si toutes les mamans du monde


« J’ai pas le temps de ranger les raquettes »

« J’ai pas le temps de mettre le linge au sale »

« J’ai pas le temps de jeter la poubelle »

Il conjugue aussi très bien au passé :

« J’ai pas eu le temps de finir »

« J’ai pas eu le temps de ranger »

« J’ai pas eu le temps de tirer la chasse »

Mon pauvre enfant qui ne sait plus où donner de la tête. Mon pauvre ado si débordé qu’il en est réduit à faire déborder les WC. Quel malheur, quel grand malheur pour moi. Nos enfants porteront la peine de nos fautes. Quel terrible constat. Mon cœur de maman se brise en mille morceaux et arrête de battre.

Être maman, c’est être réactive.

Alors, mon petit coeur de maman, bien vite recollé mais encore tout endolori, laisse la place au cerveau. S’il y a bien quelqu’un qui va trouver une solution rapide, c’est lui. Il analyse donc, la situation de façon mathématique, logique, méthodique et concrète. C’est avec un cartésianisme redoutable qu’il arrive au constat suivant :

L’ado, dort en moyenne 7h –  Il passe 9 heures à l’extérieur de la maison (école –  sports et diverses activités que mon cerveau, mon coeur et moi ignorons) – Il campe 4 heures dans les WC –  Il reste 6 heures sur son portable.

C’est sans les doigts et sans calculatrice que mon cerveau a fait le calcul. Le résultat est sans appel.

Ô rage !  Ô désespoir !

C’est donc vrai !  L’ado a raison. Il n’a pas le temps ! Pourquoi tant de méfiance et de suspicion de ma part ? Comment ai-je pu douter ? Quelle mauvaise mère suis-je ? Et moi qui n’achète même plus de Nutella ! Pauvre enfant.

Quand mon petit coeur de maman a bien voulu arrêter de se flageller mon cerveau, lui, a entrepris de trouver une solution. C’est bien connu, ceux qui exigent la vérité ne devraient pas s’en plaindre.

Quand on est maman, il n’y a pas de problèmes mais, des solutions.

Cette solution, je l’ai cherchée dans le froid, dans les flammes. Je l’ai cherchée au cœur de nuits de pleine lune, dans des livres, mais, à force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps.

J’ai compris que ce que je cherchais avait quelque chose de secret, et que cette histoire était fragile comme un écrit à la craie. J’ai surtout compris, que la solution je ne la trouverai pas seule.

Si seulement toutes les mamans du monde de, j’ai pas le temps et de, I have no time, se donnaient la main. Si seulement toutes les mamans du monde de, no tango tiempo et de, لا املك الوقت, faisaient une chaîne de solidarité. Si seulement toutes les mamans du monde de, Ik heb geen tijd et de, Nu am timp, s’unissaient. Si seulement toutes les mamans du monde de, Eu não tenho tempo et de, tout ce que je ne peux pas traduire parce que c’est trop long, se rassemblaient.

C’est ensemble que l’on trouvera la solution. C’est ensemble que notre petit coeur universel de maman ne saignera plus jamais face à ce fléau, j’ai pas le temps.

Vous faites comment les amis pour lutter contre ces, j’ai pas le temps ?

 

Je tiens a remercier toutes les personnes qui ont participé, sans le savoir. Par ordre d’apparition :

Quel malheur, quel grand malheur pour moi. La compagnie Creole – scandale dans la famille.

Nos enfants porteront la peine de nos fautes. Joseph de Maistre – Les soirées de Saint-Pétersbourg

ô rage !  ô désespoir !  Corneille – Le Cid

Ceux qui exigent la vérité ne devraient pas s’en plaindre. Grégoire Lacroix –  Les euphorismes de Grégoire.

Dans le froid, dans les flammes. JJ Goldman avec Celine Dion – Pour que tu m’aimes encore.

À force de chercher midi à quatorze heures, on finit par perdre son temps. Pierre Dac – Les pensées

J’ai compris que c’que je cherchais avait quelque chose de secret. Et, que cette histoire était fragile comme un mot écrit à  la craie.  Grand corps malade – Parole du bout du monde

 qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour eux


« Au fait maman … »

Je stoppe net. Une alarme se met instinctivement à résonner dans ma tête. Vous savez la même alarme que pour les « J’t’ai-pas-dis ». Alarme qui se déclenche aussi pour les, « Je-sais-pas-ce-qu’il-s’est-passé » et pour les fameux,  « c’est-pas-ma-faute ».

