autoprise de tête


Aujourd’hui, je vais juste papillonner.  Juste toucher un peu à ci et un peu à ça.

Mais, c’est sans compter sur ma tête. Elle a décidé de me prendre la tête. Qu’est-ce qu’elle peu être têtue et butée. Ma tête, quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs. Bref, aujourd’hui elle a décidé de ne pas me lâcher et me donne tout pleins d’ordres :

« Il faudra que tu nettoies le frigo. Et ne me sors pas l’excuse pourrie qu’il vaut mieux attendre qu’il soit un peu plus vide ! »

« Il faudra que tu boucles la fin de l’année. Compte, combien il reste de jours avant les vacances ! »

« Il faudra que tu te fasses les ongles. Tu as des mains à porter des moufles et des pieds à calfeutrer dans des Dr Martens. » 

« Il faudra que tu fasses la déclaration d’impôts. Emmanuel attend, et il aime pas attendre !»

« Il faudra que tu t’épiles. Tu as les aisselles en friche et le maillot qui se barre. »

« Il faudra que tu ailles chez le coiffeur. Tu es tricolore. Blanc, marron où roux, mais fais ton choix. »

« Il faudra que tu repasses. La planche dans le coin, où chacun entasse des trucs divers et variés, n’est pas une planche de paddle. »

« Il faudra que tu fasses du sport. Tu le vois peut-être pas de là où  tu es, mais tu as le cul qui tombe. »

En plus, ma tête elle a une façon de me parler que je n’apprécie pas du tout. De quoi elle se mêle ? Ma tête, c’est pas ma mère. A 40 ans, je fais ce que je veux d’abord. Si moi, je préfère écrire, ou, regarder How to get away with murder conseillée par maman Pavlova ?  Qu’est-ce qu’elle va faire ma tête ?

retour à l’école


Un rapide coup d’œil suffit à me confirmer qu’a moi seule, l’indice d’âge du groupe augmente considérablement. Avant mon arrivée, la moyenne devait tourner autour des 21 ans. Avec mes 40 balais et des poussières, la courbe atteint maintenant des sommets.

C’est donc en tant que doyenne, que j’attaque une cession au British Council. Mais j’ai de la chance, grâce à l’anglais, j’échappe au Madame à répétition. Ici, c’est prénom et you pour tout le monde.

Mais, cette question d’année n’est peut-être pas la plus grave.

Quand la nuit tombe mon cerveau à moi commence à se mettre en mode ralenti. Il est tout englué de fatigue et il ne fait plus que vaguement ronronner. Le leur est encore bien opérationnel, vif et plein d’entrain. Mes capacités de concentration et de motivation sont toutes rassemblées, eux suivent les cours facilement et naturellement, en mode relax et détendu.

Quand je commence à imaginer mon lit comme le meilleur endroit du monde, eux imaginent l’après. Ce qu’ils vont faire et où ils vont aller dans cette nuit qui n’attend qu’eux. Quand je suis en mode super-j’ai-presque-fini-ma-journée, eux sont en mode super-on-va-pouvoir-enfin-s’ammuser.

Quand, au bout de 30 mn de cours, je suis au bord du coma et que je mène une lutte sans merci pour garder les yeux ouverts tout en désamorçant un bataillon de bâillements, eux, ont un visage détendu, reposé et frais.

Ils sont super sympas ces jeunes, ils ont pitié sont très prévenants avec moi. Pendant la recrée, il y en a toujours un pour me proposer un café. Café, que je refuse bien sûr, et, que j’accompagne de l’explication mondialement connue des quarantenaires : « Si je bois un café maintenant, je ne pourrais pas dormir ». Il y en a toujours un pour me dire que sa mère a le même problème et un, qui me regarde comme un Alien.

