Elle arrive


Vous vous rappelez de ma copine parfaite que j’adore ? Pour vous rafraichir la mémoire vous pouvez aller voir 40 ans et UNE copine parfaite. Et bien, elle vient chez moi demain, pour une semaine. J’ai décidé de rester zen et, de ne pas stresser.  Après tout, ce sont les vacances non ?

Bon, j’ai juste vidé toutes les armoires et tous les placards de toute la maison. J’ai trié, rangé, donné, jeté, classé, ordonné. J’ai arraché les enfants à leurs vieux jouets, ils en ont trop.  Les vieilleries qui ne servent à rien ont été expulsées. Bref, tout le « on ne sait jamais » a trouvé certainement une seconde vie, dans une autre maison, loin de chez moi. Ici, c’est place nette. Il me faut de la clarté, du rangement et de l’ordre.

J’ai astiqué toute la robinetterie, qui brille, maintenant, de mille feux. Les enfants sont menacés des pires châtiments, si je trouve un début d’empreinte digitale sur un robinet.

J’ai classé les petites cuillères par ordre de grandeur et les fourchettes par nombre de dents. J’ai cureté  les coins. Pour info, il y en a au moins 4 par pièce. Astiqué les plaintes (le truc entre le mur et le carrelage).

J’ai fait une chasse acharnée et sans pitié, de toutes toiles d’araignées dans les moindres recoins de la maison et de ses environs, ainsi, que de tout ce qui rampent ou volent. N’oubliez pas que ma maison reste fermer la majeure partie de l’année.

Je lui laisse, bien sur, ma chambre qui a été préalablement aseptisée.  J’ai choisi minutieusement sa future paire de drap, que, j’ai ensuite lavée, séchée et repassée quatre fois. J’ai aéré et fébréziné le matelas. J’ai lavé les oreillers.

J’ai décrassé les lustres de la cuisine. J’ai enlevé mon ruban tue-mouches, avec la brochette de mouches collées dessus. Les WC ont été javellisés à outrance et, le premier qui a le malheur de faire pipi à côté, risque de s’en souvenir très longtemps. La salle de bain a été stérilisée et, si je trouve l’ombre d’une tâche de dentifrice, là, c’est le goulag assuré.

Je crois que je ne vous ai pas dit que ma copine est anglaise. J’ai donc acheté le rayon entier de thé. Je suis même allé dans des boutiques spécialisées pour être sûre de ne pas passer à côté de THE thé. J’ai acheté du jus d’orange pour qu’elle puisse le mélanger au champagne. Je sais ! J’y peux rien : elle est Anglaise. J’ai acheté du poulet et du jambon blanc. L’alimentation trop odorante et trop frenchie c’est pas son truc.

J’ai aussi préparé un programme de visite qui lui plaira certainement : le cap d’Agde, Saint Guilhem le désert, Pézenas, Montpellier et ce qu’elle voudra.

Ça doit être lié à la quarantaine mais, je me trouve super détendue. Trop!  J’espère que je ne l’ai pas pris trop cool.

Je suis vraiment contente qu’elle vienne ma copine. Je l’adore, elle est trop rigolote. On va bien s’amuser.

Bon je vous laisse je vais quand même faire une dernière inspection des lieux.

Et si on cherchait des Pokémons ?


Je ne connais rien en Pokémon mais je suis d’accord pour m’y mettre. Je me vois bien chausser mes baskets et aller en chercher avec mon téléphone et ma bouteille d’eau. Je pense que c’est ce que tout le monde devrait faire d’ailleurs. Allons tous chercher des Pokémons !

Je nous vois tous, main dans la main, animés d’un même but. Vivre ensemble l’effort de la recherche, le plaisir de la découverte, de l’échange et du partage. On ferait de gentils combats virtuels et l’on rentrerait paisiblement chez soi le sourire aux lèvres. On pourrait même allumer la télévision sans crainte, comme avant. BFM ne passerait que la météo et des images de personnes heureuses entourées de Pokémons. L’objectif de l’humanité serait donc de découvrir et d’attraper ses petites bêtes virtuelles et de partager ses trouvailles avec les autres. Plus de frontières, plus de barrières, seulement de l’amitié et du partage. Ce serait magnifique. Vraiment, je veux bien m’y mettre à Pokémon Go.

