il y a aussi nous


Il y a ceux qui parlent et ceux qui font. Il y a ceux qui rêvent et ceux qui agissent. Il y a ceux qui hésitent et ceux qui osent. Il y a les heureux et ceux qui cherchent le bonheur.

Il y a ceux qui se cachent et ceux qui assument. Il y a les fiers, les honteux.  Ceux qui partent et ceux qui restent.  Il y a les optimistes et les défaitistes. Il y a les bons et les mauvais. Il y a les sournois et les francs. Il y a les honnêtes et les filous. Il a les noirs et les blancs. Il y a ceux qui tiennent un pistolet chargé et ceux qui creusent. Il y a ceux qui ont un treizième mois et ceux qui n’ont pas de moi. Il y a ceux qui rentrent dans les cases et ceux qui en dépassent.

Mais, il y a aussi nous, qui préférons les multiplications aux divisions.

Mais, il y a aussi nous, qui aimons le bruit, le silence, la fête et le calme.

Mais, il y a aussi nous, qui aimons la couleur, la complexité et les différences. 

Mais, il y a aussi nous, qui voulons essayer, se tromper et recommencer.

Mais, il y a aussi nous, qui aimons jouer mais, pas avec ces règles-là. 

Mais, il y a aussi nous, qui sommes un peu de ci et beaucoup de ça.

 

Il y a ceux qui tiennent un pistolet chargé et ceux qui creusent – Clint Eastwood.

à moitié vide ou à moitié plein


Je vais encore vous embêter avec mes problèmes domestiques, mais j’ai besoin de laver mon linge sale avec vous les amis. 

Rassurez-vous pour cette fois, il ne s’agit pas de chaussettes, bien que ce problème ne soit pas encore résolu. Mon principal problème aujourd’hui, c’est la lessive. Il m’arrive quelque chose de mystérieux. Quelque chose de totalement incompréhensible et, j’ai besoin de votre aide. 

Commençons par le commencement, et, parlons des faits.

L’histoire commence un beau matin, au moment où j’ouvre tranquillement mon baril de lessive. Après avoir cassé la moitié des couteaux de cuisine sur le carton, et, constaté que la boite était intacte, c’est au cutter que j’ai continué l’ouverture. Trois lames de cutter plus tard, je suis arrivée à bout de ce carton à coup de scie sauteuse. 

Et c’est là les amis, que nous arrivons au coeur du mystère.

Figurez-vous qu’après avoir bataillé, contre les parois cartonnées de ma lessive, je constate avec effroi que la boite est à moitié vide. Suer pendant 20 minutes et risquer sa vie à ouvrir ce baril, ne poussent pas à voir le carton à moitié plein !

quand j'ouvre ma lessive et que le baril est à moitié par elle a 40 ansEmballage à moitié par elle a 40 ans

quand j'ouvre ma lessive et que le baril est à moitié par elle a 40 ans
le niveau de lessive n’est pas très droit mais donne un aperçu du vol.

A moitié vide où a moitié plein, c’est quand même une moitié qui manque. 

Et c’est bien là l’objet du délit. Qui peut bien me voler une moitié de lessive et refermer le carton en suite ? Qui peut bien avoir élaboré un si sombre scénario ? Tout cela est si mystérieux.

Là, les amis, nous arrivons au moment où le suspens est à son comble. Mais un mystère est quand même fait pour être résolu. 

J’attaque donc l’interrogatoire de la tribu, sans oublier Nizwa et ses pâtes griffues. Comme vous pouvez le constater aucune piste n’est laissée au hasard. Pourtant, les interrogatoires poussés et les menaces de n’acheter que des croquettes ne fonctionnent pas. Le pire, c’est que mon instinct féminin, l’instinct le plus fiable au monde comme chaque femme le sait et que chaque homme jalouse, sent qu’ils sont sincères. Cette fois, je n’aurai pas besoin de courir chez kiloutou pour louer un détecteur de mensonges. 

Le mystère reste entier, sombre et bien épais. Qui peut bien s’introduire chez moi pour voler la moitié de ma lessive ? Qui peut bien, après ce sombre forfait, prendre le temps de fermer avec soin et robustesse le carton du baril ? Est-ce le même individu qui part avec la moitié des chaussettes ?

Les amis le mystère reste entier. Je ne comprends pas, qui peut bien être à l’origine de cette acte odieux.

Cette personne pense t’elle aux conséquences de ses actes ? 