Ils sont rigolos ces jeunes avec leurs histoires. Ils me parlent de leurs sorties, de leurs vies d’étudiant ou de leurs travails qu’ils viennent de commencer. Ils me parlent de leurs projets de voyage, de leurs futures vies. J’écoute et je me rappelle de mes projets de quand j’avais 20 ans. Je suis un peu la maman du groupe… ou, avec mes trois enfants, mon chat et mes yeux cernés, je suis ce qu’ils ne veulent pas être plus tard…

Ils sont aussi intéressés par ce que je fais de mes soirées et de mes w.ends. Ce que l’on peut bien faire à plus de 40 balais les intrigues. Ils me demandent souvent des conseils et mon avis. Ils viennent souvent me voir pour les devoirs et pour les tests aussi… Bref, je suis la mère Fouras et représente la sagesse de la vieillesse.

Ils sont drôles et surprenants. Avec eux, j’apprends plein de chose et j’aime les retrouver 2 fois par semaine. Ils m’envoient des messages si je suis en retard, me donnent le numéro de leur copain qui travaille à the cave et qui me donnera la meilleure table de cet endroit qui est le plus branché de la ville.

On vit dans un autre espace temps, mais je vais à l’école, je fais partie d’une bande de jeunes. Surtout, depuis que je me suis mise à chanter God’s plan de Drake et que je suis d’accord avec lui. Comme Drake, j’aime ma maman et mon lit.

A 40 ans, on a plus d’un tour dans notre sac.

Pas vrai les amis ?

voler, c’est pas beau


Des rendez-vous déplacés plus tard, me voilà libre comme l’air. Je me suis volée une journée. Une journée juste pour faire ça que je veux, et rien que ça. Adieu enfants, travail, ménage et linge sale ! Je me suis libérée et délivrée pour quelques heures, dans quelques heures. La journée de demain est pleine de promesse et toute légère. Une journée d’égoïste. Un petit-déjeuner en bord de plage ? Flâner au souk ? Un cinéma ? Tout est possible, il n’y a pas de programme. La journée de demain, avec son goût d’interdit, sera mieux que des vacances.

Sauf que.

Cette journée tant convoitée commence par une nuit agitée. Une nuit de chasse aux cauchemars et aux moustiques. Je vous ai dit qu’à Mascate les moustiques, c’est toute l’année ? Je vous ai dit qu’à 40 ans une nuit blanche et j’ai le visage tout mâchouillé, des cernes qui touchent le sol et que j’ai une forte tendance à déambuler en mode zombie ? Le genre de journée où je suis complètement à côté de mes Converse, en mode paranoïa, le tout saupoudré d’une pointe d’agressivité. Pour compléter le tableau, un mal de tête sournois s’invite. Le genre, que même la médecine n’y peut rien.

Ma journée volée, vole sans éclat au rythme de mes tympans avec un fort goût nauséeux. Quel fiasco.

Ça m’apprendra à voler !

Je sais pourtant depuis quelques années, que voler, c’est pas beau et c’est pas bien. C’est en bande organisée que nous avons essayé de voler des malabars bi-goût. On était trois compères, tous proches de la dizaine et à visage découvert. Tout avait été minutieusement préparé, et chacun, avait un rôle bien précis dans ce plan machiavélique. Mais, c’était sans compter le buraliste. Un fin limier que ce buraliste, malin et vif. Il a eu vite fait de nous démasquer. Sa sentence à été sans pitié. Il a couplé ses menaces de prison à vie avec celle, bien pire, de tout balancer à notre maitresse. Vive la vie de village où tout le monde se connaît. C’est qu’il ne rigolait pas avec la justice notre buraliste. Il avait la semaine d’avant, dénoncé ma copine, qui selon lui, tentait de voler un stylo encre. On a eu droit à une interminable leçon de morale sur le vol. Une leçon lourde de sous-entendus. Même si cette leçon de morale n’a pas eu l’effet escomptée, les menaces du buraliste, elles, ont été comprises. Notre association de malfaiteurs s’est stoppée net.

