aujourd’hui c’est fête !


C’était il y a un an et aujourd’hui c’est encore la fête.

Je vous propose une charade aujourd’hui les amis. Concentrez-vous…

Mon premier : Sa place préférée c’est le côté droit du canapé, les pieds sur la table basse, avec la télécommande dans une  main, l’Ipad dans l’autre, un Kinder Maxi dans l’autre et son téléphone dans l’autre. Je sais ça fait beaucoup de mains.

Mon second : Est, dans la cuisine, comme Superman au contact de la kryptonite. Il y perd, entre autre, son fameux pouvoir d’orientation. Dans cette pièce, impossible pour lui de retrouver l’emplacement de l’huile d’olive, qui n’a pourtant pas changé depuis les deux dernières années. La cuisine est, aussi, un lieu magique et mystérieux : les aliments s’y transforment en plats par enchantement, la vaisselle sale devient propre miraculeusement,… que de mystères pour un héros d’ordinaire si cartésien.

Mon troisième : Est l’enfant de plus de la maison. Il a souvent des idées loufoques et souvent onéreuses et souvent inutiles. C’est le meilleur allié des enfants contre maman. Il est ok pour manger équilibré mais les épinards faut pas pousser quand même !

Mon Tout : Est bien plus que cette caricature drôle ridicule que je viens de faire. Il est fondamental dans l’éducation et le développement de l’enfant (mais ça Françoise vous le dira mieux que moi). Mais il est plus que ça encore. Il représente la force, la sensibilité, l’écoute, l’autorité, la gaité, l’équilibre pour sa famille.

Vous avez trouvé ?fêtepapa2.jpg

 

 

Et moi il ne me reste qu’à leur souhaiter une bonne fête à tous et surtout au mien.

 

Bonne journée les amis

 

l’odeur d’une viennoiserie


Marie et son si doux rêve bleu lavande,  pour son rendez-vous mensuel nous a demandé de lui parler de l’odeur des viennoiseries. Je suis très en retard, la faute à un sombre problème d’organisation. Si sombre, que même Cécile alias Zenopia,  avec tout son talent et sa patience ne pourrait rien y faire.

Mais moi, je l’aime bien ce rendez-vous, alors même très en retard,  cette histoire de viennoiserie me turlupinait. Moi qui ai, la mémoire olfactive d’un poisson rouge, je suis bien incapable de vous décrire cette odeur. Je peux plus facilement vous parler du plaisir de croquer dans un croissant tiède, croustillant et fondant. Vous dépeindre les sensations quand la bouche est inondée de ce mélange de pâte et de beurre. Vous décrire l’après, quand il ne reste que des traces de beurre sur les doigts, des miettes sur le pull et entre les dents.

L´expatriation m’ayant considérablement éloignée de ma boulangerie de quartier, je ne savais pas comment je pouvais me rafraîchir la mémoire. Alors, quand je les ai vus , j’ai su qu’il me les fallait. Ils étaient minis et tout mignons serrés au fond de leur boite (les adeptes de Cyril Anouna peuvent en profiter pour bouger les épaules). En plus, il y avait inscrit fresh sur l’emballage et, il n’était pas encore 8 heures.  Le magasin ouvrant à 7h30 ils devaient sortir du four depuis peu.

Je me suis ruée sur eux dés mon arrivée à la maison.  C’est qu’ils ont dû être sacrément surpris les petits, en voyant un gros nez leur plonger droit dessus et non une bouche, comme ils devaient s´y attendre.

De mon côté, ce fut une grosse déception. Leur coquille de plastique avait du avaler toute l’odeur. Ils n´en n’avaient plus aucune. Rien qui ne viennent chatouiller mes narines, rien qui ne me fasse voyager. Rien.

Mais, aux grands maux les grands remèdes et je n´ai pas dit mon dernier mot.  Me voilà donc au volant de ma voiture, direction l’endroit, où, même au bout du monde, tu es en France. L´endroit où tout est écrit en français mais où tu dois quand même prononcer « pain au chocolat » à l´Anglaise, et non avec l´accent du Sud pour être comprise. Donc, direction Paul. Je tombe nez à nez sur eux immédiatement. Ils sont beaux, ils sont croustillants, mais aucune effluve capiteuse et chaude pour me faire recouvrir la mémoire. Rien. Juste un relent de détergent. Chez Paul, on ne rigole pas avec la propreté !