Parce que le jour où ce baril, qui était à moitié vide, le sera complètement, il me faudra le jeter. J’ai épluché tout Pinterest, en long, en large et en travers. Ce baril, je ne pourrai pas le transformer en Iphone. Je peux en faire un château, un circuit de voitures ou des masques de carnaval mais, mes ados seraient moyennement intéressés. A quoi bon ? Alors un jour, il me faudra le prendre ce baril, et il me faudra le jeter. Et je sais que ce jour-la, je vais culpabiliser, et râler un peu aussi.

Est-ce que cette personne réalise que je culpabilise d’ailleurs déjà ? Sur Pinterest, je n’ai peut-être pas trouvé de tuto pour transformer un baril en iPhone, mais des tas de recettes pour faire sa propre lessive. Si je la faisais, je n’aurai pas besoin d’en acheter. Si je n’achetais pas de lessive, personne ne serait rentré chez moi pour en voler la moitié. 

Alors oui, je culpabilise pour quelque chose qui se passe à l’insu de mon plein gré.

Et vous les amis, vous avez aussi ce genre de surprise en ouvrant un emballage ?

faire pipi tranquille


Les oiseaux se cachent pour mourir et moi, je me cache dans les WC pour écrire. Pourtant, ce n’est pas du tout le moment. Ils sont affamés, énervés de la journée qui se termine et par celle qui va commencer demain. Ils cherchent leur uniforme d’école, leur bonnet de natation, cherchent aussi un papier à faire signer d’urgence et qui a disparu. Des mamaaaaaaaan de plus en plus nombreux et tendus se faufilent sous la porte des WC.

Mais, je m’en fous. 

J’ai une idée, et c’est à elle que je me raccroche. Sans bruit, je sors mon carnet. Je gribouille à la va-vite un truc que moi seule pourra relire. J’espère. Si je ne la fixe pas maintenant, l’idée s’envolera vers l’infini et au delà.   Alors j’écris à toute vitesse dans ce carnet, sur ce bout de toilette.

Le temps presse. Je sais que ma cachette ne va pas tenir longtemps et que je vais vite être débusquée. Je vais devoir, en toute mauvaise fois, les yeux au ciel et dans un souffle, réciter le fameux : «C’est-même-pas-possible-de-faire-pipi-tranquille-dans-cette-maison».

Depuis les enfants, l’intimité n’est plus qu’une vague notion abstraite et lointaine. Je vous avez d’ailleurs déjà raconté mes déboires.

Alors, c’est vrai qu’au lieu de participer à l’effort familial, je me planque. Mais, je vous assure, elle est chouette cette idée.

Bon, les amis, je dois vous laisser avant de me faire choper.

Je vous souhaite une belle journée.

 

 

retour à l’école


Un rapide coup d’œil suffit à me confirmer qu’a moi seule, l’indice d’âge du groupe augmente considérablement. Avant mon arrivée, la moyenne devait tourner autour des 21 ans. Avec mes 40 balais et des poussières, la courbe atteint maintenant des sommets.

C’est donc en tant que doyenne, que j’attaque une cession au British Council. Mais j’ai de la chance, grâce à l’anglais, j’échappe au Madame à répétition. Ici, c’est prénom et you pour tout le monde.

Mais, cette question d’année n’est peut-être pas la plus grave.

Quand la nuit tombe mon cerveau à moi commence à se mettre en mode ralenti. Il est tout englué de fatigue et il ne fait plus que vaguement ronronner. Le leur est encore bien opérationnel, vif et plein d’entrain. Mes capacités de concentration et de motivation sont toutes rassemblées, eux suivent les cours facilement et naturellement, en mode relax et détendu.

Quand je commence à imaginer mon lit comme le meilleur endroit du monde, eux imaginent l’après. Ce qu’ils vont faire et où ils vont aller dans cette nuit qui n’attend qu’eux. Quand je suis en mode super-j’ai-presque-fini-ma-journée, eux sont en mode super-on-va-pouvoir-enfin-s’ammuser.

Quand, au bout de 30 mn de cours, je suis au bord du coma et que je mène une lutte sans merci pour garder les yeux ouverts tout en désamorçant un bataillon de bâillements, eux, ont un visage détendu, reposé et frais.

