encore juste une bonne idée


Comment les ignorer toutes ces formes vagues, sagement assises directement sur le sable ou, au mieux, sur un tapis ?

Elles ont toutes le visage camouflé de noir et dirigé vers l’horizon. L’horizon c’est la mer. L’horizon ce sont les enfants qui jouent dans l’eau. Ils s’éclaboussent, poussent des cris de joie. Ils s’amusent.

Elles restent sagement assises comme des status. Status difforment emmitouflées de noir.

Seule leur imagination à le droit de courir dans les vagues, jouer avec les enfants et trouver un peu de fraicheur.

Peut-être regardent-elles plus loin les hommes nager ou faire du scooter de mer. Elles imaginent peut-être l’air marin, les gouttes d’eau qui viennent asperger leur visage.

Il y a quelques statues que la chaleur écrasante a finie par dresser. Elles se tiennent droites devant l’étendue d’eau. Toutes proches des rires. Juste toutes proches.

En Arabie Saoudite il y a des plages grandes mais pas belles. Elles sont sales de détritus en tout genre. Elles sont pire que pas belles. Elles sont cruelles pour ces femmes bâchées sous leur abaya et  clouées sur le sable.

En France on a des plages magnifiques. Les femmes s’amusent, y rient, jouent. On y voit des visages radieux et des corps halés. On y mange des glaces, on y fait des châteaux de sable. Et le soir venu, on retourne à la maison où sous la tente tout plein de sable et de bonheur.

J’habite un pays où je n’ai pas le choix. Je dois me plier à des règles injustes et avilissantes dictées pas des hommes (vive le sport).

Je viens d’un pays où l’on vit heureux. Enfin, où l’on vivait heureux. Avant toutes ces morts injustes, cruelles et révoltantes.

Je viens d’un pays où l’on vivait heureux avant que l’on décide que la meilleure façon d’arrêter ces horreurs c’est d’empêcher des femmes de jouer librement dans l’eau.

Juste encore une bonne idée injuste et avilissante pour les femmes.

Ma vie sans ma pomme


Vous connaissez surement, les amies cette célèbre phrase « un seul être vous manque et tout est dépeuplé ». Et bien, j’ai perdu mon fidèle compagnon, mon plus proche, celui qui partage mes journées, mes nuits. Celui qui m’accompagne partout.

Le matin, je tends désespérément le bras, et, tâtonne frénétiquement autour de moi pour le trouver. En vain. Toute la journée, je sursaute à la moindre sonnerie, et, regarde avec envie les personnes qui ont le bonheur de l’avoir encore auprès d’elle. Sans lui je ne suis plus rien, ma vie n’est que frustration. Sans lui ma vie n’est qu’un éternel « j’peux pas » :

  • prendre vite une photo du ciel azur de Londres avec ce petit nuage tout mignon,
  • publier sur facebook des informations capitales, et en temps réel, de ce que je mange, avec qui et où,
  • whatsapper frénétiquement avec ma voisine,
  • regarder dans la cabine d’essayage l’état de mon compte avant d’acheter cette petite robe,
  • noter rapidement cette idée géniale dont vous aurez droit dans quelques jours,
  • me changer les idées en regardant les bonnes nouvelles venues des quatre coins du monde.
  • Chercher ce que « BFF » veut dire en Anglais avec mon Larousse.
  • Regarder la météo.

Comme pour tout ce que l’on perd il est devenu le meilleur, le plus beau, le plus fort. Je suis tout émue quand je pense à lui. Pourtant les amies je dois vous confesser quelque chose. Quand il était encore avec moi il m’énervait et je râlais souvent contre lui. Il n’était pas assez rapide, ses photos n’étaient jamais assez bien pour moi. Comble de l’horreur, je voulais  le remplacer par un samsung plus jeune plus performant. Aujourd’hui, je ne suis pas fière et je me sens coupable.

En plus de tout cela je me sens idiote. Idiote de me sentir perdue et frustrées sans lui. Idiote de mettre ma vie dans un si petit machin. Idiote de parler de lui comme de mon fidèle compagnon alors que ce n’est qu’une pomme.

