la mauvaise mère


Le chef de meute, en pleine crise de rangement, me montre trois petites dents au creux de sa main. Si j’ai pu facilement répondre au : « c’est quoi ça ?» J’ai eu beaucoup de mal à répondre au : « c’est à qui ?» J’ai eu beau les étudier, les retourner, les sentir, rien.

 Je ne sais plus.

J’ai beau cherché, essayer de dérouler le fil des souvenirs, les refaire, les classer, je ne sais plus. Je confonds toi, ton frère et ta sœur. A moins de faire un test ADN, je ne sais plus qui est le propriétaire.

Il me faut me rendre à l’évidence : je ne sais plus plein de choses sur votre petite jeunesse.

Pourtant, au tout début, il y a quinze ans, tout a bien commencé. Le petit bracelet de naissance, les petits mots de félicitations, le petit bonnet de la maternité, tout a était précieusement conservé. Même les premières pages du joli cahier de naissance, aux belles images d’Anne Geddes, ont été remplis de ma plus jolie écriture.

Et puis, les bonnes excuses sont arrivées. Le travail, l’arrivée d’un doublé de bébés, les fièvres, les nuits blanches, les couches, les tétées, les longues journées, la fatigue, le besoin de penser à autre chose pendant les rares moments de calme. 

Tout ça accompagné des fameux, je-le-ferai-plus-tard, quand-j’aurai-le-temps. Les premiers pas, les premiers sourires, le premier papa, la première bouchée de courgette, ça ne s’oublie pas.

Et pourtant. Les souvenirs se sont emmêlés, mélangés, entre mêlés et maintenant je confonds, j’hésite, je tâtonne. Je ne sais plus.

Il y a bien d’autres vestiges. Des carnets écrits à la va-vite de vos petites phrases, des premières chaussures, des photos, des grenouillères, des vidéos. Bien meilleur témoin oculaire que moi. Des vestiges, qui croupissent dans des cartons, sur un autre continent. J’ai eu encore une bonne excuse avec l’expatriation. 

Avec toutes ces excuses, je ne peux pas toujours répondre à vos questions. Je m’embrouille. Je ne sais plus. Je n’ai pourtant pas encore Alzheimer comme excuse.

Ce qui paraissait inoubliable, c’est évaporé. Votre vie de bébé ressemble à un lointain souvenir, à un doux rêve. Il y a quelques vapeurs de ce temps-là, quelques bribes, juste quelques détails. Cette mimique qui ne peut être que de toi. Cette odeur me remmène à toi bébé. Ce mot, c’est le tien. Rien qu’à toi. Mais, de toutes ces choses qui faisaient ta vie de bébé, j’ai tant oublié.

laver sa pomme


Qu’est-ce qu’elle est pratique cette pomme ! Elle est facile à manger, elle ne s’écrase pas dans le cartable, elle est saine et juteuse. Toute la tribu l’aime. En plus, un célèbre dicton dit, une pomme par jour chasse le docteur. Pourquoi s’en priver ?

Comme le dit le plus célèbre vendeur de pommes : « Mangez des pommes! »

manger des pommes par elle a 40 ans

La pomme est fabuleuse.  Enfin, elle était fabuleuse.

Maintenant, elle me stresse et je me méfie vachement d’elle. Quand je la glisse dans les cartables, j’ai des remords. Est-ce que je ne fais pas une erreur ? Est-ce qu’un Mars ou un Kit-kat n’est pas plus sains ? Est-ce que je ne suis pas en train de les empoisonner ? 

Il est où le bon vieux temps où l’on croquait la pomme par les deux bouts ? 

Avec mes 40 ans et des poussières à bouffer du glyphosate et compagnie à toutes les sauces, je dois en avoir une sacrée dose dans les veines. Mais les enfants ? ça vaut peut-être le coup de faire attention. Force est de constater que ce n’est pas la priorité principale de nos gouvernements, bien qu’il nous soit interdit de rouler à 90 km/h en mangeant une pomme. 

L’idéal est d’acheter sa pomme bio chez le producteur d’á coté. Mais on ne vit pas dans un monde idéal.

Comment puis-je glisser une pomme dans le cartable en étant sûre de ne pas empoisonner mes enfants ?

Pour tout vous dire, je suis passée par différentes phases.

