je suis pas bête, moi


« Lulu ! vient voir ! » Hurle Lyly à sa sœur «papa et maman font du sexe en bas !»

Stop ! Je me dois de vous expliquer la scène : le chef de meute vient de rentrer du travail et, s’assoit sur mes genoux et sur mon livre pour faire l’idiot.

Du coup, nous aussi sommes tétanisés. Le temps s’est suspendu. C’est bien notre petite fille de 9 ans, notre petit ange qui vient de prononcer «sexe» ?

Pas remis de sa surprise et avec une pointe d’appréhension, le chef de meute se lance dans un interrogatoire.

Le chef de meute : «C’est quoi le sexe ? »

Lyly, qui essaie de cacher sa gène grandissante en faisant des roulades : «Je suis pas bête, moi ! C’est faire l’amour. »

Le chef de meute, qui commence à devenir tout pâle : «C’est quoi faire l’amour ? »

Lyly, la tête en bas ou en haut je ne sais plus : «Je suis pas bête, moi ! C’est quand le zizi rencontre la craquette (1)»

Le chef de meute, livide, qui a maintenant de grosses difficultés à respirer «Comment tu sais ça toi ?»

Lyly triomphante : «Mon frère»

Mais bon sang c’est bien sûr ! Encore un coup de l’ado !

D’ailleurs parlons-en de l’ado.

L’ado a passé tout l’été avec ses copains d’enfance. Notre expatriation n’a rien changé à la cohésion du groupe. Toute cette joyeuse bande est fan de rugby et, bien sûr, de chansons paillardes. J’ai passé l’été rythmé par ces refrains imagés et, parfois très riche en vocabulaire… Je pense alors, qu’ils ne comprennent pas un traitre mot de ce qu’ils chantent. Vous savez, comme quand on chante en Anglais.

Ces chérubins finissent souvent aussi leurs conversations en clamant : «Merci qui ?» «Merci Jackie et Michel !»  Moi pensant qu’il s’agit d’un gentil couple de chanteurs,  je regarde, attendrie, ces enfants, qui gardent leur complicité malgré la distance et le temps. C’est beau une telle amitié.

Sauf que.

Le chef de meute, dès son arrivée en vacances, m’apprend que, non, Jackie et Michel n’est pas la version duo de Patrick Sébastien. Que ce gentil couple a fondé un site sur internet non pas en enregistrant des chansons paillardes, mais, en filmant des couples en version intime. Stupeur, effroi.

Et si, ils comprenaient finalement, les paroles de toutes ces chansons ?

Mes enfants sont mes petits. Des êtres asexués. Je reste persuadée que pour mes filles de 9 ans cette notion de sexe doit rester floue et lointaine. Il en est autrement pour mon ado de 13 ans.

Pourtant, quelques indices,cet été, auraient pu me mettrez la puce à l’oreille.

Comme ce beau jour dans une rue de Londres. L’ado, qui a le sens de l’observation, nous a gentiment fait remarquer que nous étions en train de manger devant un étendard de sex-toys. Je vous passe la description de son ricanement.

De plus, quand l’ado a besoin d’info il va automatiquement où ? Sur internet bien sûr. Le chef de meute a le rôle attitré pour aborder ce sujet. Les conversations ne sont pas faciles, l’ado se sent toujours gêné et esquive autant que possible.  L’école en Arabie Saoudite évite, franchement, le sujet aussi. Notre but, c’est qu’il comprenne qu’il peut nous parler s’il le souhaite. Notre but, c’est que l’ado comprenne qu’il faut agir avec respect.

Ce n’est pas facile.

Vous êtes confronté à ce genre de chose vous aussi ? Comment faites-vous ?

 

(1) Crakette : nom propre. Très utilisé au sein de notre tribu, qui désigne le sexe féminin.

quand on a 40 ans


Quand on a 40 ans et des poussières, on n’est pas vraiment vieux. On est même franchement jeune, dynamique, positif et plein d’entrain.

Sauf que.

