mon McDo et moi


Le McDo c’est la facilité, on n’y est un peu chez nous, on n’y a nos repères et la wifi. Les enfants nous serinent que les frites de mamie et du McDo sont les meilleures. Bref, le McDo est dans nos gènes. Il est devenu un réflexe.

Et si c’était le bon moment de le changer ce réflexe ?

  • Rien que pour le plaisir de casser une habitude. Il ne faut pas oublier que nous sommes des êtres de réflexion, et que nous avons une âme aventurière. Il faut sortir de cette routine et essayer quelque chose de différent. C’est peut-être la clé d’une belle surprise. Il n’y a pas que le burger dans la vie. Et, si vous êtes un inconditionnel, il y a mille et une façon de le préparer ce burger. Alors mettez une petite touche d’originalité dans votre quotidien.

 

  • Vous allez rencontrer des gens qui travaillent pour eux. Des petits commerçants avec bien souvent des produits de qualité. Des gens qui travaillent avec passion et pas forcement pour plus cher. Mc Do a fait de nombreux efforts pour améliorer son image et la qualité des produits. Malgré tout, si vous voulez tout savoir  je vous conseille ce très bon article sur consoglobe.

 

  • Vous allez lutter contre la mondialisation et l’uniformisation. Parce que des Mc Do, on en trouve partout. Dans tous les pays, dans tous les food-court et que c’est chez Ronald qui a toujours le plus de monde. Nous ne sommes pas des moutons, nous voulons autre chose. Soyez insoumis. Je ne parle pas de politique mais bien de bouffe.

 

  • Vous n’avez plus d’excuses. Il y a des boulangeries, des food-truck et des snacks partout. Prenez par exemple mon petit village du Sud de la France. 800 habitants, un truck qui fait du couscous et des tajines délicieux, vous avez un petit pizzaiolo qui n’utilise que des produits frais et un Thaï, qui propose un voyage avec ses menus. Chez eux aussi vous pouvez y aller comme vous êtes et, eux aussi vous livrent.

 

  • Et puis, si vous n’allez plus régulièrement au Mc Do avec vos enfants, vous allez gagner un temps incroyable. Vous ne serez plus envahis par ces jouets qu’il faut trier et qui finissent systématiquement à la poubelle. Je ne parle même pas de ce que vous faites gagner à l’environnement. Donnons leurs des joyeux festins* ailleurs qu’au Mc Do à nos enfants.

 

Je vais encore au Mc Do, mais plus de façon systématique. Je vais au McDo quand j’ai envie de McDo. Pour être honnête, j’adore leur petit déjeuner. Le KFC par contre je ne peux pas y mettre un pied.

Et vous, c’est quoi votre relation avec Ronald et compagnie ?

*le joyeux festin est le noms de l’happy Meal au canada.

ces enfants là


J’ai un aveu terrible à vous faire. Mes enfants préfèrent les bonbons que les chocolats. J’ai honte. Je ne comprends pas comment ils peuvent me faire ça. A moi. Moi, qui ne jure que par le Nutella. Moi, qui attends Noël et Pâques avec impatience. Moi, qui m’arrête pour n’importe quelle occasion acheter du chocolat. Moi, qui ai toujours une plaque d’avance.

Je suis humiliée.

Comment peuvent-ils me faire ça ? A moi ? J’ai pourtant tout essayé. Les punitions, les privations, mais c’est un échec. J’ai bien entendu ces discours qui disent que c’est leur  nature et, que je ne peux rien faire contre. J’ai bien entendu les, « tu dois l’accepter, tu ne les changeras pas. » Mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible. C’est inacceptable. C est contre nature.

J’ai trois enfants et les trois préfèrent les bonbons. C’est une catastrophe.

Je voulais partager avec vous ma peine, ma honte et mon désarroi. Comment peut-on aimer les bonbons dans un pays comme le nôtre? Un pays ou le bon goût est un véritable art de vivre. Comment peut-on tolérer ça ? Cela devrait être interdit et le gouvernement devrait agir et vite.