Mon instinct de survie me pousse aussi à regarder les sorties de secours. Il n’y en a aucunes. Le chef de meute n’est pas là et le téléphone ne sonne même pas. Je suis coincée et n’ai d’autres choix que d’écouter la suite.

Et la suite arrive.

« … les vacances arrivent… »

Mon coeur s’accélère, ma tête tourne. Mes mains sont moites et je suis en état de choc. Les vacances ! Ils sont en vacances ! Demain ! J’avais oublié ce petit détail. Il ne me restera plus qu’à ressortir mon costume de G.O ou de taxi pendant mon temps, que je qualifiais encore de libre, il y a de ça à peine trois minutes.

Mais apparemment, ce n’est pas la principale information de cette phrase, dont j’ai de moins en moins envie, de connaître la suite.

« … on doit chacun apporter un truc à l’école… »

Qu’est-ce qu’il peut bien vouloir apporter à l’école comme truc ? Ses BD de Picsou ? Ses ballons de rugby ? Ses vieux t. shirt ? Pourquoi il m’en parle en plus ?

Mon instinct féminin me dit que je suis sur la mauvaise voie et que cela ne sert à rien de continuer cet état des lieux. Je n’ai plus qu’à rassembler mon courage pour la suite.

« … et j’ai proposé de prendre des gaufres… »

C’est magnifique le volontariat. C’est un acte noble, désintéressé. Un don de soi que j’admire particulièrement dans ce monde d’égoïsme. Surtout, quand celui qui propose va déléguer.

« … il m’en faut 50. »

Point final, fermez les guillemets.

Bref, il est 5 heures, Paris s’éveille et je fais des gaufres.

C’est beau le chant de la gaufre au petit matin.

Qu’est-ce que l’on ne ferait pas pour nos enfants ?

Bonne journée les amis.

quand ça miaule ou pas…


« Pourquoi elle miaule ? Elle vient de manger pourtant ! »

« Nizwa fait sa crise d’adolescence. Elle a les hormones qui font du hula-hoop et elle miaule. »

« Tu as de la chance, je miaule pas moi. »

Et c’est vrai, mon ado ne miaule pas. A la place, il s’enferme dans sa chambre, écouteurs rivés sur les oreilles avec son téléphone dans la main. Je suis aussi à l’aide de rentrer dans son antre que dans la salle de bain de Donald Trump.

C’est vrai que mon ado ne miaule pas devant la porte, mais se met à tirer une tronche d’ado martyrisé sans prévenir. Pourtant tout est parfait : les pâtes qu’il aime, et comme il aime, ont été servies. Il a pu manger les 3/4 de la baguette, juste avant le repas, sans aucunes remarques. Il n’a pas eu droit à un interrogatoire du style : « ça a été aujourd’hui? » ou le fameux : « ça va ? »  qui, comme on peut facilement le comprendre, aurait pu provoquer cette irritabilité soudaine.

C’est vrai que mon ado ne miaule pas devant la porte, mais il émet quand même des bruits assez étranges. Des grognements étonnants quand je le questionne sur ses devoirs. Il peut émettre aussi de longs soupirs quand je lui demande s’il compte ranger sa chambre ou, s’il préfère que je mette le feu. Il produit aussi des cris de révolte quand je lui dis qu’il est hors de question que je l’amène à presque 9h du soir, acheter des sandales Nike.

C’est vrai que l’ado ne miaule pas devant la porte, mais il peut avoir des moments soudains et spontanés de tendresses. Des moments où ces bras de géant peuvent m’encercler, me serrer et me faire un câlin par surprise.

C’est vrai que l’ado ne miaule pas devant la porte, mais il peut aussi avoir beaucoup d’humour. Surtout du noir, comme quand il me fait remarquer la chance que j’ai, d’avoir un ado qui ne s’habille pas avec du Extreme. Du coup comme il est de bonne, je ne lui rappelle pas le prix de son dernier stage de rugby…

C’est vrai qu’il ne miaule pas devant la porte mon ado, mais Nizwa aussi ne fait pas que cela. Elle peut se mettre tout à coup à courir et sauter, s’arrêter net et nous regarder d’un air trop drôle. Elle peut nous mordre et nous demander un câlin dans la foulée.