Mais, je sais. Vous devez penser que le soleil tape trop fort à Montpellier et que je n’ai plus ma raison.  Bien sûr que l’on finirait par s’entre-tuer pour les capturer ces Pokémons. Bien sûr qu’il y aurait des émeutes. Bien sûr que cette chasse serait une compétition et une lutte. BFM aurait de quoi, à nouveau, alimenter ses programmes, et l’on retomberait dans nos travers.

La chasse aux Pokémons, n’est donc pas, non plus, la solution. Mais, cela tombe plutôt mal car, je n’en avais pas d’autres de solution.

J’en ai marre. Juste un gros dégout de voir tous les jours des informations toujours plus atroces et tragiques.  De voir des fusillades, des enfants Syriens qui supplient qu’on les aide avec des photos de Pokémons. Je ne veux pas faire une liste exhaustive de toutes les horreurs et tragédies parce que vous les connaissez. Il y en a tant. Elle évolue si vite !

Toutes ces choses que je regarde impuissante et résignée en me demandant ce qui nous attend encore. C’est quoi la solution alors ? Est-ce que l’on peut faire quelque chose ? Ou est ce qu’il faut attendre que le ciel nous tombe sur la tête encore ?

 

Mon drapeau


On a hissé le drapeau et à le voir fièrement flotter on était sûr de la victoire. Même si je n’ai pas regardé un seul match, même si internet ne fonctionne qu’en alternance, j’ai bien compris que cela n’a pas été suffisant. Sauf que voilà, notre beau drapeau est maintenant là. Il ondule et chante au rythme du vent. Alors qu’est-ce que l’on en fait ? On le laisse fièrement s’approprier l’espace pour de bon ? Où il retourne enroulé sur lui-même au fond d’un tiroir ?

J’en était là dans mes réflexions, quand, sur Facebook je suis tombée sur : « Et n’oubliez pas ; A compter d’aujourd’hui, si vous avez un drapeau Français accroché à votre fenêtre, vous passez à nouveau pour un facho. »

Pourquoi ? Pourquoi je ne pourrais pas le garder mon fier étendard après tout?

Pourtant ce n’est pas une grande histoire d’amour moi et les drapeaux. Je chantais fièrement dans ma jeunesse, le poing levé, avec Renaud « J’peux pas encaisser les drapeaux quoi que le noir soit le plus beau. ». Je pensais que ce drapeau était source de division, de fermeture. De plus, j’ai toujours trouvé que c’est imbécile et dangereux de se servir d’un drapeau pour faire passer des idées nauséabondes. Bref, je me méfiais vachement de lui.

Et puis, nous avons vraiment fait connaissance avec lui en Arabie Saoudite. Les enfants doivent représenter régulièrement leur pays et, nous nous sommes donc, équipés de drapeaux, bérets, marinières, toques de chef… Avant cela jamais nous n’aurions pensé arborer si fièrement ces clichés si ringards et si lourds de sens. A l’époque vous auriez tout juste trouvé, à la maison, une bouteille de pinard et une baguette et encore pas tous les jours !

Et puis il y a eu les attentats aussi. Nous avons eu besoin de mettre des bougies, de mettre une touche de bleu, blanc, rouge sur notre porte. Une toute petite touche pour bien suivre les consignes de discrétion données par notre ambassade mais quelque chose quand même. Nous avions besoin de cela pour se rapprocher des victimes, des familles, de vous tous qui avez fait une minute de silence, qui avez défilé. On se sent parfois si seul loin de sa patrie que le drapeau tout à coup, prend une autre dimension. Presque une dimension sacré, qui nous murmure de ne pas oublier tous ces gens, qui nous murmure combien on a la chance de vivre dans un si beau pays.

Alors, je déclare aimer les gens, aimer l’Europe, aimer les voyages, aimer découvrir différentes cultures, aimer Renaud qui embrasse maintenant des flics et je déclare aussi vouloir garder mon drapeau tout en ayant le droit de ne pas passer pour une facho.

J’espère que vous comprendrez mes amies.

Ce matin encore Nice. Je n’ai pas de mots

7 conseils to be a good wife


Aujourd’hui j’ai envie de vous aider à vous transformer en parfaite épouse et, devenir enfin, la Bree Vandekamp que vous avez toujours rêvé d’être. Je suis un peu présomptueuse car les conseils qui vont suivre ne viennent pas de moi. Je vais simplement vous retranscrire un article qui est paru dans la presse Saoudienne. Je n’ai rien changé j’ai seulement rajouté quelques commentaires. Je vous laisse découvrir cette merveille.