Il faut que ces enfants apprennent à aimer ce qu’il faut. Qui il faut.

Mon histoire stupide de bonbons les amis, elle est toute bidon. Elle est aberrante et grotesque. Bien sûr que je n’ai pas honte de mes enfants ni de leurs goûts.

Je n’aurai jamais honte de mes enfants, de leurs sentiments, de leurs choix. Même s’ils mangent des bonbons.

Quoi de plus stupide que d’avoir honte de son fils, de sa fille parce qu’il ou elle, a choisi d’aimer quelqu’un du même sexe ? Il n’est pas pensable, en tant que parents, de rejeter son enfant pour une question qui ne le concerne que lui. Il est cruel et inhumain de faire souffrir son enfant tout simplement parce qu’il est homosexuel.

Pourtant ça arrive, partout, tout les jours.

En Tchétchénie, le gouvernement a décidé d’agir contre ces enfants qui n’aiment pas ce qu’il faut. Contre ces enfants qui n’aiment pas qui il faut. Le gouvernement laisse le choix aux parents d’enfants homosexuels. Soit l’état se charge de les tuer, soit le meurtre se fera directement en famille. Quoiqu’il en soit, le gouvernement a décidé d’agir contre les homosexuels. Il a tout simplement décidé de les éradiquer.

J’aurai pourtant préféré vous parler de la belle Brigitte Macron, les amis, plutôt que de cette histoire de bonbons.

je suis comme ma poubelle


On ne lave pas son linge sale en famille, mais on peut vider sa poubelle pleine entre amis. Ma poubelle, c’est mon reflet sans fard, sans maquillage sans tri sélectif. Si vous venez y jeter un coup d’œil, vous y trouverez mon humeur.

Si vous y trouvez des épluchures de fruits, de légumes variés et colorés , c’est une période pleine d’entrain, de grande forme et de bonne humeur.  A moi l’équilibre, les vitamines et la motivation pour éplucher et couper tout ça.

Si vous y trouvez des boites de conserve,  c’est qu’il y a urgence. Le frigo est désertique et la seule solution pour continuer à manger des légumes se trouve dans la boite.

Si vous y trouvez des pâtes, c’est soit la faute à Pas-le-temps, soit le Chef de Tribu qui était aux commandes. Quoi qu’il en soit, elles restent la solution de rapidité et de facilité pour rassasier tout le monde dans la joie et la bonne humeur.

Si vous trouvez des chips, c’est la déprime, le coup de blues. Et, si vous trouvez des chips au fromage, c’est la grosse déprime.

Si vous trouvez une bouteille de coca, c’est un petit coup de fatigue. Mais, s’il y a plusieurs bouteilles de coca, c’est la gastro. Fuyez braves gens !

Si vous trouvez des bonbons, c’est même pas moi.

Si vous trouvez un pot de Nutella, peu importe qui est la coupable, mais pas de stress. Un pot de Nutella en cache un autre. Je répète : pas de panique, tout est sous contrôle.

Si vous trouvez des paquets de farine, c’est le jour idéal pour venir boire le café. Il sera accompagné de gâteaux, de gaufres, de biscuits ou de brioches.

Si vous trouvez des os de poulet et du riz, c’est la phase de non-motivation, de manque d’imagination, de flegme et de lassitude. Mêmes les messages à répétition de Petitchef, de 750g, de l’académie du goût et les recettes du lundi de Christine ne changent rien à cette période.

Si vous y trouvez quelques pop-corn, ce sont les restes d’une soirée cinéma en famille. Quand la TV devient denrée rare, on ne fait pas les choses à moitié.

Mais il y a une chose que vous ne trouverez plus dans ma poubelle se sont les capsules de Georges. Je vous raconterez bientôt, les amis, les détails de notre divorce.

