terre lointaine


Cette odeur revenait en même temps que lui. Elle imprégnait ses cheveux, sa peau, ses vêtements, sa valise. Cette senteur inconnue, tout droit venue d’un autre continent pénétrait notre quotidien si sédentaire et l’envahissait de mystère et d’aventure.

Un beau jour, on a fermé la porte de la maison et nous sommes tous partis avec lui.

Une nouvelle vie dans une nouvelle contrée. Nous avons foulé le sol de ce monde  si différent du nôtre, avec comme seul repère, cette odeur. Ce mélange de particules de chaleur, de sable, de pétrole, de musc et d’épices.

A présent, cette senteur mystérieuse nous entourait, seule présence familière, et serait notre quotidien pour les cinq prochaines années.

Mais, quand j’ouvre à nouveau la porte de ma maison, qui reste à nous attendre la plus grande partie de l’année, elle aussi est là pour nous accueillir. Je me retrouve aussitôt enveloppée de cette odeur familière, rassurante et protectrice, alors, je sais, que je suis enfin chez moi.

 

Ce texte est ma participation très tardive à l’album senteurs 1 – la terre, de l’enchanteur blog A l’encre bleu lavande sous la plume de la talentueuse Marie.

trop la honte


«Vous êtes encore là ?», «Vous n’êtes pas encore partis ?». Répète-t-il en boucle avec une pointe d’agacement, un chouïa d’énervement et une touche d’exaspération. Comme c’est quelqu’un d’extrêmement bien élevé, nous n’avons pas eu droit au fameux « cassez-vous pauv’ cons ». Mais il ne fait pas dans la dentelle notre Ado avec nous, ses parents, à qui il doit tout : ses baskets, son téléphone, ses vacances au ski, ses stages, ses fringues et accessoirement sa vie.

Faut dire qu’il est stressé avec ses copains sur le point de débarquer. Ne me demandez pas combien de fois il a répété : «C’est quand que vous partez ?»

Pourtant, il  faisait moins le malin quand il avait deux ans, à hurler dès que nous sortions de son champ de vision. Toutes ces journées passées à travailler en culpabilisant, le cœur en miette, avec en tête ses cris et ses pleurs à mon petit babouninet si mignon, si câlin, si beau. Tout ça pour nous mettre quelques années plus tard, à la rue, comme des malpropres.

Le message est clair : les parents, quand on invite ses copains pour une boom, c’est trop la honte. D’ailleurs parler de « boom », c’est trop la honte aussi.

Moi qui pensais que la honte, c’était plutôt :

  • le jour, où ma fille, dans un restau bondé, est sortie des WC avec moi sur ses talons, en hurlant à ma copine : «tatiiiiiie j’ai fait caca et un gros ». Histoire, que même le restau voisin puisse profiter de cet exploit.
  • Ou la fois où l’ado petit, a dit bien haut, avec une articulation parfaite, grâce aux nombreuses séances d’orthophonies intensives : «Tu as vu maman comme elle est grosse la dame, énoooorme ! ». Histoire aussi de me prouver la richesse de son vocabulaire.
  • Ou toutes ces fois, que je ne compte plus, à se rouler par terre en hurlant, quand comme d’habitude, son affreuse mère a dit non aux bonbons, ou aux cartes Pokémons.

Mais, la honte suprême ce n’est donc pas tout cela. Non. C’est d’avoir ses parents sur le dos quand la bande de copains débarque.

En attendant, on fait un peu durer le plaisir. L’Ado est carrément en souffrance.  C’est en apnée, qu’il répète en boucle son maintenant fameux, «c’est quand que vous partez ?» entrecoupé de «oui, tu me l’as dit cent fois » d’exaspération, en réponse aux dernières recommandations.

Son stress, voir même son angoisse est palpable. Il veut éviter à tout prix la gaffe, que l’on ferra inévitablement devant ses copains.

On peut quand même jouer avec ces nerfs un peu. La honte ne tue pas, elle fait d’excellents souvenirs et on en rigole même. Après…

Ma honte suprême je ne la dois qu’à moi-même. Mais, j’ai des circonstances atténuantes : c’était l’été, il faisait chaud et je n’avais jamais mis les pieds de ma vie chez un ostéopathe, un kiné et consorts. J’avais donc mal à un poignet et ma copine me conseille d’aller voir un bon ostéopathe. Je laisse donc la tribu avec le Chef et vais à mon RDV. Un peu comme au Mc Do, j’arrive comme je suis…

Pour un simple poignet,  il me demande aussi sec, d’enlever mes vêtements. Sauf que. Les vêtements en question sont une robe dos nu. Je me suis donc retrouvée en petite culotte dentelle, devant un ostéo qui a fait comme si tout était normal.  A mon retour à la maison, le Chef de meute m’accueille avec un : « tu es allé chez l’ostéo comme ça ??? », suivi de ricanements.  Il aurait été plus judicieux de me le dire avant.