Alors, j’essaie d’avancer. Je me dis que si je l’ai perdu, c’est surement mon destin qui l’a voulu ainsi. C’est ma chance d’inventer une nouvelle vie et d’être l’héroïne du nouveau Musso. Guillaume et moi on l’écrira ensemble mais on changera le nom de l’héroïne. Stéphanie ça fait trop commun pour une aventure aussi fabuleuse. Bref, c’est donc surement un signe.

Pour changer de vie mais pas d’habitude (à quarante ans on ne change pas ses vieilles confitures et, avec Guillaume on changera aussi l’âge de l’héroïne), il suffirait que je mette dans mon sac un carnet, un stylo, un appareil photo, une caméra, un dictionnaire anglais-français, le journal et passer au moins trois heures chaque jour avec ma voisine. Il me faudrait aussi écouter les messages de mon banquier furieux.

Mise à part un petit tassement de vertèbre ce n’est pas si difficile une vie d’héroïne. A moi la liberté. Libre, de  vivre sans avoir à plonger dans mon sac au moindre bip. Libre, de profiter de ma vie sans qu’il m’importune. Libre, du joug d’une batterie déchargée (vous pouvez aller voir ma mésaventure  Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire !). Libre de ne plus retourner la maison pour le trouver. Et puis je vais rajeunir. Je vais maintenant vivre comme avant toutes ces pommes ou consœur dans notre quotidien.

Voilà ma nouvelle vie mes amies. J’ai perdu ma pomme mais gagné une gloire future auprès de Guillaume et un monde de liberté à explorer.

Et vous les amies votre pomme ou consœur représente quoi pour vous ? Vous vous imaginez une vie sans ?

La  célèbre phrase du début est tirée d’un magnifique poème d’Alphonse Lamartine L’isolement écrit à la mort de sa femme.

 

C’est quoi ce truc qui pique ?


Le chef de meute étant enfin en vacances, nous avons décidé de nous retrouver en Angleterre. Dans un premier temps à Bath,  et pour finir, dans la capitale Londonienne.

Après tout quoi de plus normal que d’avoir des envies de nature verdoyante, d’odeur d’herbe mouillée et de grand air quand on passe l’année sous 45°C dans un décor désertique ?

De plus, les enfants sont à l’école Anglaise. Ils baignent toute l’année dans cette culture sans jamais y avoir mis un pied. Oh sugar ! (vous trouverez la traduction à la fin). Nous balayons donc cet affront à la couronne.

Avec ce voyage  nous retrouvons quelque chose qui était profondément enfoui dans notre cerveau reptilien, une vague notion très lointaine : le froid.

Parce que même si le soleil est là (et oui tout arrive) il  ne fait que  22° dans la journée avec des minimales que je préfère ignorer.

Donc, pour une famille de Sudiste vivant en Arabie Saoudite nous frôlons l’hypothermie. Je ne me rappelle pas la dernière fois où j’ai eu froid autrement qu’à cause d’une climatisation à 19°C dans un magasin Saoudien.

Il faut savoir que le froid on le vit par procuration devant notre poste de télévision mais sans les pigeons (si vous ne suivez pas l’allusion, merci de faire une réclamation) :

  • On s’attable virtuellement, la bouche pleine de charcuterie et de fromage, en riant et en s’exclamant avec les autres : « Entremont c’est autrement bon ».
  • On regarde les gens se blottir contre leur bol fumant de soupe Royco.
  • On y envie les familles qui se réunissent sourire aux lèvres autour d’une belle cheminée et d’un bon Kinder,

Mais, la réalité est tout autre. Le froid s’immisce partout, à commencer par les pieds. Je découvre avec stupeur que des baskets en toiles ne l’arrêtent pas. Qu’à cela ne tienne j’ai fait l’acquisition de chaussettes qui se sont avérées totalement inesthétiques et inefficaces. Mes orteils se retrouvent juste oppressés dans cette boule mais, en aucun cas, au chaud. Pour continuer dans les looks improbables, mais après tout nous sommes Angleterre, les enfants ont opté pour la doudoune d’hiver où seul le nez dépasse mais, ont tenu quand même, à garder leur short.

