je suis comme ma poubelle


On ne lave pas son linge sale en famille, mais on peut vider sa poubelle pleine entre amis. Ma poubelle, c’est mon reflet sans fard, sans maquillage sans tri sélectif. Si vous venez y jeter un coup d’œil, vous y trouverez mon humeur.

Si vous y trouvez des épluchures de fruits, de légumes variés et colorés , c’est une période pleine d’entrain, de grande forme et de bonne humeur.  A moi l’équilibre, les vitamines et la motivation pour éplucher et couper tout ça.

Si vous y trouvez des boites de conserve,  c’est qu’il y a urgence. Le frigo est désertique et la seule solution pour continuer à manger des légumes se trouve dans la boite.

Si vous y trouvez des pâtes, c’est soit la faute à Pas-le-temps, soit le Chef de Tribu qui était aux commandes. Quoi qu’il en soit, elles restent la solution de rapidité et de facilité pour rassasier tout le monde dans la joie et la bonne humeur.

Si vous trouvez des chips, c’est la déprime, le coup de blues. Et, si vous trouvez des chips au fromage, c’est la grosse déprime.

Si vous trouvez une bouteille de coca, c’est un petit coup de fatigue. Mais, s’il y a plusieurs bouteilles de coca, c’est la gastro. Fuyez braves gens !

Si vous trouvez des bonbons, c’est même pas moi.

Si vous trouvez un pot de Nutella, peu importe qui est la coupable, mais pas de stress. Un pot de Nutella en cache un autre. Je répète : pas de panique, tout est sous contrôle.

Si vous trouvez des paquets de farine, c’est le jour idéal pour venir boire le café. Il sera accompagné de gâteaux, de gaufres, de biscuits ou de brioches.

Si vous trouvez des os de poulet et du riz, c’est la phase de non-motivation, de manque d’imagination, de flegme et de lassitude. Mêmes les messages à répétition de Petitchef, de 750g, de l’académie du goût et les recettes du lundi de Christine ne changent rien à cette période.

Si vous y trouvez quelques pop-corn, ce sont les restes d’une soirée cinéma en famille. Quand la TV devient denrée rare, on ne fait pas les choses à moitié.

Mais il y a une chose que vous ne trouverez plus dans ma poubelle se sont les capsules de Georges. Je vous raconterez bientôt, les amis, les détails de notre divorce.

Je suis contente que l’on ait pu vider ma poubelle ensemble. Et si on vidait la vôtre de poubelle, on y trouverait quoi ?

24 commentaires sur « je suis comme ma poubelle »

  1. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir tes poubelles Stéphanie!
    Chez nous tu trouveras des conserves, comme toi, quand le frigo attend la dernière commande passée en ligne, des épluchures de légumes et de fruits, des paquets de bonbons – quand je craque devant les supplications de loulou, des coques d’oeuf parce qu’on raffole des gâteaux, des sachets de tisane et du bicarbonate de soude pour enrayer l’odeur!

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  2. mon dieu, ca y est, George et toi c’est fin !!!!!, bon en même temps je me souviens pourquoi 🙂 . Dans ma poubelle si tu trouve du thé bio c’est que je suis dans ma période écolo, des emballages de chocolat c’est que mon rdv chez la diététicienne est passé et que j’ai 3 semaines pour reperdre ce que je viens de manger, belle journée.

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  3. Oh! Stéphanie, tu me fais bien rire 🙂 Merci pour ton charmant billet. N’étant que deux à la maison, mes poubelles sont bien petites, une pour les épluchures et l’autre pour le papier ménage utilisé et emballages. Sinon des sacs pour le verre, le PET et le papier en allant à la décharge lorsque c’est plein.
    Je te souhaite un tout bon premier mai avec mes amitiés et bisous ♥