Je regarde très peu la télé, à part full house, comme vous le savez (voir  La fête à la maison) et, il a fallu que je tombe sur la pub de Bueno. Cette pub m’a jeté à la figure que j’ai mangé mon premier Bueno après mes 15 ans !

Aujourd’hui, je vais utiliser le «on» pour vous parler Chères Amies. J’ai vraiment besoin de me sentir moins seule face à ce terrible constat :

  • Quand on a 40 ans, on a utilisé les cabines téléphones pour de vrai et pas seulement comme urinoir. On gardait précieusement, toujours quelques Francs au fond de la poche. Comble de la modernité ou, ras le bol de se les faire vandaliser, ils les ont mises, en suite, à carte. Le prix de la communication variait en fonction du moment de la journée. Il y avait des heures rouges, blanches ou bleues.
  • Quand on a 40 ans, on était fier de se balader avec un walkman. A titre personnel, j’ai travaillé une bonne partie de l’été pour me payer la Rolls-Royce du walkman : un auto-reverse. La cassette de Wham passait toute seule de la phase A à la phase B et, ainsi de suite… tant qu’il y avait des piles, évidemment. A chaque changement de phase on perdait quelques dixièmes d’audition, tellement c’était bruyant. Il avait aussi la radio, mais, à part des grésillements qui m’ont fait perdre, aussi une bonne partie de mon audition, je ne captais pas grand-chose.
  • Quand on a 40 ans, on a frimé avec le Tam-tam ou le Tatoo. Il s’agit en fait d’un petit boitier qui vibrait quand un numéro de téléphone s’affichait. On arrêtait tout ce que l’on était en train de faire pour foncer trouver la cabine téléphonique la plus proche. Une fois la cabine trouvée, il fallait, souvent, faire la queue et attendre patiemment que les personnes de devant aient fini leur communication. On pouvait enfin rappeler, fébrile, ce numéro sans vraiment savoir de qui il s’agissait.  Nous avions, à l’époque, développé un réflexe : quand le Tam-tam vibre, tu cours !
  • Quand on a 40 ans, on a connu trois chaînes de télévision. Je vous assure, que le choix, bien que très restreint, n’était pas pire qu’aujourd’hui ! On a connu Michel Drucker bien moins jeune qu’aujourd’hui dans  Champs-Elysées. On se souvient de la révolution télévisuelle avec la naissance de Canal + en 1984 et de M6 en 1987.
  • Quand on a 40 ans, on a développé des techniques de camouflage et imaginé des excuses franchement plausibles dans le style «  aujourd’hui, à l’école, je me suis faite piquer par un boa constrictor et la maitresse m’a dit d’éviter tout contact avec l’eau ». Le but de tout cela : éviter la corvée de vaisselle et d’essuyage. On a commencé à voir l’arrivée du lave-vaisselle dans les foyers occidentaux qu’après les années 1980. Chez moi bien plus tard !
  • Quand on a 40 ans, on a regardé tous ces dessins animés au moment de leur sorti : Goldorak, les Merveilleuses citées d’or, Candy, Capitaine Flam, Albator, Bouba qui était encore qu’ours et pas rappeur, Il était une fois la vie, Inspecteur Gadget, Bibifoc, Ulysse 31, Tom Sawyer et on avait même pas de Bueno à grignoter.
  • Quand on a 40 ans, on carburait, aux malabars goût menthe ou fraise et c’est tout, au roudoudou et au pipas.
  • Quand on a 40 ans, on a même vu sa grand-mère regarder le premier épisode des feux de l’amour en 1989.

Je vous laisse continuer, mes Chères amies, la liste des quand on 40 ans… Bonnes journées à vous.

c’est trop facile


Par une belle matinée ensoleillée en attendant le bus (1) pour aller au mall (2).

Moi, en prenant un air vachement intéressé : « Alors, comment s’est passée la première rentrée de la petite ? » (NDLR : Petite qui a donc dans les 3 ans.)

L’autre maman l’air pas contente : « On n’est pas content, ils n’ont pas de devoirs et ne font que jouer à l’école. »

Moi, dans ma tête en prenant un air vachement outré « Comment ! Ils n’ont pas encore commencé le programme de chimie quantique ? Au prix où sont les écoles, c’est une véritable honte, un véritable scandale ! »

Moi, à la maman : « Ils font connaissance, ils apprennent  à vivre ensemble. Les devoirs viendront surement après ».