Mon ado et Nizwa ne sont pas très stables. Leurs humeurs changent 10 fois par jour, mais ils sont drôles, attachants et tellement compliqués aussi !

devenir une femme libre


Hasard du calendrier, c’est le 8 mars que les filles sont revenues de l’école avec des :

« C’est pas juste, parce que c’est tous les mois ! »

« C’est pas juste, parce que, comment je vais faire pour la natation ? »

« C’est pas juste, parce que ça va faire mal. »

« C’est pas juste, parce qu’elles peuvent arriver n’importe quand et n’importe où. »

« C’est pas juste, parce que moi, je veux pas d’enfants, je veux juste un chien. »

« C’est pas juste d’être une fille. »

Hasard du calendrier, je venais juste de lire le texte sur le blog de quatre enfants sur le féminisme. Sur ces combats du quotidien que les filles et les femmes doivent encore et toujours relever. Même de nos jours, même dans nos sociétés occidentales.

Je suis d’accord avec vous les filles. Il y a tellement de choses pas justes pour la femme dans la vie de tous les jours. Comme cet autre jour, où une équipe est venue faire un film pour promouvoir l’école. Ils ont filmé l’équipe entière de natation, et puis, ils sont revenus quelques jours plus tard. Les filles, vous avez dû sortir de l’eau et seuls les garçons ont été filmé. Seuls les garçons vont promouvoir l’équipe de natation de l’école. Pas parce que vous êtes moins bonnes, moins rapides, juste parce que vous êtes des filles. C’est pas juste.

Alors, c’est vrai les filles, ce n’est pas juste d’être une femme.

Dites-vous qu’être juste n’est pas ce que vous devez rechercher. Ce que vous devez chercher et obtenir à tout prix, c’est être libre. Libre de pourvoir faire et dire ce que vous voulez. Libre de faire le métier que vous voulez. Libre de vous habiller comme vous aimez. Libre d’aimer qui vous voulez. Libre d’avoir un enfant quand vous en aurez envie. Libre de ne pas avoir d’enfants. Libre de voyager.

C’est vrai que cela ne sera pas facile. Vous aurez souvent l’impression d’être plus petites, moins fortes. Vous aurez beaucoup de pression, de responsabilité et des douleurs que seule une femme pourra comprendre.

Dans une société où l’on s’amuse à nous monter les uns contre les autres, gardez à l’esprit que l’homme n’est pas l’ennemi. Ce sont des partenaires et nous sommes complémentaires.

« Tu as raison maman, Serena Gomez elle a ses règles et elle chante ! »

Les amis, mon envolée lyrique s’est stoppée net. Je ne suis pas sûre que le message soit complètement compris, mais tant pis, ce sera pour une autre fois. Là, je ne vais pas prendre le risque de devoir expliquer pourquoi Serena Gomez fait du sexe avec Justin. Je vais plutôt boire un café avec le chef de meute, et, garder les yeux ouverts.

 

Je vous souhaite une belle journée.

 l’adolescence, ce monde de contradiction


Un adolescent c’est ça :

  • « Moi, je cours le plus vite. »
  • « Moi, je suis le plus grand. »
  • « Moi, j’ai le plus de muscle. »
  • « Moi, je le savais. »
  • « Moi, j ai raison. »
  • « Moi, j’ai toujours raison. »
  • « Moi, je nage le plus vite . »
  • « Moi, je veux partir camper une semaine avec mes copains. »
  • « Moi, je suis le plus fort. »
  • « Moi, je suis le plus intelligent. »
  • « Moi, je sais tout. »
  • « Moi, j’ai le sum. »
  • « Moi, je suis indispensable. »
  • « Moi, quand je partirai de la maison, je ferai pas comme vous. »

 

Cinq minute plus tard l’ado, c’est ça :

  • « Maman, tu peux aller chercher le ketchup ? »
  • « Maman, tu peux m’ouvrir ce pot de confiture? »
  • « Maman, elles sont où mes chaussettes ? »
  • « Maman, tu peux venir me chercher ? »
  • « Maman, tu peux m’emmener là ? »
  • « Maman, tu me fais un câlin ? »
  • « Maman, j’ai mal au ventre, je vais mourir. »
  • « Maman, il me faut des sous pour sortir. »
  • « Maman, on mange quoi ? »
  • « Maman, attend moi ! »
  • « Maman, tu m’as lavé mon jean ? »

L’adolescence, cet âge fabuleux qui commence par « Moi je », mais se termine toujours par « maman ».

 avant de partir


« Tu crois que c’est le même bordel chez les autres, le matin ? » philosophe le chef de meute au moment d’attaquer la semaine. Mais, personne n’est là pour disserter sur ce vaste sujet.