Ils sont super sympas ces jeunes, ils ont pitié sont très prévenants avec moi. Pendant la recrée, il y en a toujours un pour me proposer un café. Café, que je refuse bien sûr, et, que j’accompagne de l’explication mondialement connue des quarantenaires : « Si je bois un café maintenant, je ne pourrais pas dormir ». Il y en a toujours un pour me dire que sa mère a le même problème et un, qui me regarde comme un Alien.

Ils sont rigolos ces jeunes avec leurs histoires. Ils me parlent de leurs sorties, de leurs vies d’étudiant ou de leurs travails qu’ils viennent de commencer. Ils me parlent de leurs projets de voyage, de leurs futures vies. J’écoute et je me rappelle de mes projets de quand j’avais 20 ans. Je suis un peu la maman du groupe… ou, avec mes trois enfants, mon chat et mes yeux cernés, je suis ce qu’ils ne veulent pas être plus tard…

Ils sont aussi intéressés par ce que je fais de mes soirées et de mes w.ends. Ce que l’on peut bien faire à plus de 40 balais les intrigues. Ils me demandent souvent des conseils et mon avis. Ils viennent souvent me voir pour les devoirs et pour les tests aussi… Bref, je suis la mère Fouras et représente la sagesse de la vieillesse.

Ils sont drôles et surprenants. Avec eux, j’apprends plein de chose et j’aime les retrouver 2 fois par semaine. Ils m’envoient des messages si je suis en retard, me donnent le numéro de leur copain qui travaille à the cave et qui me donnera la meilleure table de cet endroit qui est le plus branché de la ville.

On vit dans un autre espace temps, mais je vais à l’école, je fais partie d’une bande de jeunes. Surtout, depuis que je me suis mise à chanter God’s plan de Drake et que je suis d’accord avec lui. Comme Drake, j’aime ma maman et mon lit.

A 40 ans, on a plus d’un tour dans notre sac.

Pas vrai les amis ?

voler, c’est pas beau


Des rendez-vous déplacés plus tard, me voilà libre comme l’air. Je me suis volée une journée. Une journée juste pour faire ça que je veux, et rien que ça. Adieu enfants, travail, ménage et linge sale ! Je me suis libérée et délivrée pour quelques heures, dans quelques heures. La journée de demain est pleine de promesse et toute légère. Une journée d’égoïste. Un petit-déjeuner en bord de plage ? Flâner au souk ? Un cinéma ? Tout est possible, il n’y a pas de programme. La journée de demain, avec son goût d’interdit, sera mieux que des vacances.

Sauf que.

Cette journée tant convoitée commence par une nuit agitée. Une nuit de chasse aux cauchemars et aux moustiques. Je vous ai dit qu’à Mascate les moustiques, c’est toute l’année ? Je vous ai dit qu’à 40 ans une nuit blanche et j’ai le visage tout mâchouillé, des cernes qui touchent le sol et que j’ai une forte tendance à déambuler en mode zombie ? Le genre de journée où je suis complètement à côté de mes Converse, en mode paranoïa, le tout saupoudré d’une pointe d’agressivité. Pour compléter le tableau, un mal de tête sournois s’invite. Le genre, que même la médecine n’y peut rien.

Ma journée volée, vole sans éclat au rythme de mes tympans avec un fort goût nauséeux. Quel fiasco.

Ça m’apprendra à voler !

Je sais pourtant depuis quelques années, que voler, c’est pas beau et c’est pas bien. C’est en bande organisée que nous avons essayé de voler des malabars bi-goût. On était trois compères, tous proches de la dizaine et à visage découvert. Tout avait été minutieusement préparé, et chacun, avait un rôle bien précis dans ce plan machiavélique. Mais, c’était sans compter le buraliste. Un fin limier que ce buraliste, malin et vif. Il a eu vite fait de nous démasquer. Sa sentence à été sans pitié. Il a couplé ses menaces de prison à vie avec celle, bien pire, de tout balancer à notre maitresse. Vive la vie de village où tout le monde se connaît. C’est qu’il ne rigolait pas avec la justice notre buraliste. Il avait la semaine d’avant, dénoncé ma copine, qui selon lui, tentait de voler un stylo encre. On a eu droit à une interminable leçon de morale sur le vol. Une leçon lourde de sous-entendus. Même si cette leçon de morale n’a pas eu l’effet escomptée, les menaces du buraliste, elles, ont été comprises. Notre association de malfaiteurs s’est stoppée net.

