l’adolescence, ce monde de contradiction


Un adolescent c’est ça :

  • « Moi, je cours le plus vite. »
  • « Moi, je suis le plus grand. »
  • « Moi, j’ai le plus de muscle. »
  • « Moi, je le savais. »
  • « Moi, j ai raison. »
  • « Moi, j’ai toujours raison. »
  • « Moi, je nage le plus vite . »
  • « Moi, je veux partir camper une semaine avec mes copains. »
  • « Moi, je suis le plus fort. »
  • « Moi, je suis le plus intelligent. »
  • « Moi, je sais tout. »
  • « Moi, j’ai le sum. »
  • « Moi, je suis indispensable. »
  • « Moi, quand je partirai de la maison, je ferai pas comme vous. »

 

Cinq minute plus tard l’ado, c’est ça :

  • « Maman, tu peux aller chercher le ketchup ? »
  • « Maman, tu peux m’ouvrir ce pot de confiture? »
  • « Maman, elles sont où mes chaussettes ? »
  • « Maman, tu peux venir me chercher ? »
  • « Maman, tu peux m’emmener là ? »
  • « Maman, tu me fais un câlin ? »
  • « Maman, j’ai mal au ventre, je vais mourir. »
  • « Maman, il me faut des sous pour sortir. »
  • « Maman, on mange quoi ? »
  • « Maman, attend moi ! »
  • « Maman, tu m’as lavé mon jean ? »

L’adolescence, cet âge fabuleux qui commence par « Moi je », mais se termine toujours par « maman ».

 avant de partir


« Tu crois que c’est le même bordel chez les autres, le matin ? » philosophe le chef de meute au moment d’attaquer la semaine. Mais, personne n’est là pour disserter sur ce vaste sujet.

Il y en a un qui cherche sa trousse. Alors que la veille le cartable était fin prêt, et, que nous avions eu droit à des : « noooon, j’ai toooooout. » Suivi de : « noooooon, j’ai rien oublié. » Clôturé par des : « Je sais ce que je dois y mettre, j’suis pas bête  quand même.» Débité avec une pointe d’exaspération, un soupçon d’agacement et sans oublier les yeux qui roulent vers le ciel. Histoire que l’au-delà soit aussi témoin, de cette injustice et de ce manque total de confiance.

Il y a l’autre au même moment qui se met à hurler : « Qui m’a piqué mes chaussures d’école ?? Je les avais rangées là ! » Après la trousse, nous voilà encore plongés dans un autre mystère. Mystère, qui ne tarde pas à se résoudre, car s’ensuit assez rapidement : « J’en ai une !!! Elle est où l’autre ? Qui m’a planqué l’autre chaussure ? » La clé du mystère semble toute proche et tous les espoirs sont permis, mais, ce n’est pas encore gagné.

Et le troisième luron qui rajoute la bouche en coeur : « Qui vient me chercher au match de rugby à 16h15 ??? » Match, qui a dû se décider dans la foulée entre 2h et 3h du matin, puisque la veille au soir, il n’en a jamais était question.

Je vous passe les : « On a plus d’élastiques !» Alors que nous avons un budget élastique qui avoisine le PIB de la Chine. Je vous passe aussi les : « J’peux pas te tel pour te dire quand j’ai fini, j’ai plus de crédit. » Alors que nous avons un budget portable qui avoisine le compte en banque du roi Salmane d’Arabie Saoudite. Et puis les : « Remplis-moi le formulaire de 5 pages pour la sortie en montagne. Faut le rendre aujourd’hui. »

Tout cela, bien évidemment, au moment où nous devrions être dans la voiture à s’encourager mutuellement, à partager des ondes positives et chaleureuses tout en chantant avec Serena, I’ve been running with the wolves.

Pour être honnête les amis, il y a des jours que j’y partirais bien dans la jungle à courir avec les loups.

Bref, notre dimanche, c’est votre lundi à vous. Les amis, c’est le même bordel chez vous le matin ?

la téléphonitite


Quoi de pire pour une maman que d’avoir son enfant malade ?