Je suis contente que l’on ait pu vider ma poubelle ensemble. Et si on vidait la vôtre de poubelle, on y trouverait quoi ?

sur mon mur il n’y a pas


Comme tu me l’as fait remarquer, je n’ai pas parlé sur Facebook de ce bus plein de civils, attaqué en Syrie. Mais oui, j’ai mis sur mon mur le policier qui s’est fait lâchement tuer sur une des plus belles avenues du monde.

Tu as raison, c’est surement tordu de pleurer un mort et de passer sous silence des centaines d’autres.

Crois-moi ou pas, mais j’ai été choquée que l’on puisse attaquer un bus plein de personnes fuyant l’horreur. J’ai été terrifiée que l’on puisse massacrer un bus entier de travailleurs humanitaires, d’enfants, de femmes, d’hommes de vieillards juste comme ça. Mais, tu as raison, je ne l’ai pas posté sur Facebook.

Par contre, j’y ai mis mon dégoût pour ce policier si jeune, qui est mort d’une façon aussi injuste, brutale et cruelle. J’ai été choquée que ce monsieur, parti travaillé comme tous les jours, ne puisse plus jamais rentrer chez lui. J’ai été émue par son conjoint. J’ai été fière de le voir s’exprimer sur une chaîne Française. Parce que je n’ai pas parlé non plus, sur mon Facebook, de ces rafles en Tchétchènie à l’encontre des homosexuels, ni des tortures dont ils font l’objet dans trop de pays. Et pourtant, tu as raison, il y aurait tant à dénoncer. Par contre sur mon Facebook, tu trouveras ma colère de savoir qu’a Paris il y a encore des affiches anti-avortement sur les murs.

En cette période où tout est une bonne excuse pour se diviser, je voulais te répondre que mon Facebook ne reflète pas toutes les horreurs qui se passent dans le monde. Ce que tu trouves sur mon Facebook ne reflète pas toutes mes pensées, toute ma vie, toutes mes tristesses. D’ailleurs, mon Facebook ne reflète plus grand chose, mais ça, c’est une autre histoire…

je respire


Aujourd’hui, j’ouvre ma fenêtre et je respire. L’air est déjà chaud en ce début de matinée, mais je respire. L’air n’est surement pas très pur, mais je respire. Je respire à plein poumon mais le coeur n’y est pas. Je pense à ceux qui ont respiré hier. Je pense à leur poumon qui se remplit de ce gaz tueur. Je pense à l’horreur, à l’injustice de toutes ces morts atroces en Syrie.

Voilà ce que wikipedia nous dit des effets de ce gaz :

« L’ypérite est un puissant vésicant. Sous forme de vapeurs, il attaque les voies respiratoires. Les yeux sont atteints avec une cécité temporaire et la peau en contact avec le produit devient enflammée. Les zones moites de la peau sont plus touchées, ainsi que les muqueuses sensibles. La réaction cutanée évolue en cloques remplies de liquides au bout de 4 à 8 heures si aucun traitement n’est administré. Dispersé sous forme de particules, le gaz s’introduit dans le système respiratoire et détruit les muqueuses avec une détresse respiratoire. Les poumons sont atteints avec des emphysèmes et des œdèmes consécutifs à la présence de fluides qui peuvent entraîner une mort similaire à la noyade si la dose est très forte.

À terme, le patient présente une anémie, une baisse de la résistance immunitaire et développe une prédisposition aux cancers. L’ypérite est en effet un agent mutagène et ceci même à de faibles concentrations. En effet, il peut entraîner une lésion grave : rupture simultanée de deux liaisons phosphodiester homologues, entraînant une cassure de la double hélice d’ADN16. Les lésions des tissus mettent beaucoup de temps à guérir et s’apparentent à de sévères brûlures. En cas d’ingestion d’aliments contaminés, on assiste à une perte de poids importante et des troubles digestifs. Sous forme liquide, l’ypérite peut contaminer des zones de manière durable ce qui augmente le risque de contamination par ingestion ou contact avec des objets souillés. Elle reste durablement active à l’abri de l’air, et dans l’air en dessous de 6 °C. »

Voilà où nous en sommes.