Je reçois aussi, dans la soirée un coup de fil de ma copine qui attaque avec un : « tu aurais pu me dire que c’était le remplaçant, j’avais ma culotte de mamie et j’ai eu la honte de ma vie». Le remplaçant en question est jeune, beau et joue au rugby. Moi, je me suis retrouvée quasi nue devant l’ostéo proche de la retraite. Alors question honte j’ai donné aussi.

Bref, mes copains me demandent encore souvent comment va mon ostéo…

Et vous les amis, c’est quoi la honte qui vous fait encore rire aujourd’hui ?

le sultan


C’est quoi au juste, la différence entre un Royaume et un Sultanat ?

Ce n’est surement pas la première question que vous vous posez au réveil, ni celle qui vous provoque des insomnies. Mais c’est quand même une bonne question. Non ?

Comme d’habitude, j’ai ressorti mon Larousse pour en apprendre plus.

Sultanat : Etat gouverné par un Sultan.

Royaume : Etat gouverné par un Roi.

Nous voilà bien avancés les amis. Quelle est donc la différence, entre un Sultan et un Roi ?

Le sultan est un titre porté par les monarques musulmans depuis environ l’an 1000. Tout comme un royaume, un califat, un émirat, un sultanat est donc une monarchie dirigée par une seule et même personne. Le sultan, par rapport à un roi, est donc, exclusivement Musulman.

Sultan Qaboos Bin Saïd Al Saïd est devenu le monarque d’Oman le 23 juillet 1970, en renversant son père. Contrairement à beaucoup de pays, ce n’est pas la société qui se bat pour avoir plus d’ouverture sociale mais, le sultan lui-même.  Il n’a eu de cesse que de sortir son pays de l’isolement et de la misère, en exploitant entre autres, le pétrole. Il a créé des infrastructures, des écoles, des hôpitaux, des universités, a modernisé son pays tout en conservant un joli équilibre avec les traditions. Pas de mall immenses comme en Arabie, pas de gratte-ciel géantissimes comme à Dubaï.

La femme y est mieux considérée que dans les pays voisins. Elle peut conduire, travailler, voter et être élue. Cela reste, malgré tout, une monarchie et, les partis politiques ainsi que toutes contestations sont interdits. La loi sur la presse stipule que tout imprimé doit faire l’objet d’une autorisation avant parution. Depuis 2000, les Omanais de plus de 21 ans peuvent voter pour un parlement qui n’a qu’un rôle consultatif.

Sultan Qaboos Bin Saïd a aujourd’hui 76 ans, c’est un homme élégant, cultivé. Il aime la musique classique et a construit un magnifique opéra à Muscat. Il aime aussi les chevaux et a de nombreux haras à travers le monde et notamment en France.  Il a offert un rond-point à la ville de Fontaine-le-Port en échange de la construction d’un souterrain, qui lui permet d’aller directement, de son château à son haras. Sa fortune est colossale, et même si personne ne sait réellement d’où elle  provient, il n’a pas dilapidé les richesses de son pays.

Le Sultan est un homme mystérieux qui apparaît peu en public. Néanmoins, tous les ans, il va de villages en villages à la rencontre de son peuple. Le Sultan est un monarque atypique car il est divorcé, sans enfants.  Il est aussi, pratiquement officiel qu’il soit homosexuel.

A sa mort, il incombera à la famille royale de se réunir et de choisir le successeur. Si dans les trois jours, ils n’arrivent pas à s’entendre, le conseil de Défense en choisira un, en se basant sur les deux noms, que le Sultan aura laissés dans des enveloppes scellées.

Il y a des affiches à l’effigie du Sultan partout. Il n’est pas rare de voir passer des voitures où il est inscrit «my sultan, my hero». Ce monarque pousse au respect pour ce qu’il fait pour son pays.

ce jour-là


Ce jour-là, je faisais une compote pommes et coings. C’est tellement bon le coing avec ce petit goût sauvage. Mais, il est si difficile à couper et à trier que j’étais super concentrée à ne pas y perdre un doigt ou m’ouvrir une veine.

Mon Iphone de l’époque s’est mis à vibrer une fois, puis deux, puis trois, puis de façon répétée et entêtante.