C’est si terrible de le regarder souffrir et de se sentir tellement impuissante face à tant de douleur. Je ne peux vous décrire cette peur qui m’a paralysée devant la porte des WC, quand j’ai réalisé que mon ado y était depuis plus de 40 minutes. J’ai aussi sec pensé à un arrêt cardiaque ou à un AVC. Le « tu fais quoaaaaaa ?» à ma tentative de démontage de porte m’a vite rassuré, mais, j’ai compris que l’ado n’était pas tout seul là-dedans.

J’ai compris, qu’il souffre bien d’une maladie : la téléphonitite aiguë.

Mondocteur.com me confirme rapidement qu’aucun traitement n’est encore sur le marché. Cette maladie serait donc incurable. Incurable, ne fait pas partie du vocabulaire d’une quarantenaire déterminée. C’est donc sans aucune aide médicale, que je vais agir.

J’attaque le problème avec diplomatie et accroupie. Pour une communication efficace, il faut toujours se mettre au niveau de l’enfant. Et ceux, même au travers d’une porte. Malgré donc, un ankylosement grandissant, je me lance dans une longue tirade qui commence par : «mais tu te rends compte du temps que tu perds ?» et qui se termine par : «tu as mieux à faire dans ta vie, et y a le lave vaisselle qui t’attend».

Mais la négociation échoue, et la porte reste toujours close.

La phase scientifique s’impose naturellement. A cause de cette satané porte c’est sans schémas que je lui retrace la route du caca. Je lui parle de l’intestin grêle puis du gros, du colon et pour finir, le rectum : le terminus d’avant les toilettes. Je lui prouve scientifiquement que sans téléphone, il est tout à fait possible de faire un joli caca content. D’ailleurs, même youtube me donne raison. Forte de cette première démonstration, toujours sans schémas et avec toute une colonie de fourmis dans les jambes, je lui détaille aussi sec, la route du pipi qui n’a pas besoin, non plus, de téléphone.

Mais les arguments scientifiques n’ont aucun effet, et la porte reste close.

Mes jambes étant, à présent, totalement paralysées, je ne peux pas éteindre la wifi.  Il ne me reste plus que le chantage. Vous savez, les fameuses phrases qui commencent par : « si tu ne sors pas de suite » et qui finissent par :  « je te jette ce téléphone dans les WC ».

Finalement, c’est l’ado qui m’a aidé à me relever quand il a enfin daigné ouvrir cette porte. Sans oublier de préciser  qu’à mon âge, c’est scientifiquement prouvé que l’on ne devrait pas rester accroupi  aussi longtemps.

Bref, j’ai gagné une bataille, mais pas la guerre.

Et vous les amis, vous faites comment pour lutter contre la téléphonitite de votre ado?

mon ado et moi


L’adolescence est un véritable tsunami. Notre rôle en tant que parents, est d’aider à structurer le merdier. Sans me vanter et sans prétention aucune, je peux aujourd’hui affirmer que mon Ado peut :

  • se tenir à table pendant 20 mn sans toucher un téléphone, une tablette, un fidget spinner ni même une télécommande.
  • peut aussi y tenir des conversations à peu près cohérentes,
  • peut se brosser les dents sans presque plus de menaces,
  • peut même débarrasser une table sans avoir à renouveler systématiquement le stock de verres et d’assiettes,
  • a même compris que les crottes de nez ne se collent pas contre le mur du lit.

Même si cette liste est super prétentieuse, qu’elle en fait certainement rêver plus d’un. Même si je suis fière du travail que nous avons accompli, le chef de meute et moi, là n’est pas le sujet.

Les amis, je veux vous parler aujourd’hui de la phase d’éducation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Même s’il y a encore quelques failles, l’Ado a intégré plus ou moins les règles basiques. Nous avons donc évolué de la phase d’élevage vers celle de coachage.

C’est quoi la phase de coachage ?

Mordiller les petits pieds et mettre des chaussettes à son petit bout, c’est craquant et franchement mignon. Ces petits pieds, ces petits beignets d’amour. Mais, à 14 ans, c’est répugnant et nauséeux. Il ne viendrait à aucun parent d’ado de se risquer à une telle chose ! Et bien faisons comme pour les chaussettes : arrêtons de l’assister et de faire pour lui.