Il y en a un qui cherche sa trousse. Alors que la veille le cartable était fin prêt, et, que nous avions eu droit à des : « noooon, j’ai toooooout. » Suivi de : « noooooon, j’ai rien oublié. » Clôturé par des : « Je sais ce que je dois y mettre, j’suis pas bête  quand même.» Débité avec une pointe d’exaspération, un soupçon d’agacement et sans oublier les yeux qui roulent vers le ciel. Histoire que l’au-delà soit aussi témoin, de cette injustice et de ce manque total de confiance.

Il y a l’autre au même moment qui se met à hurler : « Qui m’a piqué mes chaussures d’école ?? Je les avais rangées là ! » Après la trousse, nous voilà encore plongés dans un autre mystère. Mystère, qui ne tarde pas à se résoudre, car s’ensuit assez rapidement : « J’en ai une !!! Elle est où l’autre ? Qui m’a planqué l’autre chaussure ? » La clé du mystère semble toute proche et tous les espoirs sont permis, mais, ce n’est pas encore gagné.

Et le troisième luron qui rajoute la bouche en coeur : « Qui vient me chercher au match de rugby à 16h15 ??? » Match, qui a dû se décider dans la foulée entre 2h et 3h du matin, puisque la veille au soir, il n’en a jamais était question.

Je vous passe les : « On a plus d’élastiques !» Alors que nous avons un budget élastique qui avoisine le PIB de la Chine. Je vous passe aussi les : « J’peux pas te tel pour te dire quand j’ai fini, j’ai plus de crédit. » Alors que nous avons un budget portable qui avoisine le compte en banque du roi Salmane d’Arabie Saoudite. Et puis les : « Remplis-moi le formulaire de 5 pages pour la sortie en montagne. Faut le rendre aujourd’hui. »

Tout cela, bien évidemment, au moment où nous devrions être dans la voiture à s’encourager mutuellement, à partager des ondes positives et chaleureuses tout en chantant avec Serena, I’ve been running with the wolves.

Pour être honnête les amis, il y a des jours que j’y partirais bien dans la jungle à courir avec les loups.

Bref, notre dimanche, c’est votre lundi à vous. Les amis, c’est le même bordel chez vous le matin ?

la téléphonitite


Quoi de pire pour une maman que d’avoir son enfant malade ?

C’est si terrible de le regarder souffrir et de se sentir tellement impuissante face à tant de douleur. Je ne peux vous décrire cette peur qui m’a paralysée devant la porte des WC, quand j’ai réalisé que mon ado y était depuis plus de 40 minutes. J’ai aussi sec pensé à un arrêt cardiaque ou à un AVC. Le « tu fais quoaaaaaa ?» à ma tentative de démontage de porte m’a vite rassuré, mais, j’ai compris que l’ado n’était pas tout seul là-dedans.

J’ai compris, qu’il souffre bien d’une maladie : la téléphonitite aiguë.

Mondocteur.com me confirme rapidement qu’aucun traitement n’est encore sur le marché. Cette maladie serait donc incurable. Incurable, ne fait pas partie du vocabulaire d’une quarantenaire déterminée. C’est donc sans aucune aide médicale, que je vais agir.

J’attaque le problème avec diplomatie et accroupie. Pour une communication efficace, il faut toujours se mettre au niveau de l’enfant. Et ceux, même au travers d’une porte. Malgré donc, un ankylosement grandissant, je me lance dans une longue tirade qui commence par : «mais tu te rends compte du temps que tu perds ?» et qui se termine par : «tu as mieux à faire dans ta vie, et y a le lave vaisselle qui t’attend».

Mais la négociation échoue, et la porte reste toujours close.

La phase scientifique s’impose naturellement. A cause de cette satané porte c’est sans schémas que je lui retrace la route du caca. Je lui parle de l’intestin grêle puis du gros, du colon et pour finir, le rectum : le terminus d’avant les toilettes. Je lui prouve scientifiquement que sans téléphone, il est tout à fait possible de faire un joli caca content. D’ailleurs, même youtube me donne raison. Forte de cette première démonstration, toujours sans schémas et avec toute une colonie de fourmis dans les jambes, je lui détaille aussi sec, la route du pipi qui n’a pas besoin, non plus, de téléphone.

Mais les arguments scientifiques n’ont aucun effet, et la porte reste close.