Marie, en plus d’être en retard, je suis amnésique. Je ne pourrais pas te décrire cette odeur qui pénètre notre âme, cette odeur qui nous arrête et qui nous pousse à rentrer dans cette boulangerie, même si ce n’est pas raisonnable, même si l´on va passer à table dans pas longtemps. Parce que cette odeur c´est un retour au plaisir pur, simple et enfantin. Une odeur qui nous habite et contre laquelle on ne peut lutter.

Ceci est ma participation à mon album de senteurs proposé par la douce Marie.

savedpicture-201718154634

Elles


C´était la journée de la femme. Une bien belle journée que cette journée là. Mais, une journée finalement des plus banale. Une de ces journées dont je ne retiendrai rien de particulier. Une journée comme une autre.

Elles, elles n´étaient pas encore des femmes, juste des adolescentes. Pas tout à fait femmes, mais habitées par la force et l´envie de changer leur quotidien. Ce quotidien, c´est celui du foyer de Virgen de l´Asuncion au Guatemala. Un foyer, un refuge pour mineurs ayant subi des violences familiales. Ce lieu n’a pourtant rien d´un foyer ni d´un refuge. C´est juste un endroit prévu pour 400 enfants et, ou finalement, 800 s´y entassent. 800 enfants, adolescents y subissant encore des abus, encore de la violence, encore des sévices et encore des privations.
Alors, elles ont manifesté pour faire entendre leur voix. Moi, je ne les ai pas entendues. Personnes n’entendra plus jamais la voix de ces 20 adolescentes retrouvées calcinées dans ce foyer.
Elles n’étaient pas tout à fait femmes, juste des adolescentes et avaient encore tant à faire, tant à dire.

 

Pour en savoir plus.

 

mon carnet


Je veux vous présenter mon fidèle compagnon. Ce n’est pas un filofax, ni même un bullet c’est un banal cadeau d’hôtel. Vous avez compris que le carnet qui m’accompagne partout est tout simple et même assez brouillon. Il se remplit au fil des envies, des idées, des obligations. Il y a de tout partout, mais j’aime parcourir ses pages et, dans ce fourbi de mots, je cherche, je farfouille, je trouve. Il faut dire que je le connais bien, puisque c’est le mien.

En le parcourant, vous trouverez  des listes. Listes de courses, d’envies, d’urgences ou du juste simplement à faire. Vous trouverez des numéros de téléphone, des rendez-vous et même les codes de banque.

Il a de nombreux extraits de livres et des citations juste recopiés, des tas d’idées jetées à la va-vite.  Il y a ici un dessin, et là un mot d’amour  laissés par des petites visiteuses.

Il a des pendus, et même des morpions.

Vous y trouverez parfois des demi-pages et souvent des bien cornées. Il y a aussi des miettes, du sable, l’empreinte de ma tasse de café préférée. Il y a un truc non-identifiable collé sur une page du milieu. Il y a des ratures, des fautes d’orthographe et des gros mots. Il y a des petites boursouflures qui gondolent certaines pages, trace d’un moment de tristesse.

Il renferme toutes sortes de petits trésors. La carte de mon amie laissée avant de partir, une fleur porte-bonheur toute rose, des tickets caisses, des entrées de cinéma, des cartes de visite, des bouts de jolis papiers.

Sa couverture est toute fripée, râpée et usée et ses pages sont maintenant repues de griffonnages en tout genre. Il prendra sa retraite dans un tiroir, mais aura droit à des visites plaisir ou nostalgique. Mais, jamais au grand jamais, il n’aura de visites de courtoisie.

Je ne sais pas encore à quoi ressemblera le nouveau, mais il sera secoué, griffonné, taché, déchiré tout comme son prédécesseur.  Qu’il se rassure, malgré tous ces mauvais traitements, il ne finira pas ses jours à la poubelle.

Il restera juste le témoin, le miroir d’une tranche de vie sans prétention.

Et le vôtre, il ressemble à quoi?

Liebster Award


Merci à Christine et ses chroniques mortes ou vives et à   Asfree avec fleur de flocons pour leurs nominations qui ont déjà pas mal de temps et  merci à ta mère qui est en maternelle   pour cette toute nouvelle nomination qui m’a rappelée à l’ordre !

Le Liebster Award a pour objectif de mieux se connaître en faisant des révélations, 11 pour être plus précise, et répondre à des questions posées. Étant nominée trois fois, j’ai fait un petit mix, histoire de ne pas faire une longue saga écrite de ma vie. N’allez pas penser pas que j’ai choisi les questions qui m’arrangent ! J’espère surtout que mes nominatrices (ne cherchez pas dans le dico) ne m’en voudront pas.