Quoi faire pendant la phase de coachage ?

Le rassurer, toujours. N’oublions pas que l’Ado est un être sensible en pleine mutation. C’est toujours notre petit amour de notre vie, de notre coeur,….Bref, on l’aime toujours d’amour, mais, le but de cette phase : le bouger.

Car malgré cette mutation, l’Ado a un cerveau et des jambes, mais il a tendance à l’oublier. A nous de le lui rappeler.

« Si tu te bouges le cul tu vas les retrouver tes protégés tibias. » « Tu peux le faire seul, tu n’as plus besoin de maman. » Deux formules, une du matin et une du soir. Deux styles, mais un même message : On est toujours là pour toi, avec toi mais arrête de nous prendre pour des cons tu peux faire les choses par toi même. Tu en es capable. Sortons le de l’assistanat.

Rappelons-lui aussi qu’il fait partie intégrante de la vie de famille. Que dans vie de famille, il y a vie. Et que dans vie, il y a des choses drôles et les autres. Rappelons-lui aussi à notre cher Ado, que le roi soleil a perdu la tête parce que les gens en avaient ras le bol de ses caprices. Nous ne sommes donc pas ses cerfs et remettre les choses dans l’Histoire ne fait jamais de mal.

Oui, l’Ado peut débarrasser le lave-vaisselle, s’occuper de son linge, passer l’aspirateur, faire des courses… Il peut le faire et il va le faire.

Un conseil, pendant l’opération allez prendre un bain et tant pis si vous passez trois heures à chercher la passoire après. Pour qu’il se sente impliqué, laissez-le faire à sa façon.

Il faut lui faire prendre conscience de son environnement et de sa capacité à y survivre. Quand tout le monde commence à baver, à regarder autre chose qu’un écran.  Que tout ce petit monde retrouve par magie le chemin de la cuisine, c’est pour vous le moment d’annoncer que ce soir l’heureux élu, c’est l’Ado. Vous lui laissez le contrôle. Un conseil : allez prendre un autre bain, mais chez les voisins. A votre retour dans la cuisine, pensez à vos séances de yoga !

La phase de coachage, c’est tout simplement donner à notre Ado la possibilité d’être actif de son quotidien. Mon Ado, je veux qu’il reste dans la vie de famille et pas à côté.

Les efforts ne sont pas seulement que d’un côté. La vie de famille s’adapte aussi à lui : on tranfrome la table du salon en table de ping-pong, on va plonger, on invite des copains, on écoute sa musique, on se fait des séances de ciné. On dit non quand il pousse le bouchon trop loin, mais on parle. Et moi sûrement trop, mais je ne veux pas la perdre cette connexion. Passons des moments privilégiés avec lui.

Quelques points à maîtriser pour réussir la phase coachage :

En plus de la patience, de la bonne humeur, de l’empathie, de la maîtrise de soi, de l’humour et de l’adaptabilité que vous utilisez déjà. Vous aurez besoin de toutes vos connaissances en cartomancie, en voyance, en criminologie.

Des dons de clairvoyance sont aussi nécessaires. Que veut dire ce grognement ? Que cache ce compliment ? Si vous êtes médium sur les bords, vous pourrez rentrer plus facilement en communication avec votre Ado enfermé dans sa chambre, dans sa musique et dans son instagram. Le spiritisme peut aussi donner de bons résultats : Ado es-tu la ? Répond si tu m’entends ?

L’utilisation du Reiki est aussi recommandée. Cette technique Chinoise vous permettra d’harmoniser les énergies de votre domicile.

Qui a dit que l’adolescence, c’était dur ?

Mon Ado à moi il est cool mais, je ne vous cache pas que je prépare quand même un MBA en jedititude. Juste pour l’entrée dans l’adolescence de mes filles, histoire que la force soit avec moi.

Stressée, moi ? Pensez-vous. Même pas peur ! Tout est sous contrôle. L’adolescence c’est finger in the noise !