Pour commencer, le journaliste a demandé à ses congénères qu’elles sont les principales vertus pour être une bonne épouse. Voilà donc le résultat de cette enquête de terrain :

  1. La beauté.
  2. Homely (que l’on peut traduire par casanière. En trois mots ménage, bouffe, service).
  3. Docile
  4. Bonne cuisinière.

Vous aurez remarqué combien les réponses sont simples et claires. Limpides ! Il n’y a donc, rien à rajouter.

Si ces quatre premiers points ne vous correspondent pas,  ne la jouez pas desperate housewives. Tout est encore possible, grâce aux conseils, que notre cher journaliste, dans son immense bonté, vous donne. N’hésitez pas à prendre des notes.

  • Conseil n°1 : Le silence est d’or. Le journaliste précise que dans certains cas d’abus, il nous est quand même permis de parler. On reste quand même des humaines ne l’oublions pas.
  • Conseil n°2 : Quand nous autres femmes voulons parler,  il faut choisir le bon moment et, surtout, ne pas parler pour se chamailler. Notre cher journaliste insiste fortement sur le fait, que, ces chers Messieurs n’aiment pas entendre brailler.
  • Conseil n°3 : Il faut toujours parler poliment. Il est toléré, quand quelque chose ne nous plait pas de le dire, mais, toujours avec tact.
  • Conseil n°4 : En cas de dispute avec son cher et tendre, ne jamais insulter ce qu’il aime le plus. On arrête de déblatérer sur  belle-maman et sur le meilleur copain.

Le journaliste, enfile en suite, sa blouse blanche pour aborder le problème sous un aspect scientifique.

Il nous explique que le cerveau mâle est comme des boites, une seule est ouverte en même temps. Par contre, le nôtre est comme une commode avec plusieurs tiroirs ouverts. Maintenant que vous avez compris que  nous sommes meublés différemment, je suis sure que pour vous les choses s’éclairent. J’espère quand même que vous avez noté la bonne nouvelle : la femme a un cerveau !

Le journaliste souligne que nous avons souvent tendance à nous plaindre parce que nos Hommes ne sont pas sensibles. Soyez rassurées. Ce n’est pas parce que notre chère moitié ne nous montre pas son amour, qu’il ne nous aime pas. Non ! C’est juste que son cerveau ne fonctionne pas comme nous. Souvenez-vous des boites et de la commode. Le journaliste nous dit que, par exemple, plutôt que de râler quand l’Homme regarde un match de cricket (où de foot..), il faut le comprendre. Nous devons lui laisser de l’espace et comprendre qu’il a besoin de se détendre. Il nous précise aussi que l’Homme étouffe si on lui fait d’incessants reproches et si on essaie tout le temps d’attirer son attention. A bonnes entendeuses…

Du coup, notre cher journaliste qui a conscience que ce n’est pas gagné, repart sur une salve de conseils. J’espère que vous n’avez pas rangé votre carnet de notes.

  • Conseil n°5 : Avoir notre propre hobby, comme faire du soutien scolaire. On sera ainsi, fière de nous et notre Homme le sera aussi. Il nous en chérira que davantage. Vous pouvez aussi aller voir votre mère, vos copines filles (il insiste bien, sur « filles »). Mais surtout, il nous demande d’accepter le fait que l’homme est souvent émotionnellement absent. Toujours ce problème de boites.
  • Conseil n°6 : Arrêter d’être ennuyeuse. Souriez, charmez-le. Faites des choses qui lui fasse plaisir. Votre mari réalisera (ou pas) les efforts que vous faites.
  • Conseil n°7 : Ne pas se laisser aller après le mariage : rester attractive, aller marcher, restez belle (je vous retranscris tel quel). Après une dure journée de labeur l’Homme ne remarquera certainement pas votre apparence. Mais, le journalisme vous réconforte, en vous disant que le plus important c’est que vous, vous savez les efforts faits. Vous êtes votre propre meilleure amie et admiratrice. Il vous faut apprécier votre propre compagnie. Faute de mieux…

Le reste de l’article parle de religion Je préfère donc en rester là. Je pense, de toute façon, que vous avez assez d’éléments pour devenir enfin, une bonne épouse.