  • 1 – Le pelage : 

Avec une pomme, tout simplement pelée et mise dans une boite. Quand la tribu affamée a voulu manger, la pomme était noire. Elle a terminé sa vie à la poubelle.

Le message étant passé, j’ai continué à peler la pomme pour ensuite la badigeonner de citron. La tribu a eu un verdict sans appel : la pomme ainsi badigeonnée est visqueuse, a un goût bizarre. Elle a encore terminé sa vie à la poubelle.

On peut donc qualifier cette phase pelage, d’échec total. Mais il ne sera pas dit que mes enfants ne mangent pas de pommes ! Je continue donc mon aventure pommesque avec la phase suivante.

  • 2 – Le brossage :

Munie de ma toute nouvelle brosse à légume et après avoir avancé l’heure du réveil, j’ai donc frotté, frotté, frotté, longtemps, longtemps, longtemps. Et pendant ce temps l’eau coulait, coulait, coulait, longtemps, longtemps, longtemps. A la culpabilité de donner une pomme à mes enfants, j’ai rajouté la culpabilité de gaspiller autant d’eau. Il faut quand même constater que mis à part ma conscience, je n’ai eu aucune complainte de la tribu, qui a mangé cette pomme lustrée sans aucun problème. 

Mais cette méthode ne semble pas suffisante pour éliminer complément les pesticides. Qu’a cela ne tienne !

  • 3 – Le trempage.

Après un brossage beaucoup plus court que dans la phase 2, je laisse tremper les pommes dans un mélange d’eau et de vinaigre blanc. Le vinaigre blanc est efficace pour plein de choses… mais est-il assez costaud pour vaincre des pesticides ? Face à ce doute lancinant concernant l’efficacité du vinaigre, je me suis renseignée. 

Il semble que pour enlever un maximum de pesticides, le bicarbonate de soude soit le plus efficace. Il faut laisser tremper la pomme 15 minutes, dans 1/2 L d’eau mélangée avec une cuillère à café de bicarbonate.

Les pesticides ne se trouvent pas qu’en surface, il y en a aussi dans la chair, mais  les doses sont inférieures aux normes autorisées. Si, si, il y a des études qui le prouvent.

Nous voilà rassuré. Nous pouvons continuer à manger des pommes aux pesticides. Parce que comme le dit Herta « ne passons pas à côté des choses simples ».

Je vous souhaite une belle journée les amis.

 

c’est l’effet caméléon


Il est là, mais on ne le voit pas. Impossible de savoir ce qu’il veut, ce qu’il pense. Il semble toujours d’accord avec tout le monde. Suivant l’ambiance générale, il peut être souriant ou grave. Quand on lui demande son avis, il reste dans le flou. Il n’est jamais tranchant, jamais coupant. Son monde est sans conflit, sans cri, sans vague, sans risque.

Il s’adapte et se module aux circonstances. Rien ne le touche, tout glisse sur ses écailles. Le temps, l’actualité rien ne l’atteint. Il s’accommode et se transforme.

La pollution, c’est pas bien. Les guerres c’est pas beau, mais il en faut de temps en temps. La routine, les lignes droites, la télévision et, surtout, ne pas avoir besoin de réfléchir. 

C’est un caméléon des temps modernes. Il regarde et observe. Il ne rentre pas dans la partie et laisse les autres jouer pour lui. Silencieux.

Ce caméléon des temps modernes, c’est un peu moi. J’attends, je reste dans la case que l’on m’a attribuée. J’observe, je m’indigne derrière mon clavier, je signe une pétition sur facebook. Et après ? 

Mais un caméléon ça peut aussi se rebeller doucement, sans bruit, sans vague. Juste des détails, des gestes, une attitude. Un caméléon peut réfléchir et dire non à son niveau. Un caméléon peut surprendre et apparaître là où personne ne l’attend.

Parce qu’un seul petit caméléon ne peut pas changer les choses, mais plein de caméléons le peuvent. 

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au milieu coule le wadi Tiwi


Vous  vous dites sûrement les amis, qu’il serait peut-être temps que je sorte des wadis. Il me faudra certainement y penser, mais plus tard. Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le wadi Tiwi. Ce wadi promet de la fraîcheur, de l’aventure, de l’espace, de l’eau et de la verdure. Comment résister ?

Nous voilà donc partis en direction du village de Mibam.