Pour en savoir plus, je vous conseille l’article de Eyes on Europe et Middle Est

la sagesse


La sagesse est relative à l´intelligence, au jugement, au bon sens, à la prudence, au savoir, à la science, à la philosophie. Même si 40 ans est l’âge de la perfection, je ne peux pas y prétendre. Loin de là.

La sagesse que j’essaie de dompter est plutôt douloureuse puisqu’il s’agit d’une dent. Alors histoire de faire passer la douleur, et, accompagnée d’un bon paracetamol, j´ai voulu en savoir plus sur cette fameuse sagesse.

La sagesse est un concept utilisé pour qualifier le comportement d´un individu conforme à une étique qui allie la conscience de soi et des autres, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice. La sagesse s´appuie sur un savoir raisonné et bien souvent l´on ne retient d’elle que le calme, la modération et l´obéissance.

Les sages sont des gens qui ont marqué leurs temps, des êtres exceptionnels, exemple d’accomplissement. Il représente l’idéal de vie humaine la plus haute, l’excellence dans le savoir, la justesse dans le jugement et la puissance à accomplir des actions.

En France aussi nous avons des sages, et en conseil en plus. Il s’agit du conseil constitutionnel des sages. Son rôle depuis sa création en 1958, est de vérifier la conformité des lois de la constitution. Il est composé de 9 membres nommés pour 9 ans par le président de la république, du sénat et celui de l’assemblée nationale. Chaque membre en désigne un nouveau tous les 3 ans. Les présidents de la république sont membres à vie. Seul Valery Giscard d’Estaing siège en tant qu’ancien président. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n’y siègent plus pour des affaires d’abus de confiance, de compte de campagne pas très clair…

Pas sûr que nos sages made in France fassent de l’ombre à Gandhi, Socrate, Bouddha, Confucius, Mandela,…qui inspirent et guident toujours et encore.

Pour moi, aujourd’hui, le sage à une multitude de noms et de visages. C’est cette maman en solo qui élève ses enfants malgré ses problèmes d’argent et son isolement. Ce sont ces parents qui se battent pour leur enfant qui ne rentre pas dans la norme. C’est cette aide-soignante qui sourit à ses patients même si on veut la faire travailler plus et pour moins d’argent. C’est le petit artisan qui fait son travail avec passion et conscience et qui bataille pour survivre. C’est cet instit qui soutient et qui aide son élève en difficulté. C’est ce couple de retraités qui compte et qui calcule avant de faire les courses, mais qui va aider son petit-fils au chômage. C’est ce bénévole qui lutte contre les inégalités avec les moyens du bord.

Nos sages, aujourd’hui, ne passent pas à la TV, ne font pas de grands discours, ni de belles promesses. Ils ne sont peut-être pas parfaits, mais ils font et donnent, tout simplement. Nous les croisons dans la rue et, grâce à eux, nos sociétés ont encore un peu d’humanité et de chaleur.

Si je ne devais vous parler que d’un sage de mon entourage, je vous parlerais de Miss Mirna. Elle a aidé et accompagné ma fille à grandir, à prendre de l’assurance et à s’accepter avec tant de gentillesse, de patience et de générosité pendant de si nombreuses années.

Et pour vous les amis, qui sont vos sages ?

odeurs de café


L’ odeur du café pour moi, est multiple, c’ est une odeur caméléon qui prend la forme de l’instant.

Il y a l’odeur de café avec une effluve d’égoïsme et une pointe d’interdit. Cette odeur accompagne le café qui ne devrait pas être. Celui que l’on prend même si ce n’est pas le moment, même si nous n’avons pas le temps. Pourtant, il est bien utile ce café, il nous permet de nous recentrer. Juste une petite pause, une courte parenthèse de calme et de douceur rien que pour  soi. Son odeur est magique, puisqu’elle arrête la course du temps.