Moi, sauvée par le bus juste au moment où j’aillai l’aider à préparer les banderoles et, où j’allai proposer de venir m’attacher avec elle aux portes de l’école. Genre de chose plutôt dangereuse, voir inconsciente, dans un pays où les manifs sont totalement interdites.

Je suis montée dans le bus et, me suis assise. Un peu à l’écart. Je sentais que ma conscience avait un truc à me dire, et, que ça allait chauffer.

Ma conscience hyper énervée à moi : « C’est trop facile de te moquer d’une maman dont c’est la première rentrée de classe. »

Et qui reprend tel un boxeur prêt à m’achever : « C’est trop facile de te moquer d’une maman qui veut le meilleur pour sa fille. »

Et qui termine avec : « C’est trop facile de te moquer d’une maman qui vient d’un pays où 276 lycéennes ont été enlevées juste parce qu’elles allaient à l’école. »

Complètement assommée par ces trois vérités. J’ai compris. L’école est un lieu de vie, d’échange, d’ouverture aux autres et de partage. L’école est bien sur un lieu de sociabilisation pour ces touts petits.

Mais pas que ça.

Nous, parents, y rajoutons nos craintes, nos espoirs, notre histoire. Et cela se respecte. Je l’ai compris aujourd’hui et, je le respecte profondément.

Chacun rêve l’Ecole à sa façon, l’imagine avec ses espoirs, la colore avec ses projets. Il n’y a pas une Ecole mais, une multitude d’Ecoles. Le plus important dans toutes ces Ecoles, c’est cette chance de pouvoir y aller librement, en toute sécurité et avec respect des autres.

Je suis sortie toute groggy du bus.

On ne vous oublie pas - Bring back our girls
C’était le 14 avril 2014
  •  (1) Bus : nous vivons dans un compound. Une petite ville au milieu de la ville. Toutes les maisons, une centaine, sont identiques. A l’intérieur il y a des parcs, piscines, terrain de tennis, de foot, coiffeur, supérette. Tout cela entouré de hauts murs et gardé par l’armée. Les femmes peuvent s’y habiller librement et les enfants peuvent y circuler en toute sécurité. Le compound a mis en place un système de bus à heures précises pour apporter les femmes dans les mall.  Comme vous le savez en Arabie-Saoudite la femme ne peut pas conduire.
  • (2) Mall : immenses centre commerciaux où vous avez : cinéma, bowling, parc aquatique et j’en passe. En Arabie-Saoudite, tous les loisirs sont bannis. Les mall se composent d’un nombre incalculable de boutiques et de fast-food. Et puis c’est tout !

 

 

 

le Roi a dit


Le 23 septembre est le jour de la fête nationale en Arabie Saoudite. Oubliez les bals, les flonflons et les musettes. Mais, je vais trop vite et, avant de passer aux anecdotes parlons un peu des origines. En deux mots, n’ayez crainte.

Le royaume d’Arabie-Saoudite a été officiellement formé le 23 septembre 1932. Je vous passe le détail des guerres fratricides, mais le royaume est bien le résultat de nombreuses querelles familiales entre les Al-Saoud et les Al-Rashid. Je vous laisse deviner lequel des Al a gagné.

Il faut savoir que les autorités religieuses ont longtemps interdit cet événement. Dans un pays où la musique est interdite, on ne peut pas parler de fête comme nous l’entendons. Les Saoudiens pour l’occasion, pique-niquent sur la plage, ou, vont dans les centres commerciaux. Ils font donc, ce qu’ils font habituellement tous les  w. End.

Ce qu’il y a de particulier, ce sont les drapeaux qui flottent partout, les enfants sont souvent habillés de vert. On peut entendre quelques pétards par-ci par-là. Je pense avoir fait le tour des festivités.