Surtout les amies, ne me remerciez pas, je suis fière d’avoir pu vous aider. C’est mon hobby à moi ! C’est quoi le votre ?

 

Cet article est paru dans Arab News le 26 juin de cette année sous le titre be a good wife.  

Le retour


Comme tout bon expatrié qui se respecte, juillet est synonyme de retour. Vous avez bien vu que je n’emploie pas le mot vacances. Retour et vacances sont différents, voire, carrément opposés. Le dictionnaire nous dit que les vacances sont : « du temps pris sur les occupations ordinaires ». Avec le retour, on laisse une routine pour en retrouver une autre. On doit gérer, sur une courte période, beaucoup d’impératifs qui se répètent chaque année. La comparaison avec les vacances s’arrête donc là !

Le retour, commence et se termine dans un aéroport. La particularité du retour par rapport aux vacances, c’est qu’il n’y a pas de surprises. On peut voyager les yeux fermés : toujours les mêmes aéroports, les mêmes portes, les mêmes horaires de vol, les mêmes snacks et les mêmes pauses pipi.

Alors c’est quoi le retour pour un expat ?

C’est retrouver une maison fermée pendant des mois. En plus des toiles d’araignées géantes et très peuplées à combattre avec bravoure, il faut gérer les petits travaux. C’est donc le moment d’utiliser la Force. Sa force de persuasion, pour kidnapper faire venir quelqu’un, qui acceptera de travailler chez nous, alors, qu’il a déjà tant à faire pour des clients qui sont là toute l’année, eux !  De plus, à chaque année sa surprise. Cette année, pas d’internet pendant 6 jours !

Il y a une chose capitale qui est liée aussi avec le retour : C’est, l’établissement d’un planning précis des différentes visites. Le jeu consiste à n’oublier personne, ne favoriser personne, et à intégrer les amis de là-bas avec ceux d’ici. Sachant que :

  1. Les journées ne font que 24h,
  2. Qu’il n’y a que deux jours de w.end par semaine, et ce, même durant l’été,
  3. Que chaque personne est libre de choisir ses dates de vacances.

A vous de jouer pour caser tout le monde !

Le retour c’est aussi, gérer les demandes et les besoins des uns et des autres. Étant là pour deux mois, fraiche, disponible et libre, il est facile d’assurer les sorties des enfants, de dépanner quand la nounou est en vacances. Bref, une copine expat c’est comme une copine instit : qu’elle aubaine ! comme dit la Redoute.

Il faut aussi gérer la partie logistique : l’alimentaire, le ménage. Les courses en ligne n’ont plus de secret pour moi. L’épicier de mon village me déroule le tapis rouge à chaque visite. Le congélateur est toujours plein de glaces. Coté ménage, je fais confiance à Mamour,  plus connu sous Irobot. Ne me parlez pas de repassage, je ne comprends pas ce mot. Bref, je pense pouvoir concourir à Bienvenue chez nous avec comme particularité draps froissés.

Il faut aussi voir les médecins et spécialistes que l’on ne trouve dans notre terre d’accueil.  Sachant que, eux aussi, prennent des vacances. Sachant qu’une visite en entraine souvent d’autres… Sachant qu’il va falloir implorer la secrétaire, qui nous a déjà fait une fleur, en nous donnant le RDV le plus proche. Soit, le 23 octobre. Sauf que nous, ce n’est pas une fleur dont on a besoin, c’est le bouquet entier. Bref, il faut savoir se tenir prête a un long discourt qui commencera sans doute par : « vous les expatriés vous êtes coupés des réalités » qui continuera certainement avec : « vous ne vous rendez pas compte».

J’espère que vous n’avez pas encore sorti vos mouchoirs face à cette difficile vie d’expat. Ne vous méprenez pas, ceci n’est pas la complainte d’une pauvre fille en mal de vacances (quoi que). Je suis très heureuse d’être de retour. Je prends le temps de m’extasier sur la pluie, un bout de verdure, le chant des cigales, sur le bleu du ciel, un éclair au chocolat… parce qu’après tout ce sont les vacances non ?

J’espère que pour vous aussi, les amies, ce mois de juillet  se passe bien.