La route pour atteindre Mibam est en elle-même une aventure. Elle est sinueuse, étroite, escarpée et cabossée. Il vaut donc mieux maîtriser son véhicule, sa peur du vide et avoir de bons freins. Mais c’est un véritable enchantement. Elle est bordée de palmeraies, de citronniers, de manguiers, de bananiers… On est entouré de verdure, quel plaisir ! Il y a de nombreuses habitations et de jolies portes. Il me faudra aussi consulter pour cette obsession des portes.  

Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans

En arrivant au village, surprise ! Des voitures partout ! Les ruelles sont étroites et il y a très peu de place. Un guide s’approche rapidement, pour nous aider à nous garer et nous montrer le chemin qui mène au wadi.  Au cours de la conversation, il nous  conseille de revenir un autre jour, car le wadi est pris d’assaut. La vue de toutes ces voitures rajoutée aux conseils avisés de ce monsieur nous incitent à rebrousser chemin. 

Le Wadi Tiwi sera pour un prochain épisode !

Sur le chemin du retour nous profitons pleinement de la verdure. Les palmiers et citronniers offrent généreusement leur ombre pour pique-niquer avec toute une palette de belles odeurs. Cette pause a été une bonne opportunité pour reprendre des forces et pour partir à la découverte d’un autre lieu.

Mais cette nouvelle aventure mérite un épisode complet.

Je vous souhaite un beau dimanche les amis.

Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans

 

Quelques conseils pour la route :

  • Il y a environ 36 km de route sinueuse pour atteindre le village de Mibam. Soyez sûr de bien maîtriser votre véhicule avant de partir. 
  • Faites le plein d’essence et d’eau avant !
  • Prévoyez le pique-nique. 

    Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans
    Sur la route du wadi Tiwi à Oman par elle a 40 ans

 

mon chat et sa laisse


Avant d’avoir mon chat, c’était comme avant d’avoir mes enfants. J’avais des théories, des principes, des idées précises et des phrases qui commençaient par « les miens, jamais…. »

C’était pareil pour mon chat. « Le mien, jamais il ne montera sur la table », « Le mien, jamais il prendra toute la place sur le canapé. » Bref, vous connaissez le principe de ses maximes pleines d’assurance.

Et puis les enfants arrivent. Et puis le chat arrive.

Si vous m’aviez posé la question avant Nizwa, je vous aurais sûrement répondu un truc avec un « … faut être con… » dans la phrase. Je me serais sûrement moquée ou attristée de voir passer cette pauvre bête en laisse. Un chat ! Ce félin, qui a la liberté dans le sang. Attaché !

Et puis, il y a eu Nizwa et cette maison sans jardin. Et puis il y a le parc d’en bas, avec son herbe verte, ses arbres et ses oiseaux. 

Alors, jetez-moi la première pierre, mais Nizwa a une laisse.

chat en laisse par elle a 40 ans

Et pourtant rien n’a été prémédité. C’est chez le véto, devant l’étal et à coup de « pauvre Nizwa qui reste dedans… », qu’on est reparti avec. C’est même plus qu’une laisse, c’est un harnais.

Nizwa miaule devant la porte pour sortir. Elle ronronne et attend patiemment qu’on lui fixe le harnais. 

Nizwa, goûte ainsi, aux sorties en laisse, même si dans le parc d’en bas, on la libère sous haute surveillance. C’est elle qui dirige la ballade, et, c’est elle qui nous promène. Elle va où elle veut, au rythme qu’elle veut. 

Nizwa ne partira jamais dans de folles virées en toute liberté, mais grâce à sa laisse, elle connaît le goût de l’herbe, du sable, s’amuse avec l’eau de mer et les mouettes. 

Alors, même si c’est elle qui porte la laisse, c’est elle qui nous promène.  Dedans ou dehors c’est pareil : c’est elle la boss.

my cat par elle a 40 ans

the sun always shines with awards


Un beau matin, j’ai vu le tag de maman BCBG pour le sunshine awards, en plus d’être flattée, j’ai eu honte. Honte parce que les faits plumes  et les petits ruisseaux font les grandes rivières m’avaient gentiment sélectionnées, a long time ago, sans réponses de ma part. La honte ! Mais me voilà aujourd’hui, plus motivée que jamais, pour vous parler d’un sujet super intéressant : MOA. 