Vous allez me demander pourquoi je fais un article sur un non-événement. Sachez que cette journée est particulière car elle est fériée. Sauf que. Cette année, comble du désespoir, le 23 tombe un vendredi ! Premier jour du w.End. La poisse totale, la galère.  Face à cette injustice calendaire, le Roi a déclaré en début de semaine que le jeudi 22 sera chômé. Le problème est réglé, tout le monde est content.

Je vous laisse regarder vos calendriers. Vous avez maintenant un argument pour demander à François d’arranger tout ça en cas de besoin ! Bonne journée les amies.

« et si on faisait un Monopoly? »


En voilà une idée qu’elle est bonne pour pourrir une soirée qui avait pourtant si bien commencée. Vous allez me demander pourquoi tant de négativité.  Et vous avez raison. Alors, je n’ai rien dit.

Nous voilà donc, tous attablés avec nos billets, nos envies de pouvoir, de fortune et d’hôtels. Mais, laissez-moi d’abord, vous présenter les différents protagonistes :

  • A ma gauche, mon fils. Celui qui faut avoir à l’œil.  Son envie de gagner est démesurée et il a tout d’un JR Ewing qui carbure au coca sec. Il attend la moindre faiblesse pour  me voler, MOI, sa mère. Et, toutes les occasions, seront bonnes. Je sais qu’il est capable, de me tuer avec le chandelier, dans le grand salon, sans aucun scrupule et sans le professeur Moutarde.
  • A ma droite, le chef de tribu, le Politicien. Il a de grands discours de justice et de générosité. Il a donc réussi à avoir la banque, et, ne manquera pas une occasion d’y piocher dedans. Bref, avec lui la pire arnaque se transforme en bienfait pour la communauté, qu’il ne faut pas manquer d’honorer.
  • En face, Lyly. Elle joue mais n’est pas super motivée. Elle préférerait faire des roulades et danser. Elle a accepté de se joindre à nous sous la pression dictatoriale de son politicien de père. Il lui a tant vanté les mérites d’une soirée jeux en famille, qu’elle a fini par céder pour qu’il se taise. Là aussi, je n’ai rien dit.
  • Re-en face Lulu. Elle est hyper concentrée, hyper honnête et toujours prête à donner un petit billet de 500 si l’un d’entre nous est à sec.  Elle déteste les tricheries et les injustices. Autant vous dire qu’elle est mal barrée.  Mais ne dit-on pas qu’il faut se méfier de l’eau qui dort ?
  • Et pour finir, moi. Je suis bien décidée à déglinguer mon fils qui la remmène fortement, et à dégommer le chef de tribu qui me fatigue avec ses discours. Ma stratégie : me mettre les filles dans la poche à coup de bonbons Haribo, histoire d’anéantir les deux autres rapidement.

Autant vous dire, que la solidarité familiale, n’est plus qu’une vague notion lointaine, évaporée dès la mise en place du jeu.

Bien sûr, il y a eu les glissages de case pour tomber miraculeusement, sur le terrain tant convoité.  Bien sûr, il y a eu des auto-octroiement de remises de peine ; un tour en prison à la place des trois légaux. Bien sûr, il y a eu les arnaques à la banque. Mais, vous allez me dire que tout cela fait partie intégrante des règles du Monopoly, et, je suis d’accord avec vous.

La partie s’est donc déroulée sans surprise. Je me suis aperçue au bout d’un temps certain, que mon cher fils m’avait au moins volé 700. Je n’ai, alors, eu de cesse que de lui faire la peau. Le chef de tribu, entre deux discours d’honnêteté n’a pas oublié d’améliorer son patrimoine à l’aide de la banque. Lyly a usé du bon vieux stratagème nommé « pause pipi » pour ne pas revenir. Lulu a, calmement, mené son empire vers la victoire. La fin du jeu a été précipitée dans les airs. Il a donc, été difficile de faire un comptage exact de son patrimoine. Complètement acculé, mon cher fils a eu la riche idée de faire voler le plateau.

C’était une belle soirée en famille, de partage, d’échange et de communication. Bref, c’est bien ce que je n’avais pas dit.

Mes chères amies, vous arrivez à jouer au Monopoly comme des êtres civilisés, vous ?