Croix de bois, croix de fer, je n’ai jamais recommencé à voler. En tout cas, voler de mon plein grès. Il y a eu cette pince à épiler, qui s’est coincée entre un brocciu et un paquet de figolu lors de vacances en Corses. Des kilomètres plus tard cette pince enfouie est apparue, trop loin de la caisse. Il y a eu aussi cette fois, où le futur ado choisit enfin, après maintes discussions, son nouveau cartable. C’est la veille de la rentrée que la trousse qui va avec a été découverte au fond de ce sac. Comme vous le savez, en Arabie Saoudite, on a beaucoup d’humour, mais, pas avec les voleurs. Nous avons fait en sorte, que notre forfait reste bien caché.

Voler ne me réussit pas les amis. J’aurai dû me souvenir de mon ancien buraliste.

fait !


Au début elle est plutôt froide et directive, elle me donne des ordres et me demande aussi de me relaxer. Je ne sais pas comment lui dire que ce n’est franchement pas gagné. Alors, je ne dis rien, et, j’exécute ce qu’elle me demande en faisant de mon mieux. Comme dit le vieux dicton préféré de l’ado : «plus vite c’est fait, plus vite c’est fini ».

Elle ne perd pas de temps de toute façon, et, attaque l’examen par le droit en le pressant à plat. Même mon orange du matin, je n’ose pas la presser comme elle vient de le faire !  Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, elle fait subir, en suite, le même traitement au gauche. Et puis elle et moi, on commence à se détendre.  Elle devient plus avenante et moi, plus relaxée. Elle bidouille sa machine, et nous voilà à discuter de la pluie et surtout du beau temps. Elle me propose aussi un paréo, faut dire qu’on se gèle les miches. Enfin, surtout moi.

La machine est à nouveau en service, et, elle attaque maintenant à la verticale. Même combat, elle presse et compresse le droit puis le gauche, ou le gauche et le droit. Je ne sais plus. Elle regarde les images et me demande si je veux de l’eau. Moi, je commence à être suspicieuse, j’ai l’impression d’être le condamné à qui on propose sa dernière cigarette. Elle finit l’examen en toute gentillesse. Je la trouve super aimable. Un peu trop. Elle me dit qu’il faut refaire le gauche. Là, je deviens carrément méfiante, mais qu’est ce qu’elle y trouve dans ce foutu sein ? Elle me parle de masse en anglais, mais, pas le temps de gogoliser, elle redémarre le pressoir. Et c’est reparti !

Elle me dirige toujours trop très gentiment vers l’échographie. Un examen plus rassurant car plus familier. Ma dernière échographie en date m’a montré qu’il n’y avait pas un, mais, deux bébés. Je me demande qu’elle va être la surprise.

Bref, tout ça pour vous dire les amis que j’ai fait une mammographie. Pourtant les amis, je l’ai repoussé cette mammographie. Je n’avais pas envie, pas le temps ou tout simplement la trouille. Pourtant les amis, elle est importante cette mammographie. On le sait bien.

En France, elle est conseillée tous les deux ans à partir de 50 ans, aux États-Unis à 40 ans tous les ans. Ces deux façons de procéder ne sont pas idéales. La première, peut être insuffisante, et, la seconde, expose la femme a des quantités de rayons X très importants lors d’une mammographie.

Le professeur Daniel Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié Salpêtrière à Paris, opte pour une mammographie systématique à 40 ans, afin de déterminer pour chaque femme un suivi spécifique.

Du coup, grâce au gauche, ma prochaine mammographie est dans 6 mois, et vous les amies, elle est quand la votre ?

des cocktails


Avant mes 40 ans, nostalgie était banni de mon vocabulaire. Je regardais les gens nostalgique d’un sale œil. Je criais du haut de ma jeunesse, que la nostalgie jamais ne m’atteindrait. Mon allergie était tellement forte que je ne supportais pas la radio du même nom. La nostalgie était pour moi un signe avant-coureur de vieillesse.

Maintenant, j’ai 40 ans et des poussières, le temps a passé, j’ai grandi et mûri. Je commence des phrases avec des :  « Quand j’étais jeune » et des : « A mon époque ».