Les amis si vous avez une méthode, une potion, des conseils, je suis quand même preneuse.

ces enfants là


J’ai un aveu terrible à vous faire. Mes enfants préfèrent les bonbons que les chocolats. J’ai honte. Je ne comprends pas comment ils peuvent me faire ça. A moi. Moi, qui ne jure que par le Nutella. Moi, qui attends Noël et Pâques avec impatience. Moi, qui m’arrête pour n’importe quelle occasion acheter du chocolat. Moi, qui ai toujours une plaque d’avance.

Je suis humiliée.

Comment peuvent-ils me faire ça ? A moi ? J’ai pourtant tout essayé. Les punitions, les privations, mais c’est un échec. J’ai bien entendu ces discours qui disent que c’est leur  nature et, que je ne peux rien faire contre. J’ai bien entendu les, « tu dois l’accepter, tu ne les changeras pas. » Mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible. C’est inacceptable. C est contre nature.

J’ai trois enfants et les trois préfèrent les bonbons. C’est une catastrophe.

Je voulais partager avec vous ma peine, ma honte et mon désarroi. Comment peut-on aimer les bonbons dans un pays comme le nôtre? Un pays ou le bon goût est un véritable art de vivre. Comment peut-on tolérer ça ? Cela devrait être interdit et le gouvernement devrait agir et vite.

Il faut que ces enfants apprennent à aimer ce qu’il faut. Qui il faut.

Mon histoire stupide de bonbons les amis, elle est toute bidon. Elle est aberrante et grotesque. Bien sûr que je n’ai pas honte de mes enfants ni de leurs goûts.

Je n’aurai jamais honte de mes enfants, de leurs sentiments, de leurs choix. Même s’ils mangent des bonbons.

Quoi de plus stupide que d’avoir honte de son fils, de sa fille parce qu’il ou elle, a choisi d’aimer quelqu’un du même sexe ? Il n’est pas pensable, en tant que parents, de rejeter son enfant pour une question qui ne le concerne que lui. Il est cruel et inhumain de faire souffrir son enfant tout simplement parce qu’il est homosexuel.

Pourtant ça arrive, partout, tout les jours.

En Tchétchénie, le gouvernement a décidé d’agir contre ces enfants qui n’aiment pas ce qu’il faut. Contre ces enfants qui n’aiment pas qui il faut. Le gouvernement laisse le choix aux parents d’enfants homosexuels. Soit l’état se charge de les tuer, soit le meurtre se fera directement en famille. Quoiqu’il en soit, le gouvernement a décidé d’agir contre les homosexuels. Il a tout simplement décidé de les éradiquer.

J’aurai pourtant préféré vous parler de la belle Brigitte Macron, les amis, plutôt que de cette histoire de bonbons.

non tu n’auras pas un téléphone à 800 euros


L’air de rien, je me suis retrouvée dans ce si joli magasin. Un magasin spacieux, bien éclairé, épuré et rempli de fabuleuses machines. L’ado en détresse absolue, m’a gentiment mais, fermement, conduit vers cet antre de la pomme croquée. Son téléphone ne marche plus et, c’est scientifiquement prouvé : un adolescent de 13 ans peut, plus facilement se passer d’oxygène que d’un téléphone. Vous comprenez donc l’urgence de la situation.

Nonchalamment, il me montre donc, l’objet tant convoité. Objet, dont il m’énumère toutes les prouesses à grands coups d’arguments chocs. C’est à ce moment que je comprends deux choses essentielles.

La première, c’est que les apparences sont souvent trompeuses, même pour les machines. La qualité première de ces engins n’est certainement pas, comme je le pensais, la téléphonie. La deuxième, c’est qu’au vu de la performance mercatique de ma progéniture, son avenir professionnel est surement derrière une pomme croquée.

Perdue dans mes pensées, je ne l’écoutais plus que d’une manière masculine. Un chiffre, m’a pourtant fait brutalement redescendre sur terre. 399 rials. Multipliez par deux et, les amis, vous aurez le prix en euros.