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  4. Merci beaucoup pour cet article très drôle et de m’avoir citée ! Tu es super adorable ! Quant à ma poubelle, en cas de « je m’en fiche, je n’ai pas envie, je n’ai pas le temps et ça m’arrange », des boîtes de conserve de thon, des paquets de tranches jambon pré-emballées, des sachets de salade, aussi pré-emballées, en veux-tu en voilà. En période de déprime, inutile d’évoquer le nutella, qui en cache toujours un derrière, comme chez toi. Pour la grosse déprime, non seulement monsieur nutella est toujours au-rendez, mais accompagné de charcuterie. Toute la charcuterie que je peux trouver y passe ! Et bien sûr quand j’ai la pêche, les épluchures de fruits, de légumes, des sachets de thé usagers…
    Merci encore ! Belle journée Stéphanie ! 🙂

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  5. Ma mienne, ce matin, contient tout ça, Stéphanie….Merci excellent article qui pose indiscutablement la nécessité du tri.
    Je t’embrasse, sans rien jeter.

    LE FOUTRE ET LES ORTIES
    Ceci est un large extrait de mon dernier livre Goodbye Gandhi qui, je l’espère, suscitera la curiosité des lecteurs, d’éventuels chroniqueurs et pourquoi pas, d’un éditeur courageux, car il est fort éloigné de ce « feel good » si tendance… Comme son titre l’indique, il se déroule en Inde et aborde des thèmes que l’on contourne, leur préférant cette Incredible India tant vantée par les Tours Operators, la publicité, certains médias et… nos idées lustrées.

    Il est disponible actuellement au format numérique (toutes liseuses) sur Amazon.fr et fnac.com

    Mélanie Talcott

    Des mouches de chaleur dansent devant ses yeux. Ils dorment en chien de fusil, encastrés les uns dans les autres sur des nattes. Jambes entrouvertes, bras jetés au-dessus de la tête ou mains sagement posées sur le sexe. Parfois leur corps est parcouru de tressaillements désordonnés… Elle se demande à quoi ils peuvent bien rêver et même s’ils rêvent encore à quelque chose tant tous ces millions de vies qui naissent et s’éteignent dans la promiscuité leur dénient une quelconque importance. Ils dorment tous sauf Mani, Leena et peut-être Murga, le genre d’adulte en herbe à ne dormir que d’un œil. Elle se rappelle sans savoir trop pourquoi, avoir recopié il y a longtemps, façon Ben, sur un tableau noir une citation de Romain Rolland. S’il est un lieu de la terre où aient place tous les rêves des vivants, depuis les premiers jours où l’homme commença les songes de l’existence – c’est l’Inde. Elle se voit encore y ajouter quelques années plus tard cette réflexion qu’elle avait lue ou entendue. L’Inde ? On y reste un mois, on écrit un bouquin. Un an, on n’écrit plus que quelques articles. Au-delà, on n’écrit plus rien. Elle y avait ajouté : on s’y noie.