Pourquoi ce blog ? J’ai toujours écrit.  Sur des carnets d’abord, n’oubliez pas que je suis née à l’époque où il n’y avait pas d’ordinateur, où le téléphone ne se mettait pas dans un sac et avait encore un cordon. J’ai, ensuite dompté l’outil informatique en écrivant sous Word. Dompter est un bien grand mot, car cette saloperie de machine a décidé de me lâcher soudainement. Le disque dur est mort en emportant tous mes écrits. Même si l’humanité s’est remise de cette perte, j’ai décidé avec mes 40 ans, de vivre avec mon temps en créant un blog. Je suis consciente que  vivre avec son temps, c’est être sur snapchat et avoir une chaine you tube, mais, j’assume ce coté ringard. Je suis très heureuse de ce blog qui m’a permis de faire de fabuleuses rencontres. Grâce à lui, je communique, je m’évade et je rigole avec des gens que je n’aurai jamais connu dans la vraie vie. Il y a même la douce Marie  et son joli rêve bleu lavande et maman tout terrain qui viennent prendre des nouvelles quand je n’écris pas de quelques temps. C’est ma petite bulle d’air.

Mon meilleur article : C’est sans contexte celui que j’écrirai demain…Vous verrez !

Mon rêve inavoué : c’est m’installer pour de bon dans un endroit et ouvrir une boutique de bric et de broc. Une boutique où l’on pousse la porte sans savoir ce que l’on va y trouver. Une boutique qui ressemblerait au grenier de mon enfance. Bref, le projet n’est pas super ficelé encore. Inutile que j’en parle à mon banquier de suite…

Ma musique préférée : Peter Gabriel, Renaud, les Ogres de Barback sont mes doudous. J’adore le groupe L.E.J et j’attends avec impatience leur album, j’aime aussi Yodelice. La voix de Reggiani me met en transe et, dans un autre registre, j’aime twenty one pilots.

Qui admirez-vous et pourquoi ? J’admire Aung San Suu Kyi. J’aime la force, la douceur, la détermination de cette Dame.  J’aime son histoire et j’adorerai aller en Birmanie.

Si je vous dis « triangle » que me répondez-vous ? Horreur, cauchemar. Je hais la géométrie. Un de mes pires souvenirs de classe avec les conversions de litre en tonne, des dl en kg… Je suis allergique à ça.

Action ou vérité ? Action…

Plat préféré ? Les coquillettes au beurre avec une pointe de sel et recouvertes de râpé. J’aime les manger fondantes et fumantes. Bref, les coquillettes n’attendent pas. Si, pour vous, elles sont trop longues à cuisiner un petit foie gras arrosé de champagne ou des sushis me vont très bien aussi.

Ton plus grand moment de solitude, plus grande honte : Quand je me suis retrouvée au milieu du salon de la voisine de ma voisine en pensant rentrer chez ma voisine. J’espère que vous suivez. Je me suis retrouvée plantée au milieu du salon de personnes que je ne connaissais pas. Personnes en question vautrées sur le canapé à regarder la TV et assez surprises par mon entrée fracassante. Bref, un grand moment de solitude.

Qui vous fait pleurer de rire ? En cette période électorale, les hommes politiques y arrivent très bien.  Si ce n’était pas aussi dramatique qu’est-ce que ce serait drôle !

Quand les poules auront des dents… J’irai chez le dentiste de mon plein grès. J’ai trop peur d’eux.

Le bonheur pour toi c’est : quand ma tribu est détendue et souriante.

Ton Leitmotiv : Souris et la vie te sourira.

Tu te vois comment dans 3 ans ? Dans une petite maison entourée de verdure, de pluie et pas trop loin de ma boutique…

Ma meilleure blague : « Tu connais la blague de toto aux toilettes ? »  « Moi non plus il a fermé la porte. »

Destination de rêve : Avec la Birmanie, il y a le Portugal et le Vietnam.

Et pour finir voici quelques révélations fracassantes.

Je n’arrive pas à arrêter le Nutella. Je ne peux pas me passer de ma cuillère quotidienne.

Je n’aime pas les Beatles à part quelques-unes. Mais pas beaucoup.

Je n’aime pas remuer la salade.

J’ai fait régulièrement mon repassage devant les mystères de l’amour. Il s’agit d’Hélène et les garçons 20 ans après. Il y a toujours les mêmes personnages agrémentés de quelques jeunes autres. Ils couchent les uns avec les autres au fil des différents épisodes. Rassurez-vous, j’ai tout arrêté : le repassage et les mystères !  Bref, je n’ai même pas vu le mariage d’Hélène et Nicolas qui ne sont peut-être plus ensemble à l’heure où je vous parle.

