tout nouveau, tout beau


Aujourd’hui, j’ai changé de peau. Je me suis retrouvée dans celle du père Fouras, mais avec vachement moins de barbe. J’ai eu la lourde responsabilité du sage, du guide, du conseiller. En gros, la mission que j’ai acceptée, c’est d’expliquer le pourquoi du comment à la dernière recrue.

La nouveauté, c’est un peu, comme une naissance. Il faut se faire une identité et se construire. C’est du courage pour les uns, de l’inconscience pour les autres, mais, toujours un long cheminement pour celui qui le vit.

Vous savez, je le prends au sérieux, mon rôle. J’aide, mais je ne dirige pas. Je suis présente, mais pas intrusive. Enfin, j’essaie.

Depuis que j’ai 40 ans, je réfléchi beaucoup. Enfin, j’essaie. J’ai constaté, que me concernant, je passe par les mêmes phases à l’approche d’une nouveauté :

  •  La phase 1 : L’analyse. Tout mes sens sont aux aguets. J’observe mi-méfiante, mi-envieuse, mi-déprimée, mi à finir un pot de Nutella dans l’heure. Je reste cloîtrée dans mon observation à chercher des repaires, des appuis, des odeurs familières. Quelque chose qui me rappelle les chaussettes de mon ado. Des questions se bousculent dans ma tête : « Qu’est-ce que je fous là ? », « Dans qu’elle galère je me suis encore fourrée ? », « Dans quelle étagère ? ». Et puis, il y a les affirmations qui rassurent: « C’est juste provisoire ». Je sais maintenant que le provisoire peut durer au moins 5 ans.

 

  •  La phase 2 : L’Euphorie. Tout est nouveau, tout est beau, tout le monde il est gentil. C’est MERVEILLEUX. Vous vous sentez philosophe tout n’est qu’amour et joie. Il faut que votre bonheur saute à la face du monde et que ce monde vous réponde par des pouces levés en l’air bien haut !

Sauf que le bonheur c’est usant.

  •  Phase 3 : L’abattement. On a fait le tour et finalement. Finalement. Cette phase peut aussi s’appeler la phase des si : si j’avais su, si j’avais écouté ma mère où ma voyante où ma boulangère où ma voisine, si j’avais réfléchi, si ma tante en avait ce serait mon oncle (cela n’a rien à voir mais j’aime cette expression), si je n’étais pas si gourde (que vous pouvez remplacer par plein de mots de votre choix qui sont plus gros).

 

  • Phase 4 : La résistance. Il n’y a pas le choix. Il faut le faire pour les enfants, pour la famille, pour le banquier, pour la patrie. Alors faut s’activer, se changer les idées. Qui dit se changer les idées dit multiplier de façon exponentielle les activités annexes : sorties, couture, écriture, yoga, cours d’Arabe, et sa consommation de Nutella…

 

  • Phase 5 : Le Remix. Cela consiste à passer d’une phase à l’autre à la vitesse de la lumière. Le chef de meute qui ne vide pas la poubelle et pouf, c’est la phase 3. La tribu qui part toute une journée chez des copains, et c’est le retour de la phase 2. Toutes ces phases se mélangent, s’entrechoquent au fil des heures.

Je ne vous servirai pas du: « on s’habitue à tout ». C’est la phrase la plus laide du monde. Je ne vous dirai pas non plus, « contre mauvais vent il faut faire bonne fortune ». C’est pas terrible et, je ne suis pas sure que cette citation existe.

Je vais plutôt laisser la parole à ce grand philosophe, de surcroît très charmant, qu’est Nexusis : « Vous savez, moi je ne crois pas qu’il y ait de bonne ou de mauvaise situation. Moi, si je devais résumer ma vie aujourd’hui avec vous, je dirais que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seul chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée… Parce que quand on a le goût de la chose, quand on a le goût de la chose bien faite, le beau geste, parfois on ne trouve pas l’interlocuteur en face je dirais, le miroir qui vous aide à avancer. Alors ça n’est pas mon cas, comme je disais là, puisque moi au contraire, j’ai pu : et je dis merci à la vie, je lui dis merci, je chante la vie, je danse la vie… je ne suis qu’amour ! Et finalement, quand beaucoup de gens aujourd’hui me disent « Mais comment fais-tu pour avoir cette humanité ? », et bien je leur réponds très simplement, je leur dis que c’est ce goût de l’amour ce goût donc qui m’a poussé aujourd’hui à entreprendre une construction mécanique, mais demain qui sait ? Peut-être simplement à me mettre au service de la communauté, à faire le don, le don de soi… »

Et vous les amis, vous la gérez comment la nouveauté ?