J’écoute avec plaisir une chanson qui me fait voyager dans le temps et qui se demande ce que je fais pour les vacances… Je me retourne sur un bébé qui ressemble à celui que j’avais il y a 14 ans. Je feuillette des photos avec une tendresse particulière pour cette ancienne petite fille à tresses. Je regarde X files en me disant, que contrairement à moi, certains épisodes font vraiment vieux. Je m’arrête sur une odeur qui m’entraîne dans la cuisine de ma grand-mère. Je pense souvent à des ambiances de mon enfance ou à des moments de bonheur de quand ils étaient petits.

Les amis, je crois que je regarde de plus en plus derrière moi. C’est donc ça, être nostalgique ? Comment c’est possible ?  Comment c’est arrivé ? Est-ce le début de la fin ?

Je suis allée voir ce que mon Larousse pense de cette nostalgie. Les amis, ça fait froid dans le dos. Mon Larousse dit, que la nostalgie est un état de dépression, une vague de tristesse, de dégoût de la vie. Il rajoute que c’est une propension habituelle au pessimisme. C’est même un synonyme de cafard ! Il parait aussi que la nostalgie arrive quand le présent n’est pas à la hauteur du passé.

Je n’aime pas être en désaccord avec mon Larousse. J’ai l’impression qu’il a toujours raison. Mais là, je ne suis pas d’accord, du tout. Je ne suis ni dépressive, ni pessimiste et mon présent, je ne le changerai pour rien au monde.

C’est vrai que je regarde Madagascar avec le coeur. Quand Alex câline son Foufi, je revois l’ado câliner le sien. Quand J’entend I like to move it, ce sont mes filles bébés, qui réapparaissent en train de trémousser leurs gros popotins de couches.

Des moments qui me remmènent dans le passé sont de plus en plus nombreux.

Mais, quoi de plus normal ?

Mon passé grandit, et j’y fais logiquement, plus souvent, référence. C’est donc mathématique ! Le passé gagne de la place et s’utilise dans le présent. Ce n’est donc pas de la nostalgie mais tout simplement un déplacement de temps.  Un voyage où passé et présent se mixent, s’entremêlent, se mélangent et se lient. Ce cocktail illumine le présent et lui donne une richesse. Ce cocktail, c’est mon passé, mon histoire qui me pousse et me guide.

Alors, finalement les amis je ne suis pas nostalgique. Je fais juste des cocktails et, j’adore ça.

Et vous les amis, vous faites souvent ce genre de cocktails ?

l’histoire de moi


On est en 1985 et j’ai 10 ans. Je suis trop contente, j’ai enfin un âge avec deux chiffres. Par contre, je ne sais pas comment faire comprendre à ma mère, que je ne veux plus avoir les deux tresses sur le côté. Moi, je veux une queue-de-cheval, comme Dorothée. Une queue-de-cheval bien haute qui chatouille le cou. De toute façon, dès qu’elle aura le dos tourné, c’est la queue de cheval qui virevoltera pendant mes virées à vélo. Le vélo, c’est la liberté. On va où on veut avec mon frère et les copains. Dans mon sac, je prends toujours un jeu de l’élastique, même quand je vais faire du vélo. J’ai une gourde que je remplis à la fontaine, j’ai des Yes, des Merveilles du monde et des tartines de beurre avec du chocolat en poudre pour le goûter. J’en prends toujours plein pour les copains et moi. Qu’est-ce que c’est bon ! Pendant les descentes, on chante à tue tête « Goldorak go! Rétro laser en action ! »

En 1995, j’ai 20 ans. Avec la bande de copains, on se voit de moins en moins. Chacun a pris sa route et, c’est rare quand on se croise. Moi, je viens de rencontrer un mec. Il est différent des autres. Il est très beau et il aime Pink-Floyd. Dès que je peux, je prends la 205 pour le retrouver. Je me suis offert des baffles avec l’argent gagné cet été. Je roule bercée par la voie de Jim Morisson et les rythmes endiablés de Noir Désir. Avec Lui, je fais plein de choses et, je me sens libre et heureuse. On est allé voir Braveheart et on va souvent au pub Irlandais. On s’est même retrouvé à San Francisco où l’on a loué la plus petite voiture des Etats-Unis. On a passé 10 jours fabuleux. Il a pris un nombre incalculable de photos. Le développement, a d’ailleurs coûté presque aussi cher que le voyage.