Le souffle court je le pousse donc, vers la sortie. A grands coups d’arguments plus ou moins chocs je lui annonce que, non, il n’aura pas de téléphone à ce prix.

Pourquoi mon fils ?

Parce que le jour où tes soeurs voudront, elles aussi croquer la pomme, nous devrons vendre la maison. A moins que tu préfères nous héberger vieux et grabataires, je te conseille de trouver une solution moins chère.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros car tu n’as pas besoin de ça pour te faire des amis. Les amis ne regardent pas tes chaussures, ni la marque de ton t-shirt ni celle de ton téléphone. Et même s’ils le font, soit différent, original et, assume la radinerie de tes parents.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros, car tu n’as pas besoin de cela pour réussir et être heureux dans la vie. Cet argent, nous préférons te le donner pour partir en voyage, faire des stages, des camps. Faire ce que tu aimes, rencontrer des gens, découvrir le monde. Tant qu’il est tant… Je ne veux pas que tu deviennes esclave de ces machines.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros car avec ton père, et pour reprendre un vieil humoriste de notre jeunesse, mort trop tôt à cause d’un putain de camion : « On ne sort pas de la cuisine de Jupiter ». 800 euros c’est beaucoup de travail, beaucoup d’effort, beaucoup d’argent. Vraiment beaucoup.

Non mon fils, tu n’auras pas de téléphone à 800 euros parce que je trouve cela aberrant de mettre autant d’argent dans un objet aussi futile. Et puis tu as eu un Fidget spider il n’y a pas longtemps !

Alors l’ado, il a compris. Il a compris que je ne changerai pas d’avis. Il a compris j’espère plus que cela. Je ne peux pas vous l’affirmer, mais il a fini par trouver un iPhone d’occasion pour pas cher.  Il a eu sa pomme pour un prix raisonnable et depuis ils vivent heureux. Et j’espère pour longtemps….

Et vous les amis, vous la gérez comment cette fameuse question du téléphone avec vos enfants?

juste des adolescents


Ils étaient sept ou huit autour de cette table.

Moi, je les entendais jute rire et chahuter. Juste quelques mots parvenaient à mes oreilles, bien souvent des mots plus gros que d’autres. Mais, ce sont surtout leurs rires qui envahissaient la maison.

Eux, sont  Pakistanais, Arménien, Libanais,  Indien, Turc, Syrien, Anglais, Français. Des filles, des garçons, juste des adolescents. Des enfants sans religion, sans frontière, sans guerre et sans terrorisme.

Juste des adolescents heureux d’être ensembles, heureux d’être en weekend.

Bien loin de toutes ces images d’horreur que l’on nous renvoie. Bien loin de ces images de peur. Juste un moment de joie simple autour d’une table.

Pourtant, ils les entendent eux aussi, ces discours. Tous les il faut avoir peur, les c’est trop difficile de se comprendre, les c’est impossible de s’entendre.

En plus, vous savez comment sont les adolescents.  Vous les connaissez ces êtres fainéants qui n’ont aucun sens de l’effort, qui ne pensent qu’à s’amuser. Ces êtres, qui vivent loin de notre réalité, dans un autre espace temps.

Et Bien eux, à coup de rire, ils vous prouveront que, tous ces discours que l’on nous sert à longueur de journées, sont faux. Croyez-les, les amis, on arrive très bien à se comprendre et à rire, tout en ayant une langue différente, un pays différent, voir même un continent différent, et une religion différente.

Et pourtant eux, ne se posent pas de questions. Ils se font confiance. Alors, si eux y arrivent, il n’y a pas de raison, que nous, adultes, n’y arrivons pas.

Oui, on peut franchement passer du bon temps ensemble. Juste en sortant, en étant un peu curieux.  Juste en prenant le temps de se connaitre et de se parler.

En plus les amis, ça n’a pas l’air aussi difficile que ce que l’on veut bien nous le faire croire.

 

 

 

 

je suis pas bête, moi


« Lulu ! vient voir ! » Hurle Lyly à sa sœur «papa et maman font du sexe en bas !»