Mes jambes étant, à présent, totalement paralysées, je ne peux pas éteindre la wifi.  Il ne me reste plus que le chantage. Vous savez, les fameuses phrases qui commencent par : « si tu ne sors pas de suite » et qui finissent par :  « je te jette ce téléphone dans les WC ».

Finalement, c’est l’ado qui m’a aidé à me relever quand il a enfin daigné ouvrir cette porte. Sans oublier de préciser  qu’à mon âge, c’est scientifiquement prouvé que l’on ne devrait pas rester accroupi  aussi longtemps.

Bref, j’ai gagné une bataille, mais pas la guerre.

Et vous les amis, vous faites comment pour lutter contre la téléphonitite de votre ado?

mon ado et moi


L’adolescence est un véritable tsunami. Notre rôle en tant que parents, est d’aider à structurer le merdier. Sans me vanter et sans prétention aucune, je peux aujourd’hui affirmer que mon Ado peut :

  • se tenir à table pendant 20 mn sans toucher un téléphone, une tablette, un fidget spinner ni même une télécommande.
  • peut aussi y tenir des conversations à peu près cohérentes,
  • peut se brosser les dents sans presque plus de menaces,
  • peut même débarrasser une table sans avoir à renouveler systématiquement le stock de verres et d’assiettes,
  • a même compris que les crottes de nez ne se collent pas contre le mur du lit.

Même si cette liste est super prétentieuse, qu’elle en fait certainement rêver plus d’un. Même si je suis fière du travail que nous avons accompli, le chef de meute et moi, là n’est pas le sujet.

Les amis, je veux vous parler aujourd’hui de la phase d’éducation dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Même s’il y a encore quelques failles, l’Ado a intégré plus ou moins les règles basiques. Nous avons donc évolué de la phase d’élevage vers celle de coachage.

C’est quoi la phase de coachage ?

Mordiller les petits pieds et mettre des chaussettes à son petit bout, c’est craquant et franchement mignon. Ces petits pieds, ces petits beignets d’amour. Mais, à 14 ans, c’est répugnant et nauséeux. Il ne viendrait à aucun parent d’ado de se risquer à une telle chose ! Et bien faisons comme pour les chaussettes : arrêtons de l’assister et de faire pour lui.

Quoi faire pendant la phase de coachage ?

Le rassurer, toujours. N’oublions pas que l’Ado est un être sensible en pleine mutation. C’est toujours notre petit amour de notre vie, de notre coeur,….Bref, on l’aime toujours d’amour, mais, le but de cette phase : le bouger.

Car malgré cette mutation, l’Ado a un cerveau et des jambes, mais il a tendance à l’oublier. A nous de le lui rappeler.

« Si tu te bouges le cul tu vas les retrouver tes protégés tibias. » « Tu peux le faire seul, tu n’as plus besoin de maman. » Deux formules, une du matin et une du soir. Deux styles, mais un même message : On est toujours là pour toi, avec toi mais arrête de nous prendre pour des cons tu peux faire les choses par toi même. Tu en es capable. Sortons le de l’assistanat.

Rappelons-lui aussi qu’il fait partie intégrante de la vie de famille. Que dans vie de famille, il y a vie. Et que dans vie, il y a des choses drôles et les autres. Rappelons-lui aussi à notre cher Ado, que le roi soleil a perdu la tête parce que les gens en avaient ras le bol de ses caprices. Nous ne sommes donc pas ses cerfs et remettre les choses dans l’Histoire ne fait jamais de mal.

Oui, l’Ado peut débarrasser le lave-vaisselle, s’occuper de son linge, passer l’aspirateur, faire des courses… Il peut le faire et il va le faire.

Un conseil, pendant l’opération allez prendre un bain et tant pis si vous passez trois heures à chercher la passoire après. Pour qu’il se sente impliqué, laissez-le faire à sa façon.

Il faut lui faire prendre conscience de son environnement et de sa capacité à y survivre. Quand tout le monde commence à baver, à regarder autre chose qu’un écran.  Que tout ce petit monde retrouve par magie le chemin de la cuisine, c’est pour vous le moment d’annoncer que ce soir l’heureux élu, c’est l’Ado. Vous lui laissez le contrôle. Un conseil : allez prendre un autre bain, mais chez les voisins. A votre retour dans la cuisine, pensez à vos séances de yoga !

La phase de coachage, c’est tout simplement donner à notre Ado la possibilité d’être actif de son quotidien. Mon Ado, je veux qu’il reste dans la vie de famille et pas à côté.