J’ai lâché mon couteau et, avec des mains collantes et dégoulinantes, j’ai attrapé ce troubleur de compote.

Une série de messages d’Europe 1, d’alertes. Et puis, des mots : morts, attaque, Charlie.

Je me lave les mains et allume BFM. Cette chaîne deviendra mon centre d’intérêt pendant des heures, des jours. Jusqu’à l’indigestion, l’écœurement, le dégout et la nausée.

Charlie à fait place à la traque des frères Kouachi. La traque à fait place aux défilés, à la peur, aux commémorations, à François Hollande et sa fiente de pigeon, à l’horreur, aux bougies, aux belles paroles, à l’espoir.

Le début d’une longue série qui, nous promet-on, n’est pas prête de s’arrêter.

Je ne me souviens plus si j’ai finalement terminé cette compote, mais je me souviens parfaitement de ce moment. Cette année encore, et, même sans piqûre de rappel de la télévision et d’internet, cette date raisonne en moi. C’est une date marquante, comme l’anniversaire de la mort d’une personne chère, comme un tatouage. Mon corps entier se souvient d’elle.

Ma mère me raconte souvent ce qu’elle faisait quand elle a appris qu’on avait marché sur la lune. Elle me le raconte, comme si c’était hier. Cette date fait partie maintenant de son histoire personnelle.

Des moments historiques qui rentrent dans le quotidien des anonymes et le marquent à jamais. Ces moments qui ne nous concernent pas directement mais, qui font partie de nous. Ces moments qui dépassent nos petites vies. Ces moment qui nous relient à l’humanité. Ces moments que nous revivons à l’infini comme si c’était hier.

Et vous les amis, vous faisiez quoi ce jour-là ?

je suis là


Le suspens a assez duré. Mon nouveau chez moi se trouve pas très loin de l’ancien. J’habite Muscat, Mascate en Français, qui est la capitale de ce tout petit pays. Mais, tous les pays semblent bien petits à l’échelle de l’Arabie Saoudite !

Petit pays par la taille puisqu’il ne mesure que 212 000 km, mais d’une richesse incroyable. D’ailleurs, ce n’est pas un pays mais un Sultanat. Il s’agit donc du Sultanat d’Oman, la perle du Moyen Orient.

Nous y étions venus en vacances, et, nous avions adoré ce pays. Les gens y sont accueillants, ouverts et cultivés. Il y a des paysages à couper le souffle. Le Sultanat est bordé d’un côté par l’océan Indien et de l’autre côté par une chaîne de montagnes qui raviront les adeptes de la marche et de la géologie. Ces montagnes renferment de véritables merveilles, comme des oueds, pour ne citer que cela.

Je suis toujours en cours d’installation, mais de temps en temps, une pause s’impose. Je partage avec vous quelques photos de nos virées. Juste pour vous faire découvrir succinctement ces paysages magnifiques. En attendant de vous en parler plus.

Sultanat d'Oman - ellea40ans.com

 

La fabuleuse vue de ma fenêtre au petit matin

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Le Sultanat côté mer

Sultanat d'Oman - ellea40ans.com
Le Sultanat côté montagnes

Je vous souhaite une belle journée les amis.

 

une belle et heureuse


Un déménagement c’est une aventure, et c’est pour moi une aventure sans internet.

Je profite d’un arrêt au Costa café pour vous souhaiter, mes chers amis que je n’ai jamais vu pour de vrai, mes chers amis dont je n’ai jamais entendu la voix, une merveilleuse année. Vous êtes devenus incontournables dans mon quotidien.

Alors, je vous souhaite pour cette nouvelle année plein d’aventures, des découvertes.

Je vous souhaite de vous réaliser dans vos passions, de l’imagination, de la fantaisie, de l’humour, des rires.

Je vous souhaite plein de poésies, de sensibilité, de grâce, de paix, de belles lectures.

Je vous souhaite des coups de cœur et des coups de gueule.

Je vous souhaite de l’espace, de la lumière et des beaux angles.

Je souhaite un beau bébé à toutes ces mamans qui souffrent de ne pouvoir pas l’être.

Je vous souhaite de la patience, de la persévérance et des jolis mots.

Je vous souhaite de la solidarité, de la générosité, de la compréhension.

Je vous souhaite d’être fiers de ce que vous êtes et de ce que vous faites.

Je vous souhaite des cris, du mouvement, du désordre, des rencontres, des jeux, de la joie, de la santé et du plaisir.

J’ai hâte de vous retrouver les amis.

A très bientôt