Je sais que cela vous passionne déjà. Je sais que vous trépignez d’impatience et que vous voulez tout savoir. Je sais que vous venez de remarquer à quel point je maîtrise l’art délicat du suspens. Alors, c’est parti mon kiki pour un petit tour du côté de MOA. 

Mais avant ça, et dans un objectif de transparence totale, c’est les yeux dans les yeux que je reconnais avoir choisi les questions. 3 tags égalent 33 questions. 33 questions égalent 33 réponses et je vous rappelle que vous avez du linge qui vous attend. Et moi aussi. Du coup, j’ai butiné parmi les questions afin d’arriver à 11.

 Les amis, je jure donc, de dire la vérité, rien que la vérité et toute la vérité. J’arrête de lever la main droite, ce n’est pas super pratique de taper d’une seule main. C’est parti mon kiki, pour de vrai cette fois.

Si tu devais te transformer en porte ou en citron, que choisirais-tu ?

Les portes d'Oman par elle a 40 ans

Sans hésitation la porte. Rien que pour le plaisir de coincer les doigts de certains….

Raconte-moi ton dernier fou rire :

sourire.png

Hier soir, quand le chef de meute a annoncé fièrement, qu’il se lèverait demain pour faire les petits déj. J’ai aussi beaucoup ri ce matin, quand les enfants se sont retrouvés devant une table désertique pendant que le chef de meute était encore dans les bras de Morphée. Il va falloir que je lui parle à celle-là ! Je tiens à préciser que je ne suis pas si mauvaise mère pour laisser partir mes chers chérubins le ventre vide à l’école. J’ai donc rattrapé la paresse paternelle à coup de brioches.

Te voilà dictateur : quelle mesure absurde et salutaire pour le bien de l’humanité imposes-tu sur-le-champ ?

interdiction par elle a 40 ans

Obligation de croire, de respecte et de protéger ses condisciples, leurs particularités et notre planète.

Cite-moi le premier compliment te concernant dont tu te souviens ?

« Tu es une grande maintenant. » A l’époque je l’ai pris comme un compliment. J’aurai du me méfier….

Tu pars sur une île déserte. Quel livre emmènes-tu et pourquoi ?

UnknownLe premier qui me vient à l’esprit est la bicyclette bleue. Ce livre me rappelle ma jeunesse et les étés où je le lisais entre deux virées avec les copains. On en a parlé, il y a peu, avec Marie l’atmosphérique, et cela m’a donné envie de me plonger à nouveau dans cette saga. Mais partir avec un seul livre sur une île déserte m’inquiète. Je vais donc plutôt opter pour un manuel de survie, écrit par un grand aventurier de Koh Lanta, qui m’expliquerait comment rester super bien épilée en milieu sauvage et comment transformer de l’eau en champagne. Mais, finalement, je crois que je choisirai un livre que je n’ai pas pu encore lire. La faute à son auteure, Nathalie Longevial qui ne veut pas m’apporter un exemplaire à Muscat. J’espère qu’elle me le livrera sur une île déserte Parce que la vie ne suffit pas.         

Cite un personnage de film qui t’a ému ?

Unknown-1J’ai adoré Sam Lion. Ce personnage qui nous fait voyager à travers sa vie. Ce personnage qui n’avait rien, qui a eu tout, et qui a tout quitté. Ce personnage qui aime passionnément. Ce personnage qui a une philosophie, de l’humour, du charme et de la passion.  Je l’adore.

T’es t’il déjà arrivé d’avoir envie de noyer tes enfants ?

Les Saoudiens dans les mall, sur la route et avec moi

En toute honnêteté et toujours les yeux dans les yeux : non, jamais. J’ai plutôt eu envie de leur arracher les yeux, de les abandonner en plein milieu du désert ou de les échanger contre un chameau mais les noyer, jamais. Il me faudra y penser…

Comment est né mon blog ?

Un bébé c'est trop mignon mais moi j'en veux plus

Tout bêtement. Un jour, j’ai perdu tout ce que j’avais écrit sur word. Le jour d’après, je me suis rendue compte qu’ouvrir un blog n’était pas difficile. L’aventure a donc commencé. Ouvrir un blog n’est pas difficile, mais, le faire vivre l’est un peu plus. Comme toutes passions, il demande du temps, de l’investissement personnel. Mais, comme toutes passions c’est un plaisir. Mon blog je l’aimeeeeux. Grâce a lui j’ai rencontré tout pleins de personnes fabuleuses. C’est ma bulle d’oxygène. Le texte qui a été le plus lu est je ne veux plus d’enfants.