Croix de bois, croix de fer, je n’ai jamais recommencé à voler. En tout cas, voler de mon plein grès. Il y a eu cette pince à épiler, qui s’est coincée entre un brocciu et un paquet de figolu lors de vacances en Corses. Des kilomètres plus tard cette pince enfouie est apparue, trop loin de la caisse. Il y a eu aussi cette fois, où le futur ado choisit enfin, après maintes discussions, son nouveau cartable. C’est la veille de la rentrée que la trousse qui va avec a été découverte au fond de ce sac. Comme vous le savez, en Arabie Saoudite, on a beaucoup d’humour, mais, pas avec les voleurs. Nous avons fait en sorte, que notre forfait reste bien caché.

Voler ne me réussit pas les amis. J’aurai dû me souvenir de mon ancien buraliste.

une histoire de cigarettes


  • Avant, je me tenais à l’écart pour fumer sans gêner.

  • Tu fumais, toi ?

  • J’ai arrêté complètement, ça fait deux ans. J’avais essayé une première fois de façon radicale, en jetant tous mes paquets. Mais un soir, on était invité. L’envie aussi s’est invitée. Une envie forte, pressante et entêtante. J’ai passé la soirée à chercher mes cigarettes. Mais, on ne les trouve pas partout. J’ai cru devenir folle. Le lendemain à la première heure, je suis allée acheter une cartouche entière et je me suis remise à fumer.

  • Tu fumais quoi ?

  • Des petites menthols fines. Des cigarettes de filles. J’adorais leur goût, j’adorais celui aussi qu’elles laissaient dans ma bouche. Un jour, j’ai de nouveau décidé d’arrêter. C’était il y a deux. J’avais toujours un paquet avec moi. J’ai arrêté de fumer, en promenant ce paquet partout et longtemps. Je l’ai toujours d’ailleurs, il est dans un tiroir maintenant. Mais tu sais, le plaisir d’allumer la cigarette me manque toujours. Cette première bouffée mentholée. Le plaisir de sentir cette fumée, la saveur si particulière de cette menthe pénétrer dans ma bouche. Ca me manque encore.

  • Moi aussi je fumais, mais, pas tous les jours. Je fumais juste pour les bons moments. Je pouvais passer quinze jours sans fumer, et en une soirée, en fumer dix. Ces cigarettes accompagnaient un bon repas, une soirée, un moment avec des amis. Ça fait 3 ans que j’ai arrêté.

  • C’est super de pouvoir fumer quand on veut ! Pourquoi tu as arrêté ?

  • J’ai arrêté parce que la cigarette petit à petit devenait incontrôlable. La cigarette des bons moments devenaient une habitudes. Toutes les excuses étaient bonnes. Je commençais même à fumer seule. Je ne voulais pas devenir dépendante, et puis les enfants devenaient fous quand ils me voyaient fumer. Alors j’ai arrêté. Ca a été dur et ca l’est encore par moment. Le plaisir d’allumer une cigarette, le geste… J’envie ces petits groupes de fumeurs. Ils me manquent ces moments. Ces moments, où l’on se retrouve en aparté, en petit comité autour de nos cigarettes. Dans le froid, dans le vent sous la pluie ou le soleil un petit club de fumeurs qui partage des confidences. Un moment a part.

  • Moi, quand je croise quelqu’un qui fume une mentholée, j’ai tendance à suivre cette personne, même encore aujourd’hui.

Avec ma nouvelle copine, on apprend à se connaître. Elle a été étonnée que je sois une ancienne fumeuse, j’ai été étonnée qu’elle en soit une. Alors, on s’est remémoré nos souvenirs de fumeuses parce que la cigarette ne s’oublie pas. Dans ma mémoire il y a toujours un manque, un regret. Et, je peux en parler des heures…

Et pour vous les amis, elle était comment votre dernière cigarette ? Et votre après, vous le vivez comment ?

parce que quand y en a marre…


Ça faisait pas mal de temps que je rouspétais. Cette grogne devenait une obsession et, je lançais régulièrement à la tribu des appels à la rigueur. Mon dicton préféré, « quelques gouttes suffisent » n’avait aucun impact. Cette situation ne pouvait durer plus longtemps. Il fallait absolument, que l’on tombe sur un accord et, qu’il en ressorte rapidement, un arrangement à l’amiable. Une tribune libre a donc été organisée, afin que chacun puisse débattre et s’exprimer.

Les nombreuses promesses et les beaux discours n’ont pourtant rien changé. Le dialogue social, les négociations, les concertations, les menaces et le chantage, n’ont pas fonctionné non plus. Le gâchis continuait de plus belle.