2005 et c’est la course. On est trois depuis deux ans. J’ai un travail que j’aime et j’ai la chance de travailler avec des gens formidables. On se prend souvent la tête, on est difficilement d’accord, mais on avance et on rigole bien. C’est un travail motivant, intéressant et plein de challenges. Mais, je ne passe pas assez de temps avec mon babouninet. Il est rigolo du haut de ses deux ans. Même, si en ce moment, il dit non à tout ! Le chef de meute a commencé un travail qui l’oblige à être souvent loin. La séparation n’est pas toujours facile mais, j’ai ma copine. Elle est comme une soeur et elle a aussi un petit monstre de deux ans. Les deux garçons s’entendent et se disputent à merveille. Tout le monde nous demande s’ils ne sont pas jumeaux. Eux non, les jumeaux se sera pour plus tard ! Ma vie a un rythme endiablé.

2015 te voilà avec mes 40 ans ! Nous sommes cinq et sur un autre continent pour t’accueillir. Fini les séparations longues durées. Le chef de meute rentre tous les soirs dans notre nouveau chez nous. Les filles ont 5 ans et parlent Anglais. Le grand, fait du foot et ce qu’il veut dans notre compound haute sécurité. La vie est calme et tranquille. J’apprécie d’avoir du temps pour eux, pour moi et je découvre le plaisir d’écrire. On fait face aux galères de la vie, tous les cinq. En réalité pas seulement tous les cinq. Cette vie d’expatrié nous a fait rencontrer des gens qui sont devenus notre famille. On vit presque en communauté. On est toujours chez les uns, ou les autres. On se pique le Perrier, on s’échange les enfants et les coups de gueule. Cette famille de coeur est là pour les bons et les mauvais moments. J’ai l’impression de vivre dans une bulle.

J’ai pris plaisir à regarder dans mon retroviseur pour écrire mon histoire. Je remercie maman délire qui a eu cette idée de génie. Si vous aussi, vous voulez faire un voyage dans votre histoire, il vous suffit d’aller faire un tour chez elle.

Je vous souhaite une belle journée les amis.

une histoire de temps qui va vite


Comme le temps passe vite ! Je ne peux pas compter le nombre de fois où j’ai entendu ma mère la dire cette fameuse phrase. A 40 ans et des poussières je ne compte pas combien de fois je l’a proclame à qui veut l’entendre. Je ne compte pas non plus, le nombre de fois où mes amis la prononçent. Je ne compte pas le nombre de fois où ma copine Anglaise me dit que le time flies. Le temps vole, la preuve, on est déjà le 31 janvier ! Vous vous rendez compte ?

Le temps passe vite pour de vrai.

Hier, c’était des bébés tout mignons, tout gentils, tout câlins. Aujourd’hui ils sont tout mignons, tout exigeants, tout impatients et si grands ! Pour eux le temps ne passe pas vite parce qu’ils en sont maîtres. Ils jouent avec le temps et le temps joue pour eux. Le temps n’est pas leur problème, le temps leur appartient.

C’est bien comme ça qu’il fonctionne le temps. Passé un moment de rodage, le temps s’accélère. On le sent bien que le temps nous échappe et qu’il s’amuse de nous. On le sent bien que ce temps ne sera pas extensible. On le sens bien qu’il est temps d’en prendre du bon temps. La machine à remonter le temps n’existe que dans des films de notre jeunesse. Dans des films où l’an 2000 était encore qu’une lointaine fiction.