Il y a l’odeur de café avec une essence caressante et un extrait reposant. Cette odeur qui accompagne les cafés du week-end. Ces cafés-là ne se comptent pas et se dégustent. Ils sont les témoins de conversations, de rires, de projets et de câlins. Cette odeur est attendue avec impatience toute la semaine, elle a des vertus relaxantes et apaisantes.

Il y a l’odeur de café à forte senteur de retrouvailles agrémentée d’un bouquet de joie. Cette odeur se mélange à celles des oliviers, des vignes et des pins. Elle aime chatouiller le nez des cigales et, accompagne des conversations vivantes, joyeuses ou un peu moins. Elle est aussi le témoin de blagues et de contrepèteries incompréhensibles.  C’est une odeur rare et précieuse.

Il y a l’odeur de café avec une émanation vitale et un relent d’urgence. Cette odeur accompagne le café qui doit absolument sauver cette journée, nous donner de l énergie, de la force et du courage. Cette odeur est riche en note d’espoir, mais elle est bien éphémère. Ce café est si vite avalé.

Il y a l’odeur du café avec une fragrance de passion et une touche de créativité. Cette odeur qui m’accompagne quand j’écris et, qui aujourd’hui, me permet de participer dans les temps, ou presque, à l’album de senteurs de Marie et de son si doux rêve bleu lavande.

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l’odeur d’une viennoiserie


Marie et son si doux rêve bleu lavande,  pour son rendez-vous mensuel nous a demandé de lui parler de l’odeur des viennoiseries. Je suis très en retard, la faute à un sombre problème d’organisation. Si sombre, que même Cécile alias Zenopia,  avec tout son talent et sa patience ne pourrait rien y faire.

Mais moi, je l’aime bien ce rendez-vous, alors même très en retard,  cette histoire de viennoiserie me turlupinait. Moi qui ai, la mémoire olfactive d’un poisson rouge, je suis bien incapable de vous décrire cette odeur. Je peux plus facilement vous parler du plaisir de croquer dans un croissant tiède, croustillant et fondant. Vous dépeindre les sensations quand la bouche est inondée de ce mélange de pâte et de beurre. Vous décrire l’après, quand il ne reste que des traces de beurre sur les doigts, des miettes sur le pull et entre les dents.

L´expatriation m’ayant considérablement éloignée de ma boulangerie de quartier, je ne savais pas comment je pouvais me rafraîchir la mémoire. Alors, quand je les ai vus , j’ai su qu’il me les fallait. Ils étaient minis et tout mignons serrés au fond de leur boite (les adeptes de Cyril Anouna peuvent en profiter pour bouger les épaules). En plus, il y avait inscrit fresh sur l’emballage et, il n’était pas encore 8 heures.  Le magasin ouvrant à 7h30 ils devaient sortir du four depuis peu.

Je me suis ruée sur eux dés mon arrivée à la maison.  C’est qu’ils ont dû être sacrément surpris les petits, en voyant un gros nez leur plonger droit dessus et non une bouche, comme ils devaient s´y attendre.

De mon côté, ce fut une grosse déception. Leur coquille de plastique avait du avaler toute l’odeur. Ils n´en n’avaient plus aucune. Rien qui ne viennent chatouiller mes narines, rien qui ne me fasse voyager. Rien.

Mais, aux grands maux les grands remèdes et je n´ai pas dit mon dernier mot.  Me voilà donc au volant de ma voiture, direction l’endroit, où, même au bout du monde, tu es en France. L´endroit où tout est écrit en français mais où tu dois quand même prononcer « pain au chocolat » à l´Anglaise, et non avec l´accent du Sud pour être comprise. Donc, direction Paul. Je tombe nez à nez sur eux immédiatement. Ils sont beaux, ils sont croustillants, mais aucune effluve capiteuse et chaude pour me faire recouvrir la mémoire. Rien. Juste un relent de détergent. Chez Paul, on ne rigole pas avec la propreté !