Je n’aime pas les bonbons à part les réglisses et les tagadas.

Je me fais rire toute seule.

Vous voyez les amis que niveau révélation ce n’est pas la panacée, alors je m’arrête là.

Je serais très heureuse de mieux connaître :  Selmoonette mon ancienne voisine de Royaume, la belle aventurière affranchie, la talentueuse Adeline Juliette, Les parents tout terrain au top, la très piquante Cactus,Tania et son wonderful monde, L’adorable Ifeelblue, la belle Marie et son joli rêve bleu lavandeLes chroniques d’Amélie,  Michèle et son magnifique oeil buissonnierla trés engagée Aphadolie, La douce Denise et ses rêves d’Eugénie, et finissons avec une présence masculine et pas des moindres avec l’hétéroclite Bouzou,  Niala le plus bel oiseau bleu.  J’ai essayé de choisir des personnes qui n’ont pas été dominées au Liebster Award à ma connaissance. Si cela vous fais plaisir de répondre à ces questions je serai heureuse de vous lire.

Ton blog représente quoi pour toi ?

Qu’est-ce qui te fait envie ?

Quelle est la meilleure façon de commencer la journée pour toi ?

Qu’est-ce qu’il faut au moins une fois faire dans sa vie ?

Si je t’invite à manger, tu veux quoi ?

Si tu te réveilles demain en étant de l’autre sexe qu’est-ce que tu ferais ?

Qu’est-ce qui te fait rire ?

Quel est le métier que tu ne pourrais pas faire ?

Si tu devais être quelqu’un d’autre, tu serais qui ?

Qu’est-ce qui te rend nerveux ?

Tu as envie de dire quoi ?

Bonne semaine a tous les amis

l’art de se perdre


J’ai le droit de conduire ! Vous ne pouvez pas savoir quel sentiment de liberté cela procure. Ne plus attendre un taxi, ne plus faire en fonction des heures de bus, ne plus demander au chef de meute d’avoir l’extrême amabilité de me conduire. Fini ce genre de frustration.  J’ai enfin le droit de conduire et j’ai retrouvé aussi le droit de me perdre.

Se perdre est dans mes gènes, je me perds continuellement. C’est d’ailleurs bien connu dans mon entourage. Ma copine d’enfance, retrouvée cet été après de bien longues années, m’a détaillé le trajet pour me rendre chez elle avec une précision chirurgicale.

Un changement infime suffit à me désorienter. Si je roule de jour, de nuit, de pluie, un arbre coupé, une pelouse tondue différemment et, c’est systématique : je me trompe de route. Il m’arrive ainsi de drôles d’aventures et les enfants prennent toujours un kit de survie avec eux. Un trajet d’une heure peut être facilement doublé. Alors, on part en avance, au cas où…  Les jours de chance par contre, on peut arriver vraiment très en avance. Pour ça aussi, les enfants ont un kit de survie. Bref, on sait à l’heure à laquelle on part, mais jamais quand on arrive.

Ne me parlez pas de cette affreuse machine à voix humaine, qui vous coupe la musique pour vous dicter par où passer. Cette machine qui vous ordonne sans prévenir de « tourner à gauche ». « Mais pourquoi  à gauche ? »  « T’es sûre que c’est à gauche ? » « Quelle gauche ? »  Pour ensuite se retrouver avec en boucle des : « faites demi-tour immédiatement », qui vous font louper complètement  la chanson que vous adorez. Même Siri est plus amicale.

Alors, l’ado au bord de la crise de nerfs, m’a supplié d’utiliser google map, en employant des termes tellement élogieux sur cette application « faite pour les gens comme moi », que j’ai essayé. Toute confiante et super motivée, je rentre bien comme il faut, l’adresse de départ et celle d’arrivée.  Je me retrouve aussi sec avec comme indication de partir, à l’Ouest ! L’ado a certainement oublié de me dire, qu’il me fallait me munir de ma boussole, de mon sextant et de mon compas. J’avoue ne pas toujours les avoir sur moi.

Mais je plaide coupable, tout est de ma faute. En effet, j’étais en mode plan au lieu d’être en mode terre ou vice versa. Je n’ai pas tout suivi aux explications de l’ado entrecoupées de «ça n’arrive qu’à toi ».

De toute façon c’est bien connu, les machines ont toujours raison. C’est systématiquement notre faute à nous, pauvres humains, qui ne savons pas utiliser cette formidable technologie. Et les ados c’est comme les machines, ils ont toujours raison.