    On ne traverse pas ce foutu pays, il vous traverse et dès qu’on quitte ce gigantesque chaos qui fermente dans ses veines, il redevient un mirage. Ce doit être cela, le mal de l’Inde pour les Blancs, pense-t-elle. Au début, je n’y ai pas prêté attention, absorbée que j’étais par l’invisibilité de ce formidable organisme qui semble posséder une vie propre, sans autre règle que celle, précisément, de ne pas en avoir. Je ne sais pas si j’aurais pu changer le cours des choses. La vie ici semble ne tenir à rien, ni au hasard ni à la fatalité. Le bien et le mal s’entremêlent si intimement que quoique l’on fasse on en éprouve peut-être quelque fierté ou regret, mais finalement jamais de culpabilité. J’en devins amorale avec une aisance désarmante. Passés les premières épouvantes visuelles et olfactives à t’en donner le tournis, on s’habitue relativement vite, ce fut mon cas, à la pouillerie du sous-continent indien et à la dévastation orgiaque de sa chair qui s’affiche à pleines rues dans les corps des miséreux. Les moignons, les sourires édentés, les mouches qui grêlent la peau, les yeux rougis d’alcool, la supplique inscrite au creux de la main tendue, la mort patiente qui attend… D’abord, ça te fout la honte dans le rouge. Ça te chavire la conscience. Ça me donnait envie d’hurler. Petit à petit, ça s’installe doucement dans ta rétine, ça te surprend de moins en moins, ça ne t’émeut plus du tout. Et pourquoi puisque l’Inde elle-même n’est pas compatissante avec les siens ? Jamais. Au début, je me souviens aussi, j’étais drôlement fière d’extirper mes enfants parrainés de cette mouise qui leur collait au karma comme une malédiction. Ils flanquaient de sacrées cornes à ce mantra de traîne-misère. Les premiers mômes, c’est Murugan qui les a trouvés. Qu’est-ce qu’il était beau ! Et malin. Je lui faisais confiance. Comme à la plupart des gens qu’il me présenta. J’avais tort. A cette époque, il existait en Inde autant de choses illégales qu’aujourd’hui, mais on n’y prêtait pas la même attention. Il suffisait d’arroser les véreux à tous les étages pour jouir d’une paix coolement marchandée jusqu’au prochain racket. Murugan était l’un des leurs. Il disait aux parents qu’il emmenait leurs enfants, chez une Blanche, pour les éduquer et il demandait, en général au père qui ne savait pas lire, de signer des documents à l’entête de Children from nowhere, ou encore d’apposer l’empreinte de son pouce. Gamins abandonnés, parents décédés. Le tour était joué. Pour une famille trop collante, il avait la formule prête : ne reviens pas, parce que cela perturbe les enfants. Je n’y ai vu que du feu. Je me consacrais au parrainage. Absolument génial ce système de « tonton d’Amérique » qui permet de subvenir aux besoins basiques d’un enfant du bout du monde pour à peine le prix de deux paquets de lessive ! Les subventions, les parrainages et les dons affluaient de partout. Les roupies se multipliaient, les extorsions aussi. Pas de pots-de-vin, pas de papiers, pas de gamins.

    Elle soupire. Mani, Leena et Murga lèvent la tête, attentifs au moindre de ses changements. Mais elle se contente de les dévisager.

    A part leur bout de trottoir, que connaissent-ils de l’Inde ? Ont-ils conscience que leur Incredible India te bouffe comme un cancer à la sournoise ? Faire de l’humanitaire ne rapporte pas grand-chose, sinon une satisfaction égoïste qui malheureusement ne dure que le temps des illusions. Impossible de suivre l’inflation galopante des dessous-de-table. Je ne savais jamais ce que demain me réservait. Il suffisait qu’un flic, qu’un fonctionnaire, que n’importe qui avec ses petites et grandes entrées ici ou là vienne exiger son pesant de roupies pour que tout s’arrête. Arroser, arroser encore et encore. Je ne pouvais pas suivre. Mais je ne voulais pas renoncer. Parrainer plusieurs fois le même gosse a été une idée de Murugan. Une entourloupe soft mais vouée à l’échec à court terme. Impossible à gérer un tel fichier !

    « Vous connaissez le patron du restaurant Satya ? dit-elle sans s’adresser en particulier à l’un des enfants. Elle désire juste arrimer sa mémoire à quelque chose de perceptible. Des mots, sa voix ou la leur.

    — John l’américain ? »

    Son regard part à la dérive, se brouille d’images, s’absente. Leur réponse est sans importance. Elle se souvient. John l’américain. Un géant roux à la peau d’un blanc ivoirin, un colosse aux apparences trompeuses. Une obésité sans mollesse. Une forteresse de chair qu’il s’était peaufiné peut-être par désespoir – l’idée la séduisait, le cynisme l’horrifiait encore – une mélancolie minutieusement escamotée dans son ossature sculptée de ses multiples excès. Un type incroyablement cultivé. Gros buveur, gros mangeur, gros baiseur, bref doté d’un appétit furieux en qui il voyait la proclamation gustative de l’anarchisme rigolard dont il se réclamait. C’était vers lui qu’elle avait été cherchée une solution. Par instinct. Non seulement, il avait la réputation d’aimer les très jeunes garçons, ce qui évacuait entre eux toute possibilité des ambigüités de la séduction, mais aussi celle de posséder une habileté machiavélique à retourner les situations les plus foireuses en sa faveur. Il l’avait écouté sans l’interrompre, lui avait servi un whisky et tendu un joint.

