notre monde à nous


Dans notre monde à nous, les méchants, ils comprendront vite que c’est pas bien d’être méchants.

Dans notre monde à nous, il n’y aura que les films qui font peurs.

Dans notre monde à nous, Donald ne sera qu’un canard.

Dans notre monde à nous, l’air sera pur, la glace ne fondra pas et les orang-outans auront tout plein de grands et beaux arbres comme maison.

Dans notre monde à nous, celui qui porte la cravate n’aura pas toujours raison.

Dans notre monde à nous, on se parlera et on s’écoutera.

Dans notre monde à nous, on sera toujours ensemble. 

Dans notre monde à nous, les enfants, auront tous une jolie école, avec une cours de récréation pleine de jeux.

Dans notre monde à nous, on n’aura pas besoin de s’enfermer et de se cacher.

Dans notre monde à nous, il y aura de grands jardins où tout le monde pourra cueillir ce qu’il veut.

Dans notre monde à nous, personne ne saura ce que veut dire douleur, pauvreté, exclusion.

Dans notre monde à nous, la mer sera propre, belle et tous les poissons y vivront heureux.

Dans notre monde à nous, chacun fera un peu et à la fin ça fera beaucoup.

Dans notre monde à nous, on prendra toujours des nouvelles de ses voisins.

Dans notre monde à nous, l’eau coulera à flots partout.

Dans notre monde à nous, une vie sera toujours importante.

les bras


« Maman, il faut qu’on achète des bras. Ca commence vachement à se voir qu’on n’en a pas »

Me voilà donc partie aussi sec, sur la route, avec mes filles et avec cette délicate mission : Leur trouver des bras.

 Cette mission est tellement spéciale que nous ne sommes même pas passer par la case négociation. Nous avons été instantanément d’accord sur le fait que ces bras devront être discrets et simples. 

C’est qu’elles sont fières de partir à la recherche de leurs premiers bras. C’est un événement, un pas vers l’âge adulte. Ces bras offrent une entrée automatique vers l’âge supérieur.  Avoir des bras, c’est prendre du galon, c’est comme rentrer enfin dans un club très fermé. 

C’est donc accompagnée de mes très sérieuses filles que nous arpentons les étals.  Trop grands, trop petits, trop serrés, trop moches, trop démodés, trop excentriques. Trop à rire à chaque essayage.  Comme si l’achat de ces bras avait ouvert la porte à une autre relation. Une reconnaissance mutuelle, une nouvelle complicité, une relation plus intime. Tout cela grâce à l’achat de simples bras !

A Oman, le choix des bras est assez restreint, et finalement c’est chez H et M que nous les avons trouvé. Des bras confortables, discrets et simples. Des bras faciles a vivre. Depuis, elles portent leurs bras tous les jours, et ils sont facilement rentrés dans leur routine.

Bref, mes filles ont leurs premiers bras !

J’espère les amis que vous vous

voudrez bien excuser l’anglicisme de mes filles. Certaines choses sont tellement plus naturelles pour elles dans la langue de Shakespeare, et, les bras, en font partis. En français, ils sont plus connus sous le nom de brassières ou encore de soutien-gorges.

A titre personnel je vis beaucoup mieux le fait que mes filles portent des bras plutôt que des soutiens-gorges. Alors même si c’est bonnet blanc et blanc bonnet, je vais continuer à dire que mes filles portent des bras.  

son carnet


Il est tout mignon ce carnet. Il évoque le calme, la douceur, le voyage avec son attrape rêves en couverture. C’est son carnet, celui qu’elle a choisi parmi tant d’autres. Celui qui la suit partout et, celui pour qui on se retourne en cas d’oublie.

Ce carnet, c’est celui que tu remplis consciencieusement de ton écriture ronde d’enfant. Ce carnet, où figure par date, tes états d’âme. Ces dates qui doivent se suivre avec précision et qui sont d’une importance capitale pour toi. Ces dates que tu veux accorder parfaitement à un endroit, à un moment. 