 

Vivre d’Ipad et d’eau fraiche


Mes Chères Amies le diable est maintenant chez moi, et, c’est moi qui lui ai ouvert la porte avec bougies, gâteaux et chanson. Mes filles ont vu le rêve d’une vie de 9 ans devenir réalité, et moi, j’ai lu dans leurs yeux qu’elle  mère formidable, fantastique, géniale, extraordinaire, je suis j’étais. Tout avait donc commencé dans la joie, l’allégresse, la communication et les promesses. A cette époque, tout le monde scandait ces phrases avec conviction :

« Oui maman le code, nous te donnerons. »

« Oui maman au couché, nous ne le prendrons pas. »

« Oui maman les tables de multiplications, nous téléchargerons. »

« Oui maman tout notre temps, nous n’y passerons pas. »

C’est bien connu, l’enfer est pavé de bonnes intentions et de confiance absolue en ses enfants. Ne me demandez pas combien de temps il a fallu pour qu’elles passent du côté obscur de la force, je ne saurai le dire. Mais ce fut rapide. Très rapide. Tous les moments sont devenus propices à se ruer dessus. Le brossage de dent se fait même en sa présence. Je ne pense pas qu’elles aient poussé le vice jusqu’à le prendre sous la douche, mais je ne peux pas vous le certifier non plus. Concernant les WC, je suis sûre qu’il est de la partie.

Quand j’ai l’outrecuidance de leur faire une petite remarque pour leur rappeler qu’il y a une vie pour de vrai, un monde réel autour d’elles, je finis par avoir comme réponse : «Relax maman, c’est Summer time ».

Sauf que l’été c’est fini et que maman n’est plus relax du tout. J’ai donc décidé de prendre l’ipad par les cornes. Bref d’attaquer la tablette à la racine.  Pour le moment, je fais dans l’amateurisme et je n’ai pas encore contacté d’exorciseur ou, mieux, super Nanny.

Mais j’ai un plan d’action, que je peux résumer en trois points :

  1. Je kidnappe les tablettes tous les jours à 18H et je les restitue le lendemain suivant le planning du matin et l’humeur générale. Vous comprenez combien cela peut être très variable…
  2. Durant la journée, quand le kidnapping demande trop d’effort d’investigation, je coupe le wifi. C’est radical pour voir débouler deux furies, les yeux injectés de sang, un filet de bave à la bouche vociférant des paroles inaudibles. Je suis direct projetée sans Rick, au milieu de zombies prêts à m’égorger.
  3. Vous savez que la fin justifie les moyens, je les soumets aussi à un chantage horrible. Je leur demande de lire. Des vrais livres avec des vrais mots qui font des phrases et qui  deviennent une histoire. Des livres où il faut même tourner les pages. Chantage qui a un fonctionnement super simple : tu lis, tu ipades – tu lis pas, tu ipades pas.

Autant vous dire que la joie l’allégresse et les yeux débordants d’amour sont un peu moins d’actualité.

Pas besoin d’être une fin limier pour comprendre que Dolto n’est pas mon livre de chevet et que ce plan n’en est pas vraiment un. Rassurez-vous quand même, Chères Amies, je n’utilise pas que, la manière forte. Je leur propose aussi diverses activités : peinture, sculpture, cuisine, couture… Elles sont vraiment ravies.  Et pendant que je range et nettoie elle en profitent pour filer. A votre avis pour faire quoi ?

Vous avez des conseils pour arriver à mieux gérer ce diable de tablette ?

 

 

un p’tit coin


Mon retour est trop frais pour que je puisse aborder quoique ce soit de consistant, de profond. Et pourtant, vous avez remarqué,  fidèles amies, combien la profondeur et la consistance sont les maîtres-mots de ce blog. Mais aujourd’hui, je ne peux pas. Mon être est envahi par la chaleur, la poussière, la nostalgie et les bagages.

Alors, allons plutôt faire un petit voyage avec la machine à remonter le temps. Direction, notre petit cottage trop mignon dans la campagne de Bath en Angleterre.