    « Fume, ça te détendra. Et pour l’amour du ciel, arrête de chialer, ça ne t’avance à rien et ça me fout les nerfs. Je ne supporte pas les gens qui pleurnichent. Mais bon Dieu, Monique, qu’est-ce que t’imaginais ? Que l’on allait te faire un triomphe pour faire la tournée des Grands Ducs avec tes bidons de lait ?

    — Rien. Tout, avait-elle reniflé. Autre chose en tout cas que cette putain d’extorsion incessante.

    — Ma puce, j’ai l’avantage ou l’inconvénient, cela dépend du point de vue de chacun, de vivre dans ce pays depuis plus longtemps que toi. Tu y es arrivée avec les illusions béates de ta jeunesse. Moi, avec la guerre du Vietnam aux trousses et un négoce, peu reluisant je te l’accorde, mais ô combien lucratif, celui de la drogue, le même que j’avais à San Francisco, les flics au cul en plus. Comme toi mais pour des raisons très pragmatiques, j’ai fait le Hippie trail jusqu’à Goa. Terminus entre enfer et paradis. Quel trip nudiste ! Rends-toi compte : même moi qui suis un esprit jouisseur, putain, tous ces culs à l’air, tous ces testicules mous, tous ces seins pointés au zénith, toutes ces mamelles en oreilles d’épagneul, ces fesses rebondies ou déprimées, en train de rôtir, de bummer – mendier dans mon vocabulaire – ou de s’enfiler sur la plage, ça finissait par me faire débander. Je ne me voyais pas finir en vétéran déjanté du trimard. J’ai cherché un lieu plus cosy. Pondichéry. Mais comme toi, j’étais persuadé que l’Inde nous offrait l’occasion d’effacer toutes les ardoises de nos conneries, qu’elle incarnait l’Éden de tous nos fantasmes judéo-chrétiens. On s’est fait baiser par Jésus, Krishna, Ravi Sankar, Krishnamurti et tous les Gandhi, l’original et ses photocopies et la Rolls Phantom psychédélique de John Lennon. Ajoute à cela qu’après l’assassinat de Sharon Tate, il est devenu difficile de croire aux petits oiseaux, aux fleurs et aux love-in.

    — Quel rapport entre tes choix et le mien ?

    — J’y viens. Pas plus que San Francisco, Amsterdam ou Katmandou, l’Inde est un paradis. Dieu et Diable y sont potes et trempent dans les mêmes eaux troubles. Le bien, le mal, je ne t’apprends rien, c’est la même foutaise éternelle. L’un n’existe pas sans l’autre. Ici plus qu’ailleurs, si tu veux parvenir à ton but, sauver quelques mômes de leur dépotoir, tu dois composer avec les deux. L’idée est que si tu es bonne comme la romaine et que tu courtises l’altruisme, il vaut mieux l’oublier tout de suite. Alors un conseil, Monique : si tu veux prospérer dans ce pays, tu n’as pas d’autre choix que d’accepter de te plonger dans son chaos.

    — ça signifie ?

    — Renverse la vapeur de telle sorte que ceux qui te contrôlent aujourd’hui, dépendent de toi demain. Une créance ouverte sur leur intimité. Celle dont ils subissent, le rouge au front, les turpitudes, mais pour laquelle ils sont tous prêts à se damner.

    — Mais de quoi me parles-tu, John ?