Donc, c’est décidé, je laisse tomber ces engins, les conseils de l’ado et je me fie à mon instinct. Il continuera à me jouer des tours, mais au moins je peux écouter ma musique peinarde et encore plus longtemps.  Et puis, finalement, cela met de l’inattendu dans nos habitudes et les enfants ont toujours l’impression de partir à l’aventure.

Et vous les amis, ça se passe comment quand vous prenez le volant ?

trop la honte


«Vous êtes encore là ?», «Vous n’êtes pas encore partis ?». Répète-t-il en boucle avec une pointe d’agacement, un chouïa d’énervement et une touche d’exaspération. Comme c’est quelqu’un d’extrêmement bien élevé, nous n’avons pas eu droit au fameux « cassez-vous pauv’ cons ». Mais il ne fait pas dans la dentelle notre Ado avec nous, ses parents, à qui il doit tout : ses baskets, son téléphone, ses vacances au ski, ses stages, ses fringues et accessoirement sa vie.

Faut dire qu’il est stressé avec ses copains sur le point de débarquer. Ne me demandez pas combien de fois il a répété : «C’est quand que vous partez ?»

Pourtant, il  faisait moins le malin quand il avait deux ans, à hurler dès que nous sortions de son champ de vision. Toutes ces journées passées à travailler en culpabilisant, le cœur en miette, avec en tête ses cris et ses pleurs à mon petit babouninet si mignon, si câlin, si beau. Tout ça pour nous mettre quelques années plus tard, à la rue, comme des malpropres.

Le message est clair : les parents, quand on invite ses copains pour une boom, c’est trop la honte. D’ailleurs parler de « boom », c’est trop la honte aussi.

Moi qui pensais que la honte, c’était plutôt :

  • le jour, où ma fille, dans un restau bondé, est sortie des WC avec moi sur ses talons, en hurlant à ma copine : «tatiiiiiie j’ai fait caca et un gros ». Histoire, que même le restau voisin puisse profiter de cet exploit.
  • Ou la fois où l’ado petit, a dit bien haut, avec une articulation parfaite, grâce aux nombreuses séances d’orthophonies intensives : «Tu as vu maman comme elle est grosse la dame, énoooorme ! ». Histoire aussi de me prouver la richesse de son vocabulaire.
  • Ou toutes ces fois, que je ne compte plus, à se rouler par terre en hurlant, quand comme d’habitude, son affreuse mère a dit non aux bonbons, ou aux cartes Pokémons.

Mais, la honte suprême ce n’est donc pas tout cela. Non. C’est d’avoir ses parents sur le dos quand la bande de copains débarque.

En attendant, on fait un peu durer le plaisir. L’Ado est carrément en souffrance.  C’est en apnée, qu’il répète en boucle son maintenant fameux, «c’est quand que vous partez ?» entrecoupé de «oui, tu me l’as dit cent fois » d’exaspération, en réponse aux dernières recommandations.

Son stress, voir même son angoisse est palpable. Il veut éviter à tout prix la gaffe, que l’on ferra inévitablement devant ses copains.

On peut quand même jouer avec ces nerfs un peu. La honte ne tue pas, elle fait d’excellents souvenirs et on en rigole même. Après…

Ma honte suprême je ne la dois qu’à moi-même. Mais, j’ai des circonstances atténuantes : c’était l’été, il faisait chaud et je n’avais jamais mis les pieds de ma vie chez un ostéopathe, un kiné et consorts. J’avais donc mal à un poignet et ma copine me conseille d’aller voir un bon ostéopathe. Je laisse donc la tribu avec le Chef et vais à mon RDV. Un peu comme au Mc Do, j’arrive comme je suis…

Pour un simple poignet,  il me demande aussi sec, d’enlever mes vêtements. Sauf que. Les vêtements en question sont une robe dos nu. Je me suis donc retrouvée en petite culotte dentelle, devant un ostéo qui a fait comme si tout était normal.  A mon retour à la maison, le Chef de meute m’accueille avec un : « tu es allé chez l’ostéo comme ça ??? », suivi de ricanements.  Il aurait été plus judicieux de me le dire avant.

Je reçois aussi, dans la soirée un coup de fil de ma copine qui attaque avec un : « tu aurais pu me dire que c’était le remplaçant, j’avais ma culotte de mamie et j’ai eu la honte de ma vie». Le remplaçant en question est jeune, beau et joue au rugby. Moi, je me suis retrouvée quasi nue devant l’ostéo proche de la retraite. Alors question honte j’ai donné aussi.

Bref, mes copains me demandent encore souvent comment va mon ostéo…

Et vous les amis, c’est quoi la honte qui vous fait encore rire aujourd’hui ?