Cela ne pouvait plus durer. J’avais atteint le point de non-retour. J’en avait marre. Marre d’en acheter. Marre de les voir se vider au bord de la baignoire. Marre de décrouter le gel sec. Marre de jeter d’énormes quantités de flacons vides. Marre de jeter de l’argent par la douche. Marre d’entendre : « maman ! On n’a plus de gel douche ! »

Il fallait des changements radicaux.

Alors un jour, j’ai dit STOP.

J’ai profité d’un passage en France, dans ma boutique naturelle préférée, pour réaliser que la solution est à portée de main. Il n’y a pas que le gel douche dans la vie. Il y a du savon pour tous les goûts, de toutes les formes et de toutes les odeurs. J’ai choisi de jolis pains de savon avec une corde et une odeur très douce. De jolis savons au lait d’ânesse avec une touche d’huile d’olive. On est du Sud où on ne l’est pas ! Histoire d’éviter un débat supplémentaire, j’ai acheté les mêmes pour tout ce joli monde.

De retour au Sultanat et, la valise qui sentait super bon ouverte, j’ai réuni la tribu pour une réunion extraordinaire.

C’est donc armée de mes savons et de fleurs de bain que je leur ai annoncé la grande nouvelle. Il m’a fallu balayer les :  « tu vas pas nous demander de nous doucher comme en prison ?!» de l’ado. Il m’a fallu faire avec l’humour douteux du chef de meute et ses : «faudra pas se baisser pour ramasser le savon». J’ai faillis être déstabilisée par les ricanements de l’ado, en écho au trait d’humour paternel. Il m’a fallu aussi prouver aux filles que ce savon sent bon, qu’il mousse et, que cerise sur le gâteau, il rend la peau douce.

J’ai conclu en leur disant que si, ils ne le font pas pour eux, qu’ils le fassent au moins pour la planète, et que de toute façon, c’est comme ça et pas autrement. La démocratie avait trouvé ses limites et moi aussi.

Chacun est reparti avec son savon et sa fleur de bain.

C’est donc, avec une tribu moyennement conquise que nous avons arrêté le gel douche.

Et vous les amis, vous avez dû prendre des sanctions familiales radicales pour éviter le gachis ?

le hasard


Le hasard d’une rencontre, le hasard du calendrier. Le hasard est synonyme de mystère, d’aventure, de danger, de coïncidence. Il nous fait croire au destin. Avec à lui, c’est possible. Grâce à lui on redevient vivant. Ce hasard nous ouvre les portes de l’imprévisible. Il représente la spontanéité, le plaisir et la surprise.  Il pimente notre vie et nous sort de cette zone d’habitude.

Le hasard est comme la chance, il faut savoir lui ouvrir sa porte et le laisser rentrer.

Les amis, je vous souhaite un beau week-end plein de hasard.

fait !


Au début elle est plutôt froide et directive, elle me donne des ordres et me demande aussi de me relaxer. Je ne sais pas comment lui dire que ce n’est franchement pas gagné. Alors, je ne dis rien, et, j’exécute ce qu’elle me demande en faisant de mon mieux. Comme dit le vieux dicton préféré de l’ado : «plus vite c’est fait, plus vite c’est fini ».

Elle ne perd pas de temps de toute façon, et, attaque l’examen par le droit en le pressant à plat. Même mon orange du matin, je n’ose pas la presser comme elle vient de le faire !  Pour qu’il n’y ait pas de jaloux, elle fait subir, en suite, le même traitement au gauche. Et puis elle et moi, on commence à se détendre.  Elle devient plus avenante et moi, plus relaxée. Elle bidouille sa machine, et nous voilà à discuter de la pluie et surtout du beau temps. Elle me propose aussi un paréo, faut dire qu’on se gèle les miches. Enfin, surtout moi.

La machine est à nouveau en service, et, elle attaque maintenant à la verticale. Même combat, elle presse et compresse le droit puis le gauche, ou le gauche et le droit. Je ne sais plus. Elle regarde les images et me demande si je veux de l’eau. Moi, je commence à être suspicieuse, j’ai l’impression d’être le condamné à qui on propose sa dernière cigarette. Elle finit l’examen en toute gentillesse. Je la trouve super aimable. Un peu trop. Elle me dit qu’il faut refaire le gauche. Là, je deviens carrément méfiante, mais qu’est ce qu’elle y trouve dans ce foutu sein ? Elle me parle de masse en anglais, mais, pas le temps de gogoliser, elle redémarre le pressoir. Et c’est reparti !

