miaule ou pas…


« Pourquoi elle miaule ? Elle vient de manger pourtant ! »

« Nizwa fait sa crise d’adolescence. Elle a les hormones qui font du hula-hoop et elle miaule. »

« Tu as de la chance, je miaule pas moi. »

Et c’est vrai, mon ado ne miaule pas. A la place, il s’enferme dans sa chambre, écouteurs rivés sur les oreilles avec son téléphone dans la main. Je suis aussi à l’aide de rentrer dans son antre que dans la salle de bain de Donald Trump.

C’est vrai que mon ado ne miaule pas devant la porte, mais se met à tirer une tronche d’ado martyrisé sans prévenir. Pourtant tout est parfait : les pâtes qu’il aime, et comme il aime, ont été servies. Il a pu manger les 3/4 de la baguette, juste avant le repas, sans aucunes remarques. Il n’a pas eu droit à un interrogatoire du style : « ça a été aujourd’hui? » ou le fameux : « ça va ? »  qui, comme on peut facilement le comprendre, aurait pu provoquer cette irritabilité soudaine.

C’est vrai que mon ado ne miaule pas devant la porte, mais il émet quand même des bruits assez étranges. Des grognements étonnants quand je le questionne sur ses devoirs. Il peut émettre aussi de longs soupirs quand je lui demande s’il compte ranger sa chambre ou, s’il préfère que je mette le feu. Il produit aussi des cris de révolte quand je lui dis qu’il est hors de question que je l’amène à presque 9h du soir, acheter des sandales Nike.

C’est vrai que l’ado ne miaule pas devant la porte, mais il peut avoir des moments soudains et spontanés de tendresses. Des moments où ces bras de géant peuvent m’encercler, me serrer et me faire un câlin par surprise.

C’est vrai que l’ado ne miaule pas devant la porte, mais il peut aussi avoir beaucoup d’humour. Surtout du noir, comme quand il me fait remarquer la chance que j’ai, d’avoir un ado qui ne s’habille pas avec du Extreme. Du coup comme il est de bonne, je ne lui rappelle pas le prix de son dernier stage de rugby…

C’est vrai qu’il ne miaule pas devant la porte mon ado, mais Nizwa aussi ne fait pas que cela. Elle peut se mettre tout à coup à courir et sauter, s’arrêter net et nous regarder d’un air trop drôle. Elle peut nous mordre et nous demander un câlin dans la foulée.

Mon ado et Nizwa ne sont pas très stables. Leurs humeurs changent 10 fois par jour, mais ils sont drôles, attachants et tellement compliqués aussi !

 l’adolescence, ce monde de contradiction


Un adolescent c’est ça :

  • « Moi, je cours le plus vite. »
  • « Moi, je suis le plus grand. »
  • « Moi, j’ai le plus de muscle. »
  • « Moi, je le savais. »
  • « Moi, j ai raison. »
  • « Moi, j’ai toujours raison. »
  • « Moi, je nage le plus vite . »
  • « Moi, je veux partir camper une semaine avec mes copains. »
  • « Moi, je suis le plus fort. »
  • « Moi, je suis le plus intelligent. »
  • « Moi, je sais tout. »
  • « Moi, j’ai le sum. »
  • « Moi, je suis indispensable. »
  • « Moi, quand je partirai de la maison, je ferai pas comme vous. »

 

Cinq minute plus tard l’ado, c’est ça :

  • « Maman, tu peux aller chercher le ketchup ? »
  • « Maman, tu peux m’ouvrir ce pot de confiture? »
  • « Maman, elles sont où mes chaussettes ? »
  • « Maman, tu peux venir me chercher ? »
  • « Maman, tu peux m’emmener là ? »
  • « Maman, tu me fais un câlin ? »
  • « Maman, j’ai mal au ventre, je vais mourir. »
  • « Maman, il me faut des sous pour sortir. »
  • « Maman, on mange quoi ? »
  • « Maman, attend moi ! »
  • « Maman, tu m’as lavé mon jean ? »

L’adolescence, cet âge fabuleux qui commence par « Moi je », mais se termine toujours par « maman ».

non tu n’auras pas un téléphone à 800 euros


L’air de rien, je me suis retrouvée dans ce si joli magasin. Un magasin spacieux, bien éclairé, épuré et rempli de fabuleuses machines. L’ado en détresse absolue, m’a gentiment mais, fermement, conduit vers cet antre de la pomme croquée. Son téléphone ne marche plus et, c’est scientifiquement prouvé : un adolescent de 13 ans peut, plus facilement se passer d’oxygène que d’un téléphone. Vous comprenez donc l’urgence de la situation.

Nonchalamment, il me montre donc, l’objet tant convoité. Objet, dont il m’énumère toutes les prouesses à grands coups d’arguments chocs. C’est à ce moment que je comprends deux choses essentielles.

La première, c’est que les apparences sont souvent trompeuses, même pour les machines. La qualité première de ces engins n’est certainement pas, comme je le pensais, la téléphonie. La deuxième, c’est qu’au vu de la performance mercatique de ma progéniture, son avenir professionnel est surement derrière une pomme croquée.

Perdue dans mes pensées, je ne l’écoutais plus que d’une manière masculine. Un chiffre, m’a pourtant fait brutalement redescendre sur terre. 399 rials. Multipliez par deux et, les amis, vous aurez le prix en euros.

Le souffle court je le pousse donc, vers la sortie. A grands coups d’arguments plus ou moins chocs je lui annonce que, non, il n’aura pas de téléphone à ce prix.

Pourquoi mon fils ?

Parce que le jour où tes soeurs voudront, elles aussi croquer la pomme, nous devrons vendre la maison. A moins que tu préfères nous héberger vieux et grabataires, je te conseille de trouver une solution moins chère.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros car tu n’as pas besoin de ça pour te faire des amis. Les amis ne regardent pas tes chaussures, ni la marque de ton t-shirt ni celle de ton téléphone. Et même s’ils le font, soit différent, original et, assume la radinerie de tes parents.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros, car tu n’as pas besoin de cela pour réussir et être heureux dans la vie. Cet argent, nous préférons te le donner pour partir en voyage, faire des stages, des camps. Faire ce que tu aimes, rencontrer des gens, découvrir le monde. Tant qu’il est tant… Je ne veux pas que tu deviennes esclave de ces machines.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros car avec ton père, et pour reprendre un vieil humoriste de notre jeunesse, mort trop tôt à cause d’un putain de camion : « On ne sort pas de la cuisine de Jupiter ». 800 euros c’est beaucoup de travail, beaucoup d’effort, beaucoup d’argent. Vraiment beaucoup.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros parce que je trouve cela aberrant de mettre autant d’argent dans un objet aussi futile. Et puis tu as eu un Fidget spider il n’y a pas longtemps !

Alors l’ado, il a compris. Il a compris que je ne changerai pas d’avis. Il a compris j’espère plus que cela. Je ne peux pas vous l’affirmer, mais il a fini par trouver un iPhone d’occasion pour pas cher.  Il a eu sa pomme pour un prix raisonnable et depuis ils vivent heureux. Et j’espère pour longtemps….

Et vous les amis, vous la gérez comment cette fameuse question du téléphone avec vos enfants?