l’art de se perdre


J’ai le droit de conduire ! Vous ne pouvez pas savoir quel sentiment de liberté cela procure. Ne plus attendre un taxi, ne plus faire en fonction des heures de bus, ne plus demander au chef de meute d’avoir l’extrême amabilité de me conduire. Fini ce genre de frustration.  J’ai enfin le droit de conduire et j’ai retrouvé aussi le droit de me perdre.

Se perdre est dans mes gènes, je me perds continuellement. C’est d’ailleurs bien connu dans mon entourage. Ma copine d’enfance, retrouvée cet été après de bien longues années, m’a détaillé le trajet pour me rendre chez elle avec une précision chirurgicale.

Un changement infime suffit à me désorienter. Si je roule de jour, de nuit, de pluie, un arbre coupé, une pelouse tondue différemment et, c’est systématique : je me trompe de route. Il m’arrive ainsi de drôles d’aventures et les enfants prennent toujours un kit de survie avec eux. Un trajet d’une heure peut être facilement doublé. Alors, on part en avance, au cas où…  Les jours de chance par contre, on peut arriver vraiment très en avance. Pour ça aussi, les enfants ont un kit de survie. Bref, on sait à l’heure à laquelle on part, mais jamais quand on arrive.

Ne me parlez pas de cette affreuse machine à voix humaine, qui vous coupe la musique pour vous dicter par où passer. Cette machine qui vous ordonne sans prévenir de « tourner à gauche ». « Mais pourquoi  à gauche ? »  « T’es sûre que c’est à gauche ? » « Quelle gauche ? »  Pour ensuite se retrouver avec en boucle des : « faites demi-tour immédiatement », qui vous font louper complètement  la chanson que vous adorez. Même Siri est plus amicale.

Alors, l’ado au bord de la crise de nerfs, m’a supplié d’utiliser google map, en employant des termes tellement élogieux sur cette application « faite pour les gens comme moi », que j’ai essayé. Toute confiante et super motivée, je rentre bien comme il faut, l’adresse de départ et celle d’arrivée.  Je me retrouve aussi sec avec comme indication de partir, à l’Ouest ! L’ado a certainement oublié de me dire, qu’il me fallait me munir de ma boussole, de mon sextant et de mon compas. J’avoue ne pas toujours les avoir sur moi.

Mais je plaide coupable, tout est de ma faute. En effet, j’étais en mode plan au lieu d’être en mode terre ou vice versa. Je n’ai pas tout suivi aux explications de l’ado entrecoupées de «ça n’arrive qu’à toi ».

De toute façon c’est bien connu, les machines ont toujours raison. C’est systématiquement notre faute à nous, pauvres humains, qui ne savons pas utiliser cette formidable technologie. Et les ados c’est comme les machines, ils ont toujours raison.

Donc, c’est décidé, je laisse tomber ces engins, les conseils de l’ado et je me fie à mon instinct. Il continuera à me jouer des tours, mais au moins je peux écouter ma musique peinarde et encore plus longtemps.  Et puis, finalement, cela met de l’inattendu dans nos habitudes et les enfants ont toujours l’impression de partir à l’aventure.

Et vous les amis, ça se passe comment quand vous prenez le volant ?

un jour j’irai à Alep avec toi


« Maman Line va faire le voyage jusqu’à chez nous et moi, je vais faire le voyage jusqu’à chez elle ». C’était le dernier projet scolaire de notre école en Arabie. Chaque enfant doit choisir un itinéraire,  doit voyager par voie terrestre et tenir un journal de bord.

Line et ma fille étaient dans la même classe depuis 5 ans. Elles ont appris, grandit et évolué ensemble. Elles sont des BFF comme elles disent : Best Friends Forever.

Ma fille part donc d’Al Khobar comme une grande. Elle traverse les grands espaces désertiques Saoudiens, fait un plongeon dans la mer rouge, visite les sites archéologiques de Tabuk et passe la frontière Jordanienne. Elle pose ses valises dans la belle Petra, passe par Amman, mais elle est finalement pressée. Elle veut arriver le plus vite possible à destination, et tant pis pour le devoir. Alors, elle franchit la dernière frontière.

Line l’attend sur le pas de sa porte. Elle est fière de faire les honneurs de son pays à ma fille. Le pays de Line c’est l’un des plus anciens berceaux de la civilisation. On y a découvert la première note de musique écrite. Son pays a développé très tôt l’art de cultiver, d’associer l’eau et le grain de blé. Ce qui a permis aux hommes de se fixer, de construire des maisons. Le plus ancien alphabet y a aussi été découvert.

Mais, vous avez compris que ce voyage en Syrie n’est qu’un devoir d’école, qu’un bout de papier. Il ne peut se faire que dans l’imagination de ces deux petites filles.

Pour de vrai, elles ont décidé de se retrouver dans la maison de Line, à côté de Melbourne.  Cet autre continent, l’Australie, où, elle est sa famille ont trouvé refuge.

De mon côté, j’espère que Line aura, encore et toujours, l’autorisation de rentrer en France. Quand elle viendra, on fera des gaufres avec beaucoup de chantilly et de nutella, elle les adore.

Seul le prénom de la copine de ma fille a été changé. Les deux jeunes aventurières existent pour de vrai et le devoir aussi.

ringard à 40 ans


J’ai une question à vous poser les amis de 40 ans ou des environs. Est-ce que vous pensez qu’à 40 ans on est ringard ?

C’est vrai que parfois l’on se sent décalé, dépassé, pas du tout dans le coup. Est-ce que cela nous classe direct dans la case des has been ?

Mon dictionnaire me dit qu’être ringard, c’est être bon à rien, c’est être démodé, dépassé.

Alors, à 40 ans, c’est quoi être ringard ?

