40 ans et un frigo vide…


Ca y est c’est le grand jour !

Le jour où tout est possible ou tous les espoirs sont permis. Le grand renouveau est enfin là, c’est le jour… des courses !

En Saoudie les courses sont une véritable aventure.
Une aventure dès le départ de la maison, car, en Saoudie, de conduire tu oublieras. Seuls ces chers Messieurs ont l’immense pouvoir de la conduite. Nous, pauvres femmes, nous contentons d’un chauffeur pour les plus aisées ou d’un bus pour les autres.

Je suis les autres.

C’est donc par bus que je me dirige vers ce lieu de culte, d’espoir : le super marché !

Super marché que l’expérience m’ a permis de choisir en fonction de différents critères : propreté des lieux, fraicheur des produits. En aucun cas, le critère du choix, ne peut être retenu car du choix, y en a pas.
Il faut aussi, faire fasse a une qualité de produits très médiocre :

  • Les légumes et fruits viennent de loin et… ça se voit! En les regardant nous pouvons voir à quel point le voyage a été long, pénible et fatiguant.
  • Il faut aussi être extrêmement regardant sur les produits frais qui n’ont souvent que le nom de frais. La chaine du froid n’est encore ici qu’une vague notion lointaine. Une inspection approfondie est vivement conseillée avant toutes consommations.

Faire face à des produits originaux :

 

Il faut tenir compte aussi, d’un phénomène très particulier : la conservation.

La Saoudie est un pays très conservateur à bien des niveaux et l’alimentation n’échappe pas à la règle. Par exemple, un œuf acheté aujourd’hui sera encore frais dans 3 mois. Ça vous tente un petit tiramisu avec de bons œufs frais ?

Ce phénomène de conservation ne s’applique pas aux humains, et ne pensez surtout pas qu’ici, vous trouverez une source de jouvence avec, à la clé, une éternelle jeunesse. Vivre en Saoudie ça use, ça use … Ca use surtout la femme.

Se pose aussi le problème du :

« mamaaaaaaaaaaaaan tu pourras racheter des Trésor ? »

Après avoir écumé toutes les grandes surfaces, après avoir envoyé une 50aines de messages de détresse aux copines, il faut se rendre à l’évidence que c’est une véritable catastrophe. La poisse totale. Il va falloir aussi, surmonter l’angoisse et le regard désespéré de son cher trio pour annoncer que des Tresor, il n’y en a plus !

Alors pour rester positif on se dit que peut être dans quelques temps il y en aura d’autres, que ça finira bien par arriver.

Et ce jour béni arriva. Sans prévenir sans aucun signe avant-coureur les Trésor réapparaissent enfin. Au Joie ! Au Bonheur ! Je charge ma palette de Tresor dans le bus sous mon abaya et sous 46 degrés et je rapporte mon butin fière comme une amazone. Fière du devoir accompli et impatiente de voir ces 6 petits yeux émerveillés et débordés de reconnaissance.

Sauf que.

On me dit que les Tresor, c’est pas super bon et qu’on préfère maintenant les Chocapics.

 

C’est donc, très sereinement et pédagogiquement, que je remets les pendules à l’heure avec mon trio devenu soudainement Chocapicsien. Posément et sans aucune animosité j’expose les faits :

  1. A savoir que pendant 6 mois, soit 180 matins, il a été exigé des Trésor,
  2. à savoir que pendant 6 mois, soit 180 jours, j’ai écumé TOUS les rayons de TOUTES les grandes surfaces,
  3. à savoir que pendant 6 mois, soit 180 nuits, je n’ai rêvé que de Trésor.

Pour entendre quoa ????

Pour clôturer, et ce, pour au moins les trois prochains mois, c’est Tresor à tous les petits déjeuner et… avec le sourire.

Fermons cette parenthèse et dirigeons nous avec notre cadi à débordement vers la caisse où, nous avons droit à un service quatre étoiles. Avec un ou une caissier(e) qui n’a jamais entendu parler de rendement, et qui passe, paisiblement, chaque article. Articles, en suite, réceptionnés par une personne qui vous range les courses dans des sacs ( un article égale un sac plastique !).

C’est donc, les bras chargés et, avec systématiquement comme trio gagnant : carottes, poulet, pâtes que je me pose  l’éternelle question : «qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire à manger ? ».

A 40 ans ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent.

Elles se passent comment vos courses ?

6 commentaires sur « 40 ans et un frigo vide… »

  1. La photo de la tête me laisse songeuse. C’est très intéressant ce que tu raconte, et dépaysant… En France, il est vrai que les chocapic ce trouvent facilement, le transport est plus simple. Ton blog est vraiment très intéressant 🙂 .

    Aimé par 1 personne

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