Stop ! Je me dois de vous expliquer la scène : le chef de meute vient de rentrer du travail et, s’assoit sur mes genoux et sur mon livre pour faire l’idiot.

Du coup, nous aussi sommes tétanisés. Le temps s’est suspendu. C’est bien notre petite fille de 9 ans, notre petit ange qui vient de prononcer «sexe» ?

Pas remis de sa surprise et avec une pointe d’appréhension, le chef de meute se lance dans un interrogatoire.

Le chef de meute : «C’est quoi le sexe ? »

Lyly, qui essaie de cacher sa gène grandissante en faisant des roulades : «Je suis pas bête, moi ! C’est faire l’amour. »

Le chef de meute, qui commence à devenir tout pâle : «C’est quoi faire l’amour ? »

Lyly, la tête en bas ou en haut je ne sais plus : «Je suis pas bête, moi ! C’est quand le zizi rencontre la craquette (1)»

Le chef de meute, livide, qui a maintenant de grosses difficultés à respirer «Comment tu sais ça toi ?»

Lyly triomphante : «Mon frère»

Mais bon sang c’est bien sûr ! Encore un coup de l’ado !

D’ailleurs parlons-en de l’ado.

L’ado a passé tout l’été avec ses copains d’enfance. Notre expatriation n’a rien changé à la cohésion du groupe. Toute cette joyeuse bande est fan de rugby et, bien sûr, de chansons paillardes. J’ai passé l’été rythmé par ces refrains imagés et, parfois très riche en vocabulaire… Je pense alors, qu’ils ne comprennent pas un traitre mot de ce qu’ils chantent. Vous savez, comme quand on chante en Anglais.

Ces chérubins finissent souvent aussi leurs conversations en clamant : «Merci qui ?» «Merci Jackie et Michel !»  Moi pensant qu’il s’agit d’un gentil couple de chanteurs,  je regarde, attendrie, ces enfants, qui gardent leur complicité malgré la distance et le temps. C’est beau une telle amitié.

Sauf que.

Le chef de meute, dès son arrivée en vacances, m’apprend que, non, Jackie et Michel n’est pas la version duo de Patrick Sébastien. Que ce gentil couple a fondé un site sur internet non pas en enregistrant des chansons paillardes, mais, en filmant des couples en version intime. Stupeur, effroi.

Et si, ils comprenaient finalement, les paroles de toutes ces chansons ?

Mes enfants sont mes petits. Des êtres asexués. Je reste persuadée que pour mes filles de 9 ans cette notion de sexe doit rester floue et lointaine. Il en est autrement pour mon ado de 13 ans.

Pourtant, quelques indices,cet été, auraient pu me mettrez la puce à l’oreille.

Comme ce beau jour dans une rue de Londres. L’ado, qui a le sens de l’observation, nous a gentiment fait remarquer que nous étions en train de manger devant un étendard de sex-toys. Je vous passe la description de son ricanement.

De plus, quand l’ado a besoin d’info il va automatiquement où ? Sur internet bien sûr. Le chef de meute a le rôle attitré pour aborder ce sujet. Les conversations ne sont pas faciles, l’ado se sent toujours gêné et esquive autant que possible.  L’école en Arabie Saoudite évite, franchement, le sujet aussi. Notre but, c’est qu’il comprenne qu’il peut nous parler s’il le souhaite. Notre but, c’est que l’ado comprenne qu’il faut agir avec respect.

Ce n’est pas facile.

Vous êtes confronté à ce genre de chose vous aussi ? Comment faites-vous ?

 

(1) Crakette : nom propre. Très utilisé au sein de notre tribu, qui désigne le sexe féminin.

Il était une fois le shopping et les enfants


Pour nous la rentrée n’est que le 18 septembre. Les enfants sont H24 à la maison sans les copains qui ont repris l’école. On a donc plein de temps libre, et la tribu déborde d’imagination pour s’occuper. Ils n’ont que de bonnes idées du style  « et si on allait faire les boutiques ?? ». En voilà une idée qu’elle est bonne comme idée !  Là, les problèmes commencent et, une journée qui a si bien commencé, peut virer au cauchemar en une fraction de seconde.