Ndlr : Vous avez peut-être remarqué que, jusqu’à présent, j’écrivais mes amies au féminin. Suite à la remarque fortement justifiée de Laurent, mon lecteur homme Belge (j’espère ne pas l’avoir perdu), je vais donc à partir de maintenant, écrire la formule au masculin. Avec la grammaire, on ne peut pas discuter, mais dans la vraie vie nous n’avons pas dit notre dernier mot les filles !

19 commentaires sur « tout nouveau, tout beau »

  1. Moi,la nouveaute ,je suis pour. Que ce soit changer de region,faire repeindre son appartement ou etrenner une nouvelle coiffure….Quand ca s’use ,faut rebondir ,la vie est trop courte .Pourtant ,personne n’est plus fidele que moi : a mon Epoux ,a mon boulot-avant ma retraite ,autre changement ,chouette alors -a mes amities ….
    Le changement ( et le challenge) dans la continuite ,c’est la bonne formule en ce qui me concerne .

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  2. J’ai connu cela il y a 8 ans. Je me suis « expatriée » dans un département à 400 km de mon mari pour raison pro. Ce fut une année compliquée, j’était épuisé par ces retour de weekend. Bien sur ce n’est pas comparable à ce que tu vis, de plus je n’avais pas encore d’enfant. Mais tout de même, cela me fait réfléchir, est ce que je pourrais aller si loin, je ne sais pas. bisous.

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  3. Je saute souvent à pieds joints dans l’inconnu, avec la trouille au ventre. On ne vit qu’une fois, ma devise qui m’a valu des bonnes et de très mauvaises surprises (aussi – sinon ça ne serait pas marrant! Mes phases d’abattement sont brèves mais intenses. Je m’écroule aussi vite que je rebondis.
    Le Nutella aide pas mal dans ces cas là aussi.
    J’aime beaucoup ton article Stéphanie plein de bon sens et d’humour, avec la dose qu’il faut de sagesse (vive l’expérience!)
    Belle journée!

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  4. Je saute souvent à pieds joints dans l’inconnu, avec la trouille au ventre. On ne vit qu’une fois, ma devise qui m’a valu des bonnes et de très mauvaises surprises (aussi – sinon ça ne serait pas marrant! Mes phases d’abattement sont brèves mais intenses. Je m’écroule aussi vite que je rebondis.
    Le Nutella aide pas mal dans ces cas là aussi.
    J’aime beaucoup ton article Stéphanie plein de bon sens et d’humour, avec la dose qu’il faut de sagesse (vive l’expérience!)
    Belle journée!

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  5. Je me reconnais bien dans les phases 1 et 2. Mais comme je suis d’un naturel très optimiste et enthousiaste, je ne connais pas vraiment la phase de l’abattement, ou alors 5 minutes maxi. Cela dit, pour la prochaine nouveauté de taille (genre prochaine expatriation ou impatriation), je ne sais pas comment je prendrai la chose. Bien, j’espère ! J’adore la citation de Nexusis, et le pire, c’est que je suis assez d’accord avec ce qu’il dit 😀

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    1. Exactement comme toi Bibliblogueuse (et là je me rends compte que je connais pas ton prénom, nul !) Je fonce tête baissée et toujours super optimiste, quitte à remâcher tout ça un peu plus tard 😉 J’adore la nouveauté car ça permet d’atteindre mon objectif : vivre 10 vies en 1 ! Ceci étant, avec l’arrivée des enfants et l’expatriation (et peut être un poil de maturité à l’approche des 40 ans) je suis un peu plus dans la phase 5 de remix maintenant… J’y vais à pas un peu plus prudents car je ne suis plus toute seule dans le bateau…

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      1. Bien dit ! Quand nous ne sommes plus seuls sur le bateau on réfléchit un peu plus. Mais ça n’a rien à voir avec une quelconque maturité liée à la 40aine. Sans les enfants on ferait des trucs de fous même à 40 ans ! Moi là, je suis cap d’aller au bar et de me coucher à 10h. Bon, il n’y a pas de bar mais rien que d’y penser ca compte aussi, non ?

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  6. Je la gère mal la nouveauté… mais je fonce à chaque fois quand même ! avec la peur au ventre, mille questions en tête, mais surtout faut que je sache où sont les toilettes les plus proches, ça me rassure ! 😀
    Je déconne mais bon la nouveauté qui se profile c’est changement de région d’ci deux ans (je passe à l’ouest, le grand écart géographique quoi !) pour l’instant je mûris l’idée… je suis en phase 1.

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  7. Super article ! C’est exactement ça pour les phases ! Et aussi le pot de nutella… 🙂 En ayant lu ton article, je me suis dis que dans une ancienne vie, nous avons dû être jumelles…

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