    — Du foutre, Monique, du foutre. Ne me regarde pas avec cet air d’ahurie. Oui, je sais. Tu as la réputation, la rumeur chez les expatriés est une pathologie endémique, de lutiner les anges plutôt que les hommes, bref d’avoir une sexualité monacale. Ne rougis pas. Il est de notoriété quasi publique que tu es rabougrie comme une figue. Mais bon, tu as investi ta jouissance physique dans le sauvetage du monde, le bien des autres, l’humanitaire. Et sans doute entendre le mot foutre te fait blêmir les ovaires. Je t’explique, ma puce. Là, où l’homme va, le foutre va. Là où le foutre se déplace, l’homme se déplace. Exactement comme les orties. C’est une mauvaise herbe qui lui est indispensable. Il te suffit pour agrandir cette vision de songer au blé. Lui c’est un aristocrate. Pour qu’il croisse et se multiplie, il faut le bichonner artificiellement. L’ortie, elle, elle pousse partout sans, avec ou malgré l’homme, et là où il dépose ses armes. Car l’ortie aime le fer et là où il y a eu des invasions, au nom de je viens vous libérer ou vous convertir à mon Dieu, là où il y a un sabre, un fusil, un tank enterrés, il y a des orties et du foutre. »

    Elle pouffe de rire. Son corps tressaute. Elle ne sent que ses poignets, la morsure des cordes et l’urine qui coule en petits jets entre ses cuisses, dégouline le long de ses jambes légèrement fléchies, et forme des petites flaques autour de ses pieds.

    A force de me pisser dessus, je vais puer comme un bouc.

    « Tu crois qu’elle pleure ? chuchote Leena.

    — Non, pas encore, lui répond à voix basse Mani. C’est trop tôt. Elle doit rembobiner dans sa tête tout ce qu’elle a fait. Moi, si j’étais elle, c’est ce que j’ferai. Quand on nous punit et qu’on se prend une beigne, on chiale, on renifle et on va s’asseoir dans un coin pour se faire oublier.

    — Et pis on pense à la bêtise qu’on vient de faire, on se la rejoue dans la tête, on change une chose, puis une autre, même que des fois on se dit que tant qu’à se faire punir, on aurait pu la faire encore mieux, la bêtise, renchérit Leena.

    — En tout cas, c’est ce qu’Anniyan aurait voulu qu’on fasse. Donner une autre chance à cette bonne femme, intervint Murga. Moi, je regrette jamais ce que je fais. Y’a toujours une raison. Bonne ou pas, je m’en fous. Mais je ne suis pas certain que la vieille en avait. Je veux dire des bonnes raisons pour faire ce qu’elle nous a fait. »

    Elle voit leurs lèvres remuer, leurs corps qui avancent, reculent, s’inclinent. Elle s’en moque, elle est dans son fou rire, le foutre et les orties, dans la voix de John et son plan d’enfer. Une gorgée de whisky, une taffe. Une gorgée de whisky, une taffe.

    Alexandre, Patton, Napoléon, les Français à Diên Biên Phu, le front de l’Est, les soldats de sa Gracieuse Majesté et les Américains au Vietnam… Elle les avait tous fait défiler. Une armée d’orties pataugeant martiales et en rangs serrés dans une mer de foutre. Mais elle ne voyait toujours pas où John l’américain voulait l’emmener.

    « Ne te vexe pas, John… Cela fait un bon bout de temps que je n’ai pas ri comme ça ! Elle est sacrée bonne, ton herbe !

    — Réveille-toi, Monique. Je suis un homme d’affaires. Outre mon restaurant qui est une référence à Pondi, tant pour ce que l’on y mange que les rencontres que l’on y fait, des dizaines de mioches travaillent pour moi en vendant de la drogue tout le long de la côte de Coromandel, d’Anjugramam au sud jusqu’à Chennai au nord. Alors je te l’affirme, il n’y a pas un business qui ne se fasse ou se conclut sans y inviter le foutre.

    — Tu dis n’importe quoi, John ! A croire que le monde et ses arrangements se règlent à coups de reins et de shoots d’hormones.