Chez Lush. L’endroit où mes filles deviennent hystériques. Elles touchent à tout, partent dans tous les coins faire des essais. Les savons sentent bons, pétillent, moussent, se colorent. Comble du bonheur certains sont comme de la pâte à modeler ! Si ! Vous vous rendez compte ?! C’est magnifique ! Mais si ! Après un temps que je ne saurais déterminer je retrouve mes filles avec un panier plein de trucs colorés supers et méga indispensables. La vendeuse m’encourage au moment du paiement en me disant :

  • Qu’elles sont trop mignonnes (mes filles, même pas moi),
  • qu’elles ont fait un excellent choix (elles sont mignonnes et intelligentes),
  • qu’avec ce qu’elles ont choisi elles en ont au moins pour une vie entière. (elles sont mignonnes, intelligentes et économes).

Moi,  je suis juste la cruche qui se concentre pour prendre un air détaché en composant toute tremblante mon numéro de CB. Cruche, qui doit aussi faire abstraction de mes petites génies en pleine négociation pour avoir chacune leur propre sac. On peut être mignonnes, intelligentes, économes mais pas partageuses.

Autre bonheur, autre endroit : Les bonbons au kg. Ok ! On en prend un peu, juste un peu. C’est cher. On le sait. On s’est déjà fait avoir et on a déjà  juré et craché que l’on ne nous y prendrait plus.  Mais fort de notre expérience et, partant du principe que trois enfants avertis en valent six on y retourne. Cette fois on fait attention. Le sac est presque vide, tout léger. Tout semble sous contrôle et je suis fière de mes enfants. C’est quand même pleine d’angoisse que je me dirige vers la balance. Ce presque vide m’oblige à envoyer un message de détresse en urgence à Cetelem. Cette fois promis, juré, craché, croix de bois c’était la dernière ! Et pour finir par entendre « sont meilleurs les haribos » ! C’est pas comme si je leur avais dit !

Il y a aussi ces moments de détente qui nous poussent inexorablement vers le magasin de sport. « Et si on y rentrait, juste pour voir ? » me dit-il en m’entrainant si gentiment par la main. Une telle complicité, une telle tendresse entre une mère et son fils, c’est si beau ! A mon bonheur je ne sens pas que le piège s’est déjà refermé sur moi. « Le juste pour voir » se transforme en « j’ai vraiment besoin de nouvelles baskets » et «  si tu es une bonne mère, tu as bien dû voir combien les miennes sont usées ! » Soyons claires sur la signification du mot « usé ». Pour l’ado cela veut dire « il m’en faut d’autres et de suite».  Vous êtes d’accord que l’on ne peut pas laisser son petit avec une paire de basket usées ? Bref, ce « juste pour voir » vous coûte l’hypothétique treizième mois que vous pourriez avoir si le travail de maman était rémunéré.

Il y a le summum : La fête foraine. Là on sait que l’on va douiller. Il faut impérativement au préalable,   téléphoner à son cher banquier pour lui demander de mettre la maison sous hypothèque. Je vous assure que c’est un minimum de précaution à prendre. Pour plus de clarté, je vais vous expliquer en chiffre.  A coup de 5 euros le tour de manège d’une durée moyenne de 30 secondes avec trois enfants je vous laisse calculer le coût à l’heure. La seule planche de salut reste la file d’attente. Les jours de chance ils peuvent attendre jusqu’à 5 minutes avant de commencer. Mais cela reste trop incertain. Il faut donc se préparer psychologiquement à refuser cette sortie et, avoir de bonnes excuses sous le coude :

  • « il y a trop de vent et c’est hyper dangereux de faire du manège ils l’ont dit à la TV »,
  • « un manège s’est décroché tuant tous les passagers et je tiens trop à vous pour vous voir finir comme ça ».

Sauf que maintenant ils vérifient sur yahoo mes scoops. La confiance règne.

Bref vivement l’école. Bonne rentrée à tout vos loulous les amies.