Elle me dirige toujours trop très gentiment vers l’échographie. Un examen plus rassurant car plus familier. Ma dernière échographie en date m’a montré qu’il n’y avait pas un, mais, deux bébés. Je me demande qu’elle va être la surprise.

Bref, tout ça pour vous dire les amis que j’ai fait une mammographie. Pourtant les amis, je l’ai repoussé cette mammographie. Je n’avais pas envie, pas le temps ou tout simplement la trouille. Pourtant les amis, elle est importante cette mammographie. On le sait bien.

En France, elle est conseillée tous les deux ans à partir de 50 ans, aux États-Unis à 40 ans tous les ans. Ces deux façons de procéder ne sont pas idéales. La première, peut être insuffisante, et, la seconde, expose la femme a des quantités de rayons X très importants lors d’une mammographie.

Le professeur Daniel Khayat, chef de service de cancérologie à la Pitié Salpêtrière à Paris, opte pour une mammographie systématique à 40 ans, afin de déterminer pour chaque femme un suivi spécifique.

Du coup, grâce au gauche, ma prochaine mammographie est dans 6 mois, et vous les amies, elle est quand la votre ?

des cocktails


Avant mes 40 ans, nostalgie était banni de mon vocabulaire. Je regardais les gens nostalgique d’un sale œil. Je criais du haut de ma jeunesse, que la nostalgie jamais ne m’atteindrait. Mon allergie était tellement forte que je ne supportais pas la radio du même nom. La nostalgie était pour moi un signe avant-coureur de vieillesse.

Maintenant, j’ai 40 ans et des poussières, le temps a passé, j’ai grandi et mûri. Je commence des phrases avec des :  « Quand j’étais jeune » et des : « A mon époque ».

J’écoute avec plaisir une chanson qui me fait voyager dans le temps et qui se demande ce que je fais pour les vacances… Je me retourne sur un bébé qui ressemble à celui que j’avais il y a 14 ans. Je feuillette des photos avec une tendresse particulière pour cette ancienne petite fille à tresses. Je regarde X files en me disant, que contrairement à moi, certains épisodes font vraiment vieux. Je m’arrête sur une odeur qui m’entraîne dans la cuisine de ma grand-mère. Je pense souvent à des ambiances de mon enfance ou à des moments de bonheur de quand ils étaient petits.

Les amis, je crois que je regarde de plus en plus derrière moi. C’est donc ça, être nostalgique ? Comment c’est possible ?  Comment c’est arrivé ? Est-ce le début de la fin ?

Je suis allée voir ce que mon Larousse pense de cette nostalgie. Les amis, ça fait froid dans le dos. Mon Larousse dit, que la nostalgie est un état de dépression, une vague de tristesse, de dégoût de la vie. Il rajoute que c’est une propension habituelle au pessimisme. C’est même un synonyme de cafard ! Il parait aussi que la nostalgie arrive quand le présent n’est pas à la hauteur du passé.

Je n’aime pas être en désaccord avec mon Larousse. J’ai l’impression qu’il a toujours raison. Mais là, je ne suis pas d’accord, du tout. Je ne suis ni dépressive, ni pessimiste et mon présent, je ne le changerai pour rien au monde.

C’est vrai que je regarde Madagascar avec le coeur. Quand Alex câline son Foufi, je revois l’ado câliner le sien. Quand J’entend I like to move it, ce sont mes filles bébés, qui réapparaissent en train de trémousser leurs gros popotins de couches.

Des moments qui me remmènent dans le passé sont de plus en plus nombreux.

Mais, quoi de plus normal ?

Mon passé grandit, et j’y fais logiquement, plus souvent, référence. C’est donc mathématique ! Le passé gagne de la place et s’utilise dans le présent. Ce n’est donc pas de la nostalgie mais tout simplement un déplacement de temps.  Un voyage où passé et présent se mixent, s’entremêlent, se mélangent et se lient. Ce cocktail illumine le présent et lui donne une richesse. Ce cocktail, c’est mon passé, mon histoire qui me pousse et me guide.

Alors, finalement les amis je ne suis pas nostalgique. Je fais juste des cocktails et, j’adore ça.

Et vous les amis, vous faites souvent ce genre de cocktails ?