    — C’est ainsi, ma belle et cela a toujours fonctionné de cette façon ! Partout, à toutes les époques et dans tous les milieux. De la Genèse aux alcôves vaticanes, des intellectuels grecs à la société machiste romaine, des Mayas aux samouraïs au Japon, des cours royales européennes aux Bacha Bazi afghans, des lupanars sans frontière aux monastères, de l’Orient à l’Occident jusqu’à nos démocraties actuelles, le commerce de la chair masculine et féminine, pubère et impubère, a toujours fait la fortune des Etats et le bonheur dérisoire de bien des corps. Au fil du temps, il s’est ainsi créé une société parallèle, digne des meilleurs polars, secrète et honteuse, maffieuse, des mauvaises herbes nécessaires à nos sociétés et bénie par toutes nos hypocrisies. Une société très importante qui brasse énormément de pognon et fait vivre énormément de gens. Et ce ne sont ni l’humanisme, ni la liberté sexuelle, ni le peace and love qui vont y changer quoique ce soit. Au contraire, cela va peut-être même favoriser son expansion. Tout le monde gueulera comme d’habitude, mais la plupart en profitera et finira par admettre que personne n’y peut rien. Je te parle de sexe, de cul, de baise, de bijoux de famille et de chatte. Tu veux ton indépendance financière, ne dépendre ni des subventions, ni des dons et encore moins des dessous de table ? Tu veux non pas la changer, c’est une utopie, mais donner des outils pour une vie meilleure à des centaines de gamins ? Donne donc à ceux qui ont quelque chose à cacher, la came qui les fait sortir de leur tanière. Tu as vu le nombre de types qui reluquent les petits revendeurs de souvenirs, les morpions en haillons et les fillettes nattées ? Moi-même j’aime les mouflets à l’adolescence à peine entamée et j’ai toujours besoin de chair fraîche pour mon plaisir.

    — Mais…

    — Il n’y a aucun mais qui tienne, Monique ! Le fric que tu peux ramasser dans ce commerce bilatéral, assouvissement des fantasmes occidentaux contre le corps de crève-la-faim à la sexualité quasi intacte, est inimaginable. Alors deviens Rungis ! Arrête d’être une petite détaillante de viande qui vend du persillé. Si ce n’est pas toi qui le fais, d’autres le feront et il y a fort à parier, n’importe comment. Tu es rationnelle et méthodique. Prends-le comme un business. Tu seras surprise des tapis rouges qui se dérouleront sous tes pieds. Les bakchichs, c’est toi qui les distribueras ! Et dis-toi que tout le pognon dégueulasse que tu gagneras, te permettra d’investir dans des choses chouettes. Comme l’a dit un gars célèbre de chez toi, Danton, un mec qui s’y entendait pour faire rouler les têtes dans le panier : on ne détruit que ce qu’on remplace.

    19 mai 2015
    Par Mélanie Talcott
    Blog : L’Ombre du Regard

    Le monde est presque arrivé à son dernier matin. Là dans les bois, que du muguet qui se les gèle. Ouah, l’emblème du bonheur comment peut-il en corps bander au naturel quand tout est devenu gonflable ? La pt’ite pillule, c’est l’indispensable vie à gras dans c’te pénurie d’action du gonflement de sang. Pauv’ p’tit brin tes clochettes sont vides…

    Oui, si j’apporte cet impressionnant témoignage c’est poussé par l’espoir qu’il contient de par son dire. On nous vend du vent, comme si nous n’étions que des paumés de la nuit sans jour. L’Inde, je connais bien, c’est beau comme sale, ça pue comme c’est les rats d’un cinéma qui baise l’innocence par derrière l’intouchable. Les fumées d’en sang d’une âme de caste qui font rêver que les enfants de riches. Tiens nos candidats y doivent avoir trop fumé, après un si longtemps de programme, tout changer en vue du poteau, ça vous interpelle pas ? Sous la tribune où ils parlent, le sabre, et le tank doivent lever le foutre et le orties de leurs envies de pouvoir.

    Niala-Loisobleu – 1er Mai 2017

    Aimé par 2 people

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