  • Carla Bruni trouve par exemple, « que les jupes très courtes et les cheveux très longs sont souvent un peu ridicules après 40 ans. » Elle rajoute tout de même, histoire de ne pas se faire lyncher par une horde de furies quarantenaires : « mais encore une fois, cela dépend de la personne ».
  • Les piercings : Il semblerait qu’avoir un piercing après 40 ans vous fait tomber direct dans la ringardise absolue. Si en plus, vous osez mettre un t-shirt court pour  montrer,  au monde entier, celui de votre nombril, les amis, on ne peut rien pour vous.
  • Parler « djeun’s » : Les swagg, seum, OKLM, thug, boloss vous oubliez (vous trouverez la traduction à la fin). Tout comme finir vos phrases avec « grave ». Ca le fait pas, mais graaaaave.
  • Parler « vieux » : Ne commencez pas vos phrases avec «à mon époque », « avant » ou « de mon temps ». Evitez les expressions du style « quand il y en a marre, y a malabar », où «quand c’est trop, c’est tropicaux ».
  • 40 ans, sans travail, célibataire, sans enfants : toutes ces choses que la société estime que l’on doit absolument remplir à la quarantaine. Ne pas répondre à ces critères, fait d’un quarantenaire un ringard, aux yeux de la société.
  • Porter encore et toujours son bomber, son perfecto, ses convers, ses docs martens ou son jean troué aux fesses achetés en 1987.
  • Se faire appeler Mademoiselle. Le terme « mademoiselle » jugé péjoratif, a d’ailleurs, été supprimé des documents officiels depuis 2012 en France.
  • Mettre un bikini. Allez jeter un coup d’œil à l’article de Christine avec ses fabuleuses chroniques qui nous détaille ce que nous devons arrêter de faire suivant nos âges, selon un sondage Anglais.
  • Rigoler encore et encore sur les mêmes phrases cultes et l’expliquer aux «plus jeunes». Glousser quand on entend le prénom Régis. Reglousser quand on parle d’un doigt de whisky.  Demander à tes enfants de descendre tout en ayant envie de les appeler Manu et, s’attendre toujours à ce qu’ils répliquent, « mais pourqwoi fair’ ? ».

Et pourtant les amis, sachez qu’être ringard c’est la nouvelle mode. On appelle cela le phénomène Normcore qui est la contraction de normal et de hardcore. Des termes opposés qui militent pour un retour au non look, qui prône de ne plus suivre les tendances. C’est le retour à la simplicité et à l’authenticité.

L’image même du ringard a évolué. Avant être cool, c’était être jeune, avoir de l’appétit sexuel, prendre des risques, être un dur, ne pas montrer ses émotions, se rebeller. Ça c’était avant. Maintenant, une personne cool est plutôt une personne sympathique, sociable, gentille, amicale, séduisante, tendance, talentueuse, intelligente, ayant confiance en elle, faisant preuve d’humour et faisant du bénévolat. (étude parue dans le journal of individual difference). Au vue de cette définition je peux affirmer qu’à 40 ans, on est au top de la coolissitude.

Pour certain être ringard, c’est être romantique, c’est écrire sa liste de course sur du papier, faire du karaoké, porter un jean trop serré, écrire un blog, écouter Johnny Halliday, pleurer, … finalement, nous sommes toujours le ringard de quelqu’un et à tout âge. Non ?

A 40 ans on peut rire de ses imperfections et surtout à 40 ans on a arrêté de se soucier du regard des autres. A 40 ans, on sait que l’on ne peut pas plaire à tout le monde. A 40 ans, on apprend à gérer sa personnalité et à se respecter.

A 40 ans, on est certainement ringard, mais on s’en fou.

Et pour vous les amis, c’est quoi être ringard ?

 

traduction :

Swagg : être à la mode

Seum : être dégouté

OKLM : au calme

Thug : être un dur

Boloss : un gros nul, un bouffon

ma came


Drogue dure est un terme qui qualifie des substances à même de provoquer une dépendance psychique et physique forte.

Ma dépendance est à chaque fois unique, comme une perpétuelle naissance. Elle ouvre des portes, brise la glace. Il y a même un proverbe Chinois qui dit que trois fois par jour d’elle, suffit à rendre inutile tout médicament !

Il est indispensable à ma vie, c’est ma drogue dure.  J’en ai besoin tous les jours, plusieurs fois par jour. Soyons honnête, j’en ai besoin tout le temps.  Dès que je sors, je suis à sa recherche. Il est la première chose que je regarde chez quelqu’un. Je l’admire sur les personnes que j’aime.

C’est grâce à lui que je suis heureuse d’échanger quelques mots, de faire connaissance et de partager un apéro cosmique.

A chaque fois, il est unique et personnel. Il né d’une multitude de sentiments. Il peut être timide, franc, triste, perfide, admiratif, méprisant, enthousiasme, arrogant, tendre, respectueux. Il nous rend tout simplement humains.

Ces dernières années, je l’ai souvent deviné juste à la forme des yeux et aux ridules qu’il fait onduler. Juste parce que certaines personnes pensent qu’il est plus prudent de le cacher.  Vous voyez combien ma drogue est puissante.

En plus d’embellir la vie, ma drogue la facilite. C’est un langage universel. Grâce à elle, vous pourrez communiquer et comprendre l’autre, sans forcément parler la même langue.

Alors, j’espère les amis que vous êtes prêts à vous procurer ma came. Soyez sûr, qu’en plus d’une bonne bouteille de chez moi, j’en aurai pour vous retrouver autour de l’apéro cosmique de notre cacahouete cosmique Aizela.

« Le sourire est la perfection du rire. Comme la défiance éveille la défiance, le sourire appelle le sourire : il rassure l’autre sur soi et toutes choses autour. » Alain