Pendant que notre corps lutte avec acharnement contre le froid, les autochtones, eux, sont en version summer (traduction en fin d’article). Un monde vestimentaire nous sépare donc. Même si je ne vous parle  pas du problème hautement épineux qu’est le burkini et le bikini, il s’agit aussi d’un choc culturel.

Un rayon de soleil suffit à faire descendre tout le monde dans la rue en short, jupe à fleurs, débardeur rayé, chapeau et flip flop (traduction toujours à la fin). On peut même arriver à trouver tous ces vêtements sur une même et seule personne ! Un rayon de soleil et tous les coins de pelouse sont pris d’assaut avec bières et téléphones.  Histoire d’immortaliser ce précieux moment.

Quand à moi, je termine péniblement cet article entre deux ballades, deux visites et deux bières thés et j’ai l’impression qu’il fait moins froid.  Les enfants ont lâché les doudounes, je ne sais plus où sont mes chaussettes et j’ai même mis un T-shirt et, ai ressortit  mes lunettes de soleil ! Comme quoi le choc des cultures n’est pas insurmontable. Il suffit d’un peu de temps, de compréhension et de bonne volonté mais là je m’éloigne du sujet…

Je vais continuer mes ballades sous le soleil de Bath. Je vous souhaite une belle journée les amies.

Traduction :

  • Oh sugar : traduction littérale : ho sucre !  Expression régulièrement utilisée par ma copine parfaite anglaise que l’on peut remplacer en Français par : flute, mince, diantre ou crotte de bique. Vous voyez quoi.
  • Summer : c’est la saison de l’été. Pour les Anglais il s’agit d’une température supérieure à  19°C avec du soleil. Dans le Sud on appelle cela une belle journée d’hiver.
  • Flip flop : Ce sont ce que l’on appelle les claquettes. Quel bruits font les claquettes quand on marche ? flip et flop. Le baptême a ainsi été fait. Ils sont forts ces Anglais !

 

 

Quand y en a marre


Vous allez me demander pourquoi tant de haine ? Mais sachez qu’elles  peuvent vous foutre en l’air une sieste. Et si il y a bien une chose sacrée dans le Sud avec l’apéro et la pétanque, c’est bien la sieste.

Et puis, elles tournent continuellement, se posent sur tous les aliments, se noient dans vos boissons, salissent tout. Ces satanées mouches ne nous lâchent pas. C’est un véritable fléau.

Je ne peux pas poser un bout de melon ou de viande sans qu’elles débarquent en horde. Je ne peux pas lire un bouquin sans avoir à gesticuler dans tous les sens pour les faire fuir. Je ne bois jamais un verre sans vérifier au préalable, si l’une d’entre elles n’est pas en train de faire un crawl à l’intérieur. Au moment où je vous écrit, une fais un footing sur mes épaules ,et, je suis sur le point de me jeter habillée dans la piscine pour la faire fuir. Je sais que mon plongeon ne servira à rien, car, elle va attendre patiemment, que je sorte pour reprendre sa course.

A croire que toutes les mouches de la région ont élu domicile chez moi.  Je peux pourtant, vous assurer, que ma maison est plus que nickel et, qu’aucun cadavre ne se décompose entre mes murs. N’oubliez pas que ma copine parfaite est venue, et, si vous ne le savez pas, vous pouvez toujours lire Elle arrive.

Face à ces attaques répétées, il m’a fallu réagir de façon ferme. Sachant qu’on ne les attrape pas avec du vinaigre, j’ai essayé les plants de basilic et clous de girofle sans grand succès. J’ai donc réfléchi à des méthodes plus définitives mais :

  • je ne suis pas une adepte de la tapette. Des viscères, même de mouches, sur mon mur, non merci.
  • je ne suis pas non plus, adepte des aérosols qui risquent de nous tuer avant elles.
  • je n’aime pas utiliser les granules empoisonnées. J’ai peur que les enfants y touchent pire y goûtent.

J’ai mis à mes fenêtres ces nouveaux petits stickers en forme de fleurs truffés de poison. Mais je retrouve les cadavres au sol et, quand on marche pied nu c’est pas le top.