Les amis, le temps passe trop vite, on est déjà le 31 janvier !

 l’adolescence, ce monde de contradiction


Un adolescent c’est ça :

  • « Moi, je cours le plus vite. »
  • « Moi, je suis le plus grand. »
  • « Moi, j’ai le plus de muscle. »
  • « Moi, je le savais. »
  • « Moi, j ai raison. »
  • « Moi, j’ai toujours raison. »
  • « Moi, je nage le plus vite . »
  • « Moi, je veux partir camper une semaine avec mes copains. »
  • « Moi, je suis le plus fort. »
  • « Moi, je suis le plus intelligent. »
  • « Moi, je sais tout. »
  • « Moi, j’ai le sum. »
  • « Moi, je suis indispensable. »
  • « Moi, quand je partirai de la maison, je ferai pas comme vous. »

 

Cinq minute plus tard l’ado, c’est ça :

  • « Maman, tu peux aller chercher le ketchup ? »
  • « Maman, tu peux m’ouvrir ce pot de confiture? »
  • « Maman, elles sont où mes chaussettes ? »
  • « Maman, tu peux venir me chercher ? »
  • « Maman, tu peux m’emmener là ? »
  • « Maman, tu me fais un câlin ? »
  • « Maman, j’ai mal au ventre, je vais mourir. »
  • « Maman, il me faut des sous pour sortir. »
  • « Maman, on mange quoi ? »
  • « Maman, attend moi ! »
  • « Maman, tu m’as lavé mon jean ? »

L’adolescence, cet âge fabuleux qui commence par « Moi je », mais se termine toujours par « maman ».

mon prénom à la mode


Bonjour à toi qui a 40 ans avec plus ou moins de poussière. Tu dois certainement t’appeler Nathalie, Christophe, Stéphane, Sandrine,Valérie, Laurent, Isabelle, David, Sébastien, Frédéric, Céline, Virginie, Cécile, Philippe, Thierry, Sylvie, Eric, Stéphanie ou Christine. Certainement, car ces prénoms ont été les plus donnés à l’époque de notre naissance. A long long time ago…

Dans les années 50 le duo gagnant a été attribué à Marie et Jean. Dans les années 60 c’est Philippe et Valérie qui remportent la palme.  Les années 70 saluent la victoire de Sandrine et Christophe.  Les années 80 sont les années d’Aurelie, d’Emilie, d’Elodie, de Nicolas,  de Julien et de Sébastien. Dans les années 90, Marie fait son grand retour avec Laura, Camille, Thomas, Kevin et Alexandre. Les heureux gagnants des années 2000 sont Léa, Manon, Chloé, Thomas, Lucas et Théo.

Chaque époque a ses prénoms à la mode. Les époques sont tellement bien faites que je connais une Valérie mariée à un Philippe, une Sandrine à un Christophe,…

Mais là n’est pas la question. Je veux profiter de cette occasion pour témoigner en tant que Stéphanie, prénom le plus donné en 1975. Quelle belle année soit dit en passant…

En tant que Stéphanie, je peux donc affirmer que nous étions toujours au moins deux spécimens dans la même classe.

En tant que Stéphanie, je peux vous affirmer que j’ai eu à subir les fameux « Stéphanie ? Comme Stéphanie de Monaco ». J’ai même dû essuyer un ouragan à cause de cette même princesse-chanteuse. Pour les nostalgiques voici le lien des inconnus et celui de Steph de Monac’.

Encore aujourd’hui, je suis entourée de nombreuses Steph. C’est comme ça que l’on se fait appeler dans le milieu. C’est donc souvent qu’au détour d’une conversation, je peux entendre des :  « J’ai déjà demandé à Steph » qui, face à mon air surpris, rajoute aussi sec : «  pas toi, l’autre ». Comme statistiquement, vous avez en plus de vos copines Stéphanie, des copains Stéphane que l’on appelle Steph aussi, ce n’est pas évident d’identifier le ou la Steph en question. J’espère que vous me suivez…

Bien sûr il y a les petits surnoms du style : ninie, Stefie, Stefouille, Phanie et le fameux Stef. Parce que Stéphanie en plus d’être commun, c’est long.