Ce carnet qui jour après jour se remplit de toi. Ce carnet qui semble si mystérieux et que tu refermes précipitamment dès que l’on rentre dans un cercle trop proche de vous. 

Tu y écris parfois en état d’urgence, rapidement, à la volée et tu le refermes d’un coup sec en le claquant. Parfois, tu es très concentrée, paisible, et, seul ton stylo bouge en vagues. Vous deux, dans un autre monde. Ca lui arrive de disparaître pendant quelques jours, mais il passe le plus clair de son temps, près de toi. La régularité n’est pas votre problème. Entre vous, il n’y a pas de contrainte, ni d’obligation. Juste ce besoin de noircir chronologiquement ses pages.

Comme un jardin secret, personne ne peut y pénétrer sans ton accord. C’est ton carnet, celui que tu as choisi pour recevoir tes confidences. 

la faute à mon sixième sens


Je me suis retournée pour aller la chercher. Pourtant, j’étais déjà dans la voiture. J’avais fait ces 300 terribles mètres sous la chaleur brûlante du soleil de midi. Pourtant, il me fallait absolument être à l’heure. Je suis quand même retournée la chercher. Pourtant, ce n’est pas la première fois que je l’oublie, mais aujourd’hui, je la veux absolument. Ma montre. 

Il me la faut, sans besoin particulier, sans raison valable. Juste une force qui me pousse à retourner la chercher. Pourquoi ?

Qu’est-ce qui se passerait si je partais sans elle ?  Pourquoi aujourd’hui, j’ai ce besoin impératif de l’avoir au poignet ?

C’est vrai qu’elle est toute jolie, c’est vrai que c’est un cadeau du chef de meute. Je fais pourtant souvent sans elle et je n’en ai pas réellement besoin.

Pourquoi, aujourd’hui, j’ai donc l’impression de ne pas pouvoir sortir sans elle ? Est-ce mon sixième sens qui me pousse à retourner la chercher ? 

C’est quoi d’ailleurs ce fameux sixième sens ?

C’est une expression faisant référence à des perceptions extra-sensorielles. C’est une intuition éprouvée de telle manière à avoir une capacité d’anticipation qui ne trouve pas d’explications rationnelles. C’est donc une perception qui n’est pas issue de nos cinq sens physiologiques (la vue, le toucher, l’ouïe, le goût et l’odorat). 

Ce sixième sens peut donc expliquer ce soudain besoin de montre, puisque justement, rien d’autre ne le justifie.

Certains disent que ce sixième sens serait en fait, une correction inconsciente de notre cerveau pour nous mettre sur le bon chemin. Il n’y a donc rien de magique, et le sixième sens n’est pas un don. Ce serait plutôt une forme d’intelligence que chacun de nous possède. C’est un instinct, un sentiment intérieur plus ou moins précis, une information que l’on peut choisir d’écouter ou de faire taire. 

Ce sixièmes sens, cette intuition nous l’avons tous naturellement dans l’enfance. Rappelez-vous, quand nous avions encore cette capacité de réfléchir librement, détaché du jugement des autres. Quand nous écoutions nos émotions, notre imagination et nos rêves. 

Parce que finalement ce sixième sens, c’est une sensation, c’est un sentiment personnel, puissant, qui nous parle de l’intérieur. C’est une force qui vient de nous et qui ne demande qu’a être entendue. Un sentiment qui demande juste de prendre le temps de s’écouter soi-même, de se faire confiance et de ne pas toujours chercher à comprendre.

« Lorsque nous savons quelque chose avec notre intuition, nous le savons avec nos os, notre cœur ; c’est une connaissance, une certitude qui résonne dans l’ensemble de notre corps-être. » Judee Gee – Comment développer votre intuition.

Alors, ma montre et moi avons passé l’après-midi ensemble. Je n’ai pas eu besoin particulièrement d’elle. Ma journée avec elle, s’est bien passée. Normalement passée. Peut-être grâce à elle. Ou pas. 

A 40 ans et des poussières, il serait peut-être grand temps de l’écouter un peut plus ce sixième sens !

Vous l’écoutez votre sixième sens les amis ? Il vous a poussé à faire quoi ?