J’ai donc opté pour le très fameux, le grand classique tue-mouches. J’utilise donc Catch sans insecticide, sans odeur. Il m’a fallu trouver un endroit stratégique où placer ce magnifique ruban où elles viendront se coller. Je sais que ma solution n’est pas la moins cruelle ni la plus esthétique mais je n’ai pas trouvé mieux.

La corvée reste de le changer toutes les semaines.  La principale difficulté, en plus du dégout, est, tout en restant en équilibre sur le bar de la cuisine, de ne pas se coller les cheveux aux milieux des mouches déjà engluées dessus. En plus de cette acte périlleux, j’ai tendance a essayer de calculer combien il y a de mouches collées. Je n’ai pas encore fait un tableau croisé dynamique sous Excel  pour pouvoir comparer les chiffres d’une semaine sur l’autre mais j’y pense sérieusement.

On est bien d’accord,  que, même si la petite bête ne mangera pas la grosse, c’est quand même pénible qu’elles continuent de troubler mes lectures et, de venir patauger dans mes plats et boissons. Je suis consciente qu’il ne faut pas que les mouches deviennent une obsession mais j’ai quand même l’impression que ma maison est devenue un club Med à mouches avec moi dans le rôle de G.O. Et le pire, c’est que j’ai l’impression que ce n’est pas une impression…

Chères amies, avez-vous un problème existentiel avec des petites bêtes vous aussi ? Avez- vous trouvé une solution radicale pour les éliminer ?

j’peux pas, j’ai paddle


Il était une fois, un moment magique d’harmonie et de détente. Vous savez ce genre de moment où tout est à sa place dans l’univers et, où l’on se sent si bien. Avec mes un peut plus de quarante ans, je viens de vivre un de ces moments.

Figurez-vous que je l’ai vécu grâce à une initiation au paddle. Vous allez me dire qu’il était temps et, que j’ai à peu près cinq ans de retard. Vous avez raison, mais, j’ai des excuses, et des bonnes : j’ai trois enfants et je vis en Arabie. Vous voyez qu’elles sont bonnes mes excuses.

Il faut que je vous précise aussi, que le moment choisi était tout simplement parfait. C’était une belle fin d’après-midi. Le moment où la lumière se pare de mille feux, où la nature se prépare pour la nuit.

J’ai donc découvert le paddle et ce fut magique. Magique de marcher sur le rasoir de l’eau comme Jésus. En réalité, il s’agit plutôt, de glisser sur l’eau au rythme du clapotis de la pagaie. Cette impression de grandeur, d’être maitre des éléments est formidable.

Quand je tournais la tête à gauche je pouvais entendre les enfants et leurs copains rigoler et s’amuser. A droite le paysage fabuleux du lac du Salagou n’attendait que moi. C’est donc vers lui que je me suis dirigée, sous les recommandations du moniteur de ne pas trop m’éloigner. Recommandations, teintées d’une note d’angoisse de se retrouver seul, avec une bande d’excités.

Le Lac a vite balayé mes remords et toute en légèreté je suis allée de crique en crique. Le lac du Salagou c’est la couleur rouge de la terre avec le vert de la garrigue et des vignes. C’est une brise qui vous transporte un mélange d’odeur de vase, de thym, de romarin, de terre chaude. C’est le chant des cigales et des grillons. En cette fin d’après-midi la nature m’a offert des teintes de couleurs fantastiques qui évoluaient avec le coucher du soleil. J’ai vécu un moment hors du temps, hors du quotidien. J’étais libre et heureuse.

Seule ma conscience et mon instinct de mère ont fini par me donner la force de rentrer sur la terre ferme. J’y ai retrouvé des enfants riants et très occupés à chercher des crevettes sous les cailloux et dans les algues. Des vraies crevettes pas des pokémons ! J’y ai retrouvé un moniteur éreinté et heureux de me revoir.

Galvanisée par ce gout de liberté, j’ai réservé pour le jeudi suivant. Maintenant vous savez les amies que le jeudi j’peux pas : j’ai paddle.

Et vous les amies c’était quoi votre dernier moment d’harmonie et de bonheur ?