Les efforts ne sont pas seulement que d’un côté. La vie de famille s’adapte aussi à lui : on tranfrome la table du salon en table de ping-pong, on va plonger, on invite des copains, on écoute sa musique, on se fait des séances de ciné. On dit non quand il pousse le bouchon trop loin, mais on parle. Et moi sûrement trop, mais je ne veux pas la perdre cette connexion. Passons des moments privilégiés avec lui.

Quelques points à maîtriser pour réussir la phase coachage :

En plus de la patience, de la bonne humeur, de l’empathie, de la maîtrise de soi, de l’humour et de l’adaptabilité que vous utilisez déjà. Vous aurez besoin de toutes vos connaissances en cartomancie, en voyance, en criminologie.

Des dons de clairvoyance sont aussi nécessaires. Que veut dire ce grognement ? Que cache ce compliment ? Si vous êtes médium sur les bords, vous pourrez rentrer plus facilement en communication avec votre Ado enfermé dans sa chambre, dans sa musique et dans son instagram. Le spiritisme peut aussi donner de bons résultats : Ado es-tu la ? Répond si tu m’entends ?

L’utilisation du Reiki est aussi recommandée. Cette technique Chinoise vous permettra d’harmoniser les énergies de votre domicile.

Qui a dit que l’adolescence, c’était dur ?

Mon Ado à moi il est cool mais, je ne vous cache pas que je prépare quand même un MBA en jedititude. Juste pour l’entrée dans l’adolescence de mes filles, histoire que la force soit avec moi.

Stressée, moi ? Pensez-vous. Même pas peur ! Tout est sous contrôle. L’adolescence c’est finger in the noise !

Les amis si vous avez une méthode, une potion, des conseils, je suis quand même preneuse.

ces enfants là


J’ai un aveu terrible à vous faire. Mes enfants préfèrent les bonbons que les chocolats. J’ai honte. Je ne comprends pas comment ils peuvent me faire ça. A moi. Moi, qui ne jure que par le Nutella. Moi, qui attends Noël et Pâques avec impatience. Moi, qui m’arrête pour n’importe quelle occasion acheter du chocolat. Moi, qui ai toujours une plaque d’avance.

Je suis humiliée.

Comment peuvent-ils me faire ça ? A moi ? J’ai pourtant tout essayé. Les punitions, les privations, mais c’est un échec. J’ai bien entendu ces discours qui disent que c’est leur  nature et, que je ne peux rien faire contre. J’ai bien entendu les, « tu dois l’accepter, tu ne les changeras pas. » Mais je n’y arrive pas. Ce n’est pas possible. C’est inacceptable. C est contre nature.

J’ai trois enfants et les trois préfèrent les bonbons. C’est une catastrophe.

Je voulais partager avec vous ma peine, ma honte et mon désarroi. Comment peut-on aimer les bonbons dans un pays comme le nôtre? Un pays ou le bon goût est un véritable art de vivre. Comment peut-on tolérer ça ? Cela devrait être interdit et le gouvernement devrait agir et vite.

Il faut que ces enfants apprennent à aimer ce qu’il faut. Qui il faut.

Mon histoire stupide de bonbons les amis, elle est toute bidon. Elle est aberrante et grotesque. Bien sûr que je n’ai pas honte de mes enfants ni de leurs goûts.

Je n’aurai jamais honte de mes enfants, de leurs sentiments, de leurs choix. Même s’ils mangent des bonbons.

Quoi de plus stupide que d’avoir honte de son fils, de sa fille parce qu’il ou elle, a choisi d’aimer quelqu’un du même sexe ? Il n’est pas pensable, en tant que parents, de rejeter son enfant pour une question qui ne le concerne que lui. Il est cruel et inhumain de faire souffrir son enfant tout simplement parce qu’il est homosexuel.

Pourtant ça arrive, partout, tout les jours.

En Tchétchénie, le gouvernement a décidé d’agir contre ces enfants qui n’aiment pas ce qu’il faut. Contre ces enfants qui n’aiment pas qui il faut. Le gouvernement laisse le choix aux parents d’enfants homosexuels. Soit l’état se charge de les tuer, soit le meurtre se fera directement en famille. Quoiqu’il en soit, le gouvernement a décidé d’agir contre les homosexuels. Il a tout simplement décidé de les éradiquer.

J’aurai pourtant préféré vous parler de la belle Brigitte Macron, les amis, plutôt que de cette histoire de bonbons.