En quoi internet a-t-il changé personnellement ta vie ?Facebook

Internet c’est ma vie. Je n’imagine pas ma vie sans lui. Il me rapproche des gens qui sont loin, me relie aux gens que j’aime, m’informe, me fait rire et chanter. Il renferme mon blog, mes recettes de cuisine, ma banque, et, même mes impôts. Une bonne partie de ma vie est sur cette toile.

 

Quel don manuel ou artistique aimerais-tu avoir ?

Unknown-2J’aimerai être comme ces personnes qui, avec un bout de chiffon qui traîne, vont en faire un superbe rideau ou un petit crop-top tout mignon. Bref, j’aimerai être une Mc Gyver (les moins de 40 ans ne peuvent pas connaître ce blondinet à mèches qui transformait, au cours de ses nombreuses aventures, un trombone en bombe à neutron) mais version maison. 

Raconte un petit moment de perfection et de bonheur dans ta vie (genre une photo d’instagramm et que tu as vraiment vécu) : 

Un voyage imaginaire dans la belle Syrie

Ce moment a commencé par une sensation bizarre comme un truc pas normal. Et puis soudain j’ai réalisé. Je me suis retournée pour être sûre de ne pas rêver cette chose incroyable. J’ai tendu une oreille et puis l’autre. Rien. Seul le silence m’entourait. On était samedi et il n’y avait pas un bruit. Samedi et seule à la maison. A moi la liberté ! Mon premier réflexe de survie a été de fermer la porte d’entrée à clé. Histoire de barrer la route a un éventuel retour précipité. Le deuxième, éteindre mon tel. Je suis chez moi, seule, un samedi ! Un moment magique, parfait. Tout simplement instagrammissime.

 

Merci à Les faits plumes, les petits ruisseaux font des grandes rivières et maman BCBG d’avoir pensé à moi. J’espère que ces réponses vous conviendront et si vous voulez poursuivre la conversation vous êtes cordialement invitées à Muscat.     

Un sunshine awards ne serait pas un sunshine awards sans nominations. J’appelle donc à la barre : Skyler, Less is more, Sana, maman pavlova,  lexieswing, les petits astuces de mimika, allumer les couleurs, Tania, Elles à l’opposée, Madeleine et cup of tea, Ainoha et moi,   

… Et tout ceux qui voudront mettre du soleil sur leur blog !

Un sunshine awards ne serait pas un sunshine awards sans les questions au nombre de 11 :

1 – Mais, pourquoi la vie est si belle malgré tout ?

2 – Es-tu quelqu’un de bizarre ?

3 – C’est quoi être blogueuse pour toi ?

4 – Quel genre de livre vas-tu écrire ?

5 – Quelle sera la définition wikipedia de ton blog  ?

6 – Quelle est ta recette du bonheur ?

7 – Tu faisais quoi pendant le mariage de Meghan et Harry ?

8 – Quel est la chose que tu n’avoueras jamais ?

9 – Tu rêves à quoi ?

10 – Tu es plutôt coquillettes ou spaghettis ?

11 – Que vas-tu faire quand tu auras fini de répondre à ces questions ?

Je vous souhaite une belle journée les amis.

Il n'y a pas une vie de femme au foyer mais des vies dans un même foyer

mon ado fait la gueule


J’aime bien le mercredi parce que je la récupère toute seule. Avec trois enfants, ces moments en tête-à-tête sont rares et précieux. 

Alors, me voilà à la sortie de l’école à attendre ma fille. Ma fille, qui va être unique pour quelques heures. Me voilà a trépigner d’impatience, prête à savourer ce moment privilégié. 

Et ma fille arrive. Mais elle n’arrive pas toute seule. Elle arrive avec sa tête des mauvais jours. Le visage fermé, sans expression, toute rigide et le regard vague. Dans un silence monacal, elle s’installe dans la voiture. 