Marie, en plus d’être en retard, je suis amnésique. Je ne pourrais pas te décrire cette odeur qui pénètre notre âme, cette odeur qui nous arrête et qui nous pousse à rentrer dans cette boulangerie, même si ce n’est pas raisonnable, même si l´on va passer à table dans pas longtemps. Parce que cette odeur c´est un retour au plaisir pur, simple et enfantin. Une odeur qui nous habite et contre laquelle on ne peut lutter.

Ceci est ma participation à mon album de senteurs proposé par la douce Marie.

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Elles


C´était la journée de la femme. Une bien belle journée que cette journée là. Mais, une journée finalement des plus banale. Une de ces journées dont je ne retiendrai rien de particulier. Une journée comme une autre.

Elles, elles n´étaient pas encore des femmes, juste des adolescentes. Pas tout à fait femmes, mais habitées par la force et l´envie de changer leur quotidien. Ce quotidien, c´est celui du foyer de Virgen de l´Asuncion au Guatemala. Un foyer, un refuge pour mineurs ayant subi des violences familiales. Ce lieu n’a pourtant rien d´un foyer ni d´un refuge. C´est juste un endroit prévu pour 400 enfants et, ou finalement, 800 s´y entassent. 800 enfants, adolescents y subissant encore des abus, encore de la violence, encore des sévices et encore des privations.
Alors, elles ont manifesté pour faire entendre leur voix. Moi, je ne les ai pas entendues. Personnes n’entendra plus jamais la voix de ces 20 adolescentes retrouvées calcinées dans ce foyer.
Elles n’étaient pas tout à fait femmes, juste des adolescentes et avaient encore tant à faire, tant à dire.

 

Pour en savoir plus.

 

mon carnet


Je veux vous présenter mon fidèle compagnon. Ce n’est pas un filofax, ni même un bullet c’est un banal cadeau d’hôtel. Vous avez compris que le carnet qui m’accompagne partout est tout simple et même assez brouillon. Il se remplit au fil des envies, des idées, des obligations. Il y a de tout partout, mais j’aime parcourir ses pages et, dans ce fourbi de mots, je cherche, je farfouille, je trouve. Il faut dire que je le connais bien, puisque c’est le mien.

En le parcourant, vous trouverez  des listes. Listes de courses, d’envies, d’urgences ou du juste simplement à faire. Vous trouverez des numéros de téléphone, des rendez-vous et même les codes de banque.

Il a de nombreux extraits de livres et des citations juste recopiés, des tas d’idées jetées à la va-vite.  Il y a ici un dessin, et là un mot d’amour  laissés par des petites visiteuses.

Il a des pendus, et même des morpions.

Vous y trouverez parfois des demi-pages et souvent des bien cornées. Il y a aussi des miettes, du sable, l’empreinte de ma tasse de café préférée. Il y a un truc non-identifiable collé sur une page du milieu. Il y a des ratures, des fautes d’orthographe et des gros mots. Il y a des petites boursouflures qui gondolent certaines pages, trace d’un moment de tristesse.

Il renferme toutes sortes de petits trésors. La carte de mon amie laissée avant de partir, une fleur porte-bonheur toute rose, des tickets caisses, des entrées de cinéma, des cartes de visite, des bouts de jolis papiers.

Sa couverture est toute fripée, râpée et usée et ses pages sont maintenant repues de griffonnages en tout genre. Il prendra sa retraite dans un tiroir, mais aura droit à des visites plaisir ou nostalgique. Mais, jamais au grand jamais, il n’aura de visites de courtoisie.

Je ne sais pas encore à quoi ressemblera le nouveau, mais il sera secoué, griffonné, taché, déchiré tout comme son prédécesseur.  Qu’il se rassure, malgré tous ces mauvais traitements, il ne finira pas ses jours à la poubelle.

Il restera juste le témoin, le miroir d’une tranche de vie sans prétention.

Et le vôtre, il ressemble à quoi?