Tout ça pour vous dire que ce n’est pas toujours facile de porter un prénom à la mode.

Et vous les amis, vous vivez comment avec votre prénom ?

je suis une femme au foyer évolutive


Que ce soit subi ou voulu peut importe, le résultat est le même, vous êtes à la maison. Vous avez des contraintes, des obligations, des horaires, du travail et finalement la seule chose qu’il vous manque c’est le salaire. Et les vacances aussi…

Me concernant, je n’étais pas partie pour cette vie au foyer. J’avais un travail que j’adorais dans le milieu de la phytothérapie. Je faisais du recrutement, de la formation et je coachais les vendeurs. J’adorais mon travail et les personnes avec qui je travaillais.

Oui, mais voilà.

Il faut parfois faire des choix. Il m’a fallu me rendre à l’évidence : Un travail prenant avec trois enfants en bas âges, le chef de meute toujours absent ce n’était pas une vie. Au même moment, nous avons eu la possibilité de partir pour l’Arabie Saoudite en famille. Après deux, trois hésitations de ma part, on a sauté le pas.

Ma vie de femme au foyer (appelons un chat un chat) a évolué avec les enfants et avec moi. Finalement, il n’y a pas une vie de femme au foyer, mais des vies.

Mes débuts de femme au foyer ont été de rester… au foyer. Ménage, courses, bouffe et enfants, tout tournait exclusivement autour de ce fameux foyer. Cet enfermement  n’a rien à voir avec l’Arabie Saoudite. C’est peut-être une réaction contraire à toutes mes années de travail. A tous ces moments où je n’étais pas disponible. L’envie d’être la meilleure des mamans entourée des enfants les plus heureux du monde. Je ne sais pas. Ces premières années au foyer se sont passées tout simplement comme ça. Je n’en garde pas un mauvais souvenir, mais plutôt un souvenir de quiétude.

Est arrivée en suite la période de prise de conscience. Que fais-je de ma vie ? Est- ce que je ne suis bonne qu’à faire des lessives ? Qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Pourquoi je vis ? Pourquoi je meurs ? Pourquoi je crie ? Pourquoi je pleure ?  Alors j’ai cherché, j’ai lu, j’ai écouté. J’ai envié ces mamans qui ont l’air de si bien tout maitriser et qui ont une manucure impeccable. J’ai perdu du temps, beaucoup. Et puis il y a eu aussi quelques revers de vie à gérer. Je me suis mise à la couture. J’ai fait du yoga. J ai écrit et puis j’ai tout perdu à cause de la vieillesse de mon ordi. Cette période a été parfois douloureuse, mais nécessaire. J’ai compris que la solution ne peut venir que de moi. Il s’agit juste de la trouver !

Est arrivée la période où j’ai commencé à agir. J’ai donné des cours de Français, rencontré des gens d’univers différents. J’ai ouvert mon blog. Croyez-moi, ça change tout de n’avoir plus l’esprit focalisé sur la poussière et le linge sale. C’est important de se sentir utile, de communiquer, d’être acteur de sa vie. Ca change tout de faire quelque chose qu’on aime, quelque chose pour soi.

Aujourd’hui j’ai 40 ans, les enfants grandissent et je sais que je dois me préparer a reprendre une activité professionnelle, mais pas n’importe quoi et pas à n’importe quel prix.

Alors je prépare, je tâtonne, je fais trois pas en avant et trois pas en arrière. J’en fais deux sur le côté et puis des fois deux aussi de l’autre. Mais j’y travaille, même si ce n’est pas toujours très coordonnée.

Mais, une chose est sûre ou plutôt deux choses. Je n’ai pas honte à 40 ans d’être femme au foyer. Je n’ai pas honte non plus à 40 ans de ne pas avoir de salaire. Je sais que la vie de femme au foyer n’est pas la fin mais juste le début. 

Et vous, vous la voyez évolutive votre vie de maman au foyer ?