Avec un sourire qui commence tout de même à se figer, je décide de ne pas me fier aux apparences. J’attaque donc avec entrain et avec un, « Ca va ? »  qui rebondit sur un austère oui. L’avantage est qu’elle n’aura pas de rides d’expression grâce à cet air pincé, que même Victoria, la femme de David, pourrait lui envier.  Perdue dans mes pensées esthétiques, je ne me décourage pas : «  Tu as passé une bonne journée ? »  Bien que j’ai déjà un petit indice sur la réponse. Pourtant, de son coté, il n’y a pas de variation, et c’est un oui, dans le même moule que le premier. 

Il devient donc, urgent, de sortir rapidement de ces réponses monosyllabiques.  Je tente le tout pour le tout avec un, « Tu as fait quoi de beau aujourd’hui ? » histoire d’avoir une réponse variée. Le « Com’ d’hab’ » me prouve en deux syllabes que je suis sur la mauvaise voie.

Comme les dictons ont toujours raison et que la musique adoucie les mœurs, je laisse passer quelques chansons avant d’ouvrir à nouveau les hostilités avec, « Quelqu’un t’embête ? » Mais je dois vous avouer les amis, que pendant cet intermède musical, je me suis mise à bouillonner. Je suis passée du harcèlement au racket, en passant par la drogue et la prostitution. Le, « non » accompagné d’un long soupir n’aide pas. La maman qui est en moi, en plus d’être inquiète, est frustrée. Pourquoi mon enfant ne me fait pas confiance ? Qu’est-ce que j’ai fait pour qu’elle ne se sente pas libre de me dire ce qu’il ne va pas ? La mauvaise mère que je suis élabore le pire des scénarios de 13 reasons why et cherche des réponses. 

Je suis peut-être un peu lourde, mais pas complètement débile, je continue donc mon interrogatoire avec, « T’as pas envie de parler ? » Le, « C’est ça » jeté sans un regard et toujours en deux syllabes ne fait pas avancer le shcmiblick. Je suis toujours en surchauffe avec des idées de plus en plus noires.

On continue cote à cote dans le silence, chacune perdue dans ses propres pensées solitaires. Les yeux rivés sur la route ne m’empêchent pas de voir son visage raide, hermétique et fermé.

Quand soudain, un écriteau avec un grand M rouge apparaît sur le bord de la route. « J’ai faim. »  « Tu veux qu’on s’arrête ? »  « Oui »

C’est la bouche pleine de nuggets qu’elle m’a raconté que ce matin ils ont trop rigolé à  la piscine parce que……. C’est avec une bouche pleine de frites qu’elle m’a énuméré la liste des invités pour son anniversaire en préparation. 

On est sorti bras dessus, bras dessous, tout sourire, mais, moi, avec toujours les mêmes questions. Histoire de savoir, je prends donc le risque de stopper net cette bonne humeur toute fraîche. « Pourquoi tu faisais la tête à la sortie de l’école? »  Le, «  Mais je faisais pas la tête ! » clôture la conversation.

C’est donc moi qui me suis fait un film. Mon coté paranoïaque s’est amusé à imaginer cette tête de six pieds de long (encore une belle expression du temps d’avant). Bref, mon coté mythomane a encore frappé, mon ado ne faisait pas la tête. Je peux donc arrêter de me torturer et faire taire toute cette peur et cette frustration. Tout allait bien. Tout va bien. Il ne faut pas chercher à comprendre. Ma fille va bien.

Vous faites comment pour gérer ce genre de situation les amis ?

 

Parce qu’un peu de culture ne fait jamais de mal :

Le schmilblick est un terme inventé par Pierre Dac dans les années 1950 pour décrire un objet totalement inutile. En 1969, Jacques-Antoine et Guy Lux ont créé un jeu télévisé où la photo d’un détail d’un objet était présentée. Les participants devaient, en posant à tour de rôle une question, essayer de deviner quel était l’objet ainsi proposé. Lorsque la question semblait plus ou moins saugrenue, le présentateur demandait au participant pourquoi il l’avait posée. La personne répondait régulièrement que c’était simplement pour faire avancer le schmilblick, pour essayer d’apporter une petite information supplémentaire permettant d’avancer vers la reconnaissance de l’objet.

En 1975, Coluche a tourné le jeu du schmilblick en dérision dans un sketch rapidement devenu culte, et cette parodie est pour beaucoup dans le fait que l’expression est passée dans le langage courant. Le mot est aujourd’hui également utilisé pour qualifier quelque chose d’indescriptible ou de très compliqué.

le temps du ramadan


Le ramadan vient de commencer, et, Oman est passé à son rythme. 