Le petit cottage Anglais est petit, trop mignon et très fleuri. Pour une description digne de ce nom, merci de vous remémorer deux ou trois épisodes d’Hercule Poirot ou, mieux, de Miss Marple. Comme vous l’avez compris j’ai encore de grosse difficultés à atterrir, ne comptez, donc pas sur moi aujourd’hui, pour des envolées lyriques.

Ce petit cottage so british  donne immédiatement des envies de boire du thé avec de la bière. Qui dit thé avec bière dit, pipi ! Et, c’est donc ici, que la machine à remonter le temps s’arrête : dans les WC de mon petit cottage trop mignon.

Cette merveille se trouve à l’étage et, est pudiquement cachée sous un caisson de bois. Mais la découverte ne s’est pas exactement passée dans la quiétude d’une bonne dégustation  de thé-bière. Ma conscience de blogueuse me susurre, que je ne peux pas laisser mon état léthargique vous raconter n’importe quoi.  Vous méritez la vérité, et, la vérité est ailleurs, du côté de la tribu.

La tribu après avoir goûté aux joies de la route à gauche pendant de longues heures, arrive, fourbue, excitée et shooté aux jelly bean. La contemplation du joli petit cottage Anglais trop mignon n’est pas la priorité car une lutte acharnée a commencé : qui sera le premier aux WC ?  Là où la tribu passe l’herbe trépasse, mais ils ne trouveraient pas de l’eau à la mer. Cela, n’a donc pas été une surprise, de les voir surgir, bredouille en hurlant qu’il est hors de question de passer le séjour à aller dans le jardin ! Fraichement envahie par le flegme Britannique, je me mets à chercher sûrement mais, sans empressement l’objet de tous les désirs. Parce qu’on est bien d’accord, il y est hors de question d’aller dans le jardin !

Comme vous l’avez peut être compris notre cottage est trop mignon mais aussi petit et je suis rapidement  tombée sur le joli caisson de bois renfermant l’objet de toutes les convoitises. Le flegme Britannique a laissé place à la fougue d’Indiana Jones quand il découvre le Graal. Quelle joie de découvrir ce joli petit caisson et son trésor à l’intérieur ! Même accompagnée d’Indiana Jones et de James Bond, mon esprit vif flaire le danger. Il est trop mignon ce petit caisson qui ne s’ouvre que par le haut mais pas super hygiénique. Les garçons ont donc, aussi sec l’ordre de, soit se mettre à bien viser, soit d’aller dans le jardin !

Cette aventure m’a fait prendre conscience que l’on ne décore pas suffisamment cette pièce au combien importante de la maison. Faisons preuve d’originalité jusque dans nos WC !

Bref, les amies tout cela pour vous faire un petit coucou d’Arabie.  Bonne journée à toutes.

Même pas triste


Je connais précisément mon poids + 23 kg. Vous allez me demander chères amies qu’elle est cette nouvelle lubie ? Et bien cette lubie, je la dois à Air France, et, elle a déjà 5 ans. « Que le temps passe vite ! » Comme le répète ma mère, et, qu’à mon tour je rabâche allégrement. Bref, ma santé mentale n’est pas le sujet de cet article et vous avez deviné que pour nous, c’est le moment de repartir.

Il faut savoir qu’il y a  quelqu’un qui ne me quitte pas quand je fais mes valises. Il s’agit bien sûr  de Dorothée. J’ai mis dans ma valise, trois ou quatre kilos de livres, de la levure, du sucre vanillé, des médicaments, des rillettes de poissons, des cadeaux pour les copines, du foie gras, des tielles et des chaussettes rouge et jaune à petits pois. Vive le club Dorothée !

Tout ça, sans dépasser les 23 kg que nous accorde généreusement Air France. Parce que 23 kg ce n’est pas 23,3 kg. Difficile de négocier au moment de l’enregistrement et, c’est assez humiliant d’ouvrir les valises pour transvaser trois slips et trois conserves d’une valise à l’autre. Il est donc important d’être précise dans sa pesée.

En faisant les valises et en chantant, j’ai le temps de réfléchir et de prendre de bonnes résolutions. Cette année, j’ai décidé d’être insensible, forte comme un roc, dure comme la terre de mon jardin après trois mois de sècheresse. Je ne pleurerai pas, je n’aurai pas le cœur en miette, le ventre noué, une boule à la gorge. Je reste positive avec ce que je quitte et ceux que je ne retrouverai pas à mon arrivée en Arabie Saoudite.

Cette fois, je vais laisser les larmes. Les au revoir ne seront que joie et tendresse avec le sourire et le regard pétillant. Cette fois, je vais partir joyeuse, gaie, pleine d’entrain, de projets et surement un peu ivre. Un petit coup de pouce n’est pas à négliger.

Le départ est demain et la force sera avec moi.

Alors même pas triste, même pas peur, même pas mal.

Pour celles qui ne connaissent pas nos fameuses Tielles Sétoises :  Elles ont été imaginées dans les années 30 par une italienne pour utiliser les poulpes qui ne se vendaient. Elle en a donc fait une tourte. Si vous voulez la recette je vous conseille d’aller voir le site « c’est très facile à faire » recette de tielle.

Croyez moi à l’apéro c’est un délice.

Mon Salagou, mon amour


Une fois n’est pas coutume, et aujourd’hui, je vous présente un article-reportage. Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de la reproduction de l’écrevisse. J’aurai pourtant pu le faire, tant le lieu dont je veux vous parler en est truffé. Je vais plutôt vous parler d’un petit bijou qui se trouve tout près de chez moi, un lieu magique et unique : le lac du Salagou.

J’aurai pu vous dire que lac du Salagou est artificiel qu’il a été mis en eau de 1964 à 1969. J’aurai pu vous dire que  le but de sa création était de diversifier et favoriser l’agriculture locale et qu’il a recouvert plusieurs communes avec sa superficie de 750 hectares.

J’aurai pu vous dire qu’il est réputé pour les pêcheurs, les vététistes, les amoureux de la randonnée, de la voile, de la nature et de la géologie. J’aurai pu vous dire aussi que c’est un havre de paix, les bateaux moteurs y sont interdits, que l’on peut y observer des empruntes de dinosaures, des cigales, des poissons, des oiseaux, des écrevisses.

J’aurai pu vous dire que son sol rouge est appelé la ruffe ce qui lui donne un aspect magique. J’aurai pu vous dire que certaines célébrités se sont appropriées sa magie : RRRrrr d’Alain Chabat, Narco de Gilles Lellouche et Tristan Aurouet, Toutes nos envies de Phillippe Loiret, Fucking Fernand avec Jean Yanne, Zone rouge avec Sabine Azéma.

J’aurai pu vous dire qu’une publicité célèbre que les moins de 40 ans de peuvent pas connaitre a été tournée au Lac du Salagou   Royal Canin, que Soprano y a tourné clown.

J’aurai pu vous parler de la légende qui raconte que l’on peu entendre le bruit du clocher des villages engloutis certains soirs. J’aurai pu vous parler d’histoires qui font peur aux enfants, des histoires de têtes coupées retrouvées au lac.

J’aurai pu vous dire tout ceci mes amies, mais vous pouvez facilement trouver tout cela sur le net.

Alors, j’aurai pu vous raconter tous les souvenirs que j’y ai. Des souvenirs de mon papa avant et pendant la mise en eau, des souvenirs de moi enfant, de mes virées adolescentes avec ma bande, ma mobylette et mon casque au coude, de mes enfants, de mes ballades mais je pense que ça aurait pu être un chouia ennuyeux.

Alors, une seconde fois n’est pas coutume. Je ne vais rien dire. Je vous laisse découvrir ces paysages enchanteurs.

Mon lac du Salagou Elle a 40 ans

Mon lac du Salagou Elle a 40 ans
Faire des ricochets

Mon lac du Salagou Elle a 40 ansMon lac du Salagou Elle a 40 ans

Mon lac du Salagou Elle a 40 ans
la chapelle des Clans qui favorise les amours

Mon lac du Salagou Elle a 40 ansMon lac du Salagou Elle a 40 ans

Mon lac du Salagou Elle a 40 ans

 

Mon lac du Salagou Elle a 40 ans
Et puis vous pouvez faire de belles rencontres en plus des cigales et des écrevisses. Ici les rugbymans de Montpellier.  Vous comprenez peut-être mieux ma passion pour le paddle.

Vous avez compris les amies que je ne travaillerai jamais dans une agence de voyage mais j’espère vous donner envie de découvrir ce lieu sauvage et féerique.

J’ai 40 ans. Levez la main droite et dites je le jure


L’employée chargée de mon dossier me demande brutalement mon âge. Ce à quoi je réponds du tac au tac, 40 ans. La même employée, devenue hyper soupçonneuse, me demande alors ma date de naissance et, aussi sec me renvoi : «Vous n’avez pas 40 ans mais 41 ! ». Pas la peine que je compte sur mes doigts pour comprendre qu’elle est dans le vrai. Je n’ai pas 40 ans mais 41. J’ai certainement bredouillé quelque chose mais mon esprit était déjà loin de ce bureau. Loin de là, en train de préparer une défense béton pour justifier, ce que je qualifierai en aucun cas de mensonge, mais plutôt, d’omission non libérée de ma part.

Je connais un bon neurochirurgien qui bosse à Seattle, des experts, mais rien coté avocat. Je vais donc préparer ma défense, aidée de quelques amis, dont un, qui a choisi de rester dans l’anonymat.

  1. Sachez Madame la juge, que j’ai toujours eu du mal avec les chiffres. Il faut avouer que 40 c’est plus facile à retenir que 41. Surtout, que me connaissant, je vais à peine me souvenir de 41, que j’en serai déjà à 42 et ainsi de suite. Vous comprenez maintenant, Madame la juge que c’est une simple question de praticité ou un début d’Alzheimer qui me pousse à répondre systématiquement 40 ans.
  2. Madame la juge je tiens à préciser que même si je réfute toute accusation de mensonge volontaire sachez que Lucille Ball conseille : «  le secret pour rester jeune est de vivre honnêtement, manger léger et mentir sur votre âge ». A priori le point que je dois améliorer c’est l’alimentation.
  3. Je suis sure, Madame la juge, que vous connaissez, mon blog « elle a 40 ans » qui est mondialement connu. A force de voir « elle a 40 ans » écrit sur mon blog partout je me suis mise à  crier haut et fort « J’ai 40 ans »! Ceci renforce la théorie de Pavlov mais, n’est en aucun cas, un signe de démence précoce.
  4. Quel intérêt aurais-je à mentir volontairement ? Vous savez bien qu’il n’y a rien de plus subjectif que l’âge. Mohamed Ali a, d’ailleurs dit « Votre âge est, ce que vous pensez qu’il est. Vous êtes vieux comme vous pensez l’être ». Si je m’écoute Madame la juge, j’ai encore 20 ans, mais je ne suis pas Arielle Dombasle. J’aurai du mal à vous le faire croire.
  5. De plus, Madame La juge, je vous demande d’écouter Pablo Picasso qui nous dit que « cela prend du temps de devenir jeune ». Vous comprendrez donc que je n’ai aucun avantage à taire les mois de notre discorde. Ils me rapprochent d’une seconde jeunesse et j’ai hâte de chasser des Pokémons chaussée de mes nouvelles Vans flambant neuves.
  6. Pour finir, Madame la juge, je vais reprendre les propos de John Barrymore : « Un homme n’est vieux que quand les regrets ont pris la place des rêves ». Vous trouverez comme pièce à conviction ma liste de rêves. Elle vous prouvera que les quelques mois que j’ai omis ne sont réellement que des poussières sans importance. Sachez, Madame la juge, que même si le temps presse, même si il est un peu court, si les années qu’on me laisse ne sont que minutes et jours,  j’irai jusqu’au bout de mes rêves.

J’espère, Madame la juge, que vous êtes convaincue par ma plaidoirie et je voudrai laisser maintenant, la parole à mes amies afin qu’elles témoignent en ma faveur.

Je souhaite aussi remercier mon ami célèbre qui m’a activement aidé.