Qu’est-ce que cela change pour nous, de vivre dans un pays musulman pendant le ramadan ?

Le temps de travail est plus court. On commence plus tard et termine, plus tôt. Certaines écoles ont aussi emménagé les heures. Moins d’école, mais, plus de devoirs à la maison ! 

Il est interdit de boire et manger dans les lieux publics durant la journée. Les restaurants et cafés sont tous fermés, et, n’ouvrent qu’au moment de la rupture du jeûne, un peu avant 19 heures à Oman. Les pauses café sont de l’histoire ancienne, et, il n’est plus question de terminer son thé matinal dans les bouchons. A moins d’avoir des vitres teintées, ce qui n’est pas mon cas. C’est donc, la période de l’année des, viens faire un p’tit tour à la maison. Dans les écoles, une pièce est généralement prévue pour les enfants qui jeûnent, et, une autre pour ceux qui mangent.  

Les magasins sont ouverts normalement mais, il n’y a pas foule durant la journée. C’est très agréable de faire du shopping tranquillement, mais, il faut chasser le vieux réflexe de boire à gorge déployée après chaque boutique. C’est donc la période idéale pour alléger le sac, en laissant la bouteille à la maison. Cette année, pour la première fois à Oman, les cinémas resteront ouverts mais, sans pop-corn.  Bref, vous avez compris que pour boire et manger c’est à la maison et rien que là.

Il est particulièrement demandé, durant cette période, de sortir jambes et épaules couvertes.

La chaleur combinée au ramadan font que beaucoup d’activités sont arrêtées. Qui dit moins d’activité, dit, plus de maison. Qui dit, plus de maison, dit, on s’ennuie.  Qui dit, on s’ennuie, dit, on invite les copains. C’est donc une période de l’année où la maison ne désemplit pas, et, l’appareil à gaufres tournent au maximum. On invite. On est invité. Un avant-goût de l’été et des vacances. 

Pendant que certains sont occupés avec un mariage royal, moi, c’est tout un anniv d’ado que j’ai dû gérer. Certains invités ont commencé à manger sans regarder l’heure, d’autres sont allé prier avant de manger. Mais, tout le monde s’est amusé et personne ne s’est noyé. Mission accomplie !

C’est avec la rupture du jeûne que la vie reprend. Au moment de l’iftar, les rues s’animent et les bouchons sont de retour.  Les gens sortent et se promènent en famille jusqu’à très tard. Il faut dire que c’est aussi le bon moment de sortir sans se faire brûler par le soleil. Je vous ai dit qu’il fait très chaud ?

J’aime bien ce mois de ramadan. C’est une parenthèse en dehors du temps. Un moment où le rythme effréné de la routine est oublié pour passer du temps avec les amis.

Ramadan Kareem.

15 ans tout rond


« Mon frère, il tourne 15 ans aujourd’hui. » attaque ma fille, et moi, j’ai a peine eu le temps de me retourner. 

Déjà 15 ans.

15 ans, c’est le bel âge. Un âge rond sans l’être. Un âge qui en jette et avec lequel on se projette. A 15 ans, on change souvent d’avis et de coupe de cheveux. A 15 ans, on a le droit de se tromper, d’essayer, de reculer et de repartir. A 15 ans, on cherche, on tâtonne, et, on a de bonnes excuses. A 15 ans, on est ingrat, rebelle, singulier, généreux et curieux.  A 15 ans, les copains et le portable, c’est la famille. 

15 ans, l’âge que le gouvernement a choisi pour être celui du consentement sexuel. Un petit pas de plus dans le monde adulte.

15 ans, c’est l’âge de la maturité, des bêtises, de l’assurance et de la naïveté. 15 ans, ce n’est pas sale, c’est ton corps qui change. 15 ans, c’est l’âge des contradictions.

« A quinze ans, j’avais l’âme leste et contradictoire souvent. Je vendais ce qui se déteste, et, je détestais ce qui se vend », se rappelle Serge Lama.

Aujourd’hui, je vais chanter avec Renaud « Garde-moi ton amour, garde-toi de la haine »

Parce qu’aujourd